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Au cœur de la guerre d’Hollywood pour sa sécurité informatique

L’industrie culturelle en proie aux assauts des pirates

Depuis plus de dix ans, l’industrie du divertissement américaine et ses acteurs sont la cible de violentes attaques informatiques. Comment Hollywood compte y faire face ?

 

1. La menace

C’est une journée froide à Munich, et Oliver Stone, un des réalisateurs les plus provocateurs d’Hollywood, est face au hacker le plus recherché au monde, Edward Snowden –  ou plus exactement l’acteur qui l’incarne, Joseph Gordon-Levitt. Le réalisateur est en plein tournage de son biopic controversé d’Edward Snowden. Le film, dont la sortie est prévue cette année, retrace le parcours du lanceur d’alerte, ancienne recrue des forces spéciales, engagé par la suite comme agent de sécurité par la NSA (National Security Agency), qui a révélé les programmes de surveillance secrets du gouvernement américain.

Mais Oliver Stone n’est pas uniquement préoccupé par le tournage de la saga des révélations incroyables d’Edward Snowden. Il veut s’assurer qu’aucun hacker ne piratera son film pour en livrer les secrets avant sa sortie dans les salles obscures. « C’est une source d’inquiétude pour tous les réalisateurs », me confie-t-il pendant une pause sur le tournage. Et ça l’est d’autant plus lorsque le film concerné promet de lever le voile sur un homme encore mystérieux aux yeux du monde. « Si quelqu’un parvient à pirater son histoire  », annonce Oliver Stone avec prudence, «  il aura touché le gros lot ». Oliver Stone réalise en quelque sorte un méta-film, du jamais vu, alors qu’il construit un véritable pare-feu autour d’une œuvre dont le sujet est une icône de la sécurité de l’information.

C’est cela qui explique la présence d’un homme discret avec une barbichette à la Fu Munchu, qui s’affaire autour du plateau. Il s’agit de Ralph Echemendia, garde du corps du tout-numérique hollywoodien, ancien hacker revenu du côté obscur pour aider les cinéastes, les stars et les magnats des studios à protéger leurs précieuses données. Un défi qui ne fait que se corser à mesure qu’Hollywood, tout comme le reste du monde, transfère de plus en plus son contenu et ses communications sur Internet. « Le souci, c’est le manque de contrôle  », m’explique Echemendia.

Oliver Stone précise que de telles précautions, quoique récentes, sont « d’avenir  ». Suite au piratage massif de Sony Pictures Entertainment en novembre 2014, Hollywood joue à un jeu de la taupe de plus en plus délirant : dès que l’industrie parvient à frapper un hacker, un autre prend sa place aussi sec. Et c’est un jeu de plus en plus coûteux. En octobre 2015, des documents judiciaires ont révélé que Sony devrait verser près de 8 millions de dollars pour intenter un recours collectif avec des employés dont les données personnelles ont été piratées, et il ne s’agit là que de la partie visible de l’iceberg. Si les coûts engendrés par de telles attaques sont difficiles à évaluer, les estimations, basées sur des incidents similaires survenus dans d’autres entreprises, oscillent entre 150 et 300 millions de dollars.

C’est la version grand écran de la vulnérabilité qu’on éprouve en évoluant sur Internet de nos jours, de Beverly Hills à la Maison-Blanche. Il y a quelques mois, la boîte mail du directeur de la CIA, John Brennan, a été piratée  par un adolescent (et son contenu mis en ligne par Wikileaks ). Et comme l’ont montré les Drone papers, le dernier leak de documents orchestré par Edward Snowden sur le programme américain d’assassinats ciblés, l’Amérique a encore du chemin à faire pour se mettre à la page. Cette bataille met tout le monde sur les nerfs. Comme le dit Oliver Stone : « C’est un jeu de hasard, on ne sait pas comment ça finira. »

Mais cette histoire ne raconte pas seulement à quel point Hollywood s’est facilement fait avoir. C’est un récit plus vaste et teinté d’ironie, ou comment les studios de cinéma ont façonné le mythe du hacker dans l’imaginaire collectif avant d’en être victime dans la réalité. Il était peut-être plus simple de croire à la version grand écran de la menace, souvent représentée par un génie aux cheveux ébouriffés, tout vêtu de noir et entouré de murs recouverts d’écrans HD (comme dans White House down ) lui permettant d’entrer dans des systèmes de haute sécurité comme dans du gruyère. Car en réalité, pas besoin d’être un génie du mal ou un gouvernement pour contourner un pare-feu. En vérité, il n’est même pas nécessaire d’être un hacker.

Lire la suite de l’article sur ulyces.co

L’idéologie hollywoodienne en péril ? Voir sur E&R :

 



Article ancien.
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9 Commentaires

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  • Oui, bon, il y a des délinquants numériques. Et après ? C’est plus moderne. On veut me faire croire que cela mettrait Hollywood en danger ? Quelle blague.
    J’aime bien ces expressions qu’on refourgue à toutes les sauces : "De violentes attaques informatiques". Elle est où la violence ? Une attaque ? Par un mec assis sur une chaise de bureau ? Pauvre Nouvel Ordre Mondial, bouffé par son propre technologisme et qui veut nous vendre en même temps de la puce RFID et du transhumanisme. Les armes se retournent contre ceux qui les tiennent. La revanche des machines a déjà lieu alors qu’on parle de robots.
    Quelle blague. On arrive à une situation paroxystique. Si puissant et si fragile à la fois. L’ultime étape avant la chute. C’est le sujet de tous les films hollywoodiens modernes....

     

  • Pas étonnant qu’ils se fassent attaquer quand on voit comment ils ruinent des films que les gens attendent.
    J’ai vu la BA du prochain Star Wars et c’était ni plus ni moins qu’une minute trente de propagande "féministe" sans la moindre subtilité.
    Hollywood a vraiment besoin d’un bon nettoyage de printemps.


  • #1439478

    " ancien hacker revenu du côté obscur pour aider les cinéastes, les stars et les magnats des studios "
    .
    Il faut comprendre :
    .
    " ancien hacker, passé du coté obscur pour aider les cinéastes ..."
    Qui, ici, peut croire que Hollywood incarne le bien ?
    .
    Sinon, pour revenir au fond, ils ont semé et profitent de la dématérialisation, voici une partie de la récolte. Et encore, ils ne sont pas au bout de leurs peines. Le plus gros reste à venir, ce qui promet de franches rigolades.


  • Ce qui est drôle avec tout ça, c’est que leurs films se retrouvent disponibles, gratuitement, avant même leur sortie en avant-première.


  • une bonne petite claque pour ceux qui croient encore que le cinéma est le 7ème art.
    le cinéma n’est pas un art mais une industrie.
    Quid de la musique enregistrée ?
    on parle souvent de la famille comme une base de la société, mais on oublie un peu trop l’art (et sa dégénérescence) qui est la signature de toute civilisation.


  • cà m’étonnerait qu’on ne retrouve pas quelques agents du Mossad, dans ces hackers.
    Cela leur permettrait d’aller revendre les informations collectées sur Snowden à l’état profond americain.............en échange du soutien à Israel .


  • L’information la plus intéressante qu’on retire de cet article est que le piratage de Sony survenu en 2014, n’était certainement pas commandité par la Corée du Nord, comme alors dénoncée par le FBI à l’époque ; mais plutôt vraisemblablement une attaque venant de l’intérieur même du groupe.

    La désinformation a fait son effet sur les masses crédules et je ne pense pas qu’un démenti officiel sera fait si il est prouvé que l’Empire a menti (encore une fois me direz-vous ..).


  • Ils n’ont qu’à écrire leurs scénarios avec un crayon et du papier, les andouilles !