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Aux Philippines, Duterte est plus populaire qu’aucun autre président dans l’histoire

Quand le traducteur m’a présenté l’article ci-dessous, je fus désorientée. Je n’avais pas une bonne opinion du président philippin Duterte. Ne sachant que penser, j’ai demandé à des personnes qui connaissent les Philippines ce qu’elles pensaient de lui. Elles m’ont répondu : « Le plus grand bien. » À chacun de se faire sa propre opinion.

Silvia Cattori

 

De Manille et Davao, par André Vltchek

 

Quand le président vénézuélien Hugo Chavez a accédé au pouvoir en 1999, peu de gens, à l’Ouest, en Asie et même dans la plupart des pays d’Amérique latine connaissaient son nouvel anti-impérialisme révolutionnaire militant. Les grands médias internationaux comme CNN ou BBC, jusqu’aux télévisions locales et journaux (influencés ou directement commandités par des sources occidentales), ont distillé une « information » clairement biaisée, extrêmement critique et même hostile.

Après quelques mois de son gouvernement, alors que j’étais à Caracas, de nombreux journalistes locaux m’ont dit et répété : « Nous sommes presque tous pour le président Chavez, mais nous serions virés immédiatement si nous osions écrire un seul article en sa faveur. »

À New York, Paris, Buenos Aires et Hong Kong, le consensus était à l’époque presque complet : « Chavez est un vulgaire populiste, un démagogue, un militaire fier-à-bras et potentiellement un dangereux dictateur. »

En Corée du Sud, au Royaume uni, au Qatar et en Turquie, des gens ayant du mal à situer le Venezuela sur le globe, exprimaient leur « opinion inflexible » en moquant et calomniant l’homme qui serait plus tard célébré comme un héros de l’Amérique latine. Même parmi ceux qui généralement se méfient des médias officiels, nombreux se disaient convaincus du caractère alarmant du Processus et de la « Révolution bolivarienne ».

L’Histoire se répète.

À présent, le président des Philippines, Rodrigo Duterte, est diabolisé et « n’inspire pas confiance ». Il est ridiculisé, accusé de démagogie, condamné pour sa grossièreté et moqué comme un bouffon.

Aux Philippines, il est plus populaire qu’aucun autre président dans l’histoire de ce pays ; au moins 70% mais souvent plus de 80% d’opinions favorables.

« Montrez-moi, dans cette ville, une femme ou un homme qui haïsse Duterte » m’a dit en souriant un employé municipal de Davao (située sur Mindanao, l’île rétive) où Duterte a été maire pendant 22 ans. « Et j’offrirai à cette personne un délicieux repas avec mon propre argent… je ne risque rien. »

« Les gens, aux Philippines, sont désormais totalement libres d’exprimer leurs opinions, de critiquer le gouvernement », explique Eduardo Tadem, un universitaire de premier plan, professeur d’Etudes Asiatiques (UP). « Il dit : “Ils veulent protester ? D’accord !” Les gens peuvent manifester ou se soulever sans demander la permission aux autorités. »

Comme à l’époque d’Hugo Chavez au Venezuela, la presse, aux Philippines, presque toujours propriété de magnats réactionnaires et de collaborateurs pro-occidentaux, atteint aujourd’hui un niveau incroyable de calomnies et d’insultes envers le président, inventant des histoires et colportant de simples rumeurs, ce qui serait inimaginable dans un pays comme le Royaume-Uni, avec ses lois contre la diffamation.

Ce n’est donc pas la peur qui assure l’immense soutien populaire à Duterte dans son pays. Ce n’est absolument pas la peur !

J’ai visité certains des pires bidonvilles de la nation ; j’ai enquêté dans les cimetières les plus lugubres, récemment harassés par le crime et la drogue, où les gens, ayant vécu littéralement dans la pourriture, implorent aide et pitié. J’ai aussi parlé aux principaux universitaires et historiens du pays, à d’anciens collègues de Duterte et à des émigrés qui travaillent dans les Emirats et ailleurs. Plus le discours de haine était fort à l’étranger et dans les mass médias locaux, plus la nation soutenait son dirigeant. Hommes et femmes, qui, un an auparavant, étaient fous de rage et totalement désespérés, tournaient désormais vers le futur un regard plein d’espoir. Soudain, tout semblait possible !

Dans mon premier compte-rendu, ce mois-ci, j’écrivais :

« Il y a un air de changement dans ces ruelles étroites et misérables du bidonville de Basco, à Manille, la capitale des Philippines. Pour la première fois depuis de longues années, une belle et noble dame est venue en visite ; contre toute attente, elle a décidé de rester. Son nom est Espérance. »

Je maintiens ce que j’ai dit, maintenant plus que jamais. Mais il me semble aussi que je doive expliquer, dans le détail, ce qui se passe aux Philippines et pourquoi.

L’appel que je lance à tous ces gens partout sur la planète qui ne connaissent rien ou presque de cette région du monde en général et des Philippines en particulier, c’est : ne jugez pas en vous basant seulement sur ce que vous lisez dans votre propre langue, surtout en anglais et venant de sources qui se sont discréditées si souvent et si totalement. Venez voir vous-même, venez regarder et écouter. Comme au Venezuela il y a quelques années, ce qui se passe aux Philippines est quelque chose de complètement nouveau dans un “territoire inconnu”. Quelque chose de différent et sans précédent se développe et prend forme. Ceci ne ressemble à aucune des révolutions qu’a connues l’Histoire. Ne rejoignez pas ceux qui la ridiculisent, ceux qui l’étouffent, ceux qui lui font du mal, avant d’être venus observer par vous-mêmes, avant d’être venus constater le regard enthousiaste de ces millions de gens qui ont été si longtemps accablés, sans défense et qui soudain se tiennent debout, faisant face à la vie avec espoir et fierté.

Ne participez pas à la curie qui veut les priver de leur propre pays. Pour la première fois, après des siècles de colonialisme brutal, il est réellement à eux, ce pays. Je répète : pour la première fois. Maintenant !

Ne leur enlevez pas cet espoir : c’est tout ce qu’ils ont et c’est beaucoup plus que ce qu’ils ont jamais eu au cours des décennies et des siècles.

Fidel Castro disait :

« La révolution n’est pas un lit de roses. »

La révolution est un dur labeur, souvent très pénible. Elle n’est jamais parfaite et ne pourra jamais l’être. Pour détruire un mauvais système profondément enraciné, il faut des nerfs solides et inévitablement le sang coule. Duterte n’est pas aussi poétique que Fidel. C’est un Visaya, un homme brillant mais rugueux, candide et résolu. Il est souvent hyperbolique. Il aime choquer ceux qui l’écoutent, ses partisans comme ses ennemis.

Mais qui est-il, réellement ? Qui est cet homme qui menace de fermer toutes les bases militaires étasuniennes, d’établir une paix durable avec les insurgés communistes ou musulmans, d’orienter sa politique étrangère et son idéologie en direction de la Chine et la Russie et de sauver la vie de dizaines de millions de Philippins pauvres ? Pour trouver la réponse, écoutons ceux qui comptent vraiment – le peuple des Philippines.

Faisons taire la cascade toxique d’insultes et d’informations triées par les grands médias occidentaux ; faisons-les taire en adoptant le lexique outrageant mais honnête de Duterte : « Vous, les médias et votre propagande occidentale, n’êtes que des bêtes, allez vous faire foutre ! »

Qui est vraiment le président Duterte ? Pourquoi jure-t-il si souvent ? Pourquoi insulte-t-il tout le monde, depuis le président Obama jusqu’aux institutions les plus puissantes comme l’ONU, l’Union européenne et même le Pape ?

« Il vient du Sud », explique Mme Luzviminda Ilagan, ancienne membre du congrès et l’une des dirigeantes féministes du pays :

« C’est un Vizaya. A Luzon, ils parlent Tagalog, ils sont ‘bien élevés’ et nous regardent avec condescendance. Politiquement, ici nous disons ‘Manille impérialiste’. Ironiquement, Mindanao contribue grandement à remplir les coffres de Manille. Il y a ici de nombreuses mines, des plantations fruitières et des rizières en quantité ; mais très peu est partagé avec nous, en ce qui concerne les budgets…. Et soudain, arrive le maire de Davao, quelqu’un du Sud et il parle même le langage qu’ils détestent. Il est furieux quant à la situation de son pays, il jure et fulmine. C’est culturel ; après tout, il est Visaya ! A Manille et à l’étranger, tout ceci est mal interprété : ici, vous ne jurez pas contre quelqu’un, vous jurez, c’est tout. Oui, il est différent. Il dit la vérité et il parle notre langue. »

[...]

Un universitaire légendaire, le professeur Roland Simbulan, du département des sciences sociales de l’Université des Philippines, m’a expliqué, durant notre entretien de toute une journée, à Manille :

« Duterte lit beaucoup, et il admire Hugo Chavez. Il est en fait sur des positions très proches de celles de Chavez. Il est extrêmement critique sur l’impérialisme occidental dans les pays comme l’Afghanistan, l’Irak et la Syrie. Il ne supporte pas la façon dont l’Occident traite son propre pays.

Il a toujours été fidèle à sa politique anti-impérialiste. Déjà en tant que maire de Davao, il a banni tout exercice militaire USA-Philippines. Les USA ont négocié ; ils ont offert beaucoup d’argent. Ils voulaient bâtir une énorme base pour drones à Mindanao, mais Duterte a refusé. »

Comme « punition », deux bombes ont explosé à Danao : une au port, sur la jetée, l’autre à l’aéroport international.

Lire l’intégralité de l’article sur arretsurinfo.ch

S’inspirer des dirigeants non-alignés avec Kontre Kulture :

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7 Commentaires

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  • Rodrigo Duterte superstar !!! ^^


  • Rodrigo : + de 70% d’opinions favorables.
    Le politiquement correct, pendant ce temps, est à 11%.

    Les heures sont très sombres, mais une éclaircie semble se dessiner à l’horizon. :-)


  • Quel article ! Les journalistes bobos de Libération et du Monde sont incapables d’en écrire de semblables.

     

  • Cela s’appelle remettre les pendules à l’heure. Encore un "ogre" donc qui, comme le président syrien, mange les petits enfants selon nos bons médias bien intentionnés. Il y avait bien là anguille sous roche. Dont acte.


  • Je connais tres bien les Philippines où je suis résident depuis 7 ans. Ce que dit l auteur est exact. Mais Duterte va être assassiné malheureusement. Ce qu il a fait en supprimant les cdd ( promesse de campagne tenue) est une véritable demi libération des esclaves salariés. Chapeau ! Mais il n y aura pas de révolution populaire. Si la population venait à se révolter l armée la massacrerait.

     

    • Tres bien mais de la a assassiner " en priorite" les habitants des Bidonvilles. Sous pretexte qu’ils seraient les seuls a commettre des infractions ou a consommer de la drogue. J’ai quand meme pitie pour les familles qui ont perdu leur mari, leurs enfants parfois ages de 15-18 ans. Ils vivent nuit et jour dans l’effroie. Les " civils" et tueurs de l’ombre tuent impunement. La meme punition n’a pas ete inflige dans le " cote aise " de Manila. Les corrompus non plus. Les maires , deputes qui ont pille l’argent du pays et creusent un peu plus chaque jour les pauvres dans la misere.
      Si Duterte veut faire la justice en bas , contre ceux qui consomment de la drogue pour " tenir le coup" , qu’il s’attaquent durement aux personnes " d’en haut". Les gens qui se droguent n’ont rien avoir avec la corruption ou le manque de repartition des richesses. Je suis desole mais tuer impunement des ados des Philippins parce qu’ils sont pauvres, comme il dit les " 3 millions"

      Duterte semble prendre pour pretexte d’eradiquer la drogue pour en realite eradiquer la pauvrete. Ou les empecher de vouloir un meilleur future, des conditions de vie ,meilleures. Dans la ville ou il a ete maire 22 ans.Les habitants sont restes dans la meme situation de pauvrete, couches dans les bidonvilles. Je ne vois aucun projet social. Il ne semble pas etre national avec les pauvres.Pour le reste, je n’ai rien contre lui. Duterte ne semble pas tres catholique.