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Bachar al-Assad : "Nous n’avons d’autre choix que la victoire !"

Discours du président syrien le 7 juin 2016 devant le Parlement

Pour commencer, je vous présente, ainsi qu’à tout le peuple syrien, mes meilleurs vœux pour ce mois béni en espérant qu’au prochain Ramadan, la Syrie se sera rétablie.

 

Discours de Bachar al-Assad, président de la République arabe syrienne

 

 

Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs,

Ce n’est pas la première fois que je me tiens à cette tribune, suite à des échéances électorales ayant conduit à la formation d’un nouveau parlement, pour féliciter ses membres élus députés et porte-paroles du peuple dont ils ont gagné la confiance et lequel leur a accordé l’insigne honneur d’une telle responsabilité nationale.

Mais cette fois-ci, la situation est très différente, car ces élections n’étaient pas des élections ordinaires. Elles sont arrivées à un moment de grandes tensions territoriales et politiques, régionales et internationales. Elles sont arrivées dans des conditions intérieures extrêmement difficiles ayant amené certains à prédire leur échec et qu’au meilleur des cas, elles seraient boudées par les citoyens.

Mais ce qui est arrivé fut l’exact opposé. Une fois de plus, le peuple syrien a surpris le monde par sa large participation à l’une des importantes échéances nationales et constitutionnelles. Le taux de participation, sans précédent, est un message clair disant au monde que plus les pressions augmentent, plus le peuple tient à son indépendance ; plus les tentatives d’ingérence extérieure s’intensifient, plus le peuple tient au respect des échéances dictées par sa Constitution, garante de son indépendance et levier de la stabilité.

[...]

La responsabilité nationale qui repose sur vous, aujourd’hui, arrive à un moment où le monde entier vit des circonstances exceptionnelles en raison des conflits internationaux, essentiellement dus aux tentatives de l’Occident de conserver sa position dominante à n’importe quel prix. Cet Occident qui refuse toute coopération avec n’importe quel autre État, ou groupe d’États, comme s’il s’agissait d’une question de vie ou de mort pour lui.

Ces conflits internationaux ont engendré des conflits régionaux entre des États cherchant à préserver leur souveraineté et leur indépendance, et des États travaillant à servir les intérêts des autres, même si cela nuit aux intérêts de leur peuple.

Des conflits qui se sont directement répercutés sur notre région en général, et sur la Syrie en particulier, compliquant une situation déjà compliquée. Mais tout ce qui précède ne nous dédouane absolument pas, nous Syriens, de notre responsabilité dans ce qui se passe, car si notre « maison » avait été forte, solide, solidaire, exempte de corruptions et de trahisons dans certains de ses recoins, les choses n’en seraient pas arrivées là où elles sont actuellement.

Des conflits sur trois niveaux – international, régional et local – qui se sont clairement répercutés sur le processus politique se déroulant à Genève. Et entre l’international et le régional s’est glissé le groupe d’individus, portant la nationalité syrienne, ayant consenti à servir de marionnettes tantôt aux plus arriérés des États, tantôt à des États rêvant de recoloniser les pays de notre région, même par procuration.

Mais face à ces traîtres, il y a le groupe des Syriens patriotes, loyaux à l’égard des sacrifices de nos martyrs et de nos blessés, cherchant à travers l’action politique à préserver leur terre et l’indépendance des décisions de leur patrie.

Ce n’est plus un secret pour personne que depuis le tout début des événements, la quintessence même du processus politique imaginé par les États soutenant le terrorisme régional et international est d’anéantir le concept de patrie en frappant, sans relâche, notre Constitution par toutes sortes d’initiatives visant à l’écarter de son champ d’action et à la figer sous diverses terminologies, notamment ce qu’ils désignent par « période de transition ».

Et évidemment qu’en visant la Constitution, ils espèrent démolir les deux principaux piliers de n’importe quel État. D’abord, les institutions en commençant par l’Armée qui défend la patrie et garantit la sécurité du peuple, contre laquelle ils se sont particulièrement concentrés depuis le début et au cours de toutes les discussions sur l’avenir de la Syrie et de ses institutions. Ensuite, l’identité nationale partagée par les diverses composantes ethniques et religieuses, sur laquelle ils se sont focalisés à partir du moment où ils ont compris qu’elle était au fondement de la résilience de la patrie.

Une fois que leur « plan terroriste » a échoué malgré toutes les destructions et les massacres qu’il a perpétrés, ils ont acquis la conviction que l’essentiel de leur « plan politique » pouvait encore se concrétiser par l’attaque de la Constitution. En effet, leur plan initial consistait à faire en sorte que le terrorisme domine complètement le pays en lui accordant une prétendue qualité de « modération », puis une couverture de « légitimité » décidée évidemment par l’étranger, ce qui installerait un chaos absolu imposant comme seule issue une Constitution ethnique et confessionnelle nous transformant d’un peuple attaché à sa patrie en groupes rivaux attachés à leurs sectes et appelant à l’intervention des étrangers contre les leurs.

[...]

Ainsi, si nous revenions sur le Communiqué de Genève de 2012, nous constaterions qu’ils parlent, en même temps, de souveraineté de la Syrie et d’un organe de transition, encore désigné par « gouvernement de transition ». Mais si vous parlez de souveraineté de la Syrie, comment se fait-il que vous décidez de son système de gouvernance sans tenir compte de la volonté de son peuple ? La souveraineté exclut la mise en place d’un tel système et inversement.

D’autre part, nous avons toujours affaire à des terminologies élastiques inexplicables. Pour exemple, je citerai une expression tirée des pourparlers de Vienne où nous trouvons l’expression : « gouvernance crédible  ». Qu’est-ce que cela peut bien signifier ? Pour le terroriste, si Daech, le Front al-Nosra ou d’autres groupes apparentés arrivaient au pouvoir, leur gouvernance serait crédible à leurs yeux. Quant aux traîtres agissant à partir de l’étranger et transformés en serpillière aux pieds de leur maîtres, s’ils réussissaient à former un gouvernement qui leur ressemble, lequel transformerait l’État syrien en un État dépendant travaillant, à son tour, à la transformation des Syriens à leur image, ce serait aussi une gouvernance crédible pour eux.

Il est donc évident que nous ne nous rendons pas aux négociations pour accepter de telles propositions. C’est pourquoi nous avons rédigé le « document de principes » censé éviter qu’une partie ajoute ce que bon lui semble. C’est un cadre qui définit les limites indépassables, n’importe quelle proposition en dehors de ces principes fondamentaux étant considérée comme une obstruction ou un manque de sérieux.

Ces principes, je vous les cite rapidement :

- Souveraineté et unité de la Syrie avec refus de toute ingérence étrangère.
- Rejet du terrorisme.
- Soutien à la réconciliation.
- Préservation des institutions.
- Lever de l’embargo.
- Reconstruction.
- Contrôle des frontières.
- Nombre d’autres principes figurant dans la Constitution actuelle et dans les précédentes : diversité culturelle, libertés du citoyen, indépendance de la Justice, etc.

Nous refusons donc toute proposition contraire à ces principes, c’est pourquoi ils les ont refusés…

Lire la totalité du discours présidentiel sur mondialisation.ca

La situation militaire sur le front syrien et sur le front diplomatique, voir sur E&R :

 






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