Egalité et Réconciliation
http://www.egaliteetreconciliation.fr/
 
 
A A A
imprimer

Basil Zaharoff, le diable de la guerre 14-18

Méfions-nous de ceux qui possèdent les journaux ET les canons

La commémoration du centenaire du premier conflit mondial n’aura pas servi à grand-chose : la guerre, si impopulaire à domicile, est applaudie ailleurs. Les Poilus ne crèvent plus dans les tranchées, mais nos soldats de métier interviennent partout sur ordre de « notre » élite, sans que nous ni notre Assemblée n’ayons voix au chapitre. Après 100 ans d’incantations contre la guerre, comment un jeune Français de 2015 peut-il s’intéresser à ce conflit préhistorique ?

 

JPEG - 156 ko
Bazaroff, qui vend des armes aux deux parties, vu par Hergé…

 

C’est bien simple : on va lui expliquer comment on fabrique une boucherie mondiale, non pas avec le jeu des alliances, cette géopolitique pour les nuls, mais par le business des vendeurs d’armes, et leur influence majeure sur la diplomatie. Escalade d’armement contre diplomatie fraternelle, qui selon vous l’emporta ? Et pour illustrer cette impitoyable lutte de l’ombre, qui déboucha naturellement sur la Grande Guerre, nous avons choisi de vous parler du meilleur marchand d’armes de l’époque, celui qui a porté le commerce de la mort à un niveau jamais atteint, en termes d’efficacité, d’ingéniosité, et de ruse commerciale : Basil Zaharoff, le diable du XIXe siècle. Pas moins. L’attiseur d’antagonismes internationaux numéro un. Les Français le considéraient comme un agent britannique de Lloyd George ; les Anglais l’ont protégé, pour des raisons politiques et donc, commerciales. En 1921 vient la consécration : ce citoyen grec ou russe selon les circonstances, est décoré en Angleterre et en France. Il est alors, probablement, l’homme le plus riche du monde. Satisfait, le vieux boucher se retire alors en son château de Balincourt, pour jouir de ses trésors bien acquis.

 

JPEG - 105.9 ko
Sa petite maison dans la prairie

 

Le premier de la fourragère,
Régiment au fameux renom,
Toi, qu’illustra durant la guerre
La valeur de tes fiers canons,
Gardons pieusement la mémoire
De ceux qui sont morts en tes rangs.
Nous sommes fiers de ton histoire,
Soixante et unième... ...en avant !

 

 

Le régiment des diables noirs, le 61e RA, créé en 1910, l’élite de l’artillerie française durant un siècle, à côté du vrai diable de 14-18, c’est de la rigolade. Nous n’allons pas vous traduire la biographie du Zaharoff, accessible en anglais, et qui a été notre base de travail. Plutôt l’histoire de ce précurseur des milliardaires modernes de la commission, « go-between » des premiers lobbies militaro-industriels, qui souffla sur les patriotismes via ses journaux pour envenimer les conflits et emporter d’énormes marchés.

Zaharoff, un homme à biographies variables. Capable de poissonner dans tous les milieux, sous toutes les couvertures. Né chrétien dans le quartier pauvre de Constantinople, le Tatavla, on le retrouve plus tard né dans le quartier chic de Constantinople, le Phanar, au milieu des familles grecques de noblesse multiséculaire. Puis on lui découvre un fils, tout ce qu’il y a de plus juif, en Lituanie : Haim Manelevitsch Sahar. Et une épouse à moitié officielle qui le met dehors en Russie. Avant cela, en 1821, la famille Zacharios, dérivée de Zohar, d’origine 100 % hébraïque, a fui vers la Russie, à cause des pogroms turcs antigrecs de Constantinople. Zohar (ou Sahar) deviendra opportunément Zaharoff en Russie. L’opportunisme, fil rouge dans la vie de Basil : « A new accommodation to the needs of a new moment. » La pression de la nécessité, de la survie immédiate et de l’intérêt. L’intérêt n’étant qu’un corollaire de la survie.

 

JPEG - 131.1 ko
Après le pogrom de Kichinev, le président américain Theodore Roosevelt invective le Tsar Nicolas II, qui opprime ses juifs

 

On retrouve la trace de la famille à Kichinev, au célèbre ghetto juif, en Bessarabie. Puis à Odessa, le grand port de la mer Noire. Et comme les conditions de vie redeviennent favorables, la famille Zohar projette de retourner en Turquie. Dans le quartier pauvre de Constantinople, Tatavla, où naît le petit Basil, selon toute vraisemblance en 1849. Baptisé, il prend alors le nom chrétien de Zacharias. Toujours ce goût de la couverture.

Tatavla, c’est le Moyen Âge : un mélange de marins de toutes races, de putes (qui dit marins dit putes), de sales gosses, de rôdeurs, de mendiants, et d’un tas de métiers de rue plus ou moins légaux. C’est là que Basil passe son enfance, comme quoi la pauvreté, cette excellente formatrice, mène à tout. Une politique de banlieue qui se fait toute seule. Heureusement (ou pas), Iphestidi, une sorte de philanthrope mécène du Phanar, finance les études à l’école anglaise des enfants les plus doués de cette cour des miracles. Sans renvoi d’ascenseur nécessairement pédophile, car il ne faut pas voir le mal partout. Ainsi, Basil, petit boursier avant l’heure, bénéficiera d’une excellente éducation scolaire. Mais il fallait d’abord montrer des capacités hors du commun, car à l’époque, on n’investissait pas sur du vent.

 

JPEG - 72.9 ko
Seule image du quartier de Tatavla

 

Cette éducation de qualité tombée du ciel n’empêche pas Basil, jusqu’à ses 18 ans, de grappiller des piastres en jouant au changeur de monnaie, et autres jobs rémunérateurs. Dans ce business toléré, avec un système de change complexe, on peut se faire 10 à 20 % de commission… en refourguant 10 à 20 % de fausse monnaie ou pièces dévaluées. Basil affirmera plus tard qu’il avait des occupations plus saines, comme pompier volontaire ou guide pour touristes. Justement, les pompiers de Constantinople, dans les quartiers interlopes, doublent leurs revenus en besognes parallèles, du cambriolage au meurtre commissionné ! Aujourd’hui encore, les soldats du feu, relativement mal payés, améliorent l’ordinaire avec des petits boulots (non-criminels). Tatavla c’est le paradis des putes, donc des touristes qui ont de l’argent à perdre. Ça concorde : Basil a tout pour être guide. Guide et pompier… C’est à l’occasion d’un grand incendie à Constantinople que Basil est accusé de vol et de meurtre par un comparse, et qu’il disparaît de la ville pendant cinq ans, avant d’y revenir. Première affaire grave et louche.

En 1873, à 24 ans, on le retrouve à Londres, accusé dans le procès que lui intente son oncle, un homme d’affaires que Basile aurait escroqué. Un agent britannique – drôle d’ange gardien –, témoigne en sa faveur. On tergiverse sur son âge : 22 ou 24 ans ? Soudain, l’oncle abandonne ses charges, et demande une peine plus douce. Les mauvaises langues disent qu’il a subi des pressions. Quelle idée. Sortant de préventive à Londres, notre héros refait surface à Athènes, où il guide à nouveau les étrangers, et s’occupe accessoirement de femmes. Un petit talent de maquereau ? Quasiment polyglotte, l’animal maîtriserait dix langues. Grâce à l’écho de son procès londonien, il entre en contact avec le millionnaire Skuludis, qui deviendra Premier ministre de Grèce. Hélas, la presse athénienne ressort son histoire de meurtre (il se souviendra de l’importance de l’image, et donc de la presse, et donc de son contrôle) : Basil perd ses appuis politiques et son riche protecteur. Basil est alors censé avoir été assassiné en s’échappant d’une prison grecque. Sauf que son corps ne correspond pas. En Orient, tout est nébuleux, et les années n’arrangent rien.

 

JPEG - 57.3 ko
La fin du XIXe siècle à Constantinople
(Istanbul après 1930)

 

« Demandez à Skuludis de recommander quelqu’un »

 

C’est là que le Destin lui tend la main, sous la forme d’une proposition d’un capitaine suédois qui représente les intérêts de Nordenfelt, une firme d’armement : il s’agit de vendre des munitions aux Balkans, pendant l’interminable guerre qui les agite. Pourquoi Basil, qui a un passé douteux ? Justement parce qu’il a un passé douteux : jeune, sportif, beau parleur, peu scrupuleux, aventurier… le profil parfait. Après une enquête bâclée sur son passé, Basil obtient le job, et devient « agent pour tous les Balkans », vendeur de munitions. Là encore, curieusement, il entre en relations avec la maison mère anglaise (Vickers), qui comme pas mal de grandes firmes européennes veut pousser le gouvernement turc à s’équiper en artillerie. Nous sommes le 14 octobre 1877. Les Russes, qui ont donné la liberté aux Balkans, juste pour élargir leur ouverture marine sur la mer Noire, veulent Constantinople. Les Anglais se rapprochent des Turcs pour garder leur mainmise sur le Bosphore ; ainsi, tout le monde s’arme, et réarme pour vingt ans. Basil vend de la munition au meilleur moment. L’agent de Nordenfelt pour la région n’est plus n’importe qui. Et ne l’était pas forcément avant. Les budgets de guerre sont votés, comme celui de la Grèce en 1878. La menace bulgare en 1885 augmente encore ce budget, consacré à l’armée et à la marine grecques.

 

JPEG - 72.4 ko
Le sous-marin Nordenfelt II vendu à la Turquie, réputé pour sa corrosion…

 

Pour notre homme, c’est l’explosion… des commissions. Le produit phare de la firme n’est pas le fusil automatique, mais le sous-marin. C’est là que Basil réalise son premier gros coup, sa première arnaque grand format. Il fait appel à son patriotisme grec pour proposer au gouvernement grec, à prix d’ami, un submersible. Puis, le contrat en poche, il va voir la maison d’en face, la Turquie, pour dénoncer l’achat grec. Après tout, il est aussi turc et patriote. Et il leur en vend deux. Les Russes découvrent la menace turque, et là, les commandes cavalent toute seules. Basil invente le patriotisme commercial à géométrie variable avec principe de vente à des opposants, doublant les commandes et le marché.

Et même quand il représente une mitrailleuse inférieure à la concurrence (Nordenfelt contre la puissante Maxim, la fameuse MG, Maschinengewehr, ou Maxim Gun), il est capable de soudoyer des fabricants anglais pour que les tests chez les Autrichiens de son concurrent se révèlent foireux… avec une machine pourtant meilleure. Finalement, après une entrevue secrète, les deux firmes concurrentes fusionnent, proposant la meilleure mitrailleuse avec le meilleur vendeur. Une combinaison qui va rendre Basil riche, très riche. Toute la Terre voudra cette « machine gun », incroyable de précision et de vélocité, à plus de 600 coups par minute. L’inventeur de l’arme sera certes correctement indemnisé, mais ne touchera pas les fameuses commissions sur chaque vente.

 

 

Basil grenouille en Russie, à Saint-Pétersbourg, où il séduit la danseuse d’un grand duc… à la tête de l’artillerie russe, un décideur très difficile à approcher. Il n’y a pas de voie impénétrable, de petit moyen. Une fois bien lesté de cash, notre homme commence à acheter les ministres qui ont la main sur les commandes d’État. La presse dit qu’il séduit, en vérité il achète tout le monde. C’est l’argent qui séduit, ouvre les portes, les bouches, et le reste. Il offre deux yachts à un amiral fraîchement nommé, réputé incorruptible, mais amateur de bateaux. À 40 ans, Basil a ses entrées à la cour du tsar, loge dans les grands hôtels européens, et finit par atterrir à Paris, dans le triangle d’or du VIIIe. Dans les années 1890, sa fortune est évaluée à 500 000 pounds (45 millions de dollars d’aujourd’hui), et ce petit malin change doucement mais sûrement son ingénieur de patron Thorsten Nordenfelt en associé… minoritaire. En 1988, la banque Rothschild et la grande société d’armement britannique Vickers font pression sur Nordenfelt, inventeur de la mitrailleuse et du sous-marin du même nom, pour fonder la Maxim Nordenfelt Guns and Ammunition Company, et l’éloignent de la décision. Où l’on voit apparaître l’ombre de Rothschild sur l’échiquier de l’armement à la fin du XIXe siècle.

 

JPEG - 150.1 ko
La MG de Hiram Maxim fera plus de morts pendant le conflit russo-japonais de 1905 que la bombe atomique 40 ans plus tard

 

Les armes veulent la guerre, et la guerre veut des armes

 

Dans le train qui l’emmène en Espagne pour une grosse négociation, Basil rencontre une femme de la haute, qui le transforme. Et transforme ses commandes par la même occasion : elles passent à 30 millions de livres sterling. Le nouveau Basil couvre désormais l’Espagne, le Portugal, puis l’Amérique du Sud. Son empire s’étend. Hergé s’en inspirera dans L’Oreille cassée, suite à la lecture d’un numéro du Crapouillot, « Les maîtres du monde ». La guerre du Chaco, dite des nitrates, avec Grande-Bretagne et États-Unis derrière les belligérants chiliens, boliviens, et péruviens, et indirectement argentins, accroît sa fortune. Il devient paradoxalement l’homme de la paix entre Argentins et Chiliens. C’est alors que ces deux pays lui commandent des armes. Pour reprendre leurs hostilités cinq mois et 16 000 morts plus tard.

À ce stade de la compétition, émergent les cinq principes du système Zaharoff.

1. Préparation : cibler les décideurs, leurs besoins et leurs faiblesses (sexe, jeu, argent), pour lever les obstacles et déclencher les commandes. Parallèlement, espionner les concurrents, et neutraliser leurs actions en cours.

2. Corruption : ne pas hésiter à arroser ministres et officiers supérieurs. À l’image de l’amiral du Japon, grand dévoreur de cadeaux.

3. Escalade : c’est l’as des opérations bilatérales. Lors de la guerre russo-nippone de 1905, les deux parties sont armées par Zaharoff. Certes, il ne crée pas les conflits, mais les envenime pour les changer en or.

4. Contournement de l’armement national : profiter de ses contacts internationaux pour effectuer des joint-ventures entre maison-mère et entreprises nationales (cas de la fabrication du canon italien). Pour pénétrer le marché français de l’armement, réputé inviolable, et dominé par Schneider-Creusot, Zaharoff grignotera des parts dans la banque de l’Union parisienne, propriété conjointe de l’industrie lourde française et de la holding Creusot.

5. Incitation : en faisant crédit, avec paiement reporté après victoire. Mais paiement verrouillé : les perdants seront endettés et enchaînés. Et poussés à reprendre le conflit pour gagner, et rembourser.

 

JPEG - 102.9 ko
Morituri te salutant, Basil !

 

Le plus habile, ce sont les informations refilées aux journaux, qui sont dans sa poche, pour faire monter les craintes nationales, dans l’opinion et les assemblées. Application parfaite en 1907 entre la France et l’Allemagne à propos des mitrailleuses : premier coup de pression via la presse française, qui chante ses commandes de mitrailleuses, annonce qui alarme l’Assemblée allemande, qui vote sur le champ les crédits pour équiper son armée en artillerie légère. D’où la nécessité, quand on vend des armes, de posséder la presse. On le voit avec Dassault et les guerres françaises. Les Anglais appellent ça le « no guns without editors ».

Pour développer un armement 100 % français, Zaharoff doit posséder un journal, et d’abord, devenir français. Notre caméléon, en 1906, sera français et allemand. Associé à Loewe-Gontard (fabricant du Parabellum, qui portera bien son nom, et du Mauser) en Allemagne et Schneider-Creusot en France. La structure de la stratégie commerciale d’une opération bilatérale est en place. Elle portera tous ses fruits sept ans plus tard. En attendant, Basil prend des parts dans la grande société française, pénètre notre pays, devient mécène (il offre des maisons à ces pauvres marins), et cette belle âme est élevée logiquement au rang de chevalier de la Légion d’honneur. Cela lui permet, en tant que citoyen français, de s’acheter Les Quotidiens illustrés, devenant rapidement éditeur du journal politique Excelsior, sorti en novembre 1910 (et disparu en juin… 1940). Le Figaro version Dassault de l’époque. Il s’en débarrassera en 1920, n’ayant plus besoin d’être français, si l’on peut dire, la grande braderie de la grande boucherie étant passée. Notez que Zaharoff n’apparaît pas dans l’article sur Excelsior de Wikipédia. Preuve d’une approche en douceur et sous couverture efficace.

 

 

Si l’argent n’a pas d’odeur, les armes n’ont pas de patrie

 

Le déclencheur du bras de fer franco-allemand ? Fin janvier 2014, les usines russes Putiloff, qui ont adopté le modèle d’artillerie légère français sorti des usines Creusot, avec l’aide de techniciens français, sont rachetées par Krupp (en fait de rachat, une augmentation de capital avec l’aide de la Deutsche Bank), qui fait dans l’armement lourd. Car cela signifie que les Allemands possèdent désormais les secrets de fabrication des canons français. Casus belli. En fait de secret, le canon de 75 (mm) n’en est pas un : les Français l’ont aussi vendu à l’Italie, qui fait pourtant partie de la Triple Alliance, ainsi qu’à la Bulgarie. Mais les journaux n’en ont cure : la France est visée, l’honneur national est en jeu. Une publication communiste internationale révèle que derrière la préparation de la guerre germano-franco-russe, se cache une sorte de pacte de non agression entre Krupp et Creusot. Les deux firmes profitant des tensions internationales entre les nations, chauffées à blanc par leurs journaux respectifs.

Bien avant le déclenchement quasi-fatal de la guerre d’août 1914 (à l’époque personne ne mise un kopeck sur une guerre mondiale, et encore moins de quatre ans), les grandes sociétés d’armement anglaise, française et allemande se font une drôle de guerre, adossées à leurs financiers respectifs : Vickers/Rothschild contre Creusot/Société Générale contre Krupp/Deutsche Bank. Les Russes, dans leur escalade militaire défensive, achètent en quelques mois pour 69 millions de roubles aux Allemands, 67 à l’Angleterre et 57 aux Français.

 

JPEG - 157.5 ko
Fabrique de pièces d’artillerie, usine Krupp (1915)

 

Côté français, ce sont les petits épargnants, avec les fameux emprunts russes de papier – lancés par le tsar de 1882 à 1906, le dernier pour boucher le trou dû à la défaite face au Japon –, qui financeront les armes vendues à crédit par Creusot à la Russie en 1905, comme nous finançons aujourd’hui le Rafale, qui aura coûté plus de 40 milliards d’euros (avant de le vendre à l’Égypte, à l’Inde, et peut-être au Qatar). La presse servira à conditionner les petits porteurs en survendant la validité des emprunts, avec lesquels les bolcheviques se torcheront en 1917.

Le Crapouillot, dans son dossier sur « Les marchands de canons », révèlera, en 1912 :

« Pendant la guerre des Balkans, Zaharoff a armé les deux parties ; il a supporté la Grèce contre la Turquie, la Turquie contre la Serbie, et un an plus tard, la Serbie contre l’Autriche. »

Des armes pour vendre la guerre, et la guerre pour vendre des armes

 

 

Les grands vainqueurs de la guerre qui n’a pas encore commencé sont ces entreprises et leurs cerveaux : Eugène II Schneider pour Creusot, Friedrich Alfred Krupp pour Krupp AG, Basil Zaharoff pour (entre autres) Vickers, avec des intérêts croisés et décroisés. Fin 1916, Krupp fait travailler 82 000 ouvriers (et 190 000 en 1939, mais c’est une autre histoire). Tous ont joué la guerre contre la paix, intensifié les menaces, mis dans leurs poches les gouvernements, soit par la corruption soit par des liaisons directes, manipulé l’opinion à travers la presse qu’ils ont achetée avec de la petite monnaie, et dirigé ainsi inéluctablement des peuples aveuglés vers le grand brasier. La révolution industrielle dans le domaine métallurgique permettant de penser des armes encore plus puissantes (dont l’atroce mitrailleuse, cette découpeuse d’infanterie), destructrices et chères. C’est dans la nature des fabricants d’armes de vouloir la guerre, comme c’est dans la nature du scorpion de piquer.

 

JPEG - 144.9 ko
Le 29 avril 1868, Krupp, qui pense affaires avant de penser patriotisme, envoie une lettre à Napoléon III, qui l’éconduira poliment. Deux ans plus tard, le canon Krupp fera la différence, grâce à sa cadence de tir, sa portée et sa précision, sur la batterie française. Belligérants et observateurs n’oublieront pas cette leçon.

 

Le jour de l’assassinat de Jaurès, le 31 juillet 1914, Zaharoff est élevé au rang d’officier de la Légion d’honneur. Pour « services exceptionnels ». Il a notamment surarmé, à travers ses intérêts dans Creusot (alors qu’il travaille officiellement pour Vickers) et avec du crédit français, la Turquie, ennemie de la France par le jeu des alliances… En 1914, Zaharoff contrôle de fait la firme Creusot, les aciéries d’Henécourt, et la Chatillon-commanderie avec un capital de 320 millions de marks ; il possède aussi des jetons dans la compagnie Le Nickel, qui tient les mines de Nouvelle-Calédonie (on comprend mieux pourquoi en 1988 le RPR, lors de la première cohabitation, ne voulait pas la lâcher), société stratégique rachetée par... Rothschild. Le nickel, fondamental dans les obus et pièces d’artillerie par son alliage avec le chrome, et résistant aux températures extrêmes grâce à ses propriétés anticorrosives. C’est dans le domaine de la propulsion (aéronautique, balistique) que les alliages nickel-fer-cobalt montrent toute leur valeur.

Zaharoff, officiellement agent commercial de Vickers, dont il deviendra PDG, possède des usines en Turquie et en Russie, et parmi les propriétaires de parts de la société Vickers, on retrouve toute la haute société britannique : 4 ducs et marquises, 50 vicomtes et barons, 20 chevaliers, 3 membres du parlement, 21 officiers et 6 journalistes ! Outre-manche, les passerelles entre ministères et sociétés d’armement foisonnent. En France, deux amiraux travaillent pour Creusot, dont le frère Clemenceau. Idem en Russie. Illustration du lobby militaro-industriel dans toute sa splendeur : les gouvernements ne sont que les représentants ou des émanations de ce puissant lobby. Le masque démocratique... Ce qui en dit long sur la souveraineté des diplomaties nationales.

 

 

Dans les principales sociétés d’armement, on retrouve soit le même noyau dur, soit des noyaux durs interconnectés. Avec des morceaux de Zaharoff partout. Mieux, dans la société française qui fabrique des torpilles, les actionnaires, en plus de l’inévitable Zaharoff, sont un ministre anglais, l’épouse d’un ministre allemand, un vice-amiral français… et la belle-fille de Bismarck !

Confusion totale des intérêts d’une caste suprahumaine ou cynisme intergalactique ? Seule réponse logique : les profiteurs de guerre n’ont pas de frontières. Mais tout cela serait impossible sans le soutien des grandes banques d’affaires du type Rothschild et Cassel. Rothschild, tout le monde connaît ; Cassel, un peu moins : juif ashkénaze, devenu protestant (lui aussi) et très proche du roi d’Angleterre Édouard VII, ainsi que de Winston Churchill. Comme Zaharoff, décoré dans toute l’Europe, il arrosera la société britannique de ses générosités philanthropiques (hôpitaux, écoles). Hors caméras, il était plutôt attiré par l’industrie lourde. Un ami de l’humanité. Dans le genre adaptation darwinienne, saluons la mémoire de Hiram (un prénom à la fois hébraïque et maçonnique) Maxim, l’inventeur de la mitrailleuse moderne, à l’origine des grands massacres du XXe siècle. Soupçonné d’être juif par la police russe, le Tsar s’avérant très intéressé par sa Maxim à 666 coups minute (authentique), il se déclarera, sur-le-champ, protestant !

 

JPEG - 176.9 ko
En 4 ans de conflit, la société de Basil aura vendu 4 cuirassés, 3 croiseurs, 53 sous-marins, 62 bateaux légers, 3 croiseurs auxiliaires, 2328 canons lourds, 100 000 mitrailleuses, et 5500 avions (on ne compte pas les fusils et pistolets)

 

Quant à notre Basil, qui consacra le basculement du centre de gravité de l’activité humaine des inventeurs vers les vendeurs, des fabricants vers les marchands, des industriels vers les intermédiaires, il goûtera dans son château de France une retraite bien méritée, qu’aucun des 4 266 000 Français blessés, amputés et gueules cassées n’ira déranger, les 1 397 000 morts troublant encore moins le sommeil du Juste.

 
 



Article ancien.
Les commentaires sont désactivés



Alerter

39 Commentaires

AVERTISSEMENT !

Eu égard au climat délétère actuel, nous ne validerons plus aucun commentaire ne respectant pas de manière stricte la charte E&R :

- Aucun message à caractère raciste ou contrevenant à la loi
- Aucun appel à la violence ou à la haine, ni d'insultes
- Commentaire rédigé en bon français et sans fautes d'orthographe

Quoi qu'il advienne, les modérateurs n'auront en aucune manière à justifier leurs décisions.

Tous les commentaires appartiennent à leurs auteurs respectifs et ne sauraient engager la responsabilité de l'association Egalité & Réconciliation ou ses représentants.

  • #1128666
    le 25/02/2015 par estuans interius
    Basil Zaharoff, le diable de la guerre 14-18

    On dirait le type du film avec Nicolas Cage. Marchand d’armes sans le moindre scrupule.

     

    • #1128769

      Zaharoff a inspiré le personnage principal du film d’Orson Welles, Monsieur Arkadin, d’ailleurs incarné à l’écran par ce même Welles...


    • #1128813

      Lord of War, peut-être l’un des meilleurs films des années deux-mille, à voir absolument si vous ne l’avez pas encore vu


    • #1128966

      Comme le dit nicolas cage à la fin de lord of war
      "Vous savez qui héritera de la terre ?
      Les marchands d’armes,car les autres seront trop occupés à s’entretuer
      C’est ca le secret de la survie ... ne jamais faire la guerre"


    • #1128975

      "On dirait le type du film avec Nicolas Cage. Marchand d’armes sans le moindre scrupule."

      Effectivement, j’y ai pensé aussi. Dans le film, Nicolas Cage fait partie d’une famille dont le père prétend être juif une fois arrivé aux états unis, en rapport avec la chasse aux communistes.

      Pour zaharof, c’est le même schéma, mais inversé : il cache son identité juive.


  • #1128668

    Sur Schneider, il faut lire Les Responsabilités des dynasties bourgeoises d’Emmanuel Beau de Loménie.


  • #1128676

    C’est ainsi que les grandes fortunes se font...sur les grands malheurs des peuples.
    Chaque milliardaire existant doit certainement se traîner des cohortes de morts dans leurs placards.
    Pornographes macabres, jouant des deux côtés de l’horreur pour être sûrs d’être gagnants. Après tout c’est ça les affaires, n’est ce pas ?
    Cynisme infernal...
    Une pensée pour tous nos ancêtres morts pour que ces crapules et leurs sbires politiques s’enrichissent.
    Super boulot E&R, continuez comme ça, à exposer la laideur véritable de ceux qui se disent parangons de la bienséance et bienfaiteurs de l’humanité.

     

  • #1128678

    Hallucinant ! Pourquoi n’apprend-on pas ça en cours d’Histoire ?

     

    • #1128967

      Pourquoi n’apprend-on pas ça en cours d’Histoire ?




      Voyons, voyons, le programme est trop surchargé. On ne peut pas tout enseigner. En priorité il faut enseigner

      "lesheureslesplussombresdenotrehistoire".


    • #1129019
      le 26/02/2015 par The Golden Arrow - Convair 880
      Basil Zaharoff, le diable de la guerre 14-18

      @ Titus

      Pour reprendre la declaration de Mobutu, nos enfants a l’ecole de la Raie-publique " apprennent a obeir et a fermer leur gueule ".

      The Golden Arrow - Convair 880


    • #1129211

      Lire Tintin peut suffire, mais c’est peut-être pour ça que ce héros de BD est l’objet d’une campagne de presse de haine durable et internationale !
      Bien entendu, pas d’amalgame entre les patrons de presse de 14 et ceux d’aujourd’hui, absolument aucun !


  • #1128719

    on prend les memes et on recommence...


  • #1128722
    le 25/02/2015 par Gerard John Schaefer
    Basil Zaharoff, le diable de la guerre 14-18

    "Article précédent
    France, défends ta viande !
    "

    Trêve de lol, ce type est une grande source d’inspiration !
    Après tout, si les gens veulent se droguer à croire ce qu’on leur dit...

    Christophe Rocancourt précisait cependant qu’on ne peut pas escroquer n’importe qui.


  • #1128731
    le 25/02/2015 par Tranxen 200
    Basil Zaharoff, le diable de la guerre 14-18

    Excellent article, sur un sujet passionnant


  • #1128737

    Il y a une dizaine d’années, la chaîne Arte avait diffusé un documentaire sur Zaharoff qu’il est possible de revoir sur Youtube en français ou en anglais. Et il est vraiment excellent tant sur le fond que sur la forme (surtout au niveau de l’habillage musical : Satie, I Monster, etc..). Pour ne rien gâcher, parmi les spécialistes sollicités figurent les remarquables Jacques Sapir et Anne Lacroix-Riz !

     

    • #1128778

      Anne Lacroix-Riz, cette universitaire israélite qui enseigne que la famine unkrainienne organisée par les communistes, ne fut qu’une « disette » ?


    • #1128998
      le 26/02/2015 par Heureux qui, comme Ulysse...
      Basil Zaharoff, le diable de la guerre 14-18

      @ lefort

      Oui, c’est exact, cette même Annie Lacroix-Riz qui lutte pour que la vérité concernant l’industriel catholique Louis Renault ne puisse jamais être connue... mais c’est vrai qu’il a été assassiné -alors malade et emprisonné- par des nervis communistes (nos antifas actuels et déjà sponsorisés par la même communauté bienfaisante) et cela fait tâche quand on est idéologue "de gauche" et que l’on tente d’inventer l’Histoire !
      Une autre vérité veut aussi qu’après la spoliation des héritiers de Louis Renault par "l’Etat français", celui qui prendra les commandes du constructeur automobile devenue "Régie" s’appelait Dreyfus...


  • #1128774

    louis ferdinand celine a fait une courte allusion a zaharoff dans un de ses livres.

    une petite citation connue d’hiram maxim, qui fait pensser au petit coq. :

    « En 1882, j’étais à Vienne où j’ai rencontré un Américain que j’avais connu aux États-Unis. Il m’a dit « Laisse tomber la chimie et l’électricité ! Si tu veux faire beaucoup d’argent, invente quelque chose qui permettra à ces cinglés d’Européens de s’entretuer les uns les autres plus facilement. »



    Hang your electricity. If you want to make your fortune, invent something to help these fool Europeans kill each other more quickly !"



    (ce qui montre que les americains anglais ne se considèrent pas comme européens.)

    maxim devant le service d’émigration du tzar :
    http://www.uh.edu/engines/epi694.htm



    At the end of the last century the American inventor Hiram Maxim presented himself to the police in Petersburg, Russia. He was there to sell his new Maxim machine gun to the Czar.

    "Your name is Hiram. You’re Jewish," said the officer.

    "I am not. My people were puritans," said Maxim.

    "Then what is your religion ?"

    "I never had need of one," Maxim snorted.

    "Well, no one can stay in Russia without a religion !"

    "Very well," Maxim replied, "Put me down as a Protestant."

    "And that," he tells us, "is how I became a Protestant."

    Now a Protestant, Maxim went on to become a Sunday-school teacher. But meanwhile he sold vast numbers of his guns to Russia. Russia soon went to war with Japan, and, Maxim proudly tells us, "more than half the Japanese killed in the late war were killed with the little Maxim Gun."



  • #1128927

    Au service de Satan et philanthrope à ses heures comme « couverture médiatique » et reconvertir son fric, ya pas mieux ! (voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Basil_...

    Seulement, un siècle après (1914-2014), des comptes à rendre comme sa lignée actuelle ...... Bien qu’ E&R nous rappelle ces faits !

    Leur « devoir de mémoire » sorti des philtres pédagogiques de la « rééducation franc-maçonne » au sein de la soi-disante « Education dite Nationale », passe à la trappe ces personnages ni responsables, ni coupables soutenus par le gouvernement et les familles princières de l’époque, Grand Croix de la Légion d’Honneur en 1919 ..... remise par le gouvernement de Clémenceau, Président du Conseil et ministre de la Guerre.

    Est-il encore au Purgatoire vu toutes ses dettes « karmiques », celles dûes à nos millions de soldats estropiés, morts ?

    Son vrai patronyme « Zacharie Vasiliou Zaaharoff », naturalisé français le 19 février 1898 mais disposant de plusieurs nationalités ! Tiens, tiens, il était déjà hors sol et apatride !

    Pour ces gens-là, vendre des armes ou des hamburgers, c’est kifkif ! Il n’y a que le business ...

    Et l’armement actuel d’où provient-il ? Les actionnaires de cette industrie de la mort, qui sont-ils ? Les décrets de mise en circulation des matériels, qui les signe ?


  • #1128981

    Ayant fait mon service militaire de 1990 à 1992 au 61Iéme régiment d’artillerie à Morhange, j’ai été surpris et heureux de voir le chant du régiment et l’emblème un peu plus haut. Je me revoit encore sur la place d’arme en train de chanter pour le lever des couleurs, nostalgie ...


  • #1129036
    le 26/02/2015 par Simone Choule
    Basil Zaharoff, le diable de la guerre 14-18

    Article instructif et révélateur. L’on devrait beaucoup plus parler sur E&R du complexe militaro industriel (US, ce bon vieux Dassault évidemment, mais aussi français avec les missiles Lagardère qui diffuse quasiment toute la presse) et son emprise sur l’appareil politique français (l’affaire Karachi en est un bon exemple). En fait la république préfère se maintenir avec une fuite en avant par la guerre (comme la mafia le fait pour lessiver les comptes avec une bonne guerre de gangs) plutôt que de rendre des comptes aux citoyens qui la composent.


  • #1129130

    Zaharoff a "offert" une Rolls Royce à Clémenceau, par ailleurs un des "chéquards" du scandale de Panama .


  • #1129155
    le 26/02/2015 par Frédérick
    Basil Zaharoff, le diable de la guerre 14-18

    Heureusement (ou pas), Iphestidi, une sorte de philanthrope mécène du Phanar, finance les études à l’école anglaise des enfants les plus doués de cette cour des miracles.




    Ce genre de bourses existe toujours, il y en a d’ailleurs pas mal. Je ne dis pas que ce soit forcément le cas ici ou pour d’autres bourses mais il faut quand même comprendre que ces institutions et ces mécénats peuvent servir de merveilleuses sources pour recruter certains profils psychologiques.

    C’est bien pour ces milieux de recruter quelqu’un qui a



    des capacités hors du commun



    et qui est



    jeune, sportif, beau parleur



    Mais l’essentiel est qu’il soit



    peu scrupuleux




    Les psychopathes se sentent supérieurs aux personnes normales parce qu’ils considèrent l’altruisme, l’empathie et la solidarité comme des faiblesses.
    Il est grand temps de réfléchir sur la possibilité d’une solidarité naturelle entre psychopathes, personnalités narcissiques pathologiques et personnes moralement déficientes.
    Une solidarité non pas née d’un sentiment d’amour et de fraternité mais de la nécessité des prédateurs de s’organiser ensemble pour exploiter le troupeau que nous sommes.

    Je recommande vraiment à tous de percevoir ne serait-ce que quelques fois la réalité humaine sous ce prisme et vous verrez l’extraordinaire cohérence de ce modèle.

    Sinon, félicitations pour cet article.
    Qu’il devienne une référence pour la compréhension des fonctionnements politico-commerciaux.

     

    • #1129549
      le 26/02/2015 par L’incorruptible
      Basil Zaharoff, le diable de la guerre 14-18

      Je me souviens qu’E&R a fait (ou relayé) il y a quelques mois un excellent article sur le sujet.
      Quant à Zaharoff, j’ai entendu son nom pour la première fois il y a quelques années à l’occasion de la diffusion d’une soirée Thema qui lui était consacrée.
      Évidemment, la version de la chaine franco-allemande était quelque peu édulcorée...
      Excellent boulot d’E&R, mis à part quelques fautes de frappes (1988 au lieu de 1888, 2014 au lieu de 1914, faut vous relire les gars avant de publier !).


  • #1129175

    IMPORTANT !

    Lisez ce qu’en a dit René Guénon !

    « Maintenant, il faut ajouter qu’il ya des États occidentaux qui sont manœuvrés plus directement que les autres par des organisations relevant de la contre-initiation ; et cela nous ramène précisément à votre histoire de Bazil Zaharoff ... Un autre personnage, du même genre que Bazil Zaharoff, est sir Henry Deterding, de la “Royal Dutch” ; n’en avez-vous pas entendu parler dans tout cela ? Je me demande aussi si, dans la liste de Bazil Zaharoff, ne figurent pas Lloyd George, Philipe Sasson, Vinizelos ; le savez-vous ? – En tout cas cela n’est certes pas rassurant quant à la tournures que peuvent prendre les évènements ; il faut dire pourtant que ce ne sont pas là des choses d’un genre entièrement nouveau, car il y a déjà plus de 40 ans que Clémenceau avait été “initié” par Cornélius Herz comme Herriot a pu l’être par Bazil Zaharoff (et c’est pourquoi lui aussi a toujours été si lié aux intérêts anglais) ; mais il n’en est pas moins vrai que cela prend actuellement beaucoup plus d’extension que jamais… Évidemment, si l’Antéchrist est déjà né, les événements doivent se précipiter. »

    « Autre chose qui me revient : un agent très actif de la contre-initiation était feu le prince Albert de Monaco ; vous voyez encore, de ce côté, la connexion avec Bazil Zaharoff ! »

    "Notez également, à cet égard, que sir Henry Deterding, le chef de la “Royal Dutch”, est un personnage tout à fait comparable à Bazil Zaharoff ; on dit même qu’il serait désigné pour être son successeur… "

    Il aurait meme eu comme projet de détruire le mont Athos !
    Il s’agit tout simplement d’un satanique, un vrai, avec rituels et initiations sataniques qui vont avec , faisant parti du vrai pouvoir occulte.

     

    • #1129697

      La mention de l’Antéchrist dans ce passage provient du fait que Zaharoff, qui avait beaucoup de sympathies dans le milieu théosophique, faisait partie d’un groupe qui cherchait à faire naître l’Antéchrist, un peu à la manièrte du "moonchild" de Crowley. Le côte intéressant de toute cette histoire c’est à propos de Zaharoff qui vendait des armes à des milieux politiquement opposés. Ca me rappelle quelque chose de très contemporain...


    • #1131617

      @ veilleur
      Bravo pour ce Passage de Guénon !
      dans lequel de ses livres ou correspondance peut on trouver ce commentaire Monsieur Robin... ?.euh ..veilleur pardon !
      En tout cas , heureux d’entendre citer Guénon ( que j’ai découvert il y a maintenant 30 ans ) qui est bien un homme Providentiel dont je crois peu de gens connaisse la réalité profonde ...
      Bien à vous


  • #1129179

    sa Maxim à 666 coups minute (authentique)



    si ce n’est pas une coïncidence et que c’est un clin d’œil (les satanistes et les franc maçons aiment signer leur passage), on imagine le travail de mise au point pour arriver a ajuster le fonctionnement pour arriver précisément a cette cadence de tir : poids de l’ensemble canon-culasse, plongeur de leurs courses de recul, tension des ressorts de rappel, poids des pièces en mouvement dans le mécanisme d’entraînement de la bande....

    https://www.youtube.com/watch?v=D1C...


  • #1129181
    le 26/02/2015 par André Panda
    Basil Zaharoff, le diable de la guerre 14-18

    Article fort instructif et documenté. Cependant le Crapouillot sur les marchands de canons semble dater de 1933 et non de 1912. Il aurait de toute manière eu bien du mal à exister alors étant donné que le journal ne sera créé qu’en 1915.


  • #1129203

    a propos de mitrailleuses, Werner Gruner le co inventeur de la MG 42 ne connaissait rien aux armes et travaillait dans une entreprise qui fabriquait des lanternes en tôle embouties. la boite a été intégrée au programme et il a tout appris sur le tas. impressionnant !


  • #1129369

    Henry Coston a fait un chapitre sur ce personnage dans "Les financiers qui mènent le monde".


  • #1130037
    le 27/02/2015 par bourdieusien
    Basil Zaharoff, le diable de la guerre 14-18

    Nickel-chrome ...

    bien plus passionant et utile que les commentaires sur la vie des bouffons objecifs du PAF.... (qu’est ce qu’on s’en tamponne de Ardisson, de Anal+ et Cie)


  • #1130038

    Il serait pas un Donmeh ce type au final ???

     

    • #1130538

      Le commerce...

      X vend des armes à Y et Z...

      Y voulant faire la guerre à Z... X est-il coupable ?

      ...ou les pantalons à une jambe, sans doute pour les futurs éclopés des tranchées...


  • #1130778
    le 28/02/2015 par rectificateur
    Basil Zaharoff, le diable de la guerre 14-18

    On remarquera que la notice Wikipedia anglophone le qualifie de "philanthropist".

    Si si :

    http://en.wikipedia.org/wiki/Basil_...

    Même que ça ne les dérange pas d’accoler ce qualificatif à "arms dealer"...


  • #1130969

    Juste un complément d’information. Cet excellent article se termine au lendemain de la 1ère guerre mondiale, en disant que Zaharoff goûtait dans son château en France une retraite bien méritée. Cette retraite était jusqu’à sa mort en 1936 tout de même assez active. Il y a à cet égard une intéressante publication du service des archives fédérales allemandes. Dans la dernière année de la république de Weimar en 1932 un sécrétaire d’état Pünder avait mené une enquête sur les sources de financement du parti nazi. Cette note est accessible en tapant "Akten der Reichskanzlei, Weimarer Republik Nr.722 "Vermerk des Staatssekretärs Pünder 16.April 1932". Il ressort de cet intéressant document qu’à côté d’une somme de 23 Millions de Mark provenant de donateurs allemands, le NSDAP avait reçu le double de cette somme de donateurs étrangers, dont précisément Basile Zaharoff, le comité français des forges, la Firme anglaise Vickers, ainsi que du PDG du trust pétrolier néerlandais Royal Dutch Shell Sir Henry Deterding, qui sont aussi cités dans l’article comme plus ou moins associés à Zaharoff. Ce dernier a donc aussi joué un rôle dans la préparation de la seconde guerre mondiale. Comme quoi, hier comme aujourd’hui les gros bonnets de la haute finance internationale cosmopolite ont sans aucun principe, crée des conflits, fanatisés les masses et tirés profit de la guerre.


  • #1131891
    le 02/03/2015 par Phanariote
    Basil Zaharoff, le diable de la guerre 14-18

    Ca pourrait aussi faire une BD sympathique... ;)


  • #1133208

    ce récit est vraiment passionnant , j’ai été très heureux de le lire ainsi que les divers commentaires ! Merci


Afficher les commentaires suivants