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Déclaration originale du Président iranien le 20 avril à Genève lors de la conférence Durban II

Conférence d’examen de Durban 20 avril 2009

M. MAHMOUD AHMADINEJAD, Président de la République islamique d’Iran, a déclaré que si les leçons avaient été tirées de l’oppression, des horreurs et des crimes des deux guerres mondiales, des rayons d’espoir auraient pu filtrer pour confronter l’avenir. Mais les puissances victorieuses se sont autoproclamées les conquérantes du monde en imposant des lois et arrangements oppressifs. Il suffit pour s’en convaincre de se pencher sur le Conseil de sécurité, qui est un legs des deux guerres mondiales, a-t-il expliqué. Quelle est la logique dont s’inspire l’octroi, par ces puissances, d’un droit de veto, a-t-il demandé ? Se pourrait-il que cela soit conforme avec les principes reconnus de justice, d’égalité devant la loi, d’amour et de dignité humaine ou est-ce plutôt conforme à la discrimination, à l’injustice, voire à l’humiliation de la majorité des pays ? Le Conseil de sécurité est l’organe suprême de prise de décision en matière de préservation de l’ordre et de la sécurité internationaux ; comment s’attendre à ce que soient réalisées la justice et la paix lorsque la discrimination est légalisée et lorsque l’origine de la loi est dominée par la coercition et la force plutôt que par la justice et le droit ?

Après la deuxième guerre mondiale, « sous prétexte des souffrances des juifs et de la question ambiguë et douteuse de l’holocauste », un groupe de pays puissants a eu recours à l’agression militaire pour faire d’une nation entière une population sans abri, a poursuivi le Président iranien (plusieurs délégations ont alors quitté la salle). Ces pays ont envoyé des migrants d’Europe, des États-Unis et d’ailleurs pour établir un « gouvernement totalement raciste » en Palestine occupée et, pour compenser les « sinistres conséquences du racisme en Europe », ont aidé à porter au pouvoir les racistes les plus cruels et les plus durs en Palestine. Le Conseil de sécurité a aidé à stabiliser le régime sioniste et a soutenu les sionistes durant ces six dernières décennies, leur laissant main libre pour continuer leurs crimes, a insisté le Président iranien. Il est tout à fait regrettable qu’un certain nombre de gouvernements occidentaux ainsi que les États-Unis aient entrepris de défendre ces racistes auteurs de génocide ; ils ont toujours soutenu les actes odieux du régime sioniste ou sont restés silencieux face à ces actes, a déclaré M. Ahmadinejad. Ce qui est le plus regrettable, a-t-il poursuivi, c’est que la raison de ce soutien réside dans le fait que le sionisme égoïste et non civilisé est parvenu à pénétrer leurs structures politiques et économiques. Aussi longtemps que continuera la domination sioniste, de nombreux pays ne seront pas en mesure de jouir de la liberté, de l’indépendance et de la sécurité. Le moment est venu de briser l’idéal du sionisme, qui est le modèle du racisme, a déclaré le Président iranien.

M. Ahmadinejad a ensuite appelé chacun à s’interroger sur les causes profondes des attaques des États-Unis contre l’Iraq ou encore de l’invasion de l’Afghanistan. L’invasion de l’Afghanistan a-t-elle restauré la paix, la sécurité et le bien-être économique à ce pays, a-t-il demandé ? Les États-Unis et leurs alliés ne sont même pas parvenus à contenir la production de stupéfiants dans ce pays ; au contraire, cette production n’a cessé d’augmenter, a souligné le Président iranien.

Qui sont les responsables de la crise économique globale que connaît le monde, a par ailleurs interrogé M. Ahmadinejad ? Pendant longtemps, les lois et règlements inéquitables en matière économique ont été imposés par les États-Unis et l’Europe grâce à leur pouvoir politique sur l’économie mondiale. Un système économique et financier a été imposé sans qu’il n’y ait de mécanisme de contrôle au niveau international. Ces pays n’ont même pas permis à leurs populations d’avoir un droit de regard sur leurs pratiques et politiques. Ils ont mis en place des lois et règlements contraires aux valeurs morales pour protéger les intérêts des détenteurs de richesse et de pouvoir. Ils ont transféré à d’autres leurs problèmes et aujourd’hui injectent des milliards de la poche de leurs propres populations vers les banques et entreprises en faillite.

La racine du racisme réside dans le manque de compréhension quant à la réalité de l’existence humaine en tant que créature sélectionnée par Dieu, a poursuivi le Président iranien. Le racisme est le signe d’une ignorance qui, aujourd’hui, met en danger la paix internationale et met en péril la coexistence entre les nations. Le racisme est le signe d’une frustration dans la sphère du développement de la société humaine. Pour lutter contre ces manifestations, il faut enseigner toute la philosophie associée à la vie de l’homme ; il faut en revenir aux valeurs morales, aux valeurs spirituelles et en fin de compte, à la dévotion à Dieu, a déclaré M. Ahmadinejad.

Aujourd’hui, la communauté humaine est confrontée à une sorte de racisme qui a terni l’image de l’humanité à l’aube du troisième millénaire, a poursuivi le Président iranien. « Le sionisme mondial personnifie le racisme » qui recourt à la religion et à l’abus des sentiments religieux pour cacher sa haine et son visage hideux, a-t-il déclaré. Il est important de mettre à jour les objectifs politiques de certaines des puissances mondiales et de ceux qui contrôlent d’énormes intérêts économiques et richesses dans le monde. Ils mobilisent toutes leurs ressources, y compris leur influence économique et politique et les médias du monde pour soutenir le régime sioniste et insidieusement chercher à minimiser l’indignité et la disgrâce de ce régime. Des efforts doivent être déployés pour mettre un terme aux abus des sionistes et de leurs soutiens ; les gouvernements doivent être encouragés et soutenus dans leurs efforts visant à éradiquer ce racisme barbare.

« Il ne fait aucun doute que vous êtes tous conscients de la conspiration de certaines puissances et des cercles sionistes contre les buts et objectifs de cette Conférence d’examen », a déclaré M. Ahmadinejad. Il devrait être reconnu que le fait de boycotter une telle session indique clairement le soutien à l’exemple flagrant du racisme. Il est nécessaire de restructurer les organisations internationales existantes et leurs arrangements respectifs. Aussi, cette Conférence constitue-t-elle un terrain d’essai. Le monde connaît des changements fondamentaux ; le craquement des piliers de l’oppression mondiale peut maintenant être entendu et les principales structures politiques et économiques sont sur le point de s’effondrer. Les crises politiques et sécuritaires augmentent. La crise de l’économie mondiale, qui s’aggrave et pour laquelle aucune perspective d’éclaircissement n’est en vue, témoigne amplement de la marée montante des changements globaux de grande ampleur qui sont en train d’intervenir. « La gestion injuste et inéquitable du monde se trouve maintenant en fin de route », a assuré le Président iranien. Cette impasse était inévitable étant donné que la logique de cette gestion imposée était oppressive, a-t-il ajouté.

La victoire du bien sur le mal et l’instauration d’un système mondial juste ont été promis par Dieu et ses Messagers et ont constitué un objectif commun de différentes sociétés et générations au cours de l’histoire, a poursuivi le Président iranien, qui a par ailleurs affirmé que le libéralisme occidental, comme le communisme, touche à sa fin car il n’est pas parvenu à percevoir la vérité profonde du monde et de l’être humain. Il est absolument possible d’améliorer la situation actuelle dans le monde dans le contexte actuel, a assuré M. Ahmadinejad ; mais cela ne pourra se faire que par le biais de la coopération de tous les pays.

Par ailleurs, a poursuivi le Président iranien, eu égard à l’inefficacité des systèmes politiques, économiques et sécuritaires actuels, il convient, en particulier, de réformer rapidement la structure du Conseil de sécurité et notamment d’éliminer le droit de veto discriminatoire qui y prévaut, ainsi que de modifier le système financier et monétaire mondial. Il est évident que ne pas comprendre l’urgence des changements équivaut à devoir assumer les coûts beaucoup plus élevés de remettre à plus tard ces changements.