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Des diplomates français appellent à voter pour François Fillon

Club Vauban : appel au secours ou appel partisan ?

Nous avons récupéré cet article réservé aux abonnés du Figaro sur le site de campagne de François Fillon. Le Club Vauban dont il est question est un ensemble de diplomates qui dénonce la perte d’influence internationale de la France et appelle à voter pour François Fillon.

 

À la lecture de cette lettre, il apparaît que les options de politique étrangères sont calquées sur celles que prône le FN depuis 10 ans. Ce qui paraît logique : il n’y a pas deux souverainetés, pas deux indépendances. On est indépendants, dans la mesure du possible, ou on ne l’est pas. Un des grands enjeux des élections à venir est le rétablissement de l’indépendance du pays.

- La rédaction d’E&R -

 


 

Diplomates français, nous sommes fiers de servir la France, aux quatre coins du monde, souvent dans des conditions périlleuses. Aujourd’hui, nous aspirons à un sursaut afin que notre métier retrouve tout son sens. Que le travail du diplomate, à l’étranger ou à Paris, ne soit pas de tricher avec les faits pour complaire au pouvoir, mais qu’il redevienne ce qu’il doit être : un engagement à rapporter sans parti pris ce dont on est témoin, à en suggérer une interprétation et à proposer, avec toute la réactivité nécessaire, des actions réalistes au service de la France.

Or, en matière de politique étrangère, le quinquennat qui s’achève aura été celui de la confusion et du renoncement. L’idéologie a pris le pas non seulement sur nos intérêts nationaux, mais aussi sur l’analyse et l’étude des faits, comme l’illustre la tragédie syrienne.

Aveuglés par les œillères du « politiquement correct », les brillants stratèges qui font peser une chape de plomb sur notre ministère annoncent régulièrement la chute « imminente » de Bachar al-Assad et s’illusionnent sur une opposition démocratique, certes courageuse mais non représentative. On préfère jouer sur les mots en parlant de « Daech » plutôt que d’« État islamique » pour éviter soi-disant d’incommoder nos compatriotes musulmans. On écarte pudiquement les informations faisant état de centaines de millions de dollars déversés par des « financeurs privés »de pays du Golfe en faveur des islamistes armés en Syrie et en Irak.

Nos experts maison se complaisent dans de vains méandres théoriques pour tenter de prouver que « le radicalisme précède l’islamisme » et que celui-ci, fût-il salafiste ou wahhabite, n’a rien à voir avec le terrorisme qui ravage le Moyen-Orient et tue au cœur même de notre pays. Résultat : après cinq ans de déni de la réalité, la France n’est même plus invitée aux négociations sur l’avenir de la Syrie. Brillante réussite de notre diplomatie !

[...]

Les ressources de notre ministère ne sont pas déployées là où elles devraient l’être : le Quai d’Orsay entretient à grands frais vingt-deux ambassadeurs dits « thématiques » sur des sujets parfois ésotériques ; après un correspondant « sport », on impose aux ambassades d’avoir désormais un correspondant « genre »… mais seuls deux agents sont en charge du Brexit !

Cette transformation du ministère des Affaires étrangères en un gigantesque moulin à paroles n’est pas seule responsable de la dégradation de notre influence. Les mauvaises performances économiques, les conflits sociaux, le chômage de masse, les émeutes, les attentats ont ancré la perception d’une France en déclin, incapable de réformer son modèle économique et social et d’assurer la sécurité de ses ressortissants comme de ses visiteurs. Plus les résultats intérieurs sont mauvais, plus nous sommes priés de jouer aux illusionnistes afin de donner le change. Triste dévoiement de notre métier.

[...]

Nous appelons à un sursaut qui passe par l’élection dans quelques semaines d’un président qui accomplira enfin les courageuses réformes indispensables. Nous disposons pour cela d’atouts exceptionnels. Notre histoire, notre langue et notre culture restent des références fondamentales et un objet d’attraction pour des millions de personnes dans le monde.

Lire la lettre entière sur fillon2017.fr

 


 

La France serait-elle devenue «  l’homme malade de l’Europe » pour nos partenaires diplomatiques ? C’est en tout cas le constat, pour le moins alarmant, que dressent des diplomates français. Dans une tribune signée du « Club Vauban » et publiée lundi 20 février dans les colonnes du Figaro, un groupe de diplomates — d’identité et de rang inconnus — sortent de leur devoir de réserve pour fustiger la politique qui fut exigée du quai d’Orsay sous le quinquennat Hollande.

 

Une politique étrangère, marquée par le sceau du « politiquement correct  » et responsable, selon eux, d’une dégradation de la position de la France à l’international. Une dégradation particulièrement marquée au niveau européen : « sur la douzaine de postes politiques européens de haut niveau, nous n’en occupons plus aucun là où les Italiens en ont quatre, dont la présidence du Parlement et celle de la Banque centrale » soulignent-ils.

Les diplomates s’interrogent sur l’utilisation des fonds du Quai d’Orsay pour l’organisation de galas, l’entretient d’ambassadeurs « thématiques  » ou des correspondants « genre  » au sein des ambassades alors que «  seuls deux agents sont en charge du Brexit ! », dénonçant le « dévoiement  » de leur métier. Ils appellent à recentrer leurs missions sur leur cœur de métier : à savoir « éclairer nos autorités sur la réalité telle qu’elle est  », « rapporter sans parti pris ce dont on est témoin  » et non pas « tricher avec les faits pour complaire au pouvoir ».

Une tribune «  assez faible  », «  assez sommaire », estime François Nicoullaud, ancien Ambassadeur de France à Budapest et Téhéran et membre du très sélect Club des Vingt, réunissant notamment trois anciens ministres des Affaires étrangères (Hervé de Charette, Roland Dumas et Hubert Védrine). Le Club des Vingt, coauteurs de Péchés Capitaux : les sept impasses de la diplomatie française (Éd. Le Cerf, 2016), qui n’épargne pas non plus la politique du Quai d’Orsay de ces dernières années… mais sans parti pris, insiste François Nicoullaud.

D’ailleurs, s’il souligne que les cinq dernières années ne sont pas à l’abri de toute critique, le haut fonctionnaire pointe du doigt les prises de position partisanes de l’appel du Club Vauban. Il faut dire que la tribune n’appelle pas seulement à prendre de la hauteur ou a « refuser la démagogie  », mais également à voter François Fillon, laissant peu de place à l’impartialité qu’on pourrait justement attendre de notre personnel diplomatique, qui plus est après un tel réquisitoire : « c’est un sujet étranger […] à une véritable analyse de la diplomatie française sur la période » s’étonne notre ex-diplomate.

Pourtant si on peut difficilement comparer les deux clubs sur la forme, sur le fond nous pouvons relever certaines convergences, notamment concernant la place que le facteur idéologique a pu prendre dans la diplomatie française, qui reste le cœur de la tribune des diplomates anonymes : « L’idéologie a pris le pas non seulement sur nos intérêts nationaux, mais aussi sur l’analyse et l’étude des faits, comme l’illustre la tragédie syrienne. » Bien entendu, la France — nation des Droits de l’Homme et de la laïcité — porte un héritage lourd de sens et de responsabilités, cependant nos désirs n’ont-ils pas fini par nous aveugler, au point de nous mettre hors-jeu ?

[...]

Cependant, on remarquera dans leur tribune l’absence assourdissante du cas libyen. Que penser également de la place réservée à la Syrie ? François Nicoullaud relate les erreurs, dont nous payons toujours les conséquences, et entérinées sous l’ancienne législature. Par exemple le dossier syrien :

« Ces erreurs, elles se sont nouées lors du quinquennat précédent, il faut le reconnaître, il faut l’accepter — on peut se tromper, on ne jette la pierre à personne — mais la politique syrienne s’est quand même nouée du temps de Juppé où François Fillon était Premier ministre : la rupture des relations diplomatiques, la fermeture de notre ambassade à Damas, a été, je pense, une erreur tactique. On voit bien par quoi elle a été motivée, mais finalement cela n’a rien facilité et cela nous a aveuglés. »

Lire l’article entier sur fr.sputniknews.com

Sur la destruction volontaire de la diplomatie française
lire sur Kontre Kulture

 

De Fabius à Ayrault, la lamentable diplomatie française, sur E&R :

 



Article ancien.
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6 Commentaires

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  • Il est pathétique d’appeler à voter Fillon tout en se réclamant d’une France indépendante.Ce ministre individu a été premier sinistre de Sarkozy pendant cinq longues et douloureuses années, et maintenant une poignée de bouffons accessoirement diplomates appellent à voter pour ce type totalement dénué de toute conviction et de tout honneur.Il arrive un moment dans la vie de tout homme digne de ce nom, où il faut cesser de dire et de faire des conneries.

     

    • La politique étrangère est une prérogative du président de la République. D’ailleurs, lorsque les députés britanniques ont exprimé des regrets face à ce qui s’est passé en Lybie, ils ont accusé Cameron, Sarkozy et Juppé.
      "dans la vie de tout homme digne de ce nom...". Dans l’absolu, vous avez raison. En situation, les hommes politiques ont moins de marges de manoeuvre que ce que l’on croit. N’oubliez pas les énormes moyens de pression des Etats Unis et le prix payé par certains gouvernants (et leur population parfois) peu maléables.
      Cela pose bien sûr le principal problème évoqué par cet article : l’indépendance de notre pays. Mais qui peut dire que nous pouvons être indépendants avec une dette colossale et un déficit extérieur problématique ?
      Ces diplomates, au-delà de l’appel à voter Fillon qui peut se discuter, ont raison quand ils demandent que la voix de la France retrouve une crédibilité.


    • #1672969

      Voilà, bien dit, parfait. Le Club du Vent se réveille à deux mois des élections. Quelle constance dans l’abnégation...


  • un de ses vaillant diplomate accepterait il d’aller, lui et sa famille, diplomater en Lybie, Lybie métamorphosée ruine chaotique par sarkozy et son collaborateur de l’époque.


  • "diplomates qui dénoncent la perte d’influence internationale de la France"...
    Ou l’art et la manière d’admettre ses incompétences. Mais en attendant on reste assis dans le fromage en meublant le discours avec de la déploraison. De toute façon, si ceux qui sont en charge de diriger cet endroit ne le font pas, sa population va finir par s’en occuper elle-même. Mais là...


  • La diplomatie française, combien de divisions ?

    "Mais les faits sont têtus. Notre influence est partout en recul. À Bruxelles, jamais elle n’a été aussi faible : sur la douzaine de postes politiques européens de haut niveau, nous n’en occupons plus aucun là où les Italiens en ont quatre, dont la présidence du Parlement et celle de la Banque centrale. La France est désormais considérée comme « l’homme malade de l’Europe ».

    Ces pseudo-patriotes ne sont même pas fichus de se rendre compte que c’est une excellente nouvelle.