On voit très bien le tableau futur. Imaginons l’école de demain, c’est-à-dire la société de demain.
Cours d’anglais : "Let’s have a look at the adverts"(jetons un oeil aux publicités). Et là on nous montre une pub genre Eram. Les gamins doivent s’exprimer en anglais en valorisant le progrès, le progrès, le progrès. Surtout pas de critique, le progrès, ça ne se critique pas - donc le 9/11 c’est aussi le progrès -.
Cours d’histoire/géo : pièce de musée quasi-absente. Aucun repère chronologique dans les têtes. Repentance éternelle. Mais par contre incollable sur le PIB des îles Féroé ou de l’île de Paques - je peux là ? -.
Cours de Français : Disparition de la dictée, du savoir écrire, les correcteurs ortho ça existe, donc, plus besoin de se casser la tête. Les bons vieux textes classiques vont être remplacés par : analyse d’affiche publicitaires style Eram ; là aussi, rester politiquement correct. Pas de vague. Pas de critique, au nom du progrès. Adieu poésie, adieu synérèse, adieu assonnances et allitérations, adieu Marivaux et ses esclaves, adieu le Cid, guerrier qui voulait guérir le mâle à la racine, sans bader aux corneilles pour conquerir sa Blanche, adieu Molière et ses précieuses... comment déjà ? Vive l’ignorance crasse !
Philosophie : ou comment laisser l’ignorance se répandre sans fournir les armes critiques, ou bien les noyer sous des tonnes de bourrage de crâne là où il faudrait être clair. Car pourquoi vouloir le vrai, diantre ? L’information, est-ce savoir ou comprendre ? Quelle est la différence entre culture et dressage ? Qu’est-ce que l’intelligence ? La conscience ? La connaissance ? La justice ? La beauté ? l’amour ? La liberté ? N’y aurait-il pas là un fond de valeurs morales ? Pourqoi ne pas plutôt la transmettre par petites doses tout au long de la scolarité ?
Physique : pour la comprendre, il faut savoir lire, savoir penser de façon abstraite des phénomènes bien concrets parce que physiques, du moins normalement. Mais souvent, les phénomènes deviennent "de la littérature" et sont relégués sur le côté devant les maths. Car tout réduire à des maths, c’est facile, beaucoup plus que de faire sentir que la physique est la science des mesures de tout ce qui peut l’être : forces, pressions, températures, vitesses, accélérations, longueurs, viscosités, densités, intensités de courants électriques, tensions, champs électriques, magnétiques, etc. Tout réduire à des maths parce que c’est plus facile donne déjà une image erronée et assez ennuyeuse de la physique. Mais il y a pire. Attention ! (A suivre...)