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Est-il possible d’agir pour l’écologie sans toucher aux fondamentaux de l’économie moderne ?

Le fait d’ouvrir un journal ou d’écouter les nouvelles à la radio nous expose à un flot de messages catastrophiques : les sécheresses dévastatrices, les États défaillants, les attaques terroristes, et les accidents financiers. Vous pouvez considérer chacun de ces incidents comme des phénomènes singuliers sans rapport entre eux, ce qui est exactement ce que la présentation commune des nouvelles nous suggère de faire. Vus sous un autre angle, cependant, ils apparaissent comme des symptômes d’une crise systémique, avec différentes branches qui ont des racines communes.

 

Mais dans quelle mesure faisons-nous partie d’un système plus vaste ? Certainement, un paysan kenyan et un banquier de Wall Street, un secrétaire d’État allemand et un policier irakien ont des environnements de vie totalement différents – et pourtant ils sont reliés par un système mondial qui veille à ce que le secrétaire d’État puisse boire du café du Kenya et que l’appartement de grand standing du banquier soit chauffé avec du pétrole qui circule à travers les pipelines gardés par la police irakienne. Ce système accueille et organise les flux de biens et de capital financier, ainsi que les flux d’informations et d’idées sur la façon dont le monde est, et comment il devrait être. Ce réseau complexe a – comme tous les systèmes sociaux – une histoire. Il a un début, une évolution et – éventuellement – aussi une fin.

 

La méga-machine

Le système mondial qui nous relie est connu sous différents noms. Certains l’appellent le « système-monde moderne », d’autres le « capitalisme mondial ». J’utilise la métaphore de la méga-machine, inventée par l’historien Lewis Mumford. La méga-machine moderne a émergé en Europe il y a environ 500 ans, à l’issue de luttes sociales de longue durée, et s’est répandue depuis dans le monde entier, avec une vitesse explosive. Dès le début, elle a fourni une fabuleuse augmentation de la richesse pour une petite minorité. Pour la majorité, en revanche, elle a signifié l’appauvrissement, l’exploitation radicale, la guerre, le génocide et la destruction des ressources naturelles.

Au début de l’époque moderne – à partir du XVe siècle – les fondations d’un système commercial et financier transnational et une division mondiale du travail existaient déjà. Cependant, ces structures économiques ont été incapables de fonctionner par elles-mêmes. Elles étaient et sont toujours dépendantes de l’État, qui peut faire respecter les droits de propriété, fournir des infrastructures, défendre les routes commerciales, amortir les pertes économiques et assurer une certaine résistance contre les injustices du système. Dans cette optique, l’État et le marché ne sont pas des forces opposées (comme c’est souvent revendiqué), mais ont toujours émergé d’une manière co-évolutionnaire, comme faisant partie d’une plus grande structure.

Ce système comprend également un cadre idéologique qui légitime l’expansion par la force et la mise en œuvre du système, en décrivant cette expansion comme étant une mission salutaire. Un exemple populaire contemporain en est l’invocation de nos valeurs occidentales. Autrefois, les termes tels que christianisme (par opposition à païens), Occident ou civilisation (par opposition aux sauvages) ou développement (par opposition à sous-développés) étaient utilisés à cet effet. Le principe d’organisation dominant de la méga-machine est l’accumulation sans fin du capital ou, plus simplement : multiplier l’argent éternellement. C’est quelque chose de nouveau dans l’Histoire humaine. Auparavant, il a existé beaucoup de systèmes dans lesquels les gens ont accumulé d’immenses richesses à travers l’exploitation des autres. Il y aussi eu des sociétés qui ont détruit leurs propres ressources naturelles et leurs moyens d’existence et de ce fait se sont détruites elles-mêmes. Aucune d’entre elles, cependant – de l’Empire romain aux Mayas – n’était basée sur une accumulation sans fin, c’est à dire sur l’augmentation quasi automatique des biens, et de l’argent qui devient une fin en soi.

Cette logique bizarre qui a émergé au début des temps modernes, est le moteur central de l’expansion agressive et de la croissance permanente dont le système a besoin pour exister. De nouveaux marchés et de nouvelles sources d’énergie doivent être rendus accessibles par tous les moyens – y compris la violence – et des espaces naturels toujours plus grands sont exploités pour le système économique. Selon cette logique, toute pause, toute décélération ou modération est équivalente à une crise et à l’effondrement. Ceci est la raison pour laquelle – comme nous le verrons plus loin – tous les espoirs que la technologie verte seule nous sauverait de l’effondrement écologique, sont illusoires.

 

Dans les rouages de l’accumulation sans fin

La logique de l’accumulation de l’argent a sa propre dynamique, qui dépasse largement la cupidité individuelle. Un exemple de ceci est la forme juridique des sociétés par actions, qui a été mise au point il y a environ 400 ans, et constitue l’un des principaux moteurs de l’accumulation depuis lors. En privé, le président du conseil d’administration d’une grande entreprise cotée en bourse, pourrait être gourmand ou modeste, un écolo ou un climato-sceptique. Mais indépendamment de ses préférences personnelles, sa fonction est simplement d’optimiser le résultat trimestriel de la société. S’il ne remplit pas cette fonction, ou le fait insuffisamment, le système l’éjecte.

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