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L’Allemagne a détruit le marché de la zone euro

par Jacques Sapir

Interview publiée dans Agrapresse, n°3429-3430, pp. 7-9, 13 janvier 2014.

Pour Jacques Sapir, directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) et auteur de l’ouvrage Faut-il sortir de l’euro  [1], la réussite de l’Allemagne tient beaucoup au fonctionnement de la monnaie unique, au détriment des pays du sud de l’Europe.

Depuis plusieurs années, avec la campagne pour l’élection présidentielle 2012 en point d’orgue, la quasi-totalité de la classe politique parle d’un modèle allemand vers lequel la France devrait tendre. Qu’est ce que ce modèle ?

L’Allemagne n’est pas un modèle : on ne peut parler de modèle que si on peut le généraliser. Or, on constate que les solutions qui ont été adoptées en Allemagne ne peuvent fonctionner que parce que les pays qui l’entourent ne les ont pas adoptées. C’est la différence de l’Allemagne qui fait son succès, si tout le monde l’imitait, ce serait un échec généralisé.

Pourquoi ?

Parce que l’Allemagne a appliqué dans le cadre de la zone euro une politique de cavalier solitaire. Alors que tous les pays procédaient à des relances économiques à partir de 2002, l’Allemagne a décidé de baisser ses salaires, c’est à dire de reporter sur les ménages toute une partie des charges qui étaient payées par ses entreprises, réduisant ainsi sa consommation. Elle a pu le faire parce que, dans le même temps, la consommation des pays qui l’entourent continuait d’augmenter. Si tout le monde avait appliqué la méthode allemande, cela aurait créé une crise gravissime dans la zone euro dès 2003/2004. On voit bien qu’il y a quelque chose de non généralisable.

Vous mettez aussi en avant la démographie déclinante de l’Allemagne…

Il y a une divergence massive entre la France et l’Allemagne : quand il y a 650 à 680 000 jeunes qui arrivent sur le marché de l’emploi en France, il y en a moins de 350 000 en Allemagne. Nous avons calculé ce que serait le taux de chômage de l’Allemagne si elle avait la même dynamique démographique que le France : elle aurait 1,5 à 2 millions de chômeur en plus. L’Allemagne peut se permettre d’avoir une politique qui est un succès, de court terme, uniquement parce qu’elle est dans une démographie déclinante. Or, des pays qui ont une démographie aussi différente que l’Allemagne et la France, avec un taux de fécondité de 1,6 contre 2,05 – ce qui est une différence énorme – sont contraints, par l’euro, d’avoir la même politique économique.

Vous dites que la sortie de l’euro est inévitable. En quoi l’économie allemande tire avantage de la monnaie unique ?

Avant l’euro, il y avait une tendance à la réévaluation du deutschemark. Les pays voisins, comme la France ou l’Espagne, dévaluaient régulièrement leur monnaie. L’euro a gelé les taux de change aux niveaux qu’ils avaient en 1999. Or, on constate que même avec une politique monétaire qui est la même pour tous, l’inflation est très différente selon les pays. Concrètement, l’Allemagne bénéficie d’un taux de change de l’euro inférieur à ce que serait le taux de change normal du deutschemark, parce qu’il est dans la même zone monétaire que l’Espagne ou l’Italie. Cela lui donne un avantage considérable pour exporter vers les pays hors de la zone euro. Quand on regarde le solde positif de la balance commerciale allemande, on voit que jusqu’en 2010, il a été majoritairement fait sur la zone euro ; puis, ayant épuisé et de fait, détruit le marché de la zone euro, l’Allemagne, depuis 2011-2012, redéveloppe massivement ses exportations en dehors de la zone euro. Des pays comme l’Italie, l’Espagne ou le Portugal n’ont plus d’argent pour payer les produits allemands. On est face à un système extraordinairement pervers, dangereux pour tous ces pays et qui est une véritable dynamite politique, car on voit monter une haine envers l’Allemagne en Europe.

Selon vous, l’euro fort a empêché les pays d’Europe du sud de profiter de leurs avantages comparatifs et de se développer ?

L’euro fort est par exemple au cœur de la crise grecque : jusqu’à 2003, la Grèce avait un déficit public, mais un déficit extérieur extrêmement faible. Il y avait des exportations agricoles vers la Bulgarie, la Roumanie et vers la Hongrie ; des exportations industrielles vers le Moyen-Orient, et surtout, la Grèce était le chantier naval de tout l’est du bassin méditerranéen, grâce à une vieille tradition d’expertise dans la réparation navale. Tout ceci a disparu avec l’euro fort, car les produits et services grecs sont devenus plus chers. Les compagnies maritimes (celles qui payaient leurs impôts) le faisait en dollar. Quand l’euro s’est apprécié de 35% par rapport au dollar, pour le gouvernement, ça a été une perte de revenu fiscal d’autant.

Il existe aussi des distorsions de concurrence avec l’Allemagne, qui bénéficie d’une absence de salaire minimum et de la main d’œuvre des pays de l’Est. On demande aux agriculteurs français d’être plus compétitifs, alors qu’ils sont déjà, techniquement, parmi les meilleurs du monde. Comment construire l’Europe dans un tel contexte ?

Il y a quelque chose d’assez inquiétant en Allemagne qui est la dynamique des salaires : il y a très peu de chômage mais il y a entre 6 et 8 millions de travailleurs pauvres. Et là se pose la question de savoir si on peut harmoniser le coût du travail : c’est possible, mais par le bas, et ça provoque des dommages extrêmement élevés. Il faudrait, pour faire fonctionner un système hétérogène en matière de lois sociales, de protections sociales, de salaires, l’équivalent des montants compensatoires monétaires (des taxes aux exportations), qui ont fonctionné en Europe dans les années soixante. Mais il y a un vrai souci en matière de politique agricole : quel type d’agriculture voulons-nous réellement développer ? La politique agricole française, en dépit d’un discours sur la qualité, reste essentiellement une politique axée sur la quantité, avec des mécanismes de subvention qui, dans le moyen terme, avantagent les plus gros agriculteurs. Nous n’échapperons pas, dans quelque système que nous nous trouvions, dans l’euro ou hors de l’euro, à une remise à plat de cette politique agricole, avec la question de savoir si on axe notre agriculture sur des biens exportables – pourquoi pas, mais dans quelles conditions, où sur une agriculture de qualité, avec des circuits commerciaux qui le permettent. Je pense qu’on ne peut pas concevoir une politique agricole de manière séparée d’une politique des réseaux de distribution. En réalité aujourd’hui, une partie de l’argent qui va aux agriculteurs ne fait que transiter dans les fermes et va dans la poche des grands distributeurs. Il faudrait réserver dans toutes les agglomération des places pour les coopératives de producteurs : on peut le faire, mais il faut en avoir la volonté politique, qui va se heurter aux centrales d’achats. On pourrait peut-être imaginer le fait d’imposer à toutes les grandes surfaces de réserver 20% de leur surface de vente alimentaire à des producteurs paysans, à de bonnes conditions.

Le ministre parle volontiers de relocaliser l’agriculture, mais le pendant politique, avec de vraies mesures qui protègeraient nos marchés et nos agriculteurs, a du mal à émerger…

L’exemple même en a été donné par l’écotaxe, qui est dans son principe une excellente idée, mais qui a été dans son application quelque chose de tout à fait effroyable : ca veut dire qu’un produit qui vient de Dordogne sur Paris sera plus taxé que des prunes du Chili qui sont débarquées à Roissy. C’est absolument absurde ! Ca ne veut pas dire qu’il faut renoncer à l’écotaxe, il faut en changer le mode de calcul. On peut imaginer un système avec un coût très faible pour moins de 300 kilomètres, qui monte très fortement de 300 à 800 km, et qui devient prohibitif au delà. Ce serait déjà un début de solution.

Sur ce sujet, que vous inspire le mouvement des bonnets rouges ?

C’est un objet de sciences sociales extrêmement intéressant. Il a comme déclencheur une révolte antifiscale, vieille tradition en France. Mais quand on regarde les structures sociales, on voit un vrai problème de crise dans le grand Ouest. Cette région a connu une logique de développement plutôt favorable jusqu’à 2007-2008, mais est aujourd’hui en train de basculer dans la crise avec des phénomènes de paupérisation très brutaux, pas tellement dans les villes mais en périphérie et dans les petits bourgs. Il y a depuis quelques années la montée d’une vraie misère rurale, qui n’est pas nécessairement une misère paysanne. Très souvent, une ou deux entreprises sont les principaux fournisseurs d’emplois du bassin, et l’homme et la femme d’un couple travaillent parfois dans la même. Si elle ferme, qu’est ce qu’on fait ? Il y a aussi beaucoup de petites entreprises de moins de dix personnes, dans lesquelles la relation sociale est très différente d’entreprises plus grosses. Très souvent, une partie des employés est liée familialement au propriétaire : la femme fait la comptabilité, le beau-fils y travaille… Quand se pose la question de la survie de l’entreprise, il y a une coagulation des intérêts des employés avec le patron. Le niveau de vie d’un petit patron n’est pas fondamentalement différent de celui de ses employés. Cela permet de comprendre la création de cette espèce de solidarité sociale. Le mouvement des bonnets rouges est un vrai mouvement populaire. L’écotaxe a été le déclencheur, mais même sans, il serait apparu. Une autre chose importante est le rôle des femmes : que ce soit en qualité de militantes syndicales, d’agitatrices, elles sont en nombre important. Très souvent, c’est la femme qui va travailler dans la petite usine du coin alors que l’homme reste dans la ferme familiale. Il y a aussi une tradition culturelle de Bretagne périphérique, les femmes de marin sont celles qui tiennent la famille.

 

Approfondir l’analyse de Jacques Sapir, avec Kontre Kulture :

Notes

[1] Sapir J., Faut-il sortir de l’Euro ?, Paris, Le seuil, 2012 .

 






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21 Commentaires

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  • #690413
    Le 19 janvier 2014 à 14:45 par rtx
    L’Allemagne a détruit le marché de la zone euro

    Merkel la satanique aussi c’est fou ce qu’on la porte dans notre coeur celle là .... beurk répugnant ce qu’est devenu l’Allemagne dominé encore par l’empire !!!! pppfff pitoyable mais tout ce plan est prévu comme d’habitude pour tout détruire !!!

     

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  • #690462
    Le 19 janvier 2014 à 15:20 par eic
    L’Allemagne a détruit le marché de la zone euro

    Le succès de l’Allemagne.. ? Il est dans la présence au Pouvoir de gens compétents qui ont compris depuis longtemps qu’on doit se préoccuper d’abord et avant tout des intérêts de son Peuple et de la partie productive en priorité, ne pas dépenser plus qu’on ne gagne, ne pas trahir la nation, ne pas la tyranniser, ne pas la vampiriser, en fait, qu’il convient de faire exactement l’inverse de ce qui se pratique en France avec des résultats évidemment inverses. C’est amusant cette manie bien française (des gens qui ’gouvernent’) de se plaindre et d’accuser le talent qui lui est insupportable, probablement parce qu’il met par trop en évidence l’indigence de ses résultats. Le nom d’une monnaie ne peut rien contre sa mauvaise utilisation, quand l’Allemagne reviendra au Deutsch Marck se sera encore et toujours pour continuer a prospérer pendant qu’une france revenue au Franc continuera de patauger en plein marasme et ceci simplement, depuis 230 ans, pour des problèmes de gouvernance.

     

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    • #690531
      Le Janvier 2014 à 16:18 par Leïla
      L’Allemagne a détruit le marché de la zone euro

      @eic, j’approuve tout à fait ce que tu dis ! Je suis sur que la France sera la dernière a ne pas vouloir lacher sa façon de gouverner économiquement parlant à l’INVERSE du bon sens !

       
    • #690572
      Le Janvier 2014 à 16:49 par christian
      L’Allemagne a détruit le marché de la zone euro

      je crois que tu n’as pas bien saisi de ce qui se passe en Allemagne, les travailleurs(les vrais pas les bureaucrates, eux, c’est les vrais en France selon sarko&co...) sont payés au lance pierre, avec les "mini-jobs", qui n’ont de mini que le salaire 3 à 400 € par mois, quant à leur philosophie du monde de l’entreprise, celui ci mérite de s’y attarder, les allemands fabriquent du haut de gamme, c’est à dire des produits à forte valeurs ajouté avec des outils fabriqués aussi dans le pays(par d’autres ouvriers allemands) et des usines dans le pays, en somme : "l’anti mondialisation géographique" par excellence mais avec des salaires identiques à ceux qu’ils auraient été en délocalisant. comme le dit Alain Soral : "c’est jamais tout blanc ou tout noir", ils sauvent leur industrie au détriment de la gosse masse populaire ouvrière... un peu comme la guerre propre..., la guerre sans l’aimer... ou le caca propre (terme repris à Franck Dubosc)....

       
    • #690590
      Le Janvier 2014 à 17:00 par Die kleine französische
      L’Allemagne a détruit le marché de la zone euro

      Faut pas exagérer, ni fantasmer sur e modèle Allemand, je ne te conseille pas d’aller regarder au plus près les comptes de la DeutschBank tu aurais des surprises.
      L’Allemagne est tenue par la barbichette par les US et si ça peut servir comme toujours à faire péter la France c’est toujours ça de gagné, d’ailleurs la GB se tient un peu à l’écart, il aura fallu trois tentatives pour écraser les français ho my god !
      L’Allemagne possède 8 millions de travailleurs pauvres, et pas de salaire minimum, c’est pas peu de choses.
      Recette bien connue, exploitation du prolétariat, c’est ça la bonne vieille recette Allemande, c’est même la spécialité du capitalisme en général et Allemand en particulier.
      Si on fait abstraction de ce problème fondamental, et qu’en France on supprime tous les droits sociaux on sera aussi compétitif qu’eux et on leur achètera plus rien et il n’existera plus de problèmes pour le capitalisme Français, c’est d’ailleurs ça que nos politicards veulent des réformes et qu’ils mugissent à longueur de temps, réformes réformes réformes.
      Quand on essaie de raisonner en matière d’économie sociale, alors là commencent les difficultés.
      L’Allemagne à profité, sans aucun scrupule, de deux choses des lois sociales des différents pays de la communauté, qui ont permis l’achat de produits made in germany et également de sa compétitivité, combien de fois faudra t-il le dire l’euro est une monnaie taillée sur mesure pour l’économie Allemande et notre tombe économique à nous, les europhiles n’arrivent pas à comprendre cette chose simplissime, la compétitivité Allemande est basée sur deux piliers, la monnaie forte puisque avec cette monnaie ils haussent d’un coup tous les pays de la zone euro, à leur niveau l’Allemagne gagne des gains compétitif, et les très bas salaires.
      Ceci entraînant cela, le résultat c’est le développement de leur industrie et exportations.
      Les italiens les français ne sont pas plus bêtes que les allemands, sauf qu’ils sont complètement en dehors de la plaque de vouloir rester dans la zone euro, sauf à détruire leurs peuples et leurs économies, le malheur c’est qu’ils n’ont pas les élites qu’il faut, ils ont une bureaucratie complètement dépassée.
      Sortir de l’euro c’est notre seule issue, ce n’est pas en infligeant l’austérité générale aux Français que ça va changer quoi que ce soit, c’est une politique passive, vouée à l’échec certain.
      Car l’Allemagne se développe sur la souffrance de son prolétariat et de celui de toute la zone euro.

       
    • #690793
      Le Janvier 2014 à 18:38 par eic
      L’Allemagne a détruit le marché de la zone euro

      Cher Christian,
      Je peux t’assurer qu’on vit mieux en Allemagne qu’en France. J’ai beaucoup travaillé avec les Allemands et fait de nombreux séjours professionnel dans ce pays dans le secteur automobile (pas des fonctionnaires, de vrais pros) Je me souviendrais toujours de l’impression qu’on a retour de là-bas, en passant successivement d’Allemagne au Luxembourg, du Luxembourg à la Belgique et...de la Belgique... à la France, une lente descente vers la dernière médiocrité, un voyage qui part de quelque chose et qui finit dans rien, une espèce de cimetière, rues vides, maisons bancroches aux pignons dégueulasses, forets de panneaux routiers avec leurs litanies d’obligations et d’interdictions, toute cette laideur...Sortez, allez faire un tour là-bas...vous verrez...c’est sans comparaison. Allez voir leurs villes, leurs villages, les gens, c’est humain, ça vit, ça bouge, ça travaille, ça se distrait. Sortez du prémâché et du préconçu. Ils sont à des années lumière de la vrounze, cette pataugeoire pleine de ’philosophes’ et autres ’doctrinaires’ stériles.

       
    • #691570
      Le Janvier 2014 à 23:40 par bzh35
      L’Allemagne a détruit le marché de la zone euro

      @eic
      parce que toi tu penses que l avantage monétaire de l Allemagne c’est le nom de sa monnaie ???
      eh ben va prendre des cours d’économie alors,tu sauras comment marche le système monétaire, et le problème d’avoir une monnaie trop forte à l export entre autres,ça n’a rien à voir avec le nom.
      Et puis j’ai moi aussi travaillé la bas et je vois pas le rapport avec leur joie de vivre et autres choses comme ça.
      Bien sur ils ont de vrais avantages, leur système scolaire est mieux fait,leur système de formations aussi.
      Mais l’article de Mr Sapir parle du fait qu’ils bénéficient d’un euro moins fort que si ils avaient leur ancien DM ;
      c’est un avantage certain et ça n’a rien à voir avec la bêtise de la France ou leur intelligence

       
    • #691729
      Le Janvier 2014 à 01:06 par Igor Meiev
      L’Allemagne a détruit le marché de la zone euro

      eic je ne saurais trop vous suggérer de cesser de parler français histoire de pousser le reniement jusqu’au bout. Car vous ne critiquez guère mais dégobillez carrément et votre vomis ne fait pas avancer dans le bon sens. Vous avez quoi de sale à dire sur l’Italie, l’Espagne, le Portugal ?... parce que eux aussi en chient sacrément. Tous des merdes sauf super Deutschland c’est ça ?
      L’Allemagne bénéficie d’un système eurocratique taillé POUR elle. L’Euro n’est qu’un Mark bis, alors facile de courir plus vite quand on a pas de boulet monétaire au pied... ils procèdent à un dumping complètement ubuesque avec leur interland et vous le savez ; arrêtez de faire croire que le problème est la France elle même et les français eux même. La France a une grande tradition de travail et de savoir faire, son patrimoine le prouve, la trace culturelle, artistique qu’elle a laissé dans le monde le prouve.
      Si tout ceci ne s’exprime plus aussi bien c’est parce que les français sont empêchés d’être eux même par leur propre élite traîtresse. On ne veut pas que la France travaille car une France qui travaille c’est tout naturellement -car les ressources de ce pays sont immenses- une France forte et indépendante, donc une France obstacle aux projets mondialistes.
      C’est pour cela qu’ils sont résolus à ôter toute industrie, artisanat, pour cela qu’à été volontairement rabaissė le manuel.

      Il ne faut pas que la France travaille ! voilà le mot d’ordre en vérité à l’Elysėe.

       
    • #691778
      Le Janvier 2014 à 01:55 par christian
      L’Allemagne a détruit le marché de la zone euro

      j’ai commencer à aller en Allemagne il y a quelques décennies, me répondre pour évoquer votre microcosme prouve soit que vous êtes un troll, soit, au mieux, un cheval de labour avec de grandes œillères, le prémâché consiste à dire que l’herbe est toujours plus verte dans le pré d’à coté mais à rester dans le sien, le prémâché consiste à dire qu’il faut aller voir dans l’espoir de ne pas êtres pris au mot, le prémâché consiste à dire que les allemands ont un niveau de vie supérieur au notre sous prétexte qu’on a dit à la télé que leur modèle est formidable, vous êtes un imposteur, les ouvriers, la mains d’œuvre ne se déplace pas. la prochaine fois que vous jeter un pétard mouillé, ne vous retournez pas pour savoir pourquoi la mèche ne prend pas...

       
    • #691973
      Le Janvier 2014 à 08:09 par en passant
      L’Allemagne a détruit le marché de la zone euro

      @ eic
      BRAVO !
      L’UE est une mauvaise chose, mais le problème essentiel est la mentalité française qui s’accorde très bien de l’idéologie socialiste et donc de l’UE.
      Les Français comptent sur le travail des autres pour financer leurs délires d’assistés et c’est pour cela qu’ils ont des dirigeants parasites, apatrides et haineux qui ont très bien cerné leurs faiblesses et en profitent.

       
    • #692221
      Le Janvier 2014 à 12:33 par eic
      L’Allemagne a détruit le marché de la zone euro

      Igor,
      Vous devriez peut-être lire plus attentivement ce que j’ai écrit...quel est votre postula ? la France est faible parce que l’Allemagne est forte ? Le mien c’est que la France est faible parce qu’elle est mal dirigée, sur des principes aberrants qui la font stagner dans le marasme. On peut dire que TOUT a été fait en 40 ans pour que la Nation en arrive au point où elle est aujourd’hui, et ce, malgré la patience, le courage, la volonté, le savoir faire de la partie productive de sa population qui ne fait que servir de ressource à ceux qui la vampirise(je sais un peu de quoi je parle j’ai passée ma vie dans les usines...). C’est vrai ou c’est faux ? Je vous ferais remarquer que je parle de ’la manie bien française ; des GENS QUI ’GOUVERNENT’...pas de ceux qui les subissent...

       
  • #690471
    Le 19 janvier 2014 à 15:34 par bibiche
    L’Allemagne a détruit le marché de la zone euro

    Avant l’Euro, pour résister à la concurrence des produits de l’industrie allemande, tous les pays d’Europe dévaluaient, la France a dévalué une VINGTAINE de fois au cours du XXème siècle . Exemple : quand le Nouveau Franc a été créé en 1959, un nouveau franc valait 1 Mark . A la veille du passage à l’Euro, il fallait 3,40 Francs pour 1 Deutschmark ! En quarante ans le Franc a été dévalué de 80% ! Le drame aujourd’hui c’est que les voisins de l’Allemagne ne pouvant plus dévaluer, leur industrie ne peut plus résister à la concurrence allemande . L’Euro n’est que le nouveau nom du Deutschmark, il a pris sa place dans l’économie mondiale ,c’est une monnaie beaucoup trop forte pour la France et l’Europe du sud .

     

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  • #690596
    Le 19 janvier 2014 à 17:01 par Michelmabelle
    L’Allemagne a détruit le marché de la zone euro

    l’allemagne a moins d’immigration. a préservé une industrie, est proche des pays de l’est pour délocaliser et a appauvri sa population pour "bénéficier" de moins de chomeurs et en faire des travailleurs pauvres et précaires.
    La dette des banques des landers et privée est aussi très importante, il me semble.
    En réalité l’allemagne n’est même pas un exemple.
    Ce faux clivage allemagne-reste de l’europe est une manipulation haineuse qui a probablement un lien avec la shoah et la crainte de la qualité naturelle du peuple allemand qui doit absolument rester esclave de l’idéologie mondialiste et de la repentance éternelle.

     

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    • #691986
      Le Janvier 2014 à 08:23 par en passant
      L’Allemagne a détruit le marché de la zone euro

      "la crainte de la qualité naturelle du peuple allemand qui doit absolument rester esclave de l’idéologie mondialiste et de la repentance éternelle."
      C’est exactement cela, les sionistes n’aiment pas la concurrence, c’est pour cela qu’ils sont comme des poissons dans l’eau en France qui leur oppose si peu de résistance.

       
  • #690971
    Le 19 janvier 2014 à 20:07 par Tunnel
    L’Allemagne a détruit le marché de la zone euro

    Il y a en réalité trois Europes : une Europe germanique (Allemagne, Royaume-Uni, Scandinavie,...), économiquement plus développé et plus libérale, aux mentalités plus strictes, qui représente la plus grande part de la richesse de l’Union Européenne et qui de toute façon n’avait pas besoin de l’UE pour se développer davantage et qui pourrait très bien s’en sortir sans le reste de l’Europe. Ensuite, une Europe latine/méditerranéenne (France, Italie, Péninsule Ibérique, Grèce,...), moins développé et mois libéral que l’Europe germanique, aux politiques plus corrompues (mafieuses pour utiliser un autre terme) et qui a bénéficié de l’entrée dans l’UE pour se développer, la Grèce en 1981 et l’Espagne et le Portugal en 1986. Les gouvernements de ces pays ont vécu au-dessus de leurs moyens pendant de nombreuses années, ce qu’on a malheureusement découvert ces derniers temps. Cette Europe latine n’arrive plus à suivre le rythme imposé par l’Europe germanique. Enfin, l’Europe slave des anciennes républiques communistes de l’est, très en retard par rapport à l’Europe occidentale au moment de l’élargissement en 2004. L’élargissement de l’UE vers l’est a provoqué des déséquilibres très importants ayant des impacts lourds, notamment en Europe occidentale, après que Bruxelles ait poussé une politique unifiée en matière économique. Ce qui est tout simplement, encore aujourd’hui, impossible. Il n’y a qu’à voir la différence entre l’Allemagne et la Roumanie. Voilà le problème de l’Union Européenne.

     

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  • #691023
    Le 19 janvier 2014 à 20:28 par Viva zappata !
    L’Allemagne a détruit le marché de la zone euro

    @eic
    Mon très cher eic
    On s’en b....c’est pas le sujet, le sujet c’est faut-il continuer à être dans l’euro.
    Jacques Sapir n’est pas philosophe mais économiste de tout premier plan et je lui fais plus confiance qu’à toi.
    Du sophisme bla bla ça n’explique rien, on te dit qu’il y a 8 MILLIONS de travailleurs pauvres en Allemagne (paradis sur terre) qui étaient planqués lors de ton séjour, avec 400€ par moi du ne dois pas faire la bombe tous les soirs, que l’Allemagne dispose d’un hinterland où elle fait fabriquer des pièces automobile à 150€ par mois, et qu’elle assemble chez elle et exporte made in germany, qu’elle bénéficie de l’euro fort, c’est une réalité, ça n’enlève rien à son organisation qui je te l’accorde est exemplaire.
    Ca veut dire quoi qu’on vit mieux en Allemagne ?
    D’ailleurs essaie de voir un peu l’état des assurances financieres des retraités en Allemagne.
    Un Français n’est pas Allemand ni Américain, ni Italien.
    Les Danois vivent mieux que les Allemands et même les Islandais et alors ?
    On te dit que la France à rien à faire dans l’euro sinon bientôt avec la logique de la dette t’auras même plus de retraite capiche ?
    Jacques Sapir n’est pas le dernier des imbéciles que je sache.

     

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    • #691584
      Le Janvier 2014 à 23:46 par bzh35
      L’Allemagne a détruit le marché de la zone euro

      Entièrement d’accord, je plussoie, et j’ajoute que contrairement à ce que beaucoup pensent,
      l’Allemagne n’a pas tjrs eu un meilleur solde extérieur que la France, notamment avant l’arrivée de l’Euro...

       
    • #692069
      Le Janvier 2014 à 10:07 par eic
      L’Allemagne a détruit le marché de la zone euro

      Le problème ça n’est pas le nom de la monnaie, c’est ce qu’on en fait et surtout comment. Appelle-la comme tu veux ; si c’est pour que ceux qui la ’gèrent’ comme ils le font depuis au moins trente ans continuent ; la France va droit dans le mur. Bien sûr qu’il faut sortir de l’euro et de l’europe, bien sûr que se sont des pièges, mais une fois sortis de ce piège il va falloir sortir aussi du schéma mortifère dans lequel nous maintiennent des gens qui détournent la ressource, qui font de ce Pays un cloaque, qui vampirisent l’appareil productif en le bâillonnant, qui transpirent la contrainte, la dette, le dévoiement et la transgression, des vampires qui se comportent comme s’ils réussissaient alors qu’ils ne font qu’accumuler les échecs et font tout pour perdurer malgré des résultats qui les discréditent. Les impasses sont encombrées d’économistes, pas besoin de l’être pour comprendre qu’une monnaie ça sert a vendre mais aussi a acheter et qu’on ne peut pas demander deux choses contradictoires à un seul levier, a savoir : monnaie faible pour vendre, monnaie forte pour acheter...ce qui tue l’appareil productif en vrounze ça n’est pas la ’monnaie’ c’est le poids démentiel de la ponction fiscale sur la seule chose qui ’rapporte’ de quoi exister. Là-dessus tu peux retourner te b...

       
  • #691155
    Le 19 janvier 2014 à 21:11 par boduos
    L’Allemagne a détruit le marché de la zone euro

    Le peuple allemand est un peuple guerrier et ne conçoit ses rapports avec ses voisins que sous l’angle de la domination.
    Les USA encouragent ce penchant germanique à vampiriser l’Europe du sud qui leur tient lieu de boite à idées ou ils piochent. Dommage que ces guerriers aient la mémoire courte et oublient Dresde,Berlin ,le pillage de leurs élites ,les 25% de pertes humaine dans les camps d’après guerre.... et choisissent le camp de l’éternelle complicité aux vainqueurs en tournant le dos à la solidarité des nations européennes.
    Dès les années 60 ,ils sapent notre industrie des machines-outils en prévenant leurs industriels des nouvelles normes de sécurité un an avant leurs décrets ,de sorte que nos machines soient retoquées à l’importation.Et déjà ,nos politiques ,ceux dont la base ouvrière s’éloignaient ne virent pas d’un mauvais œil l’industrie française évoluer vers les services (et le patronat préférer les niches de sous traitance dans des unités éclatées ).
    Puis ils acquirent certains de nos fleurons industriels , créant l’usine bis en Allemagne, copiant nos savoirs faire,nos tourne-main et nos brevets ; "étonnamment",les commandes ne parvinrent plus chez nous et nous fermions l’entité française.
    Déjà,lors de l’occupation parisienne 40/44 ? l’INPI représenta pour eux une véritable caverne d’Ali Baba.Un seul exemple : le polystyrène expansé dont nous inonde BASF et Knauf depuis les années 1950 est simplement l’exploitation d’un brevet français "Bertin" de 1899 .
    En 2013,les allemands prennent le contrôle d’EADS et pilotent désormais la fabrication des missiles équipant nos sous marins nucléaires, derniers bastions d’indépendance nationale .
    Il est vrai que nous développons depuis 1958 une couteuse force de frappe supportée par la collectivité et pour leur part,par nos industriels dans leurs charges.
    Et cela pour en arriver à ce que notre laboratoire d’essais nucléaires virtuels ,très couteux parait-il a mettre au point est désormais à la disposition des anglais depuis 2009.
    Ce que Jacques Sapir décrit parfaitement aurait pu être enrayé partiellement en 2007 avec l’instauration d’une véritable TVA sociale de +4 ou 5 points (avec allègement d’autant de cotisations salariales ou des travailleurs indépendants..) ...si Fabius n’avait pas pris Borloo à contre pied à ce sujet durant leur face à face pour la campagne des législatives.

     

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  • #692245
    Le 20 janvier 2014 à 13:06 par eic
    L’Allemagne a détruit le marché de la zone euro

    Messieurs,
    Je suis heureux de constater que mon constat objectif a eu l’heur de susciter autant de réactions. Lisez attentivement ce que j’ai écrit et vous comprendrez que nous sommes d’accord sur l’essentiel,
    1/Gouvernance française nulle
    2/Europe=piège
    Ceci dit ; vous voulez d’une énième dévaluation et d’une 6° république ? Libre à vous ! Moi je commence a fatiguer(peut-être pour avoir beaucoup travaillé...) ; parce que l’échec chronique dont est affligé mon Pays (eh oui c’est aussi le mien...) me semble avoir assez duré, et que des gens qui ont emprunté 1 milliard de francs , chaque jour, depuis trente cinq ans, me semblent avoir suffisamment fait la preuve de leur incompétence comme ça, sans parler de leurs autres aberrations. Ceci dit en toute humilité et sans éprouver le besoin de qualifier qui que se soit de troll vivant dans un microcosme ou de cheval de labour (respect pour les chevaux de labour) Vous concédez à l’Allemagne une meilleure organisation, une meilleure formation, de meilleurs dirigeants, et c’est très exactement ce dont la france a besoin.

     

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  • #694283
    Le 21 janvier 2014 à 19:00 par LEPAGE
    L’Allemagne a détruit le marché de la zone euro

    Très intéressant ce que dit Sapir. La renaissance de l’Allemagne complètement détruite après la guerre, le fut grâce aux capitaux U.S.. Un nouvel outil de production neuf et performant. Puis après la réunification un très lourd investissement sur les landers de l’Est qui fiscalement a pesé très lourd sur les ménages de l’Ouest. Là aussi équipement ultraperformant. d’où une productivité exceptionnelle. Mais ils ont tout de suite perçu les contraintes de l’€uro et justement grâce au socialiste Shcröder fait sauter les protections sociales en vigueur ce qui est à l’origine des travailleurs pauvres. mais c’est la variable d’ajustement qui aremplacé la dévaluation devenue impossible. Ils ont privilégié l’outil économique. Les pays européens ne pouvant plus acheter allemands, ce sont les classes moyennes chinoises Brésiliennes russes.. qui les remplacent parce que leur outil de production est amorti. Rappelez vous nos politiciens, par lâcheté ont toujours favorisé la relance par la consommation. en vue des élections suivantes.... en conséquence de quoi on coule. Notre classe politique est composée de fonctionnaires à 85 %% dont les profs à 70% regardez où en est notre enseignement, alors le reste ne peut pas mieux se porter. des nuls ne peuvent pas être bon dans ce qui n’est pas leur métier. Nous avons la preuve aujourd’hui qu’ils s’en foutent et que seuls les avantages de la politique les intéressent.

     

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