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Le rédacteur en chef de Zaman : "La Turquie devient un État fasciste"

Presse et Justice sous contrôle, comme en France

Le quotidien Zaman a été mis sous tutelle par le pouvoir turc, et les journalistes travaillent désormais sous le contrôle de policiers armés. Pour le rédacteur en chef Celil Sagir, qui refuse d’abandonner son journal, « sa maison », c’est la fin de la liberté de la presse en Turquie.

 

Dans la nuit de vendredi 4 à samedi 5 mars, le quotidien turc indépendant Zaman, l’un des plus gros tirages du pays, était envahi par la police après une décision de justice ordonnant sa saisie. Depuis, mis sous tutelle, ses pages se sont vidées de toute information indépendante. Malgré la menace qui pèse sur chacun d’entre eux, les journalistes tentent pourtant de continuer à travailler, bien qu’ils se trouvent sous la surveillance permanente de la police anti-terroriste, toujours présente dans les locaux.
Celil Sagir, rédacteur en chef à Zaman, livre le récit de ces derniers jours. Il fait part de son très grand pessimisme quant à l’avenir de son journal mais aussi de son pays, et met en garde l’Europe aujourd’hui silencieuse sur les questions de droits de l’homme en Turquie.

 

Que signifie la saisie de Zaman pour la liberté de la presse en Turquie ?

La saisie du groupe de médias Zaman signifie la fin de la liberté de la presse en Turquie. Il ne reste plus que deux petits journaux indépendants mais ils subissent tous les deux une très forte pression du gouvernement. Pour la majorité des experts, le régime Erdogan contrôle désormais directement ou indirectement 90% des médias turcs. La saisie de Zaman a été le dernier élément de la mise en bière de la liberté de la presse en Turquie. Les autres sont sous une telle pression ! Le rédacteur en chef de Cumhurriyet Can Dundar a été jeté en prison durant trois mois et vient d’être libéré mais Erdogan a saisi la Cour constitutionnelle et nous redoutons que lui et le journaliste Erdem Gul retournent en prison. Le gouvernement a en effet entrepris de changer le juge de la cour qui a décidé de libérer les deux journalistes. L’avenir de la liberté de la presse en Turquie s’annonce de pire en pire.

Cette mise sous tutelle de Zaman a été décidée par un seul juge qui dépend d’un nouveau système appelé « Cour pénale de paix », système de justice parallèle créé par le gouvernement Erdogan après le 17 décembre 2013, l’opération lors de laquelle le régime a démis de leurs fonctions 5 000 policiers, procureurs et juges. C’est un juge sous la tutelle du pouvoir, je le dis clairement, il est utilisé comme une arme contre toutes les personnes critiques : universitaires, intellectuels, businessmen, professionnels des médias.

Le même jour que notre mise sous tutelle, deux dirigeants importants d’une grande compagnie Turque étaient mis en prison par la même cour de justice. Plus aucune liberté de parole n’est garantie dans notre pays. Je ne vois aucune lumière au bout du tunnel, la Turquie devient, de plus en plus, un État fasciste.

Lire la suite de l’entretien sur tempsreel.nouvelobs.com

La Turquie entre rêves de grandeur et délabrement politique, voir sur E&R :

 



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