Egalité et Réconciliation
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Les Métamorphoses de la lutte des classes

A l’heure où on parle, conteste, révise les fondements, les motivations des théories marxistes dans le système mondialisé, les ouvrages de Clouscard sont très utiles pour comprendre les structures économiques et politiques qui ont permis l’émergence utile des couches moyennes, la société de consommation (appelée, à escient, démocratie) qui renvoient à des caractères sociaux de leur propre consommation. Certains avancent que la lutte des classes est gagnée. Pour la pensée unique et ses caniches de média, c’est l’évidence, la question n’étant plus d’actualité. Au contraire, Michel Clouscard montre que loin d’être abolie, cette lutte des classes : s’est généralisée, s’est métamorphosée, ce qui peut empêcher de la reconnaître ; met en scène, pour la première fois dans l’histoire, les enjeux philosophiques les plus décisifs

Ce petit essai est une mise à jour concise, brève, le développement succinct et précis de la mutation française.

Au travers sa critique, on comprend que la lutte des classes met en scène des rapports de production (Marx) et des rapports de consommation (Clouscard) qui contiennent tous des valeurs, des codes, que le libéralisme utilise et manipule en vue d’intérêts bien compris. Selon la critique de Clouscard, les employés-cadres (ETC) sont amenés à défendre des mêmes intérêts et comprendre que ce qui empêche le bon fonctionnement de l’entreprise, ce n’est pas les lois sociales, comme la propagande libérale l’avance, mais un appareil d’État au service du libre échangisme européen (et mondial).

Et dans cette logique, Clouscard nous conduit à comprendre comment le capitalisme financier, depuis l’après-guerre, et surtout depuis la décomplexion libérale-libertaire de 1968, a orienté « le crédit en tant que spéculation sur le poste du budget dévolu à la jouissance » (désir), sans permettre jamais, à ce dit crédit, d’acquérir directement des propriétés, voire des investissements. Clouscard décrit les trois axes au travers lesquels le libéralisme se construit : « l’oppression économique » sur les travailleurs, « la consommation permissive » des couches moyennes par le développement d’un nouveau système de métiers, et « la mise en place de système politique qui permettra de faire fonctionner toute une politique politicienne qui va cheminer de la neutralisation du Conseil national de la résistance au consensus de la cohabitation » et de l’alignement sur la politique américaine.

Cette actualisation permet de faire apparaître les raisons de l’irrémédiable faillite du libéralisme. Et surtout, elle apporte, au-delà du formalisme dogmatique et du bricolage politique, les fondements de la stratégie progressiste qui se doit de répondre à cette crise généralisée. On peut ne pas adhérer à certaines idées de Clouscard, mais comment ne pas prêter attention, au réveil et à la refondation d’une pensée progressiste qui éluderait les tares des concepts des Lumières, du positivisme et des révolutions internationalistes, qui ont tous joué pour le libéralisme.

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