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Memento muri

En ce jour memento-mori où nous commémorons les Grands Abattoirs sublunaires, lorsque nous nous égorgeâmes dans les fossés et les chemins des Dames, avec nos cousins germains, il me souvient d’un autre anniversaire, récent, et qui ne fut pas fêté, les concernant.
En effet, il y a 23 ans, le 9 novembre 1989, à 19 h, Günter Schabowski du Politburo du SED, le Parti stalinien de RDA, annonçait officiellement la fin du Mur. On divulgua le code du cadenas qui fermait à double-tour le Rideau de Fer, libre aux chalands de quitter la boutique si bon leur semblait.
Il leur sembla. Dès 19 h 04 des foules énormes de Berlinois de l’Est se ruèrent aux postes-frontières de la ville pour obtenir leur visa, comme de jeunes Algériens récemment libérés de prison et avides de venir brandir le drapeau à croissant (et brandir tout court), ici. Les gardes-frontières furent tout de suite débordés.

Lorsqu’on évoque ces jours on parle de LA chute du Mur, et l’on chante cette chute là en lâche ut, en une chuinte d’hamur, comme des bœufs énamourés de Krur, atteints du syndrome de Kuru, « et leurs caboches vont dans des roulis d’amour  ». [1]
On dirait qu’il est tombé tout seul ce bon vieux Mur, mûr pour la chute, et que, tel la pomme pourrie, mon cher Guillaume, il a chu dans l’humus, à point nommé, qu’il se laissa effondrer en quelque sorte tout seul, de lassitude presque….
Or, si cet écroulement tombait à pic, on ne doit pas méconnaître les coups de pics rageurs du vieux peuple allemand. Entre juin et novembre 1990, le Mur fut démoli physiquement par la population hérissées de pioches, d’ alpenstock et de burins.

Mais, mon Dieu, il n’y a pas, non plus, de quoi pavoiser comme un lambertiste en mal de poussée hémorroïdaire des masses : la chute du Mur de Berlin n’a pas débouché sur de l’inédit, mais bien plutôt sur l’uniformise à Sion, tout à fait entropique…
Disons que le peuple, l’heure venue, comme le poussin pépiant fendille sa coquille quand il se sent prêt à aller gambader joyeusement dans les batteries, a abattu le rempart honni.
Et le 3 octobre 1990, ce grand peuple enfin réunifié, Aigle qui fit naguère trembler la terre en guerre, renaquit sous la forme d’une volaille dodue et hormonée, Angela, la grasse dinde apprivoisée qui se sent pousser des ailes.
Au fond, cette Chute intervint dans les délais « hegeliennement » raisonnables, tout vient à point pour écorcher vif qui ne sait pas attendre, et ne remettre jamais, au grand jamais, en cause, le Désordre établi.
Tout a toujours été long, lent, con et chiant.

Pour distraire de ces ébrèchements assemblés sur nos cortex dressons un codex des célèbres Grands Murs ! ( Nous compterons pour rien la « floraison lépreuse » [2] des vielles mûres, les bas-bleus de la gynécocratie, tout le lourd ramas effondré des Mamie-nova ébreneuses et la chute des mûres que nous appelons de tous nos vieux. )

- Le Grand Mur de Chine, 6700 km ! Là, la Chute sera celle d’un mythe. La légende de la seule construction humaine visible depuis la lune. Las, la Nasa a prouvé que la grande muraille de Chine n’est nullement visible depuis l’espâââce…Cette vérité sino cruelle, est maintenant admise par les autorités chinoises, qui ont éradiqué récemment la fable jaune des manuels scolaires, depuis qu’un Fils du Ciel astronaute est allé constater de visu, là haut, l’analyse Nasa.
- Le mur des Lamentations : l’amante à Sion en deçà, extermine à Sion au-delà. Car un autre Mur a été bâti, indépassable, élevé, altissime, que dis-je, transcendant !
- Le Mur de Séparation, la seule frontière indiscutable et indiscutée, dans ce monde où il est de bon ton de bêler il n’y a plus de frontières, tralalalala …
Ces deux dernières enceintes sont filles levantines du :
- Mur de l’Argent : délices et morgue en deçà, chagrins et peines au-delà.
Citons encore pour devoir de mémoire :

- Le Mur de Planck  : quand l’impétueuse physique va se casser le nez sur le vantail immobile de la lourde porte de chêne de la vieille métaphysique. Science en deçà, délires au-delà.
- Le mur de l’Atlantique  : l’Atlantikwall de l’organisation Todt. Et baiser ton corps salé, l’été, à l’ombre du Blockhaus…
- Le mur du çon : le seul souventes fois dépassé…( y compris par moi ici-même je sais )

Félix Niesche

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Les autres ouvrages de Félix Niesche sur Kontre Kulture :

Notes

[1] Arthur

[2] toujours Arthur

 
 



Article ancien.
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15 Commentaires

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  • #259150
    le 11/11/2012 par shoattane
    Memento muri

    Merci !
    Je vous conseille fortement Arabesque que je viens de lire tous simplement ....acidulé.
    Le mois prochain je prend tous les autres ! Une critique éclairée et poétique de notre temps...Bravo.


  • #259339
    le 11/11/2012 par Seber
    Memento muri

    Les quenelles Felix Niesche c’est bon, mangez-en !


  • #259351
    le 11/11/2012 par dédé75
    Memento muri

    Ce genre de prose finit par lasser.

     

    • #259708
      le 12/11/2012 par Henri
      Memento muri

      @dédé75
      Pourtant, cette prose n’est pas courante. Elle est même unique, du nectar pour amateur d’Art. C’est un vrai travail d’écriture d’une grande richesse et qui nécessite attention et concentration. Ce qui n’est pas donné à tout le monde. Dommage que vous en soyez "lassé". Il est a parier que vous êtes un lecteur assidu de Marc Lévy et dans ce cas en effet, je vous comprends, vous ne pouvez être que complétement hermétique au génie littéraire de Félix Niesche...


    • #259759
      le 12/11/2012 par tonimalt
      Memento muri

      Et puis ça change de l’Equipe ! hein dédé ?


    • #262427
      le 15/11/2012 par driss
      Memento muri

      eh quoi on est obligé d’aimer Felix Niesche maintenant ? on se croirait presque sur un site de gauchistes "quoi t aimes pas Tryo sale facho ?". Restons tolérant chers amis. Moi non plus je ne suis pas un fanatique de ce style, que j’admets avoir un certain intérêt, mais que je ne comparerais jamais à Bloy comme Soral le fait. Que vous aimiez Felix Niesche, très bien, mais de grâce n’obligez point les autres à l’adorer aussi.


    • #262536
      le 16/11/2012 par robert pierre
      Memento muri

      @dédé : qu’as tu besoin de le dire ?
      la ’prose’ de m’sieur Niesche est un alcool sur papier, noir comme ce monde immonde, mais dont la chaleur fait suppurer les plaies de l’âme. Un antidote.
      si tu goûtes une autre came, passe ton chemin en silence


  • #259414
    le 12/11/2012 par ephemere
    Memento muri

    Quelle sublime plume,je crois que je vais commander les 5 livres d’un coup,quoique 5 quenelles d’une traite...ça risque de faire mal,meme à un adepte de la fistinière...


  • #259713
    le 12/11/2012 par Clément
    Memento muri

    J’ai lu les 4 premiers. Je fais une pause, parce que là j’ai une liste de lecture longue comme le bras, mais je note, je note ...


  • #259773
    le 12/11/2012 par Sho-cacao
    Memento muri

    C’est sûr, la posture désabusée, surnageante, ironique à la frontière du réel est une option (malheureusement qui fait un peu trop premier de la classe autosatisfait de son bon jeu de mots à mon goût), jusqu’au jour où tu te fais décérébrer par un sioniste zèlé aux métaux lourds (si si ça arrive à l’heure actuelle en France)... Et là, non seulement tu ne peux plus jouer sur les mots (car l’aluminium dans ton cerveau ralentit les transmissions et ton "’inter-liguere" poétique), mais surtout, tu te mets à regretter de n’avoir répondu que par de sublimes arabesques lyriques à la dégueulasserie prosaïque sioniste... Donc, à te lire, mon côté anglo-saxon pragmatique est mitigé même si mon côté latin est charmé. En fait, ce type d’écriture résume un peu la problématique caucasienne (allez, passez moi ce mot svp) : c’est un penseur sublime, solitaire épris de merveilleux, pensant que la nature, qui a été si généreuse avec lui va s’occuper de le défendre... Mais il oublie qu’en face la médiocrité s’est organisée patiemment sur le sable proche oriental tandis qu’il effeuille les marguerites et regarde au ciel, rien n’est plus facile de lui voler sa bourse, ou de lui glisser une épaulée...

     

    • #259886
      le 12/11/2012 par anonyme
      Memento muri

      Sauf que ton caucasien sublime épris de merveilleux et effeuillant des marguerites la tête en l’air face à la dégueulasserie prosaïque sioniste, et ouf !, serait, parait-il, un admirateur et fin connaisseur de Trotsky alias Léon Bernstein. Et plouf !


    • #277926
      le 07/12/2012 par Magnaveritas
      Memento muri

      Faux.

      Félix est parfaitement conscient, à l’évidence, que small is beautiful... but big is powerful.

      C’est toujours la position de l’artiste véritable, vrai écrivain en l’occurrence, contre les forces de l’enfer, incarnées ici par le vrai pouvoir.


  • #259977
    le 12/11/2012 par HambreS (HS)
    Memento muri

    - Slt

    Si je savai partager aussi bien que ces écrivains
    qui sont des résistants plumes entre les mains ...

    Parait-il que : Logos et Plume "de paon" n’est point donné à tout le monde ...

    - A mon avis ceux qui disent cela sont d’un égoïsme si cruel
    qu’il empêche toute amitié si respectable qu’elle fût ...

    Quand on est contraint par le devoir de famille
    (si cette dernière on ne l’apprécie guère)
    on traine assez longtemps dans la Galère
    ramée, ramée , sans rien gagner ni trouver
    la belle joie immense après l’effort
    à expliquer qu’ils peuvent avoir tors ...
    Quoi qu’il en soit quand on est libre
    on puit faire ce que l’on veut
    (dans la limite du raisonable)
    même ossez dire toutes vérités sans
    avoir peur de faire partie des Résistants.
    Malgès qu’il ne faut pas dépasser : "Le mur du çon"
    sur tout sans style politiquement incorrect
    s’il l’on ne veut point être réduit à une bête
    Immonde comme le sont tous les Faux Maçons
    qui ne savent même pas construire une forteresse
    qui montrent la quintessence de leurs faiblesses
    et qui plus est n’ont même plus leurs coussinets
    volées par leurs maîtres sans aucune destinée ...

    Bien évidement on puit s’amusée seulement
    on ne dit point maître mais ami
    tel que Jésus Christ nous l’a appris

    Quand on s’ennuit parfois c’est mortel

    Sans rechercher la gloire à l’hydromel
    Sans même faire la rebelle
    et mourir sans la moindre cervelle
    On puit laisser quelques traces de notre passage
    mais jamais les Grands adultes ne nous écoutent
    quand par malheur il n’y pas ni le sage ni l’âge
    Je veux bien rester très sage mais que l’on cesse
    de me prendre pour un ignorant
    malgrès que je sois encore enfant
    Si l’on considère qu’on puissent l’être à 20 ans

    -Trop jeune pour être innocent

    L’art vient naturellement quand on aime donner...

    Merci M.Niesche
    En vous lisant sur le net car je ne puis acheter les livres via internet
    (père ne voudrais pas ...) d’ou le fait que "j’apprends"
    la politique sur des sites tel que celui-ci.

    Il est remarquable qu’il y a des gens
    qui ont du talent pour parler de sujet qui sont
    violents dont le seul moyen d’en retenir leçon
    et une prose particulière qui n’est point de l’Education National
    juste seulement à ceux qui ne font point du tout un cérémonial du Mal.

    - Voilà

    Il y aurai 2 façons de voir le monde certain , appeler cela :
    L’esprit de Géométrie et l’esprit de Finesse
    Je ne sais lequel convient aux écrivains ...

    Alors un jour peut-être tombera-t-il des Flocons de Neiges =) ...

    ( HS ).


  • #260042
    le 12/11/2012 par johnny-joe
    Memento muri

    Pas mal, eh Felix ce serais pas Daniel Conversano ? En tout cas Bravo

     

    • #277989
      le 07/12/2012 par Magnaveritas
      Memento muri

      Conversano a des qualités mais il est très loin du niveau de Félix.