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Paroles de soldats, un recueil de témoignages contre l’indifférence

Entretien avec le lieutenant-colonel Le Roux

Hubert Le Roux est lieutenant-colonel, officier supérieur d’active. Pendant de longues années, il a été tout particulièrement chargé du recrutement des sous-officiers du rang de l’armée de terre. Écrivain et biographe de Jean Lartéguy, il s’est associé à l’historien Antoine Sabbagh pour écrire, aux Éditions Tallandier, Paroles de soldats.

Dans la préface de ce livre, l’ancien gouverneur de Paris, le général Henri Charpentier se plaint amèrement de l’oubli passif voire de « l’aversion déclarée » dont sont l’objet les militaires qui ont participé, depuis 30 ans, aux opérations extérieures de l’armée française. Hubert Le Roux a décidé de combattre l’indifférence et de réhabiliter, à travers récits et témoignages vrais, les 35 000 soldats français qui sont hors de métropole et tous ceux qui se sont battus au Liban, dans le Golfe, au Rwanda, en ex-Yougoslavie mais aussi en Libye, en Centrafrique ou au Mali. Pour récolter ces témoignages qui forment près de 100 heures d’entretien, le lieutenant-colonel Le Roux a bénéficié d’une totale liberté. Cela donne un document vibrant et émouvant, dur et sincère qui plonge dans la brutalité des conflits et fait vivre en direct l’adrénaline, le stress et l’angoisse de combats dont on ne sort jamais indemne.

Émission Le Zoom, sur TV Libertés le 12 avril 2016.

 

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19 Commentaires

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  • La liberté a un prix ... Ah bon ! Quel est sont prix alors ??.... Faisons une collecte, payons de suite, et passons à la suite ....

     

  • Très intéressant le point de vue de cet homme pour qui la compréhension du monde se borne au cadre militaire.
    Malheureusement il manque de remettre en question la justesse des conflits... ce qui pourrait lui permettre de comprendre pourquoi certains ne respectent pas l’armée. Et cette petite censure sur "tuer" à remplacer par "neutraliser" en dit long sur le véritable état de l’institution ; les soldats sont désormais des individus, individualisés, qu’il ne faut surtout pas bouleverser avec une vérité crue.

     

    • Les conflits sont là de toute façon... A la base il permettent à 20% de spolier 80%
      Et à 0.01% de rafler le pactole.
      Les 20% ne sont qu’un bouclier numérique qu’il convient de maintenir sous une pression interne très forte et un turn-over fréquent.
      Pour ceux qui sont dans le secret des dieux si j’ose dire, je suis même persuadé qu’il existe un 0.00001% qui baise le reste, quand à les identifier précisément... (Adelston, Blankfein... peut être, et peut être pas...)

      Nous concernant :

      Quand votre faction n’a pas l’avantage, ce qui arrive surtout quand elle n’a pas une forte conscience et compréhension de son existence, vous faite la guerre pour les autres, c’est vieux comme le monde...

      Pourquoi ?

      Simplement parce que les 80% se font pas éternellement enfler avec du blabla...

      Pourquoi des crises économiques majeures à rallonges ? Pourquoi la moralité absente ?

      Parce que chez les 20% les places sont chères, et la morale si elle vous sauve à long terme, à court terme c’est une faiblesse, et le monde ne fait qu’accélérer... Donc les calculs se font sur fond d’objectif de maintient à court terme, pas de cohérence à long terme...

      Les factions dominantes seules imposent les structures de leur cohérence à long terme.

      Ça vous plait pas d’être des exécutants ?

      Mais combien d’entre vous sont prêts à transformer la France en Syrie pour changer les choses ?

      Ce sera peut être pas nécessaire ? Et si ça l’est ... ?

      L’Être humain n’échappe pas aux lois de la nature, si vous voulez quelque chose autant bien vous figurer ce que cela va / peut vous coûter, sinon le moment venu, vous reculerez.

      Leurs "sages" ont fait sacrifier un tiers de la "grande famille" pour s’acheter une immunité...

      Au échecs, vous faites pas un gambit pour obtenir un pat.


    • La justesse des conflits...

      Par exemple le pétrole : oui c’est injuste d’aller le prendre de force,
      mais ce serait tout aussi injuste qu’un pays devienne soudainement riche et puissant juste parcequ’il est assis du pétrole ! (ou autre)

      Après tout, les ressources naturelles appartiennent à ceux qui vont les chercher, sinon il faudrait bousculer des siècles d’histoire a chaque fois qu’une ressource trouve une application industrielle ?
      Sinon il aurait fallu que le monde entier se soumettre au trois ou quatre grand producteurs de pétrole,comme des vassaux, et puis c’était réglé, mais est ce que c’est plus juste ?


    • #1442071
      le 13/04/2016 par Vision unique et por l’autre
      Paroles de soldats, un recueil de témoignages contre l’indifférence

      Louis, vous voulez dire qu’il est juste également que la France appartienne aux migrants, c’est çà ? C’est aussi injuste que certains bouffent et son en paix, donc il est juste que cette paix et cette bouffe appartiennent à ceux qui viennent les chercher en Europe, les migrants.


  • De ces hommes courageux morts pour l’Empire, le populo se soucie comme de la Bourse ; peut-on lui reprocher cette cohérence inconsciente... ?

     

    • On est bien souvent la résultante d’un processus dont la logique et les acteurs nous échappent.

      L’indifférence est la réaction normale face à ce que l’on ne comprend pas.

      Si vous êtes ici, vous avez choisi d’essayer de comprendre.

      Si vous proposez de remplacer les soldats actuels par des citoyens-soldats, je valide à 100%. Mais je ne vois que des chemins durs et précisément "impopulaires" pour y parvenir.

      Si c’est pour les échanger contre des mous pétris d’idéaux merveilleux, fussent-ils de la dissidence, je serai en face avec ce qui restera des soldats. Faudra la mériter la victoire.

      Vous avez plus à apprendre d’eux qu’eux de vous. Tant que vous ne comprenez pas que votre intellect seul ne vous donne pas l’avantage, et qu’il est à double tranchant, vous n’avez rien à espérer.


    • Votre prêche rectiligne* trahit votre manque d’expérience du combat, Recteur ; de ce qui le suit (l’amertume) autant que du combat lui-même. N’ayant pas cette expérience, moi non plus, je vous propose celle de mon père, dont les états de service, ordinaires en son temps, feraient pâlir d’envie les petits co’ qui viennent de sortir de corniche...
      * la rectitude est une vertu mais plus sur du vécu qu’à l’âge où on apprend

      Courte présentation - mon père s’engagea à 18 ans, pour que « plus jamais ça » : la honte de la défaite après les souvenirs glorieux des Anciens de la « grande guerre ». Il préparait alors le concours d’HEC qui valait pour Saint-Cyr pendant l’Occupation. Valaient aussi quelques services rendus à la Résistance, sorte de certificat de patriotisme qu’on exigeait des candidats ; je trouve l’idée bonne... Voyage sur le Pasteur, après le séjour de rigueur à Cherchell, arrivée en Indochine et affectations successives dans des unités de supplétifs, soit le barreau cassé de la dernière roue du carrosse : fusils mitrailleurs usés, au point qu’on évitait parfois le vietminh (!) habillement disparate qui faisait honte à ceux qui rendait aux morts le dernier Hommage (le vif du sujet) déplacements toujours à pied et pieds nus car les surplus de Birmanie avaient pourri, radios américaines dont les contacts fatigués n’avaient pas été « tropicalisés », état-major aussi mal préparé à la guerre de partisans qu’il l’était au Blitzkrieg, au point qu’il fallait parfois, en opération*, éteindre un poste qu’on avait bichonné avec l’angoisse du laissé pour compte (seul Européen dans un poste fait de murs de terre) et l’amertume de l’officier subalterne mal compris et rarement écouté...
      * mon père participa au drame ambitieux d’un dispositif trop étiré sur la RC4

      Quelques soixante ans plus tard, lui et moi parlions de la grande guerre (la fierté humiliée de son enfance) pendant un repas dominical. Je lâchai, le cul un peu serré : « je vais peut-être te choquer mais, à choisir, j’aurais préféré la citoyenneté allemande à cette guerre-là ». J’entends déjà vos rodomontades de cavalier, Recteur ; parlons peu et buvons frais ! « Tu ne me choques pas et je suis d’accord avec toi », répliqua un homme à qui ses camarades de promotion avaient dit, quand il choisit l’Infanterie coloniale : « fais pas ça, tu vas rater ta carrière ; c’est en métropole que ça se passe »...


    • (suite) Si vous n’avez pas encore compris, Recteur, lisez les souvenirs d’Elie Benoît de Saint-Marc. Ce livre dégouline du chagrin, de l’amertume, de la honte de jeunes héros qui tombèrent amoureux de l’Indochine - on appelle ça le « mal jaune » - donnèrent à ce pays le meilleur d’eux-mêmes, promirent trop à ses paysans et partisans, parce qu’ils croyaient, eux-mêmes, aux promesses des politiciens (!) autant qu’à leurs rêves de gloire. Ces souvenirs écrits, je les offris, à Noël, à mon père ; ah le cadeau empoisonné ! Il lut ce livre d’une traite et ne dormit pas de la nuit, me raconta ma mère. Le lendemain, il fondit en larmes devant moi, après avoir lu, fébrile, un papier qui racontait les humiliations qu’un général venait de faire subir à des marsouins. Après avoir fait aux pattes ces braves Gaulois, des Serbes les exhibèrent, mains liées, devant les journalistes. Un général avait ordonné à ces guerriers de rester l’arme au pied, à un moment où il fallait frapper et vite, par peur de froisser des gens qu’on ne peut plus qualifier en vérité dans ce site... Jetant son journal par terre, mon père dit, humilié lui-même : « quand on fait ça à un soldat, il est foutu ; il ne se battra plus ! » C’en était trop...


    • (suite) Vous avez, vous aussi, « choisi d’essayer de comprendre », Recteur. De comprendre, entre autres choses, que ce qui nous détermine, vous, moi et les autres, ne fait pas qu’échapper à notre emprise ; ces déterminants sont, en plus, contradictoires. Vous êtes même bien tombé ; en toutes modestie soit dit. Tenez : je vous parlais de « citoyenneté allemande » et voila que j’habite en Allemagne ; réalisation d’un rêve inavouable ? Non ; je n’aime pas les Allemands. Je suis contre l’immigration, aussi ; je suis un immigré. Je me dirais que j’aurais failli à mon devoir éducatif, si mon fils s’engageait dans l’Armée, mais je sais bien que c’est à la Légion étrangère qu’il ferait la meilleure expérience humaine. Les mots me manquent pour dire à quel point je déteste ce qu’on fait faire à la grande Muette et combien je méprise ses chefs ; pourtant, je dit parfois à mes filles aînées (leur cadette promet le pire !) que « l’Armée leur ferait le plus grand bien » et je le pense vraiment ! Je ne regrette pas d’avoir fait le service militaire chez les Fusiliers marins, au contraire de tous (tous) mes camarades de promotion - « scientifiques du contingent » - mais je quittai la Royale avec un profond mépris pour les officiers que je fréquentais au mess ; avec le plus grand respect, en revanche, pour l’officier marinier* qui forma notre trentaine d’EOR (élèves officiers de réserve) au métier des Armes et nous dit, haut et fort, le dernier jour des classes, que pour rien au monde il ne voudrait monter en grade... Comme je le comprends !
      * c’est à dire un sous-officier

      Ah, ce n’est pas simple de vivre dans l’Empire, Recteur !


    • @Denis Jaisson

      C’est un don rare de lire l’expérience du combat dans les écrits, faites en bon usage...

      Trêve d’ironie, je vais pas détailler mes états de service qui sont en fait assez modestes, même pour un vivant. J’ai quand même des situations de combat avérées à mon actif.

      Je suis donc, c’est le terme, un vétéran. Vétéran d’escarmouches, vétéran d’opérette, certes, mais vétéran quand même.

      J’ajoute que sorti indemne de mon engagement, je cultive même une forme de plaisir à la simulation, puisque je fais du airsoft. Ça entretient ! Et ça fait même cogiter !

      J’ai lu avec peine (mais bonne volonté) votre bloc décousu en trois volumes peu digestes.

      Concernant vos états d’âme sur l’Histoire de France...

      - J’ai même pas compris ce que ça venait faire là...

      J’ai autre chose à foutre que de pleurer sur les morts... Je suis en charge de ma vie et de tout ce que je peux assumer, le reste priez un bon coup pour parler au coupable.

      La nation ne m’intéresse que parce qu’elle me semble aujourd’hui comme hier être le meilleur moyen de servir mes intérêts propres et ceux des miens. Si cette condition reste vrai, je la défendrais elle et ses intérêts, dans le cas contraire, je privilégierai une autre allégeance.

      Concernant les officiers, sans les détester je me contenterai de dire qu’ils sont semblables à ce qu’ils ont toujours été partout et en tous temps dès lors qu’ils ne sont plus écrémés par le feu ou la politique...
      De parfaits incompétents dont le seul talent est bien souvent celui d’acteur.
      Les meilleurs ne deviennent pas officiers supérieurs ou finissent hommes politiques, écrivains ou poètes...
      Les pires commencent et finissent petit intriguant de salon de père en fils...

      Après l’armée est un environnement ou le principe de Peter est omniprésent, les torts ne me semblent donc pas évidents à distribuer comme vous le faisiez remarquer avec l’exemple du type à fait vos classes.

      Concernant l’Empire c’est à dire la pax pecunia, et bien c’est sans doute aussi dégueulasse que ce qu’il y avait avant.
      Et je distribue donc des piqûres de rappel à tous ceux qui pensent qu’ils vont faire bouger les lignes avec de belles idées et leçons de vie. Le stricte minimum c’est de rester lucide sur la balance des forces et sur celle des espoirs et risques.

      Le maximum est de se conditionner a ce qui pourrait être nécessaire. Les rangs de ceux qui sont aptes à enfoncer les lignes par la force doivent grossir si vous caressez l’espoir d’une quelconque "avancée".


    • Les cordonniers sont les plus mal chaussés mais, surtout, que ça n’empêche pas le médecin virtuel de s’administrer une « piqûre de rappel » - hors-ligne ; on a sa fierté, quand-même !

      J’ai passé l’âge de chercher à savoir quel gars avait le phallus le plus long et de clamer le résultat d’une telle enquête. Aussi me contenterai-je de vous rassurer : je suis d’accord avec vos idées très générales, Recteur.


  • Avec tout mon respect, très limité comme point de vue. "Les gens devraient comprendre". Comprendre quoi ? Que leur vie est de plus en plus compliquée et qu’ils devraient dire merci ? Merci au gouvernement avec l’armée sous ses ordres et qui le représente en quelque sorte ? Je crois que cet homme devrait ouvrir les yeux sur l’état du monde...

     

  • bonjour, bonsoir,
    le camarade spiritus-rector trace le chemin : comme disait Lavoisier - le vrai grand philosophe français - rien ne se perd, rien ne se crée ; si les 20% veulent continuer à protéger leurs gros culs graisseux des évolutions génocidaires du capitalisme, alors ils doivent s’agenouiller et faire semblant (comme des pleureurs nord-coréens) de dire merci, en mode componctionnel (facile : on a les meilleurs professeurs possibles en Occident).
    Geoffrey, communiste belge


  • (suite) Vous avez, vous aussi, « choisi d’essayer de comprendre », Recteur. De comprendre, entre autres choses, que ce qui nous détermine, vous, moi et les autres, ne fait pas qu’échapper à notre emprise ; ces déterminants sont, en plus, contradictoires. Vous êtes même bien tombé ; en toutes modestie soit dit. Tenez : je vous parlais de « citoyenneté allemande » et voila que j’habite en Allemagne ; réalisation d’un rêve inavouable ? Non ; je n’aime pas les Allemands. Je suis contre l’immigration, aussi ; je suis un immigré. Je me dirais que j’aurais failli à mon devoir éducatif, si mon fils s’engageait dans l’Armée, mais je sais bien que c’est à la Légion étrangère qu’il ferait la meilleure expérience humaine. Les mots me manquent pour dire à quel point je déteste ce qu’on fait faire à la grande Muette et combien je méprise ses chefs ; pourtant, je dit parfois à mes filles aînées (leur cadette promet le pire !) que « l’Armée leur ferait le plus grand bien » et je le pense vraiment ! Je ne regrette pas d’avoir fait le service militaire chez les Fusiliers marins, au contraire de tous (tous) mes camarades de promotion - « scientifiques du contingent » - mais je quittai la Royale avec un profond mépris pour les officiers que je fréquentais au mess ; avec le plus grand respect, en revanche, pour l’officier marinier* qui forma notre trentaine d’EOR (élèves officiers de réserve) au métier des Armes et nous dit, haut et fort, le dernier jour des classes, que pour rien au monde il ne voudrait monter en grade... Comme je le comprends !
    * c’est à dire un sous-officier

    Ah, ce n’est pas simple de vivre dans l’Empire, Recteur !


  • Ce monsieur se rend-il compte que les opérations extérieures de la France depuis une quinzaine d’années (Kosovo), génèrent la guerre et le terrorisme sur notre sol. C’est le paradoxe. Les soldats français sont devenus une sorte de mercenaires agissant au profit de puissances étrangères, des banques et des multinationales. Aucune gloire là-dedans. Les militaires professionnels, dans leur grande majorité, ne s’engagent plus pour la défense de la France, mais pour la gamelle. Gamelle qui est d’autant plus intéressante quand il s’agit de se déployer en "opération" extérieure. Enfin, taper à coup de bombes, d’hélicoptères, de drones et de porte-avion sur la Libye, la RCA ou le Mali(pays le plus pauvre du monde) sur des voyous armés de Toyota et d’armes légères est très peu glorieux. Voilà pourquoi, le peuple se contrefiche de leur sort.
    Il faudrait tout simplement que l’armée redevienne l’outil de la défense du pays et de ses citoyens.