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Pourquoi la France se prosterne devant les écrivains américains

Analyse des espèces culturelles invasives destructrices du patrimoine national

Un domaine dans lequel les Français excellent, c’est la littérature. Des dizaines de milliers de nos concitoyens écrivent, quelques milliers se font éditer, dans des maisons plus ou moins sérieuses, à compte d’auteur ou pas, quelques centaines apparaissent dans les librairies, chaque année, quelques dizaines sortent du lot, et une poignée seulement en vit. La dureté de la vie de littérateur n’est pas une nouveauté. Et ceux qui, dans les médias, se moquent de ces petits Français de province – souvent des profs – qui écrivent leur livre, croyant écrire le livre de leur vie, et parfois du siècle, ont tort. Car c’est la largeur de la pyramide qui détermine sa hauteur.

 

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En 1950, les Américains admirent la littérature française, et c’est dans l’ordre des choses

 

Le patrimoine littéraire français est une richesse insoupçonnée. On parle des défauts de la France en permanence, mais cette réserve d’intelligence, peu en prennent conscience. Car c’en est une : Hollywood, dans ses premières décennies, a pioché sans vergogne dans le roman historique français, pour muscler ses scénarios. Puis l’Amérique a trouvé sa propre voie, et produit des films sur sa jeune histoire. L’abandon, voire l’interdiction de toute fierté nationale, depuis le règne des médias de masse en France, n’a pas suffi à complètement détruire notre littérature. Si on se retrouve avec des Angot, c’est pour des raisons objectives : féminisme, pornocratie, déconceptualisation des contenus. On sait désormais que l’oligarchie anglo-saxonne a tout fait pour neutraliser le particularisme français, ce mélange de christianisme, de gaullisme, et de communisme. Un esprit résistant aux virus sioniste, capitaliste et protestant. Résultat obtenu en assénant la production culturelle anglo-saxonne aux jeunes Français, en survendant le produit d’importation au détriment de la production locale. Méthode américaine éprouvée : envoyer des tonnes de riz dans un pays dit du tiers-monde, détruire les circuits vivriers locaux, créer le besoin de multinationale, et rendre dépendant le pays ainsi « restructuré ». Ce processus s’appelle démocratisation.

Si l’Amérique a réussi à enfoncer nos défenses depuis un demi-siècle avec ses excellents films – il faut le reconnaître – ce qui n’enlève rien à la richesse du cinéma français, c’est surtout grâce au marketing, ou plutôt, à leur machinerie commerciale. Des moyens publicitaires puissants au service d’un produit moyen, c’est la formule gagnante. L’humilité française en la matière, qui consiste à croire qu’un bon produit se défend tout seul – avec le temps, c’est vrai, mais le commerce n’attend pas – a été écrabouillée sous le carpet bombing anglo-saxon. Par l’assurance d’être les meilleurs, qui se transmet aux peuples ébahis, prélude à la soumission (celle dont on ne parle pas, ou plus, tellement elle fait corps avec nous). La confiance a changé de camp. Signe d’une campagne de persuasion mondiale, à la limite de l’hypnose, bien rendue dans le clip du groupe allemand Rammstein, qui montre avec simplicité que l’influence culturelle américaine se traduit par une mondialisation de la médiocrité. Des produits de merde mais à la symbolique de victoire qui liquéfient toutes les frontières, toutes les cultures. Une espèce invasive, à l’image des crapauds, écrevisses et autres écureuils nord-américains : plus agressifs, et aucunement respectueux de la biodiversité locale. Un seul mot d’ordre : search and destroy.

 

 

La France a été bien naïve, et ceux qui se moquent des pays comme l’Algérie dont une clique de potentats s’enrichit grâce à l’importation des produits de première nécessité (Monsieur Sucre, Monsieur Blé), feraient bien de considérer nos traîtres à nous. Une partie du pays, qu’on appelle plus communément l’élite, a ouvert nos frontières à ces produits invasifs pour profiter d’un business extrêmement juteux, dont la production nationale a payé le prix. Ce n’est pas pour rien qu’en pleine apogée de la chanson française (Brassens, Brel, Ferré et compagnie), dans les années 1960, les yéyés sont arrivés pour tout bousiller, et tout ramener au niveau des pâquerettes. En 1979, les Iraniens se sont révoltés contre ça. La France, non. Au contraire, sa révolution de 1968 aura marqué le basculement dans l’américanisation de la société. Après, tout s’est dégradé.

Cet assaut a impacté tous les secteurs : du plus bas – les yéyés avec la copie merdique de la musique anglo-saxonne des années 60 – au plus haut, on pense aux systèmes informatiques de sécurité militaire nationale. Si la France ne peut pas tout produire, et que la mondialisation ne présente pas que des aspects négatifs (sinon on paierait nos PC 3 000 euros), il reste que l’élite française s’est vautrée avec délices dans l’américanisation. Il n’y a qu’à voir la prosternation des créateurs de la chaîne privée Canal+ devant la culture américaine.

 

 

Pierre Lescure, son président emblématique, a longtemps possédé une collection de « pop art » à la fois très cotée et laide à pleurer : des personnages de BD en couleurs, en très grand format… La nullité artistique à l’état pur. Il y a donc une autopersuasion de nos élites, qui subissent le charme de la fabuleuse machine culturo-industrielle. Ils n’y résistent pas, c’est le moins qu’on puisse dire, et transmettent leur virus à chaque génération fascinée par cet étalage de bruits et de couleurs, en un mot : cette violence. L’Amérique vend sa propre victoire. En vérité, un grand vide conceptuel et existentiel. Mais seul compte le moment de la vente, de la signature ; après, les produits vite consommés en appellent d’autres. De cette eau vous aurez toujours soif…

On en revient au point de départ : la littérature. Dans ce domaine, exactement comme en art, la qualité de la production française a été niée par nos élites médiatiques au profit de la qualité étrangère. Ce 11 septembre 2016 se tient le festival America à Vincennes, près de Paris, au bois désormais infesté de pauvres, on parle de plusieurs centaines de SDF. Cet énième festival à la gloire de l’Empire consiste à exposer les photographies des grands écrivains américains. Cinq ans de travail pour ramener des images exceptionnelles, qui font rêver, et parfois basculer dans une sorte de transe…

 

 

À défaut de pâmoison artistique, de simples clichés de types qui essayent d’incarner l’écrivain, the écrivain. Solitude, espaces, grandeur, profondeur… on n’oublie aucun cliché. Et on commence par le très survendu Jim Harrison. Harrison, c’est l’école country : je chasse, je pêche, et j’écris. Une resucée d’Hemingway, en moins bougeotte et en plus localisée. Des phrases dans le genre haïku qui n’ont de sens caché que pour les membres de sa secte, dont les journalistes français de L’Obs, qui vient de larguer une grosse caisse de condamnés. Peut-être y a-t-il un rapport de cause à effet…

Carver est cité en exemple. Carver, qui voulait écrire minimaliste, jusqu’à se perdre dans ses phrases creuses, où il n’y avait plus rien, rien d’autre que l’ennui profond. Richard Ford en serait l’héritier, et on apprend qu’il « stocke ses idées de livres dans son congélateur ». Si ça signe pas le génie, ça. De manière plus générale, l’école d’écriture américaine est plate, besogneuse, interminable (des romans qui n’ont de fleuve que le nom, rarement la puissance), bref, indigeste. Ça écrit rationnel, on sent le travail, la sueur, le manque de légèreté, de finesse, on est loin des envolées de Céline. Ce sont des bulldozers déguisés en papillons, qui avancent, mécaniquement, et qui dessinent des trajectoires géométriques archi-prévisibles. Dans l’écrasante majorité des cas, c’est chiant. Que ça écrive ampoulé ou nature, élaboré ou simple. Il leur faudra encore deux ou trois siècles pour savoir écrire, en bloc. En attendant, ils sont (juste) bons à produire du scénario cinéma. Quant aux abominables écoles d’écriture, on préfère ne pas en parler, tant ça heurte le principe de base de toute littérature digne de ce nom. On les retrouve avec leurs nouvelles pleines de trucs, de gimmicks, il ne manque plus que les panels de lecteurs pour en garantir le succès commercial. John Irving en est l’exemple absolu, avec sa littérature du creux gonflé à la phrase, et dont les mauvais romans, encensés par la critique, finirent en mauvais films.

 

 

Soyons honnêtes, il y a évidemment quelques perles qui brillent, ici et là. Mais ce sont justement ces perles qui sont rejetées par la société américaine, à l’image de Charles Bukowski. Les seuls qui présentent un certain intérêt, sont ceux qui ont été éjectés du système de bonheur américain obligatoire. Les laissés-pour-compte de la croissance spectaculaire de ce modèle de société, destiné au totalitarisme. Généralement, ces pépites sont d’essence étrangère, ou d’inspiration étrangère. Bukowski n’a-t-il pas été littéralement estomaqué par le style de Céline ? Des étrangers dans leur propre pays, des Blancs pauvres ou des Noirs (pas la peine de rajouter « pauvres »). Il y en a même qui font des petits boulots pour faire vrai... L’école des acteurs qui s’immergent quatre mois dans un milieu social ou professionnel différent, afin que leur jeu résonne d’authenticité.

Chez nous, de la même façon, la production non conforme est mise à l’écart – or c’est elle qui détient le futur entre ses pages, car le futur est un présent non conforme – et la production correcte mise en avant. Façon de neutraliser l’aspect dérangeant de la littérature politique. À la place, car le public demande de la subversion, cette chose qui donne l’impression d’être libre, les décideurs lui préparent de la fausse résistance (le rock). C’est vieux comme le monde, mais ça marche toujours, et le temps que l’escroquerie de la fausse subversion soit découverte, la nouvelle est déjà en place. Course poursuite entre le Système et ses contradicteurs…

Houellebecq, notre meilleur produit d’exportation, fait le 20 Heures du service public. Autant dire qu’au-delà de son petit théâtre personnel, où se réfugient différence et résistance (je m’habille mal donc je ne respecte pas le système du coup je conserve mon intégrité), l’écrivain idolisé va dans le sens du poil oligarchique :

 

Mais ne réduisons pas la littérature à la politique (les gens ont besoin de consommer du non-anxiogène), même si toute bonne littérature est de fait politique : en éclairant, en déclenchant des explosions de conscience, elle change l’individu, ouvre son esprit, et lui donne des armes mentales contre toute prise de pouvoir ou manipulation oligarchique. Bateau, mais toujours aussi efficace. Un livre peut sauver une vie ! Donc lisez, écrivez, achetez français !

Qu’Éric Naulleau avec ses traductions du bulgare, ou les éditions Actes Sud, premier employeur privé d’Arles, eux qui ont fait leur succès de l’importation de la littérature mondiale, nous pardonnent. L’amour de la France a ces excès que la raison pardonne.

 

Analyser cette agression culturelle avec Kontre Kulture

Essai de littérature comparée franco-américaine, sur E&R :

 






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63 Commentaires

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  • #1554478
    Le 11 septembre à 23:18 par Mojo Risin
    Pourquoi la France se prosterne devant les écrivains américains

    Et Hubert Selby Junior c’est de la m... ?

     

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  • #1554516
    Le 12 septembre à 00:00 par goy pride
    Pourquoi la France se prosterne devant les écrivains américains

    La question devrait plutôt être pourquoi la France se prosterne devant l’Oncle Sam tout court !

     

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  • #1554601

    La France qui se met à la misère de la sensibilité anglo-saxonne... Art culinaire résumé à des sucré-salé et une littérature sans profondeur, « d’hommes pressés ». Bon, il y a des exceptions mais pour les sensibilités méditerranéennes, donc aussi gallo-romaines, ce n’est toujours pas ça.

    L’utilitarisme anglo-saxon, présent jusque dans la domaine de l’art ? Le terme étant polysémique, on serait tenté par la prudence. Mais, je prends le risque. Un tableau de Monet parle autant à leurs sens que celui d’un peintre médiocre.

    De promouvoir le progrès des sciences et des arts utiles en garantissant pour une période limitée aux auteurs et aux inventeurs un droit exclusif sur leurs écrits et leurs découvertes. Constitution américaine.

     

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  • #1554649
    Le 12 septembre à 08:17 par Denis Jaisson
    Pourquoi la France se prosterne devant les écrivains américains

    « Une espèce invasive », comme vous dîtes, au point que les auteurs de ce papier parlent le franglais ; un patriote en vraie résistance à la « mondialisation de la médiocrité » aurait écrit « espèce envahissante », en toute simplicité.

     

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  • #1554674
    Le 12 septembre à 09:19 par Fascisme & Vacances
    Pourquoi la France se prosterne devant les écrivains américains

    Quel est l’auteur français le plus cité de nos jours ? Marcel Proust.
    Quel est l’auteur français le moins lu de nos jours ? Marcel Proust.
    Is there an explanation to that ? Yes ! Ce qui se vend bien ce sont les petits recueuils de citations pour frimer.

    Claude Hagège nous dit qu’il y a plus de signalétique anglaise/américaine de nos jours à Paris qu’il n’y en avait d’allemande durant l’occupation.

    Définition minimale du récit : quelque part (date et lieu) quelque chose (une histoire) arrive à quelqu’un (personnages). Depuis la French Theory on est plutôt dans le "Mais pourquoi ça devrait se passer quelque part ? Mais pourquoi absolument raconter une histoire ? Et pourquoi faudrait-il à tout prix y mettre des personnages ?"
    Vous pensez à quelqu’un ? "Cui, cui... Piou, piou..."

    Ils sont quatre aujourd’hui à vraiment vivre de leur plume : Bernard Werber, Amélie Nothomb, Marc Levy et chais plus qui. End of story !
    Si vous voulez gagner des sous montez un laboratoire de crack ou de captagon.
    De mes amis qui écrivent il n’y en a qu’une qui soit vraiment éditée (Gallimerde, Mercure de France et Arfuyen) Et c’est pas avec ça qu’elle gagne sa vie. Tous les autres barbottent dans l’auto-édition et font des ateliers d’écriture.

    Moi je n’écris qu’à la commande, que si j’ai un contrat. Donc des traductions de l’anglais. Ce qui nous ramène à la question "Pourquoi la France se prosterne devant les écrivains américains ?" Ou alors je fais le nègre quoique la tendance actuelle soit de dire ghost writer.

    Je suis à deux doigts de me mettre à écrire en anglais. C’est un problème de masse critique. Un petit succès au États Unis c’est un best-seller en France en volume. C’est comme le cinéma québécois, leur province est trop petite pour amortir des longs métrages. C’est pourquoi Denys Arcan fait dire "Tabarnak !" à ses acteurs toutes les deux minutes pour que ça se vende en France.

     

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  • #1555499

    J’ai vu la tête bukowski et je me suis dis merde ils vont dire du mal d’un écrivain qui m’a amené à la littérature. Finalement non.
    Dans une nouvelle il raconte que Camus est le plus grand écrivain français . Avis que je partage. Et dans un de ses romans, pulp, il fait l’éloge de celine et peut être qu’il le présente aussi comme le plus grand écrivain français. Malgré la traduction il les admire. Alors que j’ai du mal à croire qu’on puisse apprécier leur génie dans une langue étrangère. Enfin bon. On se fait tous influencer.

     

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  • #1555504
    Le 12 septembre à 23:02 par François
    Pourquoi la France se prosterne devant les écrivains américains

    Ca veut parler de littérature française mais l’auteur cite uniquement Céline (trois fois) et Houellebecq (une fois).

    Il existe une littérature française d’avant-guerre hein... Non mais vous n’évoquez ni Stendhal, ni Flaubert qui sont clairement au dessus de 98% des écrivains ayant traversé l’histoire.

    En outre, faire l’éloge de Céline c’est bien (quoi qu’il est objectivement indigeste mais on n’a pas le droit de le dire), oublier de parler de Giono qui écrivait dix fois mieux que lui - et avant lui - dans un style assez proche (le parlé des gens du peuple) et qui lui a laissé de vrais chef-d’oeuvres, c’est impardonnable.

    La littérature ne s’arrête pas à l’idée de nation. Pendant que vous parlez de Céline pour la énième fois, comme s’il n’y avait que lui, qui évoque Tolstoï ? Et Malaparte ? Et Hesse ? Et Dosto ? Gontcharov ?

    Sinon, la littérature americaine c’est aussi (et surtout) Dos Passos, Selby, Ginsberg, McCarty, Fitzgerald, Melville, James...
    Mais pas Bukowsky.

     

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    • #1556640
      Le 14 septembre à 10:44 par Chardonnay
      Pourquoi la France se prosterne devant les écrivains américains

      Littérature américaine : vous avez oublié Steinbeck :)

      Et sinon, juste pour parler du XXe siècle français, et quelques soient les idéologies portées/exprimées par les écrivains, il faudrait ne pas oublier l’oeuvre de Raymond Queneau - qui ne se réduit pas qu’à "Exercices de style" et "Zazie dans le métro", loin de là.
      Parler de Georges Pérec aussi, qui fut un puissant narrateur et constructeur de récits (même si le mentionner peut faire chougner quelques-uns de vos lecteurs).

      Pour élargir le sujet au niveau de la lecture, je pense que personne n’a jamais vraiment perdu son temps même à lire une page du bottin, un programme de télévision ou peut-être même une pub de supermarché. Je pense aux rejetés du système scolaire, à la "lie culturelle", aux classes pauvres et sous-éduquées.

      Pour votre curiosité : un article du saker francophone sur le niveau d’éducation d’une population dont le gouvernement revendique l’hégémonie sur la planète : L’Amérique illettrée (et faites abstraction de l’absurde réduction de "L"Amérique" aux USA). Cette réalité m’a été confirmée par ma compagne qui y vécut quelques mois dans les années 1990.
      Prions juste pour ne pas en arriver là.

      Lire est primordial. Je salue l’initiative, l’offensive culturelle et le combat de Kontre Kulture porté par Alain Soral.

       
  • #1555596
    Le 13 septembre à 00:54 par Fascisme & Vacances
    Pourquoi la France se prosterne devant les écrivains américains

    Les américains font pas mal de bouquins initiatiques. Ca tourne pas mal autour des teenagers qui prennent une année sabatique entre le highscholl et la fac (don’t you dare spell it fuck !)..

    L’archétype est The Catcher in rhe Rye avec Holden Caulfield. On tire son chapeau à l’éditeur français qui a très bien traduit le titre par L’Attrappe Coeur. C’est pile poil ça, tout ce que Holden Caulfield se propose de faire dans la vie est d’empêcher sa petite soeur de tomber du haut de la falaise lorsqu’elle galoppe dans le champs de seigle. C’est pas si mal comme but dans la vie !

    Si Demian de Hesse est un succès chez les américains c’est que là encore c’est putainement initiatique !

    Sinon ils font tout plein de films sur les dynosaures et la fin du monde parce que les amerlos sont des dynausores qui n’aspirent qu’à nous débarrasser d’eux mêmes.

     

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  • #1556143
    Le 13 septembre à 18:35 par Timothée
    Pourquoi la France se prosterne devant les écrivains américains

    Quelques remarques en vrac :

    "Si l’Amérique a réussi à enfoncer nos défenses depuis un demi-siècle avec ses excellents films – il faut le reconnaître – ce qui n’enlève rien à la richesse du cinéma français, c’est surtout grâce [...] à sa machinerie commerciale."
    => Non je pense que c’est avant tout parce que le milieu du cinéma français "d’auteur" est tenu par une poignée de gauchistes mondains médiocres ultra subventionnés qui fait des films qui n’intéressent qu’elle. La richesse du cinéma français, c’est terminé. Les gens ont le choix entre l’Inconnu du Lac ou Brice de Nice 3 (pour schématiser grossièrement).

    "même si toute bonne littérature est de fait politique"
    => Et Bukowski alors ?

    "Bukowski n’a-t-il pas été littéralement estomaqué par le style de Céline ? Des étrangers dans leur propre pays"
    => oui il était estomaqué par le style de Céline mais il disait que son Dieu était Fante, un américain donc. Fante, en plus d’être un Dieu de la littérature présentant un intérêt certain, était aussi un grand... scénariste à Hollywood (!) qui a logiquement eu droit pendant longtemps à une sacré part de bonheur américain obligatoire.

    "On en revient au point de départ : la littérature. Dans ce domaine, exactement comme en art, la qualité de la production française a été niée par nos élites médiatiques au profit de la qualité étrangère"
    => ok mais alors des noms ! Quels auteurs français niés par nos élites médiatiques ont publié ces 50 dernières années un livre de la trempe de ceux cités dans les autres commentaires ou par Soral : Hunter Thompson, JK Toole, Iceberg Slim, K Dick, Selby, etc... ?

    "reste que l’élite française s’est vautrée avec délices dans l’américanisation"
    => je pense surtout que la France a cessé de produire de bons cinéastes, de bons auteurs et de bons musiciens, et n’en finit plus de célébrer un certain "âge d’or" (Brel/Brassens/Ferré/Nouvelle Vague/Camus/Céline) et de le reproduire encore et encore, chaque fois en moins bien, au lieu d’essayer de pondre quelque chose de nouveau et d’original. Il faut arrêter de pleurnicher, de cracher sur le rock (cf. la vidéo musique de Soral où il dit sa passion pour Cream, les Yardbirds, Led Zep...) et Hollywood et se bouger les gars !

    Harrison, Irving, Angot, le Pop Art, Actes Sud, Naulleau : bon là par contre, sans commentaire...

     

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    • #1556207
      Le 13 septembre à 19:53 par Fascisme & Vacances
      Pourquoi la France se prosterne devant les écrivains américains

      @ Timothée

      Il y a peut être eu un déplacement. Puisque ce sont les éditeurs qui décident de ce qu’on édite il se pourrait que de bons auteurs soient partis écrire ailleurs.

      J’ai été très surpris il y a deux ans lorsque la petite fille d’une copine de dix ans (la petite fille, pas la copine) que je croisais à la médiathèque me demande de l’aider à trouver dans des bacs le douzième ou treizième volume de sa bande dessinée. De mon temps, si les héros étaient récurrents, toute l’histoire tenait en un seul album. Je ne vois que deux exception chez Hergé : Objectif Lune suivi de On a marché sur la Lune et Le secret de la Licorne suivi du Trésor de Racham le Rouge. Et là la gamine lisait un romans fleuve en plus de dix volumes. Un peu comme Hugo ou Dumas lorsqu’ils publiaient leurs romans sous forme de feuilleton (à vérifier pour ces deux là, mais c’est comme ça qu’on commençait de publier à l’époque). Tout se passe comme si de bons auteurs étaient partis se planquer chez les scénaristes de BD. A vérifier, je n’y connais rien en BD, ça m’emmerde les petits dessins à l’exception de Valérian & Laureline agents spatiaux temporels, F’mur, Binet, Pétillon et Claire Bretécher.

      Quand au cinéma c’est tout à fait ça, vous l’avez très bien résumé :



      le milieu du cinéma français "d’auteur" est tenu par une poignée de gauchistes mondains médiocres ultra subventionnés qui fait des films qui n’intéressent qu’elle



      Perso je m’en tampone un peu, comme pour la BD je n’aime pas le cinéma non plus (mais il n’aime rien ce mec !). Le seul cinéma que je tolère c’est le théatre filmé. Pagnol, Carné c’est du théâtre filmé.Les trucages à la con qui vous tournent la tête c’est fait pour les drogués. Un film français pas trop ancien qui répond à ces critères c’est "Un air de famille". Unité de lieu, unité de temps et unité d’action. Bon ! C’est pas Topaze non plus ! Et puis Louis Jouvet joue dedans. Là il s’appelle Jean-Pierre Bacri mais c’est Jouvet quand même car Jouvet ne faisait que du Jouvet comme Bacri ne fait que du Bacri. Sinon il y a "Le souper" avec les deux Claude (Rich et Brasseur). Le cinéma français qui est nul aujourd’hui existe encore parce que niveau de son public est très bas.

      Kado ! Je vous mets le lien vers "Le souper". Pire qu’une pièce de théâtre, un huis clos avec de vrais dialogues. Je l’ai rebaptisé "A table" pour passer sous les radars de Messieurs Youtube.

      https://youtu.be/hJP2P9tNXhA

       
    • #1556677

      @ Fascime et Vacances

      "Il y a peut être eu un déplacement. Puisque ce sont les éditeurs qui décident de ce qu’on édite il se pourrait que de bons auteurs soient partis écrire ailleurs. [...] Tout se passe comme si de bons auteurs étaient partis se planquer chez les scénaristes de BD."
      => oui aussi sans doute vous avez raison. Je n’y connais pas grand chose en BD non plus (je possède quelques ouvrages de Crumb, Bagge, Clowes et Shelton et ça s’arrête là) mais ça me parait plausible.

      "je n’aime pas le cinéma non plus"
      => vraiment ? quel dommage... pas moi, ce serait plutôt tout le contraire, et du coup je vous remercie pour le lien ! Je vais regarder ça avec beaucoup d’intérêt. Concernant "Un Air de Famille", vous avez une fois de plus raison. 20 ans déjà. Il y a eu aussi lors de cette dernière période enchantée les deux Visiteurs, Un indien dans la ville, Le Diner de Cons etc etc... Hollywood en a d’ailleurs souvent fait des remakes (ratés), ce qui est gage de qualité indéniable si vous voulez mon avis et un signe que le "particularisme français" n’était pas encore totalement "neutralisé". Ca me fait également penser au 1er paragraphe de l’article "Hollywood, dans ses premières décennies, a pioché sans vergogne dans le roman historique français, pour muscler ses scénarios",

       
  • #1556513
    Le 14 septembre à 05:41 par MagnaVeritas
    Pourquoi la France se prosterne devant les écrivains américains

    Conséquences du projet géopolitique de déplacement du pôle artistique global de France aux usa d’une part, mais aussi des pauvres aux riches.

    Inutile de chercher longtemps : l’art n’existe plus. Ceci n’est pas une posture post-littéraire mais un constat d’évidences général. Je suis formel : l’art quel qu’il soit n’existe plus... sauf peut-être dans les dessins de la semaine et autres dessins de presse amateurs ainsi que dans des domaines insolites a priori comme les jeux vidéo. Un Metal Gear vaut mille films ricains... mais peut-être un seul film coréen, le cinéma coréen étant immensément plus subtil que tout ce qui peut provenir des states.
    L’une des raisons majeures à l’échec global de l’art, surtout en France, est que face à la complexité du Système le bagage culturel, arcanes compris, doit peser ; or le système d’instruction publique est conçu pour ne produire que des idiots narcissiques et briser tous les vrais talents en les dépossédant d’eux-mêmes. Ceux qui résistent sont ensuite balayés car en amont l’art n’est que commerce.
    L’art idiot et sans talent n’existe pas. Et l’art bourgeois non plus.

     

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    • #1556620
      Le 14 septembre à 10:16 par Fascisme & Vacances
      Pourquoi la France se prosterne devant les écrivains américains

      D’un autre côté Francis Cousin nous dit que dans la communauté de l’être il n(y a pas d’art. L’art n’existe que pour appaiser les souffrances de la société de l’avoir.

      Tout jeune je m’amusais à pondre des phrases.définitives à l’âge où on écrit encore de petits poèmes. J’ai celle-ci qui illustre le truc :

      "Les civilisations heureuses ne laissent pas de traces"

       
    • #1556776
      Le 14 septembre à 14:05 par Peter Sellers
      Pourquoi la France se prosterne devant les écrivains américains

      Après c’est peut être du nihilisme ? Venant d’un enfant c’est fort possible qu’es-ce qu’il sait d’une civilisation.. d’un Marxiste messianiste attendant la révolution on ne peux s’attendre à autre chose ? Moi, je dis ça...

       
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