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Sénat US, un Homme a parlé

Oui, un Homme a parlé, et la majuscule n’est pas fortuite, car le constat social que dresse Bernie Sanders au Sénat US est accablant...mais aussi, peut-être, plein d’espoir car il était à désespérer d’entendre enfin de tels propos venant de l’autre coté de l’Atlantique.

 

Bernie Sanders est sénateur aux Etats Unis depuis 2007, et étiqueté indépendant.

Le 6 décembre dernier, lors du vote de clôture concernant les impots, Bernie Sanders prend la parole.

L’évolution sociétale des US qu’il décrit là fait froid dans le dos, et il n’hésite pas à qualifier les Etats Unis comme le pays ou le partage de la richesse est le plus inégalitaire au monde, devançant en cela toutes les républiques bananières décrites dans les livres d’écoles de son pays.

Quelques chiffres clés à retenir :

1 % de la population détiennent 23.5 % de la richesse nationale, davantage que les 50% les plus pauvres.

Parmi ces 1%, les 10% les plus riches (soit 1/1000) détiennent 12% de la richesse nationale.

Un petit historique de cette répartition des richesses au cours des 40 dernières années est évoqué, et voici comment celle ci a évolué :

En 1970, ces 1% les plus riches détenaient 8% de la richesse nationale 1980, 14% 1990 18% 2010 23.5%

De 1980 à 2005, 80% des nouvelles richesses crées aux US ont été captées par ces 1% les plus riches.

Mais au delà du constat chiffré, écoutez la démonstration de Bernie Sanders qui, paraphrasant ses collègues du sénat qu’il cotoie tous les jours, s’exclame :

"Oh oui, nous sommes très inquiets concernant la dette de 13700 milliards de $ du pays, très inquiets sur l’avenir de nos enfants mais, bon, il est aussi très important que nous ayons réduit les impots des 2% les plus riches de 700 miliards de $ sur 10 ans..."

Etrange, j’ai l’impression d’avoir déjà entendu cela quelque part...mais ce doit être ma mémoire qui me joue des tours.

Etrange aussi, le descriptif des solutions que proposent certains, à savoir ramener les US aux années 20 et éliminer toute trace de législation sociale.

Quelque chose me dit, en constatant ce qui se passe en Europe, notamment en Grèce, en Irlande, au Portugal, en Espagne, en Angleterre et, dans une moindre mesure (pour l’instant) en France, que ces idées semblent avoir ses partisants de ce coté ci de l’océan, mais la encore, sûrement qu’ une paranoïa mal diagnostiquée me fait dire n’importe quoi.

Bien entendu, de tels propos tenus dans un sénacle US sont stupéfiants, et il est parfaitement prévisible d’anticiper la manière dont ils peuvent être attaqués . Une recherche rapide sur Google vous en donne un petit aperçu ici oulà, rien d’étonnant au pays de l’oncle Sam.

Je ne sais pas si, comme le disait Wolinski : " Ce sont les circonstances qui amènent un homme providentiel au pouvoir, jamais les élections"

Ce qui est clair, par contre, c’est que l’absence totale de reactions ponctuant la fin de son discours implique, de toute évidence, qu’aucun des sénateurs élus constituant son auditoire n’est cet homme là.