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Sociologie du gamer

Ce livre aurait pu s’intituler Voyage au bout de l’ennui. Car dans une société gouvernée par le capital, c’est bien de lui que les jeux vidéo tirent leur attrait et leur profit : « Notre ennui est tel qu’il finit par devenir un nouveau marché solvable, une perspective de croissance. » Ainsi, le capital crée le remède, immédiat, mais chimérique, à la maladie qu’il a lui-même engendrée par le désenchantement du monde, sa soumission à l’économie, le délitement des solidarités naturelles, la concurrence acharnée et la solitude qui l’accompagne. Suivant sa nature profonde, il récupère tout, le digère et en extrait des produits ; le jeu vidéo n’échappe pas à cette loi. Mais les jeux en ligne dont il est question dans cet ouvrage vont beaucoup plus loin : alors qu’ils semblent proposer une échappatoire à une réalité dont on n’arrive plus à se saisir, ils n’en sont que des avatars qui, par leur simplicité d’accès, le rétablissement de communautés et de rôles sociaux, donnent l’illusion de vivre. Au cours de son voyage, le gamer découvrira les mêmes émotions et réalités sociologiques qu’in real life, celles derrière lesquelles il soupire, mais également celles dont il cherche à se soustraire : solidarité, stratégie de groupe, objectif commun, amitié peut-être, mais aussi trahison, volonté de domination, désignation d’un bouc émissaire, perversion. Et tout au bout, le vide.

Adrien Sajous, né en 1989 en France, a été lui-même pendant une quinzaine d’années un gamer. Titulaire d’un BTS industriel et d’une licence en Sciences humaines et sociales, il découvre Marx, Debord et Francis Cousin, prend conscience de son aliénation et s’éloigne petit à petit du jeu pour plonger dans la lecture. Partant de quelques idées jetées sur le papier, il finit par développer une analyse entière et radicale du fonctionnement du virtuel à travers sa substance capitaliste, jusqu’à l’écriture de ce livre, devenue à ses yeux nécessité. Pour ne plus être dupe.

 

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6 Commentaires

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  • #1580910
    le 17/10/2016 par Ouioui
    Sociologie du gamer

    Nécessaire débunkage de cette maladie aliénante et anti-naturelle qu’est le jeu vidéo.
    Je valide.

     

    • #1580958
      le 17/10/2016 par Damian
      Sociologie du gamer

      Connaissez vous les œuvres du JV indépendant des 10 dernières années ?


    • #1582376
      le 19/10/2016 par Bananonyme
      Sociologie du gamer

      @Damian

      Je les connais, et mise à part peut-être Braid, il n’y a rien à tirer des jeux indés ; c’est simplement un nouveau marché prolongeant l’illusion.
      J’ai d’ailleurs reprogrammé un jeu pour moi majeur qui illustre un concept extrêmement "marxien", selon lequel rien ne se créé mais que la connaissance n’est jamais que les liens que nous tissons entre des choses déjà existantes au monde ; c’est Stars Over Half Moon Bay, souvent considéré comme le premier "art game", dont c’est inspiré de nombreux éminents développeurs indés, dont l’incroyable Jason Rohrer, Jonathan Blow et bien d’autres. Ce n’est d’ailleurs pas vraiment un jeu, plus un espace de réfléxion
      Cela ne veut pas dire qu’on ne peut pas se faire plaisir avec un jeu vidéo, bien au contraire, mais il faut donner à cette activité la place qu’elle mérite : c’est une tentative aliénatoire parmi d’autres de retrouver une jouissance perdue, un bonheur illusoire qui laisse et digère l’être dans la solitude de sa condition moderne.


  • #1581551
    le 18/10/2016 par Vlad
    Sociologie du gamer

    Je suis très heureux et intrigué de voir un ouvrage sur cette thématique car on en voit assez peu. Pourquoi ne pas étendre à la sociologie du geek, pour faire encore plus complet ?
    Hâte d’en entendre parler dans la prochaine émission.


  • #1587128
    le 26/10/2016 par Benallal
    Sociologie du gamer

    Comme j’habite au Maroc, j’aimerais savoir s’il est possible de trouver une version telechargeable de ce livre Sociologie du gamer


  • #1593881
    le 05/11/2016 par Jo
    Sociologie du gamer

    Je viens de le terminer ! Conclusion en feu d’artifice. Vraiment génial. Pour ne pas vexer les gamer on aurait pu intituler le livre : "une vie sans écran !" Car il est sujet de l’écran (au sens premier) barrière entre vous et le vrai monde. Je lis les commentaires et l’on voit que les gamer ici écrivant ne l’ont pas lu.