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Yann Moix (avec Laurent Ruquier) à Paris Match :"Twitter pue l’extrême-droite et pue la merde"

Parfois, devant la critique, les animateurs et chroniqueurs télé peuvent perdre leurs nerfs, surtout quand l’émission est faible. C’est ce qui est arrivé à la paire Ruquier-Moix dans l’interview donnée à Paris Match le 8 septembre 2016. Question leur était posée sur la mauvaise réception de ONPC par les réseaux sociaux, symbolisés par Twitter. Pour ceux qui ont pour habitude d’organiser des clashs en plateau, le clash leur est revenu en pleine poire. Morceaux choisis.

Paris Match : « Vanessa, vous avez été fortement critiquée sur Twitter après votre première émission... »

Laurent Ruquier : « Alors là, je vous interromps tout de suite ! Vous n’allez pas faire partie des cons qui reprennent Twitter, cette fachosphère. C’est tellement débile. Vous n’êtes pas assez grand pour juger vous-même ? Dites ce que vous pensez. Ne vous basez pas sur trois tweets de connards, s’il vous plaît. »

Paris Match : « Les réseaux sociaux sont partie prenante du débat actuel. »

Laurent Ruquier : « C’est bien le problème ! Arrêtez avec Twitter ! C’est n’importe quoi ! »

Yann Moix : « Moi, j’ai tout de suite compris que c’était un réseau social où trois mecs dans leur chambre à Annecy s’expriment. On peut estimer que ça n’existe pas. »

Si Ruquier perd ses nerfs dès le début de l’interview, il perd définitivement les pédales ensuite, en ne comprenant pas qu’il insulte son auditoire, qui a fait sa richesse :

Laurent Ruquier : « Vous, les médias, êtes les premiers responsables. Vous saviez peser le pour et le contre, vous stimuliez les débats, vous faisiez réfléchir les Français. Maintenant ce sont 100 connards sur un réseau social qui vous dictent votre façon de penser. Ça rappelle le courrier des lecteurs, ça n’a aucune valeur. Il faut que les journalistes reprennent le pouvoir. »

Yann Moix : Twitter est un endroit où il y a des attaques physiques, qui pue l’extrême droite et qui pue la merde, donc je ne vais pas au dépotoir. Mais les hommes politiques gouvernent au tweet. Ils pensent que le peuple s’exprime par ce réseau. C’est faux. Ce ne sont que des anonymes qui s’expriment déguisés derrière des patronymes. Ces gens qui ne peuvent pas exprimer leur haine dans la vraie vie.

Plus tard, Moix osera, à propos de ONPC, un magnifique « cette émission est l’une des rares où il y a du fond ». On (y) touche effectivement le fond !

Comprendre que le fond, c’est la paire Ruquier-Moix, agrémentée de la dernière bimbo en date. On l’aura compris, la critique ne peut être que d’« extrême droite », « puer la merde », et émaner de pauvres types pétris de haine coincés dans l’appartement glauque d’une lointaine province... On savait la pensée des animateurs limitée, mais à ce point, c’est une découverte. Même Hanouna a compris qu’on ne touchait pas au populo du Net. C’est peut-être démagogique, mais tous ses tweets commencent pas « mes petites chéries ». On ne crache pas sur la poule aux œufs d’or.

 

Le suicide commercial de Laurent Ruquier, premier animateur-producteur du marché

Les propos de Ruquier et Moix sentent la haine de classe, le mépris des parvenus pour le peuple. Évidemment, avec de tels propos, l’émission phare du samedi soir, qui avait depuis longtemps sombré dans le politiquement correct, avec l’éviction de la paire Zemmour-Naulleau, qui en faisait tout le sel (Ruquier ne servant à rien, à part pousser des cris quand ça dépassait sa pensée), est morte et enterrée. La participation populaire aux émissions de télé via les réseaux sociaux étant l’une des conditions de leur survie, si ce n’est la condition principale. La réaction de l’animateur et de son chroniqueur – le sous-marin de BHL dont la mission consiste à contrôler la parole déviante sur le service public – rappelle effectivement le mépris de la presse pour le « courrier des lecteurs ».

Une page était traditionnellement consacrée à ces lettres, dont les plus gentilles étaient choisies, afin de valoriser le journal en question. L’irruption de l’Internet et des commentaires sans filtre sous les articles a pulvérisé cette petite manipulation. Et des titres mourants, comme Le Parisien ou Le Monde, ont dû sauvagement censurer leurs commentaires pour contrôler la situation. On en voit le résultat : les étourneaux sont partis pépier ailleurs, et ces deux sites d’information ne déclenchent plus rien, en termes d’interactivité démocratique. Beaucoup ont ce mot-là à la bouche, peu le pratiquent. C’est pour cette raison que la radio RMC a cassé la baraque, ces 10 dernières années, enfonçant Europe 1, qui a pris la direction inverse : tout pour les journalistes, qui savent, rien pour les auditeurs, ces ignorants. Là aussi, un résultat tranchant : RMC et ses 4 millions d’auditeurs va bientôt dépasser Europe 1 (4,2 millions), une station historique qui n’en finit pas de dégringoler.

On peut d’ores et déjà l’affirmer : ONPC ne fera plus de vieux os, et Ruquier lâchera l’affaire après les présidentielles de 2017, tant le mépris du téléspectateur s’est affiché dans cette interview, qui est une véritable insulte aux passionnés du débat en général, et à ceux qui ne pensent pas de manière formatée. La démocratie, ce n’est pas quand tous pensent pareil ! Quant aux insultes sur Twitter, si elles existent, elles ne sont que rarement retweetées, et quand elles le sont, c’est pour être dénoncées. Ce ne sont pas les insultes qui dérangent ces détenteurs sans partage de la parole publique, ce sont les critiques fondées, qui font effectivement mal en profondeur : elles ébranlent le parti pris socialo-sioniste de l’émission, qui correspond point pour point au catéchisme en vigueur dans le système médiatico-politique. Ruquier l’agrémente d’un peu d’humour (de bas étage, il faut le souligner), mais derrière la sauce, le règlement est là, et bien là. On ne touche pas au pouvoir profond, on ne parle pas des sujets qui fâchent, sinon on se fait conspuer par les deux censeurs de service.

Ceux qui ont cru à une télévision publique, à une émission de service public, comme Ardisson et Taddeï (qui revient à la fin du mois avec Hier, aujourd’hui, demain) ont pu en faire, en seront pour leurs frais. C’est-à-dire pour leur redevance.

 

Analyse du pouvoir médiatique, sur Kontre Kulture

Ruquier, ou la parole dominante sous les jeux de mots indigestes, voir sur E&R :

 






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