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2015, une année charnière pour des crises économiques et financières et des guerres ?

En ce début de 2015, les Néocons occupent des postes clés au sein de l’administration de Barack Obama et il ne faut pas se surprendre que la politique étrangère des États-Unis ne soit guère différente de celle poursuivie par le gouvernement de George W. Bush. Ils s’emploient constamment à proposer des provocations, des affrontements, des conflits et des guerres. En fait, l’année 2015 pourrait bien être l’année où plusieurs des feux qu’ils ont allumés pourraient se transformer en conflagrations.

En voici quelques uns :

1- Le risque d’une autre crise financière et économique majeure

Le président américain Barack Obama signa, le 21 juillet 2010, une version déjà édulcorée de la loi Dodd-Frank de réforme de Wall Street et de protection des consommateurs afin d’enrayer la corruption financière qui conduisit à la crise financière de 2008. La nouvelle loi avait pour but de rétablir une partie des dispositions de la Loi « Glass-Steagall » de 1933, laquelle fut en grande partie abolie par le gouvernement de Bill Clinton en 1999. Le tout afin d’éviter que les mégabanques et les grandes sociétés d’assurance se servent des dépôts assurés par l’État pour se monter une pyramide de paris risqués sur le marché des produits dérivés (swaps de défaut de crédit, swaps de matières premières, titres adossés à des dettes et d’autres produits dérivés risqués du même acabit).

Mais fait surprenant ! Seulement quatre ans plus tard, le 16 décembre 2014, des lobbyistes et des avocats travaillant à plein temps pour les mégabanques persuadèrent le président Obama de signer un énorme projet de loi omnibus de plus d’un milliard de dollars, déguisé en un budget. Or, on y trouvait une disposition spéciale qui visait à supprimer la règle connue sous le vocable de « swaps push-out », destinée à obliger les mégabanques qui bénéficient d’une assurance publique pour leurs dépôts à créer des filiales séparées pour spéculer sur certains types de produits dérivés.

En d’autres termes, les mégabanques américaines sont maintenant en mesure de spéculer avec les dépôts assurés par le gouvernement. Quand un tel château de cartes financier s’effondrera de nouveau est impossible à prédire, mais on peut raisonnablement être certain que cela arrivera, surtout si un choc politique ou économique grave allait frapper l’économie.

Je qualifierai ce jeu législatif de « casse-cou financier » et l’abdication d’Obama face aux mégabanques de geste de « lâcheté politique ». Car, ne nous méprenons point, on sait tous qui paiera pour les pots cassés quand cela se produira. Ce seront les gens ordinaires et certainement pas les mégabanques, lesquelles ont réussi, après la crise financière de 2008, à transformer en argent sonnant la montagne de leurs titres insolvables, adossés à des créances, avec l’aide complaisante de la Fed.

L’économie américaine et celles de nombreux autres pays sont encore sous le choc de la crise financière de 2008, laquelle fut provoquée par des politiciens et des banquiers corrompus, avec leurs règlements laxistes ou inexistants et leurs programmes de spéculation excessive. De telles économies sont vulnérables et sensibles à des chocs financiers imprévus, essentiellement parce les ratios dette-revenu sont encore élevés dans de nombreux pays, y compris aux États-Unis, où le ratio d’endettement a atteint un sommet de 177 pour cent juste avant la récession économique de 2008-09 et où il se situe encore aujourd’hui à hauteur de 152 pourcent. (Historiquement, le ratio des dettes sur les revenus est demeuré bien en deçà de 90 pourcent.) Une hausse soudaine des taux d’intérêt pourrait donc avoir des conséquences néfastes pour plusieurs économies.

D’une part, il y a l’Union européenne (UE), la plus grande économie mondiale, laquelle est au bord du gouffre d’une récession économique. Cela est dû à plusieurs facteurs, à commencer par les effets pervers des divers programmes d’austérité des pouvoirs publics, à ceux découlant d’un euro surévalué (pour plusieurs pays de la zone euro) et à ceux qui découlent du conflit avec la Russie au sujet de l’élargissement de l’OTAN pour englober l’Ukraine. On s’accorde pour dire que l’Europe vit présentement une décennie perdue avec ses taux de chômage élevés, son faible taux de croissance économique et la détérioration généralisée des conditions sociales dans plusieurs pays européens. Et, on ne voit pas encore la lumière au bout du tunnel.

L’économie chinoise, la troisième plus grande économie du monde, fonctionne également au ralenti. La Chine possède une capacité excédentaire de fabrication compte tenu de la faible demande mondiale, tandis que ses exportations sont pénalisées par l’appréciation de 25 pour cent du renminbi depuis 2004. En outre, son secteur financier est également vulnérable dû au fait que son niveau d’endettement est maintenant à hauteur de 176 pour cent de son produit intérieur brut (PIB). L’économie chinoise doit également composer depuis quelques années avec les changements structurels que le gouvernement chinois souhaite mettre de l’avant afin de réduire la trop grande dépendance du pays sur les marchés étrangers. Le gouvernement vise ainsi à passer d’un modèle économique axé sur l’exportation à un modèle reposant davantage sur la demande intérieure.

Du côté américain, l’économie est encore fragile et semble incapable de générer suffisamment de nouveaux emplois, malgré une certaine embellie ces derniers mois, alors même que le taux de participation au marché du travail a diminué, passant de 66,5 pour cent avant la récession économique de 2008-09 à seulement 62,7 pourcent présentement. Le fait que de nombreux Américains occupent des emplois à temps partiel tout en souhaitant avoir un emploi à temps plein, et que les salaires réels de ceux qui travaillent ou bien stagnent ou sont en baisse, sont autant d’indicateurs de cette précarité.

Comme le gouvernement américain n’a aucune politique fiscale ou industrielle digne de ce nom, il incombe à la banque centrale, la Fed, d’y suppléer avec la politique monétaire la plus agressive de son histoire. En effet, la Fed a quadruplé ses prêts aux grandes banques, depuis 2008, à raison de 4,5 billions de dollars (4 500 milliards), et elle a poursuivi une politique risquée de taux d’intérêt artificiellement bas, certains frôlant le zéro.

Avec une telle politique, la Fed a provoqué l’émergence d’une gigantesque bulle des actifs financiers. Le dénouement de cette prodigalité monétaire ne sera pas une tâche facile. Qui plus est, le gouvernement américain sera plongé dans une impasse politique au cours des deux prochaines années, alors que le Congrès américain sera sous contrôle républicain, en opposition à un président démocrate. Cela ne facilitera guère la tâche du gouvernement s’il lui fallait faire face à une nouvelle crise financière.

Un autre signe inquiétant est l’effondrement de la vitesse de circulation de la monnaie aux États-Unis, un phénomène ressemblant à celui connu à la fin des années ’20, juste avant le début de la Grande Dépression. La vélocité de la monnaie est aujourd’hui à son niveau le plus bas des vingt dernières années. Le fait que le secteur gouvernemental et le secteur financier aux États-Unis soient tous deux affaiblis est de nature à soulever des inquiétudes pour les prochaines années.

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Voir aussi, sur E&R :

Comprendre la fuite en avant financière et guerrière avec Kontre Kulture :

 






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