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Algérie, révolution aussi pour les médias : l’Internet tire profit de la censure de la presse

Six mois après le début de la contestation en Algérie, comment se porte la liberté de la presse  ? Éléments de réponse avec les journalistes invités à l’Institut du monde arabe.

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La révolution politique rime-t-elle avec révolution des médias ? La question a été l’objet d’un débat à l’Institut du monde arabe, vendredi 14 juin, dans le cadre du festival Arabofolies.

 

 

Les journalistes toujours sous pression

Et, pour Khaled Drareni, fondateur de Casbah Tribune, les choses n’ont pas vraiment changé pour les journalistes.

« La liberté de la presse n’a pas drastiquement évolué depuis le 22 février, déplore-t-il. Les reporters continuent de subir des pressions, et des annonceurs, quand ils s’aperçoivent que vous couvrez les manifestations, vous lâchent. Et on a encore du mal à accéder à l’information. Les chargés de communication, par exemple, censés nous aider dans notre travail, sont aux abonnés absents. »

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Lynda Abbou [journaliste pour Maghreb Émergent] acquiesce : « On est toujours soumis à la censure et aux coupures Internet. » Pour preuve, le site TSA, qui relaie chaque vendredi les manifestations partout dans le pays, est depuis trois jours inaccessible depuis l’Algérie.

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Une opportunité pour la presse en ligne ?

Une respiration dont pourrait bien profiter la presse en ligne. Car, si la contestation grouillait de toutes parts, Internet lui a donné un sérieux coup de pouce. La page Facebook lancée en octobre 2018, hostile au cinquième mandat, a joué un rôle dans la concrétisation de la colère des Algériens.

« Dès le début du mouvement, la presse électronique a gagné en audience, explique Lynda Abbou. Les Algériens, qui avaient eu le sentiment d’assister à un jour historique ce 22 février, ont été incrédules de voir qu’à la télé on n’en parlait pas. »

La confiance dans les médias publics, déjà bien entamée depuis 1999, a été définitivement rompue. Non reconnue par la législation algérienne – donc dans l’impossibilité de dépendre d’un organe étatique – et peu sollicitée par les annonceurs, la presse en ligne bénéficie d’une bonne image auprès de la population. Une carte à jouer pour les entrepreneurs de la presse électronique, dans un pays en pleine révolution contre le pouvoir.

Autre avantage, une plus grande marge de manœuvre éditoriale.

« Nous avons davantage de liberté d’expression que nos confrères du papier, admet Lynda Abbou. Eux peuvent subir le chantage des imprimeurs de l’État. Si un papier ne plaît pas, le journal n’est pas imprimé. »

Un fait consternant pour le journalisme algérien, mais dont la presse en ligne pourrait tirer opportunité, dans un pays parmi les plus connectés d’Afrique.

Lire l’article entier sur lepoint.fr

L’histoire en marche, sur E&R :

 






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18 Commentaires

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  • Pas tant que cela ! Internet peut être une malédiction car dans cet espace sans porte ni fenêtres, la vérité unique n’existe plus ; ne circule que le vacarme des opinions les plus diverses et les plus saugrenues et dans lequel les manipulations politiques sont invisibles. En temps de révolution, il faudrait fermer Internet car c’est par ce canal que le pouvoir réel se donne les apparences de la dissidence...

     

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    • @ Le kong

      Tu as raison ! De même, en temps de révolution, il faudrait confisquer les couteaux car le pouvoir réel pourrait s’en servir pour meurtrir le peuple.

      Bon, par ta bêtise tu révèles au moins l’existence d’un véritable enjeu, la fiabilité des sources d’information, leur authenticité. Il existe des solutions techniques et humaines favorisant la fiabilité.

       
    • Sauf que c’est par internet que les Gilets Jaunes se sont rassemblés, c’est par internet que les révoltes anti-occidentales éclatent un peu partout ... ce qui nourrit les révolutions de couleur pro-empire : ce n’est pas internet, mais l’argent de Soros, c’est ça qu’il faut bloquer.

       
    • A ceux qui m’ont répondu..
      Je ne nie pas l’utilité d’Internet ; mais c’est une arme dans les mains du peuple...et du pouvoir ( on ne voit pas pourquoi il ne s’en servirait pas, ne serait ce que pour diffuser de fausses informations)
      Et puis depuis toujours la Toile diffuse avent tout des opinions. la vérité est absente d’une révolution ou d’un mouvement populaire ; la démagogie prend le relais et les bords en usent pareillement...

       
    • En ce qui concerne l’Algérie, si on est un tant soit peu attentif, on peut reconnaître les fakes, les faux comptes, etc ... .

      Avant hier c’était la fête à la prison d’El-Harrach à Alger. Les détenus ont chanté toute la nuit quand ils ont appris que les deux ex-Premiers ministres venaient d’être incarcérés dans la même prison qu’eux. Un truc de fous !. Personne n’a pu fermer l’oeil dans les quartiers environnants.

      Et ce.n’est pas un Fake !.

      Avec les jeunes, au moins on se marre !.

      Pourvou sur ça doure !.

       
    • @u roitelet



      Je ne nie pas l’utilité d’Internet ; mais c’est une arme dans les mains du peuple...et du pouvoir



      Les oligarques aussi respirent de l’air, peut-être que si on supprimait l’oxygène, il n’y aurait plus d’oppression.



      Et puis depuis toujours la Toile diffuse avent tout des opinions.
      la vérité est absente d’une révolution ou d’un mouvement populaire



      Faux ! Les mouvements populaires sont ceux qui affrontent la réalité dans son horreur. Le simple fait de se lever le matin pour aller travailler au lieu de commenter sur internet est l’essence de la confrontation au réel.



      la démagogie prend le relais et les bords en usent pareillement...



      Le problème, c’est que démagogie / populisme / conspirationnisme / racisme / antisémitisme / etc. sont des termes totalement galvaudés aujourd’hui. C’est grâce à la TV que l’on a convaincu les peuples de l’utilité de la guerre en Irak, par exemple, pas par internet ; ce qui en fait une immense qualité.

       

    • Et puis depuis toujours la Toile diffuse avent tout des opinions.
      la vérité est absente d’une révolution ou d’un mouvement populaire



      Faux ! Les mouvements populaires sont ceux qui affrontent la réalité dans son horreur. Le simple fait de se lever le matin pour aller travailler est l’essence de la confrontation au réel. Donc dire que le "peuple/mouvement populaire" est incapable de vérité : c’est une belle "Macronnerie" et c’est nier connaître le monde du travail et le peuple.

       
  • On se connecte beaucoup quand on s’ennuie beaucoup ou qu’on vit sous dictature.

     

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  • L’état algérien ne dispose pas des outils, du materiel (software, hardware) pour censurer.
    La souveraineté est materielle. Cordialement.

     

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    • TSA et Algerpart sont censurés depuis une semaine.

       
    • #2220922

      Et c’est à cause de cela que ce pays comme tous les autres pays du tiers-monde finira par être avalé par une baleine.
      Seuls quelques états ont compris le véritable danger d’internet, l’arme la plus redoutable du vingt et unième siècle.
      Pas besoin de poudre, de bruits, de coups, de tortures pour dominer une nation.
      Internet s’occupe de tout.
      Une fois de plus, seule la Russie a compris ce que je suis en train de dévelloper et c’est pour ça qu’ils interdisent l’accès aux sites pornographiques.
      Mais selon moi c’est encore trop peu.
      Les états du monde entier doivent avoir une forme de NSA visant à contrôler la totalité des contenus numériques et des sites qui seront consultables par la population.
      Sur cette question il faut selon moi être radical. Dès lors
      Cinquante pourcent des sites seront impossible d’être consulté.
      C’est le prix à payer pour protéger sa propre population des pires aliénations virtuelles. Mais ça ne se passe pas comme ça car tout est inversé et parce que le numérique est le monde marchand de demain.
      C’est une histoire de chiffres.
      Comment peut-on accepter que la population est accès à ce qui la détériore ?

       
    • #2221317
      Le 18 juin à 13:18 par Une bonne occasion de se taire peut-être.
      Algérie, révolution aussi pour les médias : l’Internet tire profit de la (...)

      5/5 Chien-Loup Tchèque.
      Faut écouter les notes de lecture de Michel Drac à propos d’un bouquin qui parle de ça : développement des techniques de captation de l’attention (captologie) enfermement cognitif, dark désign, sociopathies, etc ... . Mais il y a du déni chez beaucoup de gens. Le plus terrifiant c’est l’effet catastrophique que ça fait sur les enfants.
      Perso, je pense que c’est par ce chemin que tout finira. Quand la quasi totalité du réel sera traduite en langage binaire. 0 et 1 symbolisent le début mais aussi la fin, en retour.

       
    • En cette période d’épreuves du bac en Algérie : Viber, youtube, Facebook ... Très très difficiles d’accès.

       
  • Un article hilarant qui tente de mettre en avant surtout la contestation médiatique algérienne majoritairement national-sioniste compatible de ceux qui sont liés aux services de renseignement français tel que TSA par exemple. Donc pour le Point, certains média internet algériens c’est bien mais pas quand ils sont français comme E&R...

     

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  • Tout le monde vit sous la dictature, nécessité oblige. La nécessité par les temps anciens nous était imposée par la nature et ses caprices, comme sécheresse, appauvrissement des terres agricoles, guerre, cataclysmes, etc. Et depuis, pas grand-chose a changé, seulement ce que la nature offrait plus ou moins directement passe maintenant par différentes pratiques d’acquisition, de transformation et de gestion et qu’on nomme l’économie et qui fait que nous nous éloignons de la nature et de notre dépendance à son égard d’une manière factice et seulement factice.
    Quand tout marche bien ou relativement bien et que tout le mon monde fait bombance plus ou moins allègrement surtout si on peut se le permettre en vivant sur la soumission d’autres peuples et leur appauvrissement, on se monte le bourrichon et on se dit qu’on vit sous le meilleur régime du monde est ce régime s’appelle la démocratie. Et quand c’est le contraire et que la machine économique commence à grincer, tout le monde se met à crier à la dictature comme dans les pays soumis à la nécessité de la survie soit par opposition soit par soumission.
    Au fond, il n’y a aucune différence entre dictature et démocratie, ce sont deux vases communicants et s’alimentent mutuellement. Imaginons que l’Arabie Saoudite soit vraiment une démocratie et que son peuple décide de ne plus vendre son pétrole ou de le vendre à qui il veut selon ses désirs. Ça sera la panique généralisée et le peuple saoudiens sera pulvérisé par un nuage de bombes.
    L’ennui et la dictature ne vont pas ensembles. On s’en nuit moins en dictature qu’on démocratie. Et en dictature= pays pauvre, seule une élite a accès à internet, car ça coûte la peau des fesses et ça enrichie les pays détenteurs de la technologie internet et ses réseaux.

     

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  • #2221080

    Jack Lang (M. IMA), ouvre ses portes à des débats - sans la nommer pour ce qu’elle est - sur la guerre hybride en cours en Algérie.

    Les dirigeants qui ont rendu cette guerre possible, par cupidité, inconscience et/ou passivité, sont bien sûr pris dans une valse où le moins solide tombe. Et ça tombe pas mal. Car il y a, donc, beaucoup d’invités non-Algériens dans la partie, ravis de l’ouverture de la danse, n’en doutons-pas.

    Il faut rester attentif à tout ce qu’il se passe, je ne vois pas meilleure chose à penser à cette heure. Et j’espère que les Algériens sauront s’organiser pour eux-mêmes et le bien de leur pays - facile à dire, très difficile à faire, en Algérie comme partout.

     

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  • Information aux E&Ristes,
    Le net en Algérie a vu de nouvelles pages Facebook et nouveaux sites exploser à l’aube du printemps arabe, ce qui veut dire que la majorité de ces sites d’informations divisent, diffament et rejettent les apartheids.
    Cela c’est accentué depuis le 22 février date de la première marche contre le 5 ème mandat de Bouteflika.
    Depuis le mouvement c’est trouvé un nom et est en train de dévier de sa trajectoire initiale !

     

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