Egalité et Réconciliation
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Anelka, et si tu la fermais ?

Racisme, jalousie, identité nationale… Nicolas Anelka a sorti la grosse artillerie dans une interview déconcertante publiée mercredi dans les Inrocks. Ou comment en remettre une couche plutôt que de faire profil-bas...

Cher Nicolas,

Je ne pensais pas avoir de tes nouvelles si rapidement après la désolante image que tu as laissée en Afrique du Sud. Pour toi plus que pour un autre, j’aurais au contraire parié sur une certaine retenue. Pour ne pas dire pudeur ou décence. Mais bon, comme tu le dis si bien dans le dernier numéro des Inrocks, tu n’as jamais rien fait comme les autres. Alors pourquoi te priver d’en remettre une couche et de livrer tes vérités… Du coup, c’est avec une certaine curiosité que je me suis rendu ce matin dans mon kiosque à journaux. Et à la lecture de cette interview, je ne sais plus trop quoi penser. Car tu as raison sur toute la ligne.

A te lire, la France est un pays raciste, jalouse de la réussite d’un gamin des cités et qui ne comprendra jamais ta personnalité. Et bien je suis d’accord avec toi. Qui parmi nous n’est jamais tombé dans l’anti-Breton primaire en lâchant un « con de Guivarch » en juillet 1998 ? Qui n’a jamais été pris en flagrant délit de racisme contre la région marseillaise où est née cette « tâche de Leboeuf » ou envers la Nouvelle-Calédonie et cette « grosse chèvre de Karembeu » ? Oui Nicolas, tu as raison ! Les Français sont tous racistes dès qu’ils perdent un match. J’ai moi-même traité récemment Erding de « gros blaireau » après un tir non cadré lors d’un match du PSG. Que la communauté turque me pardonne !

Nous sommes également tous jaloux de ta réussite, c’est une certitude. De ce compte en banque bien garni et de cette Ferrari que tu conduis tous les jours. Mais comprends que pour les Français moyens que nous sommes, il est difficile d’accepter qu’un jeune de 20 ans se paie un tel bolide. Surtout l’année où Peugeot lance sur le marché la nouvelle 607 intérieur cuir avec radar de recul et climatisation en série. Frimer dans les rues de Trappes, pourquoi pas. Mais le faire au volant d’une italienne alors que la production française est en chute libre, non ! Pardonne donc à tous ces ouvriers de Sochaux qui ne peuvent pas te comprendre et qui d’ailleurs ne te comprendront jamais.

Ce mépris que tu nous portes est finalement assez légitime. Et tu peux te le permettre, toi qui a été irréprochable tout au long de ta carrière et qui a fait rêver tant de jeunes supporters cet été en disputant ta première Coupe du Monde. Toi qui a porté l’attaque des Bleus en te distinguant par ton sens des responsabilités et le respect des consignes. Toi qui a quitté le Mondial tout sourire pendant que tes copains faisaient leur misérable grève pour te soutenir. Ta plus grande fierté en Bleu finalement, c’est de ne jamais avoir chanté la Marseillaise… C’est triste, non ? Car dans trente ou quarante ans, c’est la seule trace qui restera de ton passage en équipe de France. A la réflexion, ce n’est pas si triste que ça finalement. Plutôt pathétique. Tout simplement. Et si désormais tu pouvais enfin te taire…