Egalité et Réconciliation
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Août 14*

Par Israël Shamir

Le café Pouchkine est une institution à Moscou

Sur la place Pouchkine, dans le centre de Moscou, le MacDo, tout un symbole de la Pax Americana, a été fermé cette semaine. Il avait ouvert il y a 23 ans, quand l’URSS s’est effondrée, et que voyait le jour le monde unipolaire avec son unique superpuissance. Le peuple soviétique faisait la queue pendant des heures pour entrer et goûter à cette divine pâture étrangère. Ils étaient si innocents, si dépourvus d’expérience, ces Russes d’hier… Pendant 23 longues années, les US ont régi le monde seuls, tandis que McDonald servait ses burgers. Mais la Russie a bien changé depuis lors. Le Macdo n’est plus une attraction pour les Moscovites blasés. De l’autre côté de la place Pouchkine, il y a maintenant un autre restaurant à la mode, le Café Pouchkine, qui sert la meilleure haute cuisine russe. Et les joyeux Russes ont renvoyé la balle, ouvrant un autre Café Pouchkine à Paris, sur le Boulevard Saint-Germain, pour faire découvrir aux Français les joies de leur gastronomie.

Ce défi, les Américains ne l’ont pas pris à la légère. Les grosses têtes US ont réagi au quart de tour : à mort, Poutine, ont-ils vociféré. Ils ont proposé de lancer contre les forces russes des frappes à partir des bases de l’OTAN dans les pays baltes. Le Pentagone vantait les avantages d’être les premiers à asséner une bonne frappe nucléaire.

Les Russes se sont préparés pour le pire, consternés. Dans une paisible datcha à l’ouest de Moscou, mes amis scientifiques russes ont étudié le projet d’André Sakharov connu sous le nom de code « the Wave » (La Vague) visant à nettoyer toute la Côte Est des US au moyen d’un gigantesque tsunami (oui, c’est bien le même Sakharov). Ils ont loué le Perimeter, système létal apocalyptique que la Russie a hérité de l’URSS et qui l’assure de la destruction totale des US même si la Russie devait être rayée de la carte. Des armes inédites et secrètes étaient mentionnées.

Août 2014 ressemblait de plus en plus au mois d’août 1914 ou à celui de 1939, le compte à rebours avant une très Grande guerre était en marche. C’est alors que, le discours de Crimée du président Poutine, à la tonalité conciliante, indiqua que le danger d’une conflagration générale avait quelque peu reculé. La Russie remontait la pente de l’abîme.

Il s’agit ostensiblement d’une guerre des nerfs, d’un duel entre la Russie et les US ; même si de nombreux États, petits et grands, de la Chine à la Bolivie, manifestent un grand intérêt pour le démantèlement de l’hégémonie US, la Russie reste le seul qui ait la volonté politique, le poids militaire et la capacité de résistance économique pour se permettre une embrouille avec le bison.

Afin de préserver sa place de dernier consommateur tout en haut de la chaîne alimentaire, les US veulent couper les ailes à la Russie, humilier publiquement Poutine et le remplacer ; réaffirmer leur supériorité, brutaliser les économies européennes et resserrer leur soumission envers Washington ; mettre un terme aux évocations de leur déclin, éliminer l’opposition, faire du traitement de la Russie un cas d’école pour tous les éventuels candidats suivants à la révolte.

Les objectifs de la Russie ne sont pas aussi grandioses : le pays veut juste vivre en paix à sa façon et être respecté. Ce désir, les opposants l’ont qualifié de « menace pour l’architecture de l’ordre mondial post-guerre froide », ce qui est probablement vrai, parce que le dit « ordre » refuse aux nations le droit à la paix et à l’indépendance.

Les Américains n’en sont pas à une guerre près. Ils ont gagné dans chaque guerre : ils ont eu des pertes supportables, ils ont préservé leur base industrielle et ils ont tiré profit de leurs victoires. Leurs guerres mondiales et leurs guerres récentes, en Afghanistan, en Irak et en Syrie leur ont rapporté gros. Une guerre entre la Russie et l’Europe avec quelque soutien américain aurait également, à leurs yeux, bien des côtés attrayants.

Les Russes veulent éviter la guerre. Ils ont eu une rude et saumâtre expérience des guerres mondiales : la Russie s’est effondrée au cours de la première, et a souffert intensément pendant la deuxième. Dans les deux cas, le développement a pris du retard, la misère et le désastre économique se sont abattus sur elle. Les Russes n’ont pas pris plaisir à leurs autres guerres de moindre envergure ; d’aucune, ils n’ont tiré le moindre profit ni avantage.

Paradoxalement le désir russe d’éviter la guerre fait que celle-ci se rapproche. Les militaires et politiciens US ne craignent pas de jouer les gros bras avec les Russes parce qu’ils sont sûrs qu’ils vont s’aplatir tout de go. Cette fausse certitude les rend plus osés et sûrs d’eux à chaque nouveau round.

La Russie n’est pas seule. La Chine a l’habitude de la soutenir dans ses choix, l’Inde sous Modi se rapproche, l’Amérique latine construit son alliance avec la Russie, l’Iran cherche l’amitié avec Moscou. Phénomène aussi important, dans chaque pays il y a des gens qui sont insatisfaits par le cadre existant de la post guerre froide qui rogne la souveraineté nationale partout. Ce sont des gens qui ne sont pas trop loin du pouvoir en France, où Marine Le Pen GAGNE des points à chaque élection. D’ailleurs, les Américains qui préfèrent vivre à leur manière, comme les US avant la Deuxième Guerre mondiale, comme un pays normal, et non pas comme les sheriffs du monde entier sont aussi des alliés potentiels des Russes.

Les US ne sont pas seuls non plus, ils ont leurs alliés fidèles, l’Angleterre dévouée, l’Arabie Saoudite riche, l’Israël malin, et une pléthore de politiciens importants dans tous les pays du globe qui ont été formés et promus par diverses agences US. Il n’y a probablement pas de pays où les agents US ne soient pas tout près du pouvoir : Karl Bildt en Suède, Tony Blair en Angleterre… En Russie ils occupent plusieurs positions autour du sommet, parce qu’ils y ont été installés pendant les années noires du gouvernement de Boris Eltsine. Tous ceux qui veulent que leur pays serve l’empire sont des alliés des Américains.

Il ne s’agit pas seulement d’un affrontement US contre Russie, mais aussi entre la machine et l’homme. Tout à leurs complots en politique étrangère, les US font de plus en plus confiance à la théorie des jeux élaborée par les ordinateurs, armés de leurs bases de données gigantesques, alors que les Russes préfèrent miser sur le contrôle manuel, par l’homme. Les super ordinateurs modernes et les techniques de surveillance donnent aux US une marge d’emprise sur le processus décisionnaire russe. De façon croissante, le président Obama apparaît comme un parfait cyborg, qui présente le profil adapté pour dire ce qu’il faut au bon moment et au bon endroit, mais dont les actes n’ont pas de rapport avec les mots qu’il prononce. Je ne serais pas étonné si dans quelque temps nous apprenions qu’Obama a été le premier robot humanoïde au sommet du pouvoir. Et s’il est humain, c’est vraiment un excellent acteur, dans son rôle de robot. Même sa femme Michelle et ses filles ont l’air d’être le produit d’un bon casting plutôt que sa moitié dans la vie et leurs enfants.

Poutine au contraire est un humain incontestable, et aussi un homme. On peut ne pas l’aimer, beaucoup de gens ne l’aiment pas, mais ils n’y a pas de doute sur son appartenance à la race humaine. Cela rend le match bien moins prévisible que ne le considère la direction US. Après les exécutions horribles de Kadhafi et de Saddam Hussein, on peut avoir de bonnes raisons de préférer une guerre nucléaire totale à la défaite et à la reddition. Et la jeune génération russe ne partage pas la peur de la guerre de ses pères, et ils n’ont rien contre des expériences avec quelques uns des meilleurs joujoux de leur pays. Pour tester « Satan », qui est candidat ?

Surtout, la théorie des jeux (partiellement déclassifiée durant la dernière décennie) n’est pas encore au point pour ce qui est des conflits interculturels, où les antagonistes peuvent jouer à des jeux différents. Ainsi par exemple, vous jouez aux échecs, mais votre adversaire, lui, préfère le kickboxing. Et on a bien l’impression que c’est ce qui se passe ici. Les US jouent au plus fort avec la Russie, alors que la Russie esquive en douceur les cornes du bison américain qui charge.

Les US se voient comme la citadelle d’exception en haut de sa colline, les Élus prédestinés par Dieu pour commander sur le monde maintenant et à jamais. L’histoire est finie. Ils veulent donner des leçons et imposer leurs lois sur le monde entier. Ce qui est amusant, c’est que les Soviétiques avaient des idées assez semblables, posant que le communisme était prédestiné pour achever l’histoire, de sorte que la guerre froide entre deux États prédestinés était chose naturelle. De nos jours les Russes ne veulent pas croire à la prédestination. Les nations grandissent et faiblissent, et nouent des alliances, et il n’y a pas de fin de l’histoire en vue. Le monde unipolaire est un accident, et il revient maintenant à son état normal, multipolaire. La meilleure base d’ accord, la plus confortable, c’est de laisser chaque pays vivre à sa guise : « Leben und leben lassen. »

Ca faisait longtemps que ça les démangeait, les US : il fallait donner une leçon aux Russes ; La Russie n’était pas en franche rébellion : elle vendait son pétrole et son gaz contre des billets verts, elle déposait ses bénéfices sous forme de bons du Trésor US, observait les sanctions contre l’Iran, et n’avait pas interféré dans le dépeçage de la Libye. Mais elle n’était pas encore assez obéissante. La Russie a bloqué la destruction de la Syrie, elle a joué avec la dé-dollarisation du commerce pétrolier ; elle est pour le Christ et contre le mariage entre gays ; astucieusement, elle a tenté de miner l’unité occidentale en construisant des oléoducs et des ponts et en offrant des pots de vin aux Européens. Pour faire court : les Russes ont oublié leur effondrement de 1991.

L’Ukraine a été choisie par les US comme un endroit pratique pour déclencher une guerre, ou au moins pour rabaisser la Russie de quelques crans et se débarrasser de ce Poutine qui devenait beaucoup trop indépendant.

 

L’Ukraine

Les US gagnent du terrain tandis que la Russie en perd, en Ukraine. Poutine refuse obstinément d’envoyer ses troupes à la rescousse. Il s’échine à trouver une entente avec les US et l’Occident sur l’avenir de l’Ukraine. La Russie a été humiliée lorsqu’elle a proposé une aide humanitaire aux villes assiégées du Donbass : ses lourds camions sont encore retenus à la frontière, dans l’attente de la permission de Kiev pour avancer. Un demi million de réfugiés ont franchi la frontière russe, quelques milliers de civils, de miliciens et de personnel militaires ont été tués dans la confrontation.

La guerre pour le Donbass n’a pas été particulièrement réussie pour les Russes. Les rapports militaires sont excessivement obscurs et conflictuels, mais il semble bien que les rebelles sont en train de perdre la bataille contre l’armée ukrainienne, parce qu’ils n’ont pas de soutien extérieur. Tandis que les US prétendaient que le conflit était causé par l’intervention russe, la Russie essayait de se tenir en marge de ce conflit. La Russie n’a pas interféré à Kiev, alors que tous les ambassadeurs occidentaux et ministres encourageaient la révolte contre le président légitime. Quand le Donbass a relevé la tête, la Russie ne l’a pas soutenu.

Premièrement Poutine n’a pas voulu s’emparer du Donbass, ni de l’Ukraine, deuxièmement, ni, troisièmement, ressusciter l’Union soviétique. Il a été forcé de prendre la Crimée, base principale de la flotte russe, ancien morceau de la Russie, peuplée de Russes, et désireuse de rejoindre la Russie, parce qu’autrement la Crimée deviendrait une base navale pour l’Otan, mais il ne voulait pas poursuivre plus loin. Cela ne lui a servi à rien : à l’échelle internationale, on l’accuse d’être responsable du conflit, et à l’intérieur, on lui reproche sa non-intervention et la défaite qui s’en est suivie.

La révolte en Nouvelle-Russie (la moitié russophone de l’Ukraine) était une réponse populaire au coup d’État inspiré par l’Occident à Kiev, parce qu’il avait de forts relents nationalistes et anti-russes. Les habitants de Novorussie n’auraient pas tenté de faire sécession si leur langue et leur culture ne s’étaient retrouvées persécutées, et si leurs liens avec la Russie limitrophe n’avaient pas été mis en péril. Mais ils n’auraient pas été capables d’aller bien loin, tant que leur révolte n’attirait pas quelques rebelles en mal d’une cause à défendre, et le premier de tous a été le génie militaire et personnage hautement romantique, le colonel Igor Strelkov, le « Lawrence de Russie ».

Igor Strelkov donnait des cours d’histoire à l’université de Moscou, mais il a décidé (tout comme Lawrence d’Arabie) qu’il était plus intéressant de la faire, l’histoire. Il s’est battu en Transnitrie, petite langue de terre entre Moldavie et Ukraine, défendant la population locale du carnage prévu par les nationalistes moldaves. Il avait été volontaire pour constituer une milice serbe en Yougoslavie ; il a forcé le commandement de l’armée russe indifférent à le prendre comme officier pour la première guerre de Tchétchénie ; il a servi lors de la seconde guerre de Tchétchénie, puis, comme volontaire, en Syrie et au Daghestan. Il écrit merveilleusement, c’est un tacticien remarquable, capable de mener ses soldats par la force de son charisme. Ses connaissances le décrivent comme un casse-cou qui n’a cure de l’argent, du confort, de la vie de famille ou des plaisirs.

Pour Strelkov, la campagne en Novorussie avait un parfum de destinée. Comme bien des Russes de sa génération, il rêvait de ressusciter la Russie comme elle était jadis, soit en tant qu’Union soviétique soit en tant qu’empire russe pré-révolutionnaire (ce qu’il préfère). Comme beaucoup de Russes de sa génération, il considérait l’Ukraine comme une partie naturelle de la Russie, et un État ukrainien indépendant une erreur de dénomination. En dépit de son rang, Strelkov est un agent libre ; il est arrivé en Novorussie sans la bénédiction de Poutine et il y serait arrivé et resté aussi contre la volonté de Poutine. Nous allons probablement entendre parler encore de cet homme remarquable.

Strelkov n’était pas seul : un nombre certain de combattants d’Ukraine et de Russie sont venus rejoindre les rebelles. Leur succès initial a été une surprise pour l’administration Poutine. Mais la rébellion n’a pas réussi à gagner les autres provinces. À Odessa, l’armée privée de Kolomoysky l’oligarque sauvage a fait brûler vifs quelques cinquante sympathisants des rebelles, sans armes, dans un autodafé macabre, et cette cruauté a épouvanté les joviaux et timides habitants d’Odessa. À Kharkov, le gouverneur a passé un accord avec le régime de Kiev et les égarés qui se manifestaient. Il semble que Strelkov, qui est un prodige militaire, soit loin d’être un démagogue brillant. Son rêve de Grande Russie n’avait pas de sens pour les gens de Novorussie. Ils parlent russe, certes, ils détestent les gangs néo-nazis de Kiev et de Lvov, mais ils ne comprenaient pas le nationalisme russe de Strelkov.

Sans engagement russe direct, un mouvement séparatiste en Novorussie était condamné à échouer. Il y avait bien un moyen de gagner : conquérir toute l’Ukraine, sauf peut-être l’extrémité occidentale, pour ensuite négocier une fédéralisation ou même une rupture. Cela pouvait se faire en maniant une idéologie inclusive, acceptable pour Donetsk, pour Odessa, pour Kiev, pour Poltava. Peut-être que certaines idées néo-soviétiques pouvaient resservir ; l’insatisfaction envers les oligarques, par exemple. Mais Strelkov et d’autres rebelles avec leur ferme rejet de l’Ukraine per se ne pouvait entraîner les masses, et ils n’ont même pas essayé d’avancer vers Kiev ou Kharkov.

Poutine a réduit au minimum l’engagement russe dans la guerre du Donbass. Il l’a bien moins soutenu que les US n’avaient soutenu la révolution du Texas en 1835. Son gouvernement a essayé de pactiser avec le régime de Kiev, mais son « président » a obstinément refusé de conclure, sur ordre des Américains. À Kiev, les radicaux de l’extrême-droite ont attaqué l’ambassade russe, et les forces armées du régime ont commencé à bombarder à l’aveuglette les villes rebelles et à lancer des obus. Cela a constitué une grande humiliation pour Poutine, qui avait promis de défendre les Russes dans l’Ukraine défaillante. Ses conseillers, en particulier Serguei Glazyev, spécialiste de l’Ukraine, a appelé à tirer les leçons du raid occidental en Libye et à imposer une zone d’exclusion aérienne au-dessus du Donbass. (En mars 2011, lorsqu’une rébellion a éclaté à Benghazi, les US et leurs alliés ont imposé une zone no fly sur certaines parties de la Libye en proclamant qu’ils étaient horrifiés par les bombardements de Kadhafi le barbare contre les rebelles. La Russie et la Chine s’étaient abstenues, lors du vote au Conseil de sécurité, et le schéma Anglo-français devint la résolution qui autorisait une zone d’exclusion aérienne mais aussi « toutes les mesures nécessaires » pour protéger les civils. Le régime de Kiev a certainement tué plus de civils que Kadhafi ; mais Poutine n’a déclaré aucune zone d’exclusion aérienne, et n’a pas utilisé sa puissance de feu pour empêcher l’artillerie de Kiev de bombarder les civils.

La Russie a fait bien peu pour le Donbass. En ce moment les Russes tentent de négocier une conclusion pour la guerre du Donbass. Ce qu’on en sait laisse augurer une certaine autonomie pour le Donbass à l’intérieur de l’Ukraine. Bien des Russes ont tendance à être très désappointés. Mais certaines entreprises, justifiées ou non, sont vouées à l’échec. La vie est pleine de déceptions. Je me souviens des séparatistes Ibo du Biafra, qui avaient été vaincus par le gouvernement central. Les séparatistes de l’Azerbaïdjan iranien ont été vaincus, malgré le fait qu’ils avaient le soutien de Joseph Staline. Les US n’ont pas réussi à reconquérir Cuba. Les Argentins n’ont pas réussi à libérer les Malouines. La liste est sans fin. Peut-être que les Russes doivent attendre un occasion plus propice.

 

Est-ce que Poutine a baissé culotte ?

Pourquoi est-ce qu’il a flanché, sur la Novorussie ? Aucun doute, la Novorussie est extrêmement importante pour la Russie. Les troupes de l’Otan et les missiles US à Donetsk et à Lugansk mettraient en danger la Russie. Leur perte serait une menace pour l’industrie de la défense russe dans la mesure où cette partie de l’Ukraine était pleinement intégrée à la Russie depuis le temps du tsar. Était-ce la peur d’un engrenage fatal ? Le président Poutine a-t-il considéré l’intervention sur le mode humanitaire comme un pas en avant trop dangereux pour son pays ?

Du point de vue de Poutine, l’Europe est plus importante que l’Ukraine. Il a envie de sacrifier le Donbass dans l’espoir de gagner Berlin. Pendant des années il a courtisé la vieille Europe. Même ses JO avec ses spectacles coûteux étaient destinés à l’Europe : il voulait faire comprendre aux Européens que la Russie fait partie intégrante de l’Europe. Poutine parle allemand, il a servi en Allemagne comme officier du KGB dans les dernières années de l’URSS, et il a un faible pour l’Allemagne.

La machine de propagande US a appelé les Européens à défendre l’Ukraine de l’ours russe, en assurant que les Russes ne s’arrêteraient pas en Ukraine mais continuerait sur leur lancée jusqu’à l’Atlantique. Cette annonce a eu quelque succès, d’autant plus qu’elle tombait à point après la très longue campagne médiatique anti-russe (les gays, les orphelins, les toilettes à Sotchi, etc.). Poutine avait peur qu’en prenant le contrôle de l’Ukraine il puisse s’aliéner l’opinion publique européenne. Il a donc temporisé, jusqu’au choc de la catastrophe de l’avion malais.

 

Le vol malais

Le crash de l’avion malais a été une catastrophe majeure à plusieurs égards. En soi, pas tant que cela : trois cent personnes par jour se font descendre à Gaza, en Irak, au Donbass. Les Européens et les Américains ont oublié le vol cubain 455 ou le vol 655 iranien, ou le vol 114 libyen, parce qu’ils ont été abattus par « les nôtres ». Mais cela a été l’occasion pour la machine médiatique occidentale pour se lâcher avec toute sa sinistre puissance. Cette machinerie est aussi puissante que les armes nucléaires ; elle paralyse dirigeants et nations, quand elle donne toute sa voix. Des milliers de chaînes de TV, de journaux, de programmes de radio, de blogueurs, de sites Internet, d’experts, de ministres, de présidents ont entonné d’une seule voix un message unique, terrifiant comme une Vox Dei, alors que ce n’était même pas une vox populi, mais un simple gadget des Maîtres du Discours**, semblable aux grandes trompettes que les Romains utilisaient pour effrayer les Barbares.

Tous les journaux britanniques ont sorti des photos d’enfants morts avec des légendes du style « assassiné par Poutine ». Les Russes étaient outrés par cette furieuse explosion de propagande. Les gens pleuraient ; certaines personnalités faibles et faciles à émouvoir ont admis leur culpabilité et ont allumé des bougies devant l’ambassade hollandaise à Moscou. Pourquoi la Hollande, alors que l’avion était malais ? (Parce que la Hollande est un pays européen blanc, alors que la Malaisie ne l’est pas ?)

Pourquoi cette culpabilité, alors qu’on ne savait rien encore ? Pourquoi ne voyons-nous pas d’images des enfants massacrés à Gaza avec la légende « égorgés par Netanyahu », ou d’enfants irakiens tués avec la mention « assassinés par Tony Blair », ou de bébés afghans « massacrés par Obama » ? Tel est l’incroyable pouvoir des Maîtres du Discours : quand ils se déchaînent, les gens perdent la tête et paniquent.

J’ai accueilli favorablement tous les schémas conspirationnistes sur cette affaire, comme dans le cas du 11 Septembre. Non que je croie ou que je préfère tel ou tel schéma. Je vois cela comme un moyen utile pour nous soulager de l’hystérie de masse induite par les médias. Il est nécessaire de semer le doute pour retrouver la santé mentale et évacuer la pression.

Si une théorie conspirationniste sur le 11 Septembre avait triomphé, cela aurait sauvé la vie à des milliers de musulmans tués en Afghanistan, en Irak et ailleurs. Récemment, les juifs israéliens ont été plongés dans l’hystérie de masse lorsque trois jeunes colons ont disparu. Cette hystérie de masse a débouché sur un demi-million de réfugiés et les deux mille morts de Gaza. La tentative pour semer le doute au sujet du récit officiel (ils auraient été enlevés par le Mossad, etc.) visait à sauver des vies. De la même façon, tout ce qui pouvait amener le doute autour de l’affaire de l’avion malais contribuait à sauver des vies.

Maintenant, un mois plus tard, nous savons qu’il n’y avait pas la moindre preuve d’une implication russe dans le drame. Il y a des éléments de preuve solides qui suggèrent que Kiev et les US y sont mêlés, le meilleur étant de type négatif : si Kiev et Washington avaient eu une preuve de la responsabilité russe et/ou rebelle, ils nous auraient bassiné avec cela nuit et jour. Si une analyse détaillée de la question vous intéresse, voir ici, une lecture recommandée par nos amis. J’avoue que les détails ne m’intéressent pas, pour des raisons semblables à celles de Noam Chomsky quant au 11 Septembre. Toute explication qui diffère de celle que proposent les Maîtres du Discours est bonne à prendre parce qu’elle brise leur emprise sur nos cervelles, mais l’importance de semblables événements est largement exagérée par les médias. Quoi qu’il en soit, plus personne ne parle de l’avion malais à présent, et cela signifie que c’était un accident ou une provocation ratée de Kiev ou de Washington, car autrement on nous en rebattrait encore les oreilles.

Cependant, en temps réel, la catastrophe aérienne a eu un impact énorme sur les Russes. Pendant un moment, j’ai craint que Poutine démissionne ou soit chassé du pouvoir, et que la Russie s’écroule. Les US voulaient se débarrasser de Poutine pour installer une figure plus malléable sur le trône russe, de préférence un oligarque comme Porotchenko.

Leur idée a été résumée par Herbert E. Meyer, un espion (« ex-assistant spécial du Directeur de services centraux de renseignement et vice président du conseil national de la CIA »), qui écrit :

« Dans la mesure où la subtilité ne marche pas avec les Russes, le président et sa contrepartie européenne devraient se mettre dans la tête que ça nous est complètement égal, la façon dont ces gens peuvent régler leur problème avec Poutine. Si [les oligarques] peuvent convaincre ce bon vieux Vlady de quitter le Kremlin avec les honneurs militaires et une salve de 21 coups de canon, ça nous conviendrait tout à fait. Si Poutine est trop têtu pour comprendre que sa carrière est finie, et que la seule façon pour lui de quitter le Kremlin c’est les pieds devant, avec un trou dans la nuque, ça nous irait parfaitement aussi. »

La tension a été à son comble la nuit du dimanche 20 juillet au lundi 21 juillet, quand Poutine a adressé un court message à la nation, à 1h40 du matin. À une heure aussi inhabituelle, c’était un message maîtrisé. Poutine n’a rien dit d’important. Le lendemain, il était censé faire un discours important pour son propre cabinet de sécurité. Là encore, il n’a rien dit d’important. À mon avis, le président Poutine voulait juste signifier qu’il est toujours en vie, en forme, et aux commandes. Apparemment, ce n’était pas évident, pour certaines personnes, en Russie ou à l’étranger, cette nuit-là.

(À suivre)

Traduction : Maria Poumier

 

* Aout 14 : titre de l’essai historique de Barbara W.Tuchman, sur le prologue de la Première Guerre mondiale, publié en 1962 aux Presses de la Cité, prix Pulitzer en 1963.

** Voir La Bataille du Discours, par Israël Adam Shamir, volume d’essais consacré au développement de ce concept, disponible sur Kontre Kulture.

Voir aussi, sur E&R :

Du même auteur, chez Kontre Kulture :

 
 



Article ancien.
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25 Commentaires

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  • #944350
    le 25/08/2014 par seber
    Août 14*

    Bizarre tous ces gens qui voudraient que Poutine attaque le premier.
    Israel-Adam-Shamir, Paul Craig Roberts… C’est quoi leur projet ?


  • #944378
    le 25/08/2014 par francky
    Août 14*

    La suite.... vite, merci Maria....


  • #944455
    le 25/08/2014 par Rom1
    Août 14*

    Je n’ai pas tout lu, mais je pense qu’encore une fois l’hiver sauvera les russes.
    Quand les ukrainiens n’auront plus de gaz ils vont peut être comprendre que leur gouvernement fait n’importe quoi...
    Et un slave pas content, ce n’est pas beau à voir...

    En tout cas je ne connaissais pas du tout le projet wave, c’est vraiment effrayant. Comme quoi l’histoire des défenses anti missiles c’est du bon pipeau. Un tsunami géant serait pire que de multiples attaques nucléaires. Mais après créer une telle vague n’aurait elle pas des répercussions jusque sur nos côtes ?
    Sakharov était vraiment un grand scientifique. après avoir développé l’arme nucléaire pour son pays et vu comment elle polluait, il est devenu un fervent partisan de l’interdiction des armes nucléaires.
    Je voyais un reportage là dessus, les russes à la base ont développé l’arme nucléaire après que des scientifiques US leur aient donné les plans des premières bombes qui sont tombées au japon. Ils ont considéré qu’il fallait un équilibre dans le monde, et ne pas laisser un seul pays posséder de telles armes...
    En tout cas il y a des choses vraiment flippantes dans le domaine des armes nucléaires. Maintenant les charges sont plus petites, mais il existe les dispositifs MIRV, ce sont des missiles qui peuvent avoir 10 têtes nucléaires différentes, qui peuvent toutes avoir une cible différente. Donc détruire 10 grosses villes d’un coup. Assez chaud...


  • #944467
    le 25/08/2014 par Jack Slater
    Août 14*
    • #945208
      le 26/08/2014 par DY
      Août 14*

      Il a cité en référence l’"égalité, la fraternité, la Révolution française, la Marseillaise".



      Je pense que ça été longtemps diffusé sur ce site E&R que le rôle de la dite "revolution française" et de son objectif n’était pas de sauver les pauvres mais plutôt de remplacer les riches propriétaires de souche par d’autres riches apatrides, donc tout ce qu’il se passe à l’Est n’augure rien de bon, si ce n’est l’appel à la paix par l’intercession de la Sainte Vierge Marie.
      Seule la foi catholique est la révolution de ce monde, n’oubliez pas la foi, car c’est l’orgueil qui guide ces militaires français et non la foi.


    • #945344
      le 26/08/2014 par Arnold Schwartzenberg
      Août 14*

      DY, si ces courageux militaires français étaient guidés par l’orgueil (ces vrais français) ; ils se battraient du côté des Ukrainiens de l’ouest.


    • #945455
      le 26/08/2014 par DY
      Août 14*

      connaissez-vous la motivation des guerres saintes de Saint Louis et pourquoi elles ont réussi à vaincre leurs ennemis avec un nombre si peu nombreux de soldats face à l’envahisseur : ce n’est pas le seul courage des soldats de gagner la guerre, mais la foi, la prière, le jêune, la conversion, la repentance, la vision claire du monde sous l’angle de la foi catholique, apostolique et romaine ( et je ne parle pas du clown actuellement sur la chaire de St Pierre ni de ce Vatican II) et non du nationalisme athé et orgueilleux faussement révolutionnaire, qui a permis de civiliser le monde jusqu’à sa fin définitive.


  • #944470
    le 25/08/2014 par Graindsable
    Août 14*

    Il est étonnant que Shamir ne puisse meme le concevoir : les vrais maitres des USA (non, ils ne sont pas a la Maison Blanche) voudraient bien que l`armée russe entre en Ukraine pour lancer un ultimatum "noblement indigné" -au nom de la liberté des peuples, de la démocracie et de la sainte lutte contre la tyrannie- a Poutine qui aurait alors le choix entre faire marche arriere et ainsi perdre tout ensemble la face et le pouvoir ou accepter une guerre avec l`OTAN (en fait les USA). Poutine ne se laisse pas piéger mais, en meme temps, il fait probablement son possible en coulisses pour dissuader les USA de prendre l`initiative d`une attaque contre la Russie (par exemple Sakharov et les supposées armes secretes russes). On n˙a probablement jamais été aussi pres d`une guerre dévastatrice (avec éventuellement utilisation de l`arme nucléaire tactique) sur sol européen ou, au moins, est- et centre-européen depuis la seconde guerre mondiale.


  • #944472
    le 25/08/2014 par Ludwig
    Août 14*

    Les "américains", les "Etats-Unis", ça ne compte pas . La vérité c’est que les Juifs veulent la peau de Poutine car il a mis un terme au pillage de la Russie par les Juifs en forçant , entre autres, les oligarques-escrocs-criminels Berezovski et Abramovitch à s’exiler (ils n’ont pas oublié la caisse) . Et puis comble de l’Horreur il a foutu au trou Khodorkovski pendant 9 ans , celui qui était l’idéal et le modèle de tous les Juifs de la planète, lui qui était devenu l’homme le plus riche de la Russie à coup d’assassinats et d’escroqueries . Impardonnable .

     

    • #944879
      le 26/08/2014 par hélène
      Août 14*

      oui, c’est exactement çà le déclancheur et la cause profonde de cette haine antipoutine


    • #945005
      le 26/08/2014 par tobson
      Août 14*

      En plein dans le mille mon cher,tout le reste c’est du folklore,tout ca tient sur quoi ? Fed=fabrique de fausse monnaie pour soumettre le monde entier FMI=bras armé,Executants= Oligarques,escrocs en tout genre style Maddof ,Ou pire encre, escrocs en cols blanc qui s’accaparent toutes les grosses multinationales ,les grandes societes d’Etat,tout le systeme des medias ( TV,radios,journaux papiers,Meme le milieux du cinema pour formater la pensée des moutons) Comment voulez vous que les gens sortent d’une telle nasse ? Les dissident d’aujourd’hui grace à qui beaucoup d’entre nous prennent conscience qu’ils sont esclaves d’une bande d’escrocs pervers criminels,sont des miraculés avangardistes.Je me pose souvent la question malgré tout comment des gens arrivent ils encore à croire aux balivernes distillées par les pseudos gouvernants quand on voit tout les jours que les Etats n’ont absolument plus aucun pouvoir ?. Leurs fonctions n’etant plus que l’apparat,le paraitre pour flatter son égo,y’a qu’à voir comment El blancos etait aller cirer les pompes à la division Francaise des maitres du monde en crachant sans vergogne à la face du pays qui lui a tout donné juste pour paraitre il n’a aucun pouvoir à part celui de nuire aux esprits libres et lucides ,Le vrai pouvoir est celui de sortir de cette impasse imposée dans laquelle se trouve ce pays en prennant des vraies decisions courageuses on en est réduit à dissoudre des gouvernement entiers parcqu’on ne supporte pas la critique pour le moins constructive de ses alterégos meme Mussolini acceptait la critique,au lieu de ça on préfere stocker des kilos de vaseline pour se faire enfilr ad vitam eternam à l’insu de son propre gré comme disait l’autre.Le pire c’est que les pauvres citoyens sont embarqués et sacrifiés sur l’autel du paraitre dans cette affaire.Je m’en cogne de Mélanchon, mais il a dit ce que toutes personne portant encore une paire de couilles pense en attendant de tous les transformer en des Conchita Wurtz bons qu’a tondre ou à en faire des jouets érotiques.


  • #944538
    le 25/08/2014 par gallier2
    Août 14*

    J’ai arrêté de lire à

    La guerre pour le Donbass n’a pas été particulièrement réussie pour les Russes. Les rapports militaires sont excessivement obscurs et conflictuels, mais il semble bien que les rebelles sont en train de perdre la bataille contre l’armée ukrainienne, parce qu’ils n’ont pas de soutien extérieur.

    L’analyse ne peut qu’être faussée à partir de cette hypothèse. C’est vrai qu’en ne suivant les infos que des media sionistes et Ukrainiens on pourrait croire à une victoire facile de la Junte de Kiev. En suivant des blogs bien informés, avec des correspondants sur place (Colonel Cassad, vineyardsaker etc) et en regardant les vidéo publiées sur liveleak, on peut voir à quel point la situation militaire est en faveur de l’armée des insurgés. Les pertes Ukrainiennes sont faramineuses et le fait qu’ils utilisent tout et n’importe quoi (missiles ballistiques, phosphore etc.) est plus un aveu de panique qu’une démonstration de force.


  • #944565
    le 25/08/2014 par Low geek
    Août 14*

    Étrangement, je ne peux pas m’empêcher de croire que Shamir cherche à forcer les faits ( on n’a qu’à se référer au portrait chargé de fioritures de Strelkov ), pour qu’ils collent à sa propre narration. Peut-être souhaite-t-il ménager un lectorat qui ne lui serait pas acquis ou bien est-ce là l’exression de son style ? ( Dans les deux cas, il s’agit de considérations pûrement journalistique ). S’il admet que la prudence russe s’appuie sur l’appréhension d’une conflagration mondiale, il décrit la réponse du pouvoir russe comme hésitante, écartelée entre l’élan des Romantiques et les rétissances des affairistes. Or, à constater le développement des évèments - malgré la richesse d’une intrigue à rebondissements digne du Crime et châtiment de Dostoïevski - les Russes sont restés maîtres de la communication politique ( par opposition à celle médiatique ). Soral est même à cet égart renforcé dans ses propos, lui qui rappelait que la propagande moderne est une invention russo-américaine. Quant aux tenants du Discours (officiel), ils sont tellement enfoncé dans la contradiction que leur affirmations n’en seront que de plus en plus délirantes. Cela finira à terme par se retourner contre eux.

     

    • #946619
      le 27/08/2014 par bariboule
      Août 14*

      De ce que je lis ailleurs Strelkov est un sujet d’admiration pour d’autres personnes. C’est peut être bien un oiseau rare.

      Par contre ce qui ne semble pas à jour (peut être une simple question de date) dans le papier de Shamir c’est la déculottée que se prenne selons divers blogs pro Novorossia les forces de Kiev depuis une grosse semaine. Il est trop tôt pour parler de victoire mais il semble désormais hors de portée à l’armée de Kiev de ne serait ce que reprendre les lignes d’il y a quinze jours sans un énorme effort de conscription et d’acquisition de matériel. Il semble que la stratégie au service de la politique politicienne ait été une catastrophe. Quand aux bataillons qui avaient cru bon de venir en arborant des insignes de la SS Gallicie, il semble qu’en face on ne les fasse pas prisonniers. Ce dont je ne me rejouis pas d’ailleurs, mais c’est une guerre clairement très violente avec une quantité assez épouventable de crime de guerre coté Kiev. Si on cherche, on trouve des vidéos particulièrement dures et déprimantes. Difficile de pleurer pour les unités de "nettoyage" prises dans les "cauldron" de l’armée de Novorossia.


  • #944700
    le 25/08/2014 par frederoc
    Août 14*

    Bonsoir,
    L’auteur de l’article nous dit que les résistants pro-russes reculent au Donbass et X. Moreau, dans un autre article, nous dit que l’armée ukrainienne s’y enlise.

    La guerre est aussi dans la propagande ; qui a raison ?


  • #944724
    le 25/08/2014 par Tom
    Août 14*

    Sans avoir fait entendre une seule arme et après avoir recherché sans cesse le dialogue, Poutine et les siens sont en train de gagner la partie.
    Pour le bonheur de tous.

    Cela avec humour : concours international de confiture et biathlon de chars d’assaut (la compète de char, faut déjà y penser, très original et grandiose : mieux vaut jouer avec ces machins là que de faire ce que l’on a vu de l’autre côté de la frontière). Très bon, très drôle...

    La déconfiture de Kiev après ses meurtres, ses démolitions de cinglés, son attentat sous faux drapeau raté qui lui revient en plein dans le nez, son armée qui se débine, démoralisée : un vrai bonheur.

    Plus le pied de nez pour finir : le convoi humanitaire avec ses 200 camions blancs à la queue le leu, là encore, toujours aussi grandiose et sûr d’eux : le ballet ne pouvait être mieux orchestré.
    Obama Kiev, BHL, les voilà tous sidérés et ridiculisés ! Obligés de laisser faire : l’humiliation totale.
    Face aux atrocités de Syrie, de Gaza et d’Ukraine, c’est l’arme fatale, pourtant, une fois de plus, pleine d’humour :
    Les voilà cuit à point.

    Du grand art.

    Le N.O.M. et le nouveau siècle Américain, qu’en reste-t-il ?


  • #944771
    le 25/08/2014 par gaulois du midi
    Août 14*

    Poutine sait que s’il réagit à la provocation il sauve les US grâce à la guerre Russie / Europe que ça va déclencher ( un peu comme au jeu de dames , quand l’adversaire t’oblige à lui prendre un pion pour lui à son tour t’en prendre plusieurs ) Les USA s’en tirant comme toujours parce que étant à l’abris de l’autre côté de la Terre
    Pour le moment il a , heureusement pour nous européens , la sagesse de ne pas répliquer mais ce n’est pas l’envie qui doit lui manquer , se voyant calomnier à tort par le monde entier .
    Il est contraint de sacrifier des milliers de ses compatriotes pour sauver l’Europe . ( Merci nos "alliés" US ! )
    En ne réagissant pas il ne sauve pas l’Amérique grâce à la guerre qu’elle espère mais il attend qu’elle s’effondre d’elle même .
    Cela s’apparenterait un peu à la tactique de la terre brûlée dont les russes sont coutumiers (lors de l’avancée de Napoléon et de Hitler) , ainsi que Vercingétorix lors de la guerre des Gaules ( ça aurait pu marcher s’il avait persisté) . Refus de l’affrontement , attendre que l’ennemi s’épuise dans sa fuite en avant .


  • #944901
    le 26/08/2014 par Pushkin
    Août 14*

    "Il s’est battu en Transnitrie, petite langue de terre entre Moldavie et Ukraine, défendant la population locale du carnage prévu par les nationalistes moldaves."

    Mr. Strelkov qui va se battre en Transnistrie contre les méchants moldaves...tel Lawrence d’ Arabie, ou plutôt une sorte de BHL.

     

    • #945814
      le 26/08/2014 par jojo
      Août 14*

      La Transnistrie est un bantoustan on est bien d’accord, mais la Moldavie n’a toujours pas rejoins l’OTAN en attendant car telle est la limite ultime autorisé par les Russes. Au delà, la menace deviens trop sérieuse pour eux.
      A un moment et pour régler le problème, on parlait de réintégrer cet état à la Roumanie car à l’origine c’est un région de ce pays et la quasi-totalité de la population Moldave est roumanophone. On se demande si ça n’est pas déjà pour s’aménager un glacis à 2 anneaux que les Soviétiques ont créer la République Moldave. En tout cas le projet de réunification est resté lettre morte et la Moldavie n’est toujours pas intégrer ni à l’UE, ni à l’union économique des Russes.


  • #944902
    le 26/08/2014 par Vlad
    Août 14*

    Article nullissime... aussi plat et simplificateur que long !

    Il n’y a presque pas une phrase qui ne mériterait d’être reprise et commentée, une suite ininterrompue de banalités, de simplifications grotesques, de contre-vérités et d’analyses d’une naïveté telle qu’elles en deviennent suspectes. Certains passages sont en outre carrément surréalistes (allégorie du cyborg Obama 2.0) !

    Monsieur Shamir, plus je vous parcoure, plus j’ai l’impression de relire du sous-Chomsky...


  • #944945
    le 26/08/2014 par solaine
    Août 14*

    Ah lala ! j’ai tout lu malgré l’heure tardive.
    Ce récit est plus que passionnant, il est vital ! et cette histoire se déroule sous nos yeux...
    Merci E&R de nous faire lire les analyses de Mr Israël Shamir, c’est palpitant et ça nous tient en haleine... vite, vite la suite ! Merci.


  • #945372
    le 26/08/2014 par damoines
    Août 14*

    Je me suis juste fait chier à lire de fouillis et je vous garanti bien que c’est le dernier, pondu par cet Isramachin !
    Je vais faire du vélo pour me relaxer !


  • #945582
    le 26/08/2014 par Paul82
    Août 14*

    Bon texte. Assez long mais ca vaut la peine de le lire.


  • #946289
    le 27/08/2014 par karim
    Août 14*

    “Si Poutine est trop têtu pour comprendre que sa carrière est finie, et que la seule façon pour lui de quitter le Kremlin c’est les pieds devant, avec un trou dans la nuque, ça nous irait parfaitement aussi. ” par Herbert E. Meyer

    Un petit air de déjà vu...

    “Les victimes sont au nombre de onze : Nicolas II, sa femme Alexandra Fedorovna, ses quatre filles Olga, Tatiana, Maria et Anastasia, son fils Alexis, le médecin de la famille Ievgueni Botkine, la femme de chambre Anna Demidova, le valet de chambre Alexeï Trupp et le cuisinier Ivan Kharitonov. Une vidéo* reconstituant le massacre du tsar et de sa famille permet de mieux comprendre le déroulement des événements.”

    source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Nicola...
    video : https://www.youtube.com/watch?v=e3r...


  • #947010
    le 28/08/2014 par goy pride
    Août 14*

    le président Obama apparaît comme un parfait cyborg, qui présente le profil adapté pour dire ce qu’il faut au bon moment et au bon endroit, mais dont les actes n’ont pas de rapport avec les mots qu’il prononce. Je ne serais pas étonné si dans quelque temps nous apprenions qu’Obama a été le premier robot humanoïde au sommet du pouvoir. Et s’il est humain, c’est vraiment un excellent acteur, dans son rôle de robot.

    Poutine au contraire est un humain incontestable, et aussi un homme. On peut ne pas l’aimer, beaucoup de gens ne l’aiment pas, mais ils n’y a pas de doute sur son appartenance à la race humaine.



    Ce passage m’a fait rire ! Excellent et tellement vrai !


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