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Après les Scuds, les M600… le Hezbollah n’est plus comme en 2006

Tous ceux qui ont suivi l’affaire des missiles scuds soi-disant transférés par Damas au Hezbollah étaient dans l’attente de l’épisode suivant. Sans tarder, le tour semble est passé aux M 600.

Ce sont des rapports publiés par différents médias israéliens qui ont avancé cette allégation, avec pour fond, les récents propos du directeur du département de recherches à la direction des renseignements militaires israéliens le général Yossi Beiditz.

« Le transfert des Scuds n’est que la partie visible de l’iceberg » avait-il lancé lors d’une intervention auprès de la Commission parlementaire de la défense et des affaires étrangères, consacrée entre autre à l’armement détenue entre les mains du Hezbollah.

Et d’ajouter que « le Hezbollah détient un arsenal de plusieurs milliers de roquettes de différentes portées et genres, dont des missiles au combustible solide de longue portée et beaucoup plus précis ». Selon Beiditz, « la longue portée des missiles dans les mains du Hezbollah leur permettra de mettre leurs lanceurs profondément à l’intérieur du Liban. Depuis l’intérieur de ces lignes, ils pourront toucher l’intérieur d’Israël. Le Hezbollah de 2010 est différent de celui de 2006. Au niveau de leur capacité militaire en tout cas ! ».

En essayant de deviner de quels projectiles il s’agit, des médias israéliens ont avancé au devant de la scène les missiles sol-sol M600, d’une de 250 Km, et capables de transporter des têtes 500 Kg d’explosifs. Ils seraient une version perfectionnée des « Fateh 100 » utilisés par la résistance durant la guerre 2006. Les médias arguent qu’ils sont fabriqués soit par la Syrie, soit par l’Iran, soit par la Syrie avec l’assistance de l’Iran.

Devant la Knesset, le chercheur israélien s’est surtout penché sur les moyens d’acheminement des ces armements, accusant la Syrie de jouer un rôle primordial : « Le transfert d’armes au Hezbollah se produit constamment depuis la Syrie et est organisé par les régimes syrien et iranien. Par conséquent, nous ne considérons pas cela comme de la contrebande d’armes vers le Liban – il s’agit d’un transfert d’armes officiel et organisé », a-t-il martelé.

Selon lui « la Syrie continue son jeu à deux visages sans que personne, dans la communauté internationale, ne force le régime à choisir une fois pour toutes. D’un côté, la Syrie veut améliorer sa relation avec l’Occident mais aussi avec les Etats arabes, et avec la Turquie, et est de retour à un rôle d’influence au Liban. Dans le même temps, la Syrie tente l’approfondissement de sa coopération stratégique et opérationnelle avec l’Iran, le Hezbollah et les organisations terroristes palestiniennes ».

Analysant le Hezbollah, le directeur du département des renseignements israéliens perçoit chez lui une perturbation entre ses différentes identités, estimant que d’un côté, il est engagé dans le jihad et ses liens avec l’Iran, tandis que de l’autre il a ses considérations internes et les besoins de sa communauté chiite : « le Hezbollah n’est pas concerné par un affrontement global contre Israël ; il le craint tout en s’y préparant et en déclarant vouloir perpétrer contre lui des attentats terroristes » pour venger le commandant Imad Moughniyé.

Beiditz n’a pas non plus manqué d’évoquer l’Iran, qui selon ses assertions « continue à promouvoir son programme nucléaire, et à accumuler des capacités qui lui permettent d’obtenir des armes nucléaires, quand bon lui semble ».