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Athènes prépare 11,5 milliards d’économies pour rester sous perfusion UE-FMI

La Grèce planche sur des économies de 11,5 milliards d’euros sur deux ans, qu’elle soumettra fin juillet à ses bailleurs de fonds pour rester sous leur protection financière, a indiqué vendredi une source du ministère des Finances à l’AFP.

Les directeurs financiers des ministères étaient réunis vendredi pour détailler ce programme de mesures budgétaires, réclamé par la troïka des créanciers (Union Européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international), a précisé cette source à l’AFP.

Il doit leur être présenté à partir du 24 juillet, quand cette délégation tripartite reprendra à Athènes sa mission d’audit des comptes grecs.

La Grèce s’était engagée cet hiver à préparer d’ici juin ce nouveau tour de vis budgétaire en échange du déblocage par l’UE et le FMI d’une nouvelle aide financière, s’élevant au total à 240 milliards d’euros de prêts sur la période 2010-2014.

Le nouveau gouvernement du conservateur Antonis Samaras entend ainsi donner des gages de bonne volonté aux prêteurs institutionnels, après la tenue de deux élections législatives marquées par un rejet massif de l’austérité.

Les bailleurs de fonds ont conditionné leur aide financière au pays à la relance des efforts de redressement. Sans cette perfusion, le pays risquerait d’être en cessation de paiement.

Le plan d’économies budgétaires en cours d’élaboration doit être soumis pour approbation mercredi aux trois partis membres de la coalition gouvernementale, qui réunit les conservateurs de M. Samaras, les socialistes (Pasok), emmenés par Evangélos Vénizélos, et la gauche modérée, dirigée par Fotis Kouvelis, a précisé la même source ministérielle.

Le programme doit porter sur deux ans, comme convenu au départ entre Athènes et la troïka, mais le gouvernement entend parallèlement renégocier avec partenaires et prêteurs un sursis supplémentaire de deux ans, qui renverrait à fin 2016 le retour à l’équilibre budgétaire, a réitéré cette source.

L’UE et le FMI n’ont ni fermé la porte à un tel assouplissement, ni fait des promesses aux Grecs.

"Nous avons toujours fait preuve de flexibilité et disposition à discuter, mais (...) nous ne pouvons rien changer sur les objectifs finaux", a réaffirmé le commissaire européen à la politique régionale, Johannes Hahn, lors d’une conférence de presse en visite à Athènes.

Selon l’accord initial, les économies de 11,5 milliards d’euros doivent pour l’essentiel provenir de coupes dans les prestations sociales et de l’allègement de taille du secteur public, avec la suppression d’ici 2015 de 150.000 postes et d’organismes étatiques.

Après sa prise de contact avec ses homologues européens lundi et mardi à Bruxelles, le ministre grec des Finances, Yannis Stournaras, avait indiqué que pour 2012 le gouvernement entendait mettre en oeuvre quelque 3 milliards d’euros d’économies promises aux bailleurs de fonds et en souffrance depuis mars.

Athènes s’est par ailleurs engagé à accélérer et élargir un vaste plan de privatisations, censé rapporter quelque 19 milliards d’euros d’ici 2015.

 



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