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Avec notre satellite en mire pour l’une, le conflit d’une couple de femmes mis en orbite

Le premier délit commis dans l’espace ?

C’est une histoire comme aucun romancier jusqu’ici n’aurait osé l’imaginer.

Elles s’appellent Summer Worden et Anne McClain et furent épouses très gaies avant que de sordides histoires d’enfant ne les séparent – Summer, qui avait fait son fils toute seule comme une grande avant de tomber dans les bras d’Anne, ne voulait pas le partager. Voilà pour l’état civil.

 

Au civil, justement, Summer est « ancienne agente de renseignement à la NSA [1] », nous dit-on dans Le Parisien, qui relate la chose. Son ex-épouse, Anne, est « agente » de la NASA [2]. Super agente, même, puisque c’est l’une des astronautes remarquables et remarquées tournant pour une durée de six mois autour de la Terre dans la Station spatiale internationale.

Quand bien même nous n’en décelons que le bip-bip clignotant dans la nuit à l’heure où le coucou sort de la boîte, la dame est très en vue : Wonder Woman des temps modernes, elle « fait partie des favories » (sic !) pour être la première femme à marcher sur la Lune en 2024.

Ou pas…

Sa fulgurante carrière de femme à culotte bleue étoilée et cuissardes rouges voguant vers l’infini et au-delà pourrait, en effet, être compromise par une vilaine histoire de sous sur fond de divorce mal digéré. Car ces dames, je vous le disais plus haut, ont divorcé fin 2018 et, comme un banal couple hétérosexuel, elles se déchirent sur la garde des enfants : entre les deux, le fils de Summer. Anne, la dame du ciel qui se vivait comme une co-mère putative, voulait adopter l’enfant. Summer ne voulait pas. Anne l’a alors accusée de mal s’occuper du chérubin puis en a réclamé la garde. « Va donc voir autour de la Terre si j’y suis », a répondu l’autre. Dont acte.

On en était là des querelles quand la bombe spatiale a éclaté, rapportée dans le New York Times de samedi : Summer Worden accuse son ex-épouse Anne McCain d’avoir usurpé son identité et tenté d’accéder à ses comptes bancaires depuis la Station spatiale internationale.

Depuis quelques mois, Summer soupçonnait, paraît-il, son ex-conjointe « d’être au courant de ses dépenses personnelles », nous dit-on. Or, quand elle a interrogé sa banque pour savoir qui avait tenté de se connecter à son compte, celle-ci lui a répondu « une personne utilisant un serveur de la NASA ».

Pas besoin de chercher loin, se dit alors Summer, il n’y a qu’à lever les yeux au ciel : la coupable, c’est celle qui tourne au-dessus de nos têtes !

Une première plainte est donc déposée auprès de la Commission fédérale du commerce, responsable notamment du droit à la consommation. Puis une seconde plainte vise, cette fois, directement la NASA, cela, au motif que « les cinq pays engagés au sein de la Station spatiale internationale ont mis en place des procédures pour qu’une affaire mettant en cause un astronaute soit examinée par les autorités de son pays ». Oui, mais voilà, quel pays ? C’est la première fois qu’un délit est commis dans l’espace, et si les experts judiciaires affirment « Ce n’est pas parce que c’est dans l’espace que la loi ne s’applique pas », ils sont bien en peine de dire quelle législation doit s’appliquer « car l’espace n’appartient pas qu’à un seul État ». (M’est avis qu’il est déjà fort prétentieux de prétendre qu’il appartient à quelqu’un, mais passons…)

Bref, on imagine d’ici les querelles : à quelle heure très précise Anne McClain s’est-elle connectée au serveur de la NASA ? Était-elle alors à l’aplomb des étangs de Sologne ou bien du bayou de La Nouvelle-Orléans ? Et quand elle a eu accès aux comptes de Summer Worden, survolait-elle la Yakoutie ou le Zambèze ?

L’expert du droit de l’espace (il y en a) prophétise : « Plus nous allons dans l’espace, et plus nous allons y passer du temps. Tout ce que nous faisons ici se passera de plus en plus là-bas. »

L’ami Dutronc rêvait d’être une hôtesse de l’air et « de voir le bas d’en haut ». C’était encore le bon temps de la préhistoire, la première goudounaute n’allait pas encore marcher sur la Lune…

 

Notes

[1] National Security Agency

[2] National Aeronautics and Space Administration

En attendant qu’une femme mette les pieds sur la Lune en 2024, à ne pas manquer sur E&R :

 



Article ancien.
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