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Burkina Faso : couvre-feu instauré à Ouagadougou

Un couvre-feu a été instauré samedi à Ouagadougou de 21 heures à 8 heures dimanche matin (heures suisses) pour contrer les manifestations nocturnes des militaires mutins qui ont lieu depuis jeudi. Des commerçants ont saccagé samedi des édifices publics.

"Le secrétaire général du ministère de la sécurité informe la population de Ouagadougou qu’il est instauré un couvre-feu sur toute l’étendue du territoire communal de 19h00 à 06h00 (GMT, ndlr) à compter de ce samedi", indique un communiqué du ministère de la Sécurité transmis samedi à l’AFP.

Commerçants en colère

Le communiqué est publié après une série d’incidents dans la ville de Ouagadougou où se poursuivaient samedi après-midi des manifestations de commerçants mécontents des pillages de militaires mutins et qui s’en sont pris à des édifices publics.

Des centaines de commerçants en colère ont saccagé et incendié le siège du parti au pouvoir (CDPP) au Burkina Faso. Ils ont réagi en représailles aux dégâts causés vendredi par le soulèvement des militaires, lesquels ont pillé des magasins et réquisitionné des voitures.

D’autres édifices publics, dont le bâtiment de l’Assemblée nationale, la mairie de Ouagadougou et le ministère du Commerce, ont également été mis à sac, selon des journalistes. Des bus et des véhicules garés dans les parkings attenant à ces bâtiments ont également été incendiés par les commerçants.

"Nous sommes en colère contre les soldats qui ont pillé nos boutiques et contre le gouvernement qui ne fait rien pour faire cesser ces pillages", a déclaré un commerçant. "Il y a parmi nous des gens qui ont tout perdu et qui ne savent même pas s’ils seront indemnisés", a ajouté un distributeur de téléphones portables.

Compaoré sous pression

Vendredi, le président Blaise Compaoré a dissous le gouvernement et limogé le chef d’état-major de l’armée et le commandant de la garde présidentielle à la suite d’une mutinerie touchant le régiment de sécurité présidentielle. Ces décisions font suite à la plus sérieuse manifestation de colère secouant l’armée burkinabée depuis un mois.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, des soldats du régiment de sécurité présidentielle ont fait usage de leurs armes aux abords du palais présidentiel. Ils protestaient notamment contre le non-versement de leur solde. Les militaires remontés Blaise Compaoré, un ancien capitaine de para-commandos porté au pouvoir par un coup d’Etat en 1987, fait face depuis le mois de mars dernier à des soulèvements de membres de l’armée, qui protestent, entre autres, contre la condamnation à des peines de prison de cinq des leurs, jugés coupables d’agression sur un civil.

Une source militaire a indiqué que les demandes des mutins ont été satisfaites. "Nous avons trouvé de l’argent pour répondre à leurs attentes, donc ça doit être la fin du problème. Mais on ne sait jamais avec ces gamins", a déclaré samedi cette même source, ajoutant que quarante voitures avaient été volées par les soldats.