Boulevard Voltaire : Au matin de la manifestation contre le « mariage pour tous », ne trouvez-vous pas qu’on qu’en fait beaucoup sur le sujet ? D’ailleurs, il y doit y avoir autant d’homosexuels chez les musulmans que chez les chrétiens, les juifs, sans oublier ceux qui ne croient ni à Dieu ni à diable…
Camel Bechikh : C’est bien entendu une pratique sexuelle qui transcende le fait ethnique, religieux et culturel. Certaines sociétés l’ont condamnée, d’autres tolérée ou d’autres encore valorisée. Mais n’oublions pas que, même si les racines de notre pays sont païennes, son tronc est catholique. Certes, nous dira-t-on, mais la France est aujourd’hui laïque ! Que nenni. L’identité française reste intimement marquée par son identité religieuse historique. Nous vivons une « catholaïcité », pour paraphraser certains sociologues.
Boulevard Voltaire : Les trois religions abrahamiques devraient faire position commune sur le sujet, mais on ne vous entend guère. Extinction de voix ?
Camel Bechikh : Les musulmans de France, pour plusieurs raisons, ne prennent que peu et tardivement part à ce débat. Premièrement, car ils sont peu nombreux à dépasser le cadre des débats communautaires. Deuxièmement, le climat actuel, prompt à réduire quelques six millions d’individus à une bande de dingues sanguinaires, ne favorise pas l’audace du débat sur un sujet qui, s’il n’avait en premier lieu été mené par les autorités catholiques et juives, aurait renvoyé les musulmans de ce pays au rôle de fanatiques utiles.
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