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Canicule de 1975 : quand le JT conseillait de boire 1,5 litre de bière par jour

Autres temps, autres mœurs. Aujourd’hui, un tel sujet dans un JT mettrait le feu au poudres des associations jusqu’au ministre de tutelle, même s’il n’y a pas de ministre de l’Alcoolisme (il y a des députés inféodés au lobby viticole mais c’est un autre sujet). On a bien un ministre de la Santé, la Buzyn, mais elle est très occupée à nous vendre ses vaccins contre la paupérisation du Big Pharma et à serrer le cou des urgences un peu partout en France.

 

Il y a 44 ans, au siècle dernier, celui où les Français étaient encore libres, on conseillait en rigolant de boire « six pintes par jour » en cas de grande chaleur. La bière n’est pas un alcool blanc (à 45 degrés) mais quand même, six mousses dans le cornet dès 11 heures du matin, selon la prescription croisée de l’aubergiste et du journaliste, ça vous met dans un état quelque peu second... Surtout si l’on travaille.

Et puis une autre chose plus grave encore ne passerait pas les éliminatoires en 2019 : les plans serrés sur les jambes, le cul et les seins des filles. À 0’51, la voix off lance le sujet sur les « gens heureux en ce moment », les patrons de bistrot, en laissant bien la caméra traîner sur une blonde aux formes appétissantes (avec gros plans de la 34e à la 37e seconde).

Imaginez les hurlements de notre ministre de la Censure sexuelle, la grande et grosse Schiappa, qui oublierait complètement les consignes de santé publique – 2 verres de vin par jour pour les femmes, 3 pour les hommes, et par semaine 10 pour les femmes et 15 pour les hommes – pour réprimer dans le sang les auteurs absolument fous d’un reportage aussi discriminatoire.

L’autre intérêt de ce petit sujet déniché par les services de l’INA, qui ont balancé cette bombinette à dessein, c’est la deuxième lecture. Qu’est-ce que la deuxième lecture ? C’est ce que ne dit pas le sujet dans la voix off ou par l’image directement, mais ce que dit l’agencement des images, et ce qui va tout droit dans l’inconscient. Comme on parle de lecture entre les lignes, il existe une lecture entre les images. En l’occurrence c’est assez simple, le mec qui a fait le reportage aime mater les gonzesses et s’envoyer des bières. Mais cela peut aller plus loin, en cas de sujet plus politique.

Aujourd’hui, dans les médias dits dominants, et qui le sont de moins en moins, la seconde lecture est devenue primordiale : il faut décrypter le discours oligarchique qui suinte par tous les pores et qui veut apparaître comme bon, alors que l’objectif de la caste aux commandes est de nous contrôler et de nous faire les poches. Ceux qui résistent à cette double action sont alors considérés comme de mauvais citoyens, sources de tous les maux.

Les médias mainstream, qui ont été dépassés un temps par la revigorante relecture venue du Net, tentent aujourd’hui d’adapter leur discours à la vigilance renforcée des citoyens, à un niveau de conscience supérieur. C’est pourquoi nous voyons fleurir ici ou là des éléments de langage qui tentent de reprendre les revendications d’en bas pour mieux les rouler dans la farine. Le discours publicitaire et le discours politique font ça très bien, d’ailleurs c’est la même chose. Il s’agit de servir aux gens le même poison oligarchique mais en l’enrobant des dernières préoccupations en date : la sécurité, par exemple, ou la liberté.

Au bout du compte, le Mensonge – la première lecture – s’améliore, s’affine, ce qui oblige les citoyens lucides à être encore plus vigilants, à augmenter leur niveau de conscience. Il y a la lecture superficielle et la lecture profonde des choses. Chez un nombre grandissant de Français, la deuxième lecture – celle qui renifle les (mauvaises) intentions, celle qui cherche immédiatement qui parle et pour quoi, pour qui, pour quel(s) intérêt(s) – est devenue une seconde nature.

 

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