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Chine : brutale dépréciation du yuan, un mouvement "normal" selon Pékin

La brutale dépréciation du yuan intervenue ces dix derniers jours a été jugée "normale" mercredi par les autorités chinoises, qui contrôlent étroitement les mouvements de la devise - une déclaration visant apparemment à apaiser les inquiétudes des marchés.

Le yuan s’était fortement apprécié tout au long de 2013 face au dollar, se renchérissant de plus de 3%. Mais la tendance s’est brutalement inversée à la mi-février : depuis, la monnaie chinoise a reculé d’environ 1% face au billet vert, selon une estimation de la banque ANZ.

"Les fluctuations actuelles sur le taux de change (du yuan) sont normales comparées aux mouvements que connaissent les marchés développés et émergents. Il n’y a nul besoin de surinterpréter la situation", a indiqué l’Administration d’État supervisant le marché des changes.

Soucieuse de prévenir des flux de liquidités incontrôlés en-dehors du pays, les autorités communistes encadrent étroitement les fluctuations de la monnaie chinoise, aussi appelée renminbi, condamnée à évoluer au sein d’une fourchette déterminée par la banque centrale (PBOC).

Celle-ci autorise une évolution de seulement 1% de part et d’autre d’un niveau médian ajusté chaque jour. Mais la PBOC avait indiqué courant février qu’elle avait pour objectif d’"élargir de façon ordonnée" cette fourchette.

L’institution n’avait fourni ni détails, ni calendrier, mais sa déclaration avait nourri les spéculations sur un possible changement des règles qui conduirait prochainement à une flexibilité accrue.

Pour les analystes, la récente dépréciation du yuan pourrait également avoir été orchestrée par la banque centrale elle-même afin de contrer l’essor des fonds spéculatifs tablant précisément sur le renchérissement continu du yuan.

"Avec ce mouvement de dépréciation, la PBOC a voulu restreindre certains des fonds (d’investissement)" qui prennent des paris sur le marché des changes, a indiqué à l’AFP Liu Dongliang, analyste de China Merchants Bank.

"Dans l’ensemble, (les dix derniers jours) ne changent pas la tendance (de long terme) à l’appréciation du yuan, même s’il est probable que l’on assistera désormais à des va-et-vient sur la valeur de la devise", a-t-il ajouté.

Selon lui, l’actuel repli du yuan devrait s’estomper dans les prochains jours.

Mercredi, la monnaie chinoise a d’ailleurs terminé à 6,1248 yuans pour un dollar, contre 6,1266 yuans la veille, ayant enregistré un léger rebond après les déclarations des autorités.

Sur le rôle de la monnaie, chez Kontre Kulture :

 



Article ancien.
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6 Commentaires

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  • « Pour les analystes, la récente dépréciation du yuan pourrait également avoir été orchestrée par la banque centrale elle-même afin de contrer l’essor des fonds spéculatifs tablant précisément sur le renchérissement continu du yuan. »

    Je lis en ce moment "crise éco ou crise du sens" de Drac à la louche y a 2 ans il disait que le yuan était sous évalué de moitié, mais bon y avait un deal entre les multinationales US (main d’oeuvre chnow pas cher) vs exportation qui tire l’économie chinoise.

    A priori ze yuan remonte, mais le PCC le plombe pour continuer sur la vieille ligne.

    Je connais un coin ou il y a plein d’étudiants chinois, je troquerais bien mes roros contre des yuans. Vaux mieux que ça se fasse entre adultes consentants qu’entre banquiers. Mais bon la langue chinoise dure dure, cependant elle a ses charmes oubliez ze Dieu, le monothéiste et tout ça mais bon les droits de l’homme c’est pas ça, vous me direz par ici aussi.

    Listen
    http://www.youtube.com/watch?v=IGYA...


  • Une baisse du Yuan de 1%, cela va peut-être entrainer une augmentation des exportations chinoises de 1% . On ne peut pas en faire autant nous autres Français qui avons adopté, avec enthousiasme, une devise ALLEMANDE trop forte pour nous .


  • Si seulement nous pouvions faire la même chose avec notre monnaie pour relancer l’économie...


  • en soi 1% ce n’est rien du tout en comparaison avec la dévaluation faite l’année passée par les japonais sur leur YEN (pres de 40% en un an). Je pense qu’il ne faut pas surinterpréter cette variation de 1%... Il n’empeche que si nous avions la meme liberté économique que les japonais, nous serions surement bien plus compétitifs sur le plan international

     

    • Le Japon est dans un cas très différent : il s’agit d’une île qui doit tout importer. Ainsi une dévaluation de sa monnaie est à double tranchant, puisque si elle facilite les exportations, elle mine les importations, qui sont importantes et vitales pour lui. C’est ce qui s’est passé l’année dernière.


    • Le Japon est une puissance industrielle, il s’est toujours situé dans le top 3 des plus gros pays d’industrie depuis 50 ans. Le secret de sa réussite économique est de transformer un max de matière première en n’importe quel produits de consommation qui valent plus, ce qui en fait un pays d’exportation monstrueusement excédentaire depuis l’adoption de ce modèle économique. Toutefois depuis 20 ans l’économie japonaise stagne, les japonais appellent la période les "décennies perdues", elle est malade de la concurrence que lui mènent les Chinois, les Sud-Coréens et dans une moindre mesure les Indiens sur les mêmes secteurs d’activité en disposant d’un cout de la main d’oeuvre beaucoup plus faible (qui rend au final la TV Samsung beaucoup plus compétitive que la TV Sony).
      La technique de la dévaluation monétaire d’une monnaie qui s’était beaucoup appréciée est envisagée depuis longtemps, ça augmente le cout des matières premières mais ça diminue aussi le cout de la main d’oeuvre : le niveau du salaire là-bas doit tourner autour de 1500€ pour un niveau Bac et 1000€ au minimum de qualification dans les région les plus pauvres, 1500*12=18000€, ça coute plus cher de s’acheter un bachelier pendant un an que de s’acheter une tonne de fer (qui tourne autour des 11 000€). Ce qui réduit le plus la restauration de la compétitivité de l’économie malgré les 40% de dévaluation qui en prime ont eu pour effet de dissuader les japs de prendre des vacances à l’étranger et les forcer à consommer tout leur pognon à l’intérieur du Japon, c’est l’arrêt des centrales nucléaires, remplacées par le gaz et le fioul qui quelque soit la valeur de votre monnaie sont des matières qui reviennent beaucoup plus cher que l’uranium au kilowatt/heure produit, le prix du Kw/H a donc du pratiquement doubler et l’industrie est très consommatrice de cette ressource... ça pèse énormément sur la compétitivité.