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Comment la France se dissout dans l’ordre mondialiste

Pour la majorité des Français, la suppression de la « garden party » du 14 juillet à l’Élysée et dans les préfectures des départements est accueillie comme une mesure d’économie d’un État subitement devenu exemplaire. En réalité, alors que le président Sarkozy s’apprête à modifier la Constitution pour que le budget de l’Etat soit subordonné au « triumvirat » (1) – BCE, Eurogroupe et Commission européenne - elle est en fait un pas de plus, hautement symbolique, vers l’abandon de la souveraineté de la France au bénéfice d’une Europe inféodée à l’ordre mondialiste promulgué par Washington.

Malgré les désaccords de façade, Nicolas Sarkozy est, avec Angela Merkel, à l’avant garde du « Pôle Carolingien » d’une union fédérale de la France et de l’Allemagne devant constituer, ensemble, l’armature intérieure d’une Europe inféodée à l’ordre mondialiste.

Ainsi, la troisième phase de la crise économique qui va frapper dans les semaines a venir (2) n’aura d’autre but que de mettre à genoux les pays de l’Union européenne sous la dictature d’un gouvernement économique, non plus des 16 pays de la zone euro comme il était annoncé ces derniers mois, mais des 27 pays membres.

Pire encore, nous verrons très prochainement comment le pouvoir totalitaire de Bruxelles projette d’utiliser la chute sans fin de l’euro et la crise des États pour faire adhérer à l’Union européenne la Turquie et Israël, de sorte à éloigner encore un peu plus l’Europe de la Russie, afin que la constitution d’une Grande Europe continentale indépendante et forte, susceptible de concurrencer les États-Unis – mais ainsi rendue impossible – ne voie jamais le jour.

Car c’est bien de cela dont il s’agit pour les États-Unis, depuis qu’ils ont pris conscience qu’une Europe forte et indépendante serait en mesure de les dépasser dans tous les domaines de la puissance, notamment économique, et dont les stratèges ont tout fait pour prévenir le moindre réveil, tuer dans l’œuf la moindre velléité d’autonomie, au cas où quelques dirigeants lucides auraient décidé de mettre sur pied une Grande Europe continentale, réconciliant ses « deux poumons », orthodoxe et occidental.

Mais nous ne pouvons, sur ce sujet comme tant d’autres, jouer maintenant les innocents, puisque, depuis au moins une décennie, les tenants de l’ordre mondial ont publiquement affichés leurs plans. Ici comme ailleurs, nous ne somme victimes que de notre inertie.

Le ministre des Affaires étrangères Joshka Fischer avait, en quelque sorte, ouvert le bal, lors de son discours à l’Université de Humboldt, le 12 mai 2000, relayé quelques jours après par son prédécesseur dans le quotidien collaborationniste Le Figaro : « L’intention de Joshka Fischer est maintenant de renforcer l’Union européenne dans la perspective de son élargissement. Il s’agit d’en faire un acteur efficace du nouvel ordre mondial » (3). Puis encore, comme pour enfoncer le clou, Wolfghang Schäuble, ex patron de la CDU, dans Le Monde du 22 mai de la même année : « Au monde bipolaire de la guerre froide s’est substitué un monde multipolaire. Les États-Unis, la Russie, la Chine et, à quelques distances, le Japon, y ont déjà pris place. L’Inde va entrer dans le club. Il ne faut pas que l’Europe soit en reste. A ses débuts, le nouveau gouvernement allemand avait laissé un peu en friche le terrain de la politique étrangère. Ce plan Fisher lui restitue un visage européen sur l’arrière plan de la mondialisation. ».

La doctrine stratégique « globale » des États-Unis a été élaborée une vingtaine d’années auparavant. Il est clairement énoncé dans le nouveau concept étasunien de « stratégie nationale de sécurité », dont le contenu fut révélé dans un article du New York Times du 8 mars 1992, qui mentionnait pour la première fois le Defense Planning Guidance du Pentagone, élaboré en liaison avec le Conseil national de la sécurité (NSA), plus haute instance américaine de sécurité et de politique internationale. On y apprend que les États-Unis doivent « tout faire pour dissuader d’éventuels rivaux, parmi les pays avancés et industrialisés, de défier notre domination, ne serais-ce d’aspirer à un rôle plus grand à l’échelle mondiale ou régionale (…) La mission des États-unis sera de s’assurer qu’il ne soit permis a aucune puissance rivale d’émerger en Europe occidentale, en Asie ou sur le territoire de la CEI ». En bref, il s’agit ni plus ni moins d’empêcher par n’importe quels moyens l’Europe et le Japon, « alliés » relativement dociles, ainsi que la Russie affaiblie, mais encore redoutable, de relever la tête et de porter, un jour, ombrage au nouvel ordre mondial politique et économique imposé par Washington.

Ce document rend inutile tout commentaire, car il éclaire par lui même les intentions étasuniennes, et nous renseigne en même temps sur la tâche que nous devons absolument accomplir si nous avons un tant soit peu l’intention de mettre en échec le plan mondialiste, et même, pendant qu’il en est encore temps, de l’abattre comme un chien galeux.

La catastrophe qui frappera le monde dans les toutes prochaines semaines sera également, pour le front clandestin qui ne cesse de s’étendre, l’ultime occasion de renverser l’actuel espace politique européen.

Pris comme n’importe qui à l’intérieur d’une réalité aussi mouvante que violemment destructrice, nous nous gardons d’oublier ce fait d’expérience que l’action de quelques individus, ou de groupes humains très restreints, peut, avec un peu de chance, de rigueur, de volonté, avoir des conséquences incalculables.