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Comprendre les Lumières : aux sources de la prolétarisation du monde ouvrier

Conférence de Marion Sigaut au Théâtre de la Main d’Or le 15 juin 2013

 
 



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78 Commentaires

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  • Super ! à regarder ce soir ! :)


  • cette conférence est vraiment intéressante.
    ça donne une autre dimension aux cours d’histoire(partiel et partial) reçu au collège.


  • Passionnant, comme toujours !
    Merci à Marion pour ce travail de Vérité !

    Merci également aux réalisateurs, pour la qualité du son (qui n’est malheureusement pas toujours au rdv pour les autres conférences).

    Marion, avez-vous lu le livre de M. Talmeyr ("La Franc-Maçonnerie et la Révolution française") ?
    Cela pourrait être un bon point de départ (avec les écrits de l’abbé Barruel) pour une étude du contexte de "maçonisation" avancé de la France au XVIIè siècle....peut-être un sujet de conférence en perspective ? ;)


  • P.S : Merci aussi de prononcer correctement ’Metz’ !!
    Ça fait plaisir de ne pas entendre "Mèze", "Mètzze"ou "Metsse", comme c’est le cas habituellement !

    Et vive la Lorraine ! ^^

     

  • Ahah moi aussi je réserve ça pour ce soir ! Petite soirée histoire !


  • Quelle plongée dans le XVIIIe siècle ! Ces mêmes félons qu’aujourd’hui ont préparé dans l’ombre des soi-disant "Lumières", un projet obscurantiste avec mise en esclavage de la population ! Ces élites auto-proclamées vont devoir rendre des comptes ! .... La roue tourne pour tous y compris pour les étoiles, les galaxies ! Alors qu’en sera-t-il pour ces "stars" du système ? Merci Mme SIGAUT, j’écoute toutes vos conférences remarquables, oui vraiment !


  • Salutation !

    Je souhaite l’avis et si possible de Mme Sigaut, sur la pertinence de cette article et sur cette affaire en général : http://musee.louis.xvii.online.fr/L...

    Merci et merci pour la Conférence !


  • J’aimerai comprendre quelque chose :
    Soral s’entoure de personne comme Marion Sigaut, on l’a vu dans une conférence de l’action française.
    Il dénonce régulièrement les lumières et la révolution française comme étant un "complot" de la franc maçonnerie.
    J’aimerai alors comprendre sa (ses) solutions, ce qu’il en tire comme conclusions ? ER est promeut désormais le royalisme ? Je crois comprendre que l’AF et cet entourage militent pour un retour a la monarchie, et pas constitutionnelle si vous voyez ce que je veux dire (cf Frank Abed)... C’est bien gentil de critiquer le système, de tout vouloir remettre en cause y compris la république mais alors ? Je croyais que Soral était patriote, républicain ? Est il devenu monarchiste ? Il faudrait qu’il explique à son auditoire que la réalité de la monarchie absolue c’est que la plupart des sympathisant d’ER qui n’ont pas de racines aristocrates seraient des sous citoyens (en réalité le terme exact est DES SUJETS)... Je le trouve de plus en plus flou sur la solution proposée... Il était républicain tendance IIIeme rep, hussards noirs etc et le voilà qui fricote avec des royalistes pur et dur... J’aimerai vraiment comprendre comment on peut parler de réconciliation nationale, ou même dénoncer l’oligarchie (la monarchie n’est rien d’autre que l’institutionnalisation d’une oligarchie de droit divin) tout en ayant ces positions anti révolutionnaires. A force de vouloir plaire à tout les dissidents il se contredit totalement... Et ds une monarchie Catholique je vous passe le rôle réservé aux musulmans. Qu’en pensez vous ?

     

    • salut para
      voilà comment je vois les choses : Soral essaie de brasser toutes les bonnes idées et d’en faire une synthèse.
      monarchie=un mec a le pouvoir
      oligarchie= petits nombres de mecs et ploutocratie=oligarchie du pognon
      démocratie= le peuple a le pouvoir
      Rousseau prétend dans "du contrat social" que le type de régime adequat dépend de la taille du territoire, du nombre de la population, de la concentration de cette population et du climat. Il n’y a pas a priori un régime meilleur qu’un autre dans tous les cas.
      Tu rajoutes le principe de séparation des 3 pouvoirs (Chouard en compte 5 avec le médiatique et le financier).
      Tu rajoutes le problème de la loyauté et de la pérennité (projet sur plusieurs générations).
      Tu rajoutes le problème du citoyen éclairé : si tu veux la démocratie, chaque citoyen a le devoir de se renseigner.
      etc... Tous ces paramètres pour définir un pouvoir efficace et légitime pour le peuple.

      Chouard parle de tirage au sort.
      Soral met en avant la subsidiarité. Il a parlé récemment de la VII république.
      Beaucoup d’outils mais pas encore une réponse claire sur le régime à mettre en place.

      bref, si le positionnement de Soral te semble flou, c’est parce qu’il n’est pas encore affiché dans ce domaine (quelques conférences de Soral donne des tendances : comme lorsqu’il dit qu"il est trop démocrate pour vouloir la démocratie = les gens sont trop ignorants pour que leur avis soit pertinent et il faudrait donc une période transitoire avant la Démocratie).

      ps : définition Larousse. la "République"= res publica = la chose publique. Régime dans lequel le peuple exrece le pouvoir directement ou par l’intermédiaire des élus. Autrement dit, république = démocratie. Il y a un binz !


    • (Je suppose qu’il va y avoir beaucoup de réponses, alors bon courage pour tout lire.)

      Marion précise qu’elle ne défend pas l’Ancien Régime dans ses travaux, elle ne fait que rétablir ou exposer des vérités cachés au public. Et si son public sent que l’A.R est mieux que l’actuel, alors qu’est-ce que Marion ou Soral peuvent y faire ? Cesser de défendre des vérités historiques parce qu’ils ne sont pas monarchistes ? Cela serait faire preuve de partialité.

      Pour répondre à ton autre interrogation, quel avenir politique pour la France ?
      Ce sujet est vaste et flou, donc je serais évasif.
      Je dirais simplement que le prochain régime sera celui que la population Française méritera d’avoir.
      Ce qui est indéterminé à l’avance, c’est pourquoi je dis « population Française  » et non « peuple Français  », car de nos jours il n’y a aucune unité du peuple, or, pour avoir une nation forte et une Société paisible et prospère il faut un minimum de stabilité ethnoculturelle, ce qui est loin d’être le cas (même les autochtones sont plus divisés que jamais par les idées).

      Chacun a son idéal qu’il défend ou qu’il garde pour lui, mais ce qui importe avant tout c’est l’union des patriotes !
      Après la victoire contre le Système on verra ensuite vers quoi se tourner... Mais ne mettons pas la charrue avant les bœufs, car en étant trop concentré sur après la victoire on s’éloigne les uns des autres et de notre combat commun.


    • Je ne pense pas que Soral soit pour un retour à la monarchie. Je pense qu’il ne sait pas trop comme la plupart des gens vers quoi aller. Et il dit la même chose que Marion Sigaut sur le fait que dans l’histoire on ne revient jamais en arrière. Pour moi c’est pas très compliqué, le but d’E&R c’est préservé la patrie, donc à priori il n’y a pas besoin de changer de constitution. Il faut juste que les français patriotes arrivent à s’organiser pour réhabilité auprès des français le patriotisme, avoir ses propres médias vu que le système combat à mort le patriotisme. En ce qui concerne la politique d’un éventuel futur gouvernement elle serait bien évidemment national et socialiste.

      L’élément le plus important étant de renationaliser la banque de France. Le reste étant secondaire. Voir modifier la constitution pour que la banque de France ne soit pas privatisable et éduqué les français sur la question. Qu’ils défendent le droit pour l’État de battre monnaie comme un droit inaliénable.

      La ligne E&R peut difficilement être autre chose. Mais de toute façon E&R n’a pas vocation à constituer un gouvernement mais à être un réseau et un média patriote. Donc dans l’absolu Soral n’a pas besoin de définir une ligne politique claire. C’est surtout un média qui a pour vocation de mettre en lumière des vérités occultées. Le problème est que vous voyez E&R comme un parti politique, ce qu’il n’est pas et à priori ne sera pas. En revanche de nouveau parti politique peuvent s’appuyer sur ce média pour se faire connaître, ce qui est le cas de l’UPR ou de Debout la République.

      Ce qu’on peut souhaiter à E&R c’est de grandir et d’étendre son influence largement au-delà du net, dans la sphère publique, les entreprises etc... Qu’un jour les médias du réseau E&R soient plus entendus que tous les autres médias. C’est E&R qui permettra de faire émerger un nouveau clivage politique : entre les impérialistes et les nationalistes. Ce seront les nouvelles gauche et droite, et ce fait sera clair dans la tête de tous les français. Il faut souhaité qu’il en sera de même dans tous les pays du monde.


    • Soral a toujours dit qu’il s’inscrivait dans la tradition du cercle Proudhon. Le cercle Proudhon était un groupe de réflexion, au début du XXème siècle, qui réunissait des monarchistes de l’Action Française, Camelots du Roi etc, mais aussi des nationalistes républicains, et surtout(les plus intéressant à mon avis) des syndicalistes révolutionnaires à la Georges Sorel et Edouard Berth. Ils réfléchissaient sur une nouvelle organisation économique et social.
      Une sorte de troisième voie qui ne soit ni libérale ni marxiste.
      De plus je précise que Marion Sigaut n’est pas monarchiste non plus.


    • @Regis

      Bravo pour ton commentaire. Très bonne analyse de l’état de ce qu’on sait sur les positions d’Alain et de E&R.

      Beaucoup d’outils mais pas encore une réponse claire sur le régime à mettre en place.

      Je penses que le régime qu’Alain proposerait serait bien trop politiquement incorrect pour être entendu par la masse. Et cela malgré tout la cohérence de son approche. Il faudrait déjà comme préalable qu’un travail de ré-information soit fait sur la population pour qu’elle soit en mesure de comprendre et d’accepter ces principes, par exemple la limitation du droit de vote aux gens aptes intellectuellement à cet exercice.

      Dis comme ça, pour un non initié aux propos de Soral (qu’il faut écouter sur toutes ses interventions depuis plus de 10 ans, c’est à dire un gros gros travail pour ceux qui ont rejoint E&R récemment) ça parait tout de suite du totalitarisme (cf. la remarque de Taddeï lors du passage d’Alain dans Paris Dernière en 2003 : http://www.youtube.com/watch?v=lqja...).

      Toutefois, il a totalement raison. Combien de personnes mettent leur bulletin de vote dans l’urne alors qu’il ne s’intéressent en rien à la politique et votent de manière totalement conditionnées - effet de masse, conditionnement médiatique et tout le toutim .... C’est ce problème qui amène notre système à une alternance droite/gauche néfaste (droite et gauche qui comme tout le monde le sait ne rime plus à rien depuis longtemps) . Et c’est devenu inacceptable dès lors que la politique est devenu essentiellement du spectacle tandis que le pouvoir effectif se trouve à Bruxelles.


    • Le problème n’est pas Soral mais ton manque d’intelligence.

      - 1. Contrairement à ce que vous affirmez, Madame Sigaut a clairement dit qu’elle n’était pas (encore) royaliste. Et ne l’appelle pas par son prénom, tu n’es pas un ami.
      - 2. Contrairement à ce que vous affirmez, Soral a clairement dit qu’il trouvait le système monarchique intéressant. Contrairement à ce que vous affirmez, il ne se contredit pas du tout. Sa pensée évolue, excusez du peu.
      - 3. La "monarchie absolue" n’a jamais existé. Cf. d’autres conférences de Madame Sigaut.
      - 4. La monarchie n’a strictement rien à voir avec l’oligarchie, c’est le système opposé. C’est fou ça, elle le dit même dans cette conférence ! La monarchie c’est confier les pouvoirs au roi pour éviter qu’ils le soient aux marchands. Allo, tu écoutes les conférences que tu commentes ?
      - 5. Les intérêts du peuple sont ceux du roi et ceux du roi sont ceux du peuple. Comme il est dit dans cette conférence, les journaux populaires et royalistes convergeaient, le roi a demandé au peuple de se prononcer lorsqu’il s’est fait avoir par les conspirateurs, etc.
      - 6. Comme il est dit dans cette conférence, si nous remontions dans le temps nous serions protégés par les corporations.
      - 7. Regarde comme les juifs étaient bien traités dans "une monarchie Catholique". La monarchie est forcément Catholique, et le catholicisme politique est forcément monarchique. Toujours cette pleurniche communautaire ! Que d’égocentrisme ! Vous n’avez pas honte ?
      - 8. Les conférences de l’AF expliquent clairement pourquoi Maurras a choisi le royalisme.
      - 9. Au cas où t’as pas compris, la méthode soralienne est historiciste. Donc présenter la mort du roi très chrétien Louis XVI comme une conspiration maçonnique n’a rien d’extraordinaire si les faits étaient cette hypothèse. Et cela, que tu le veuilles ou non.
      - 9. Au cas où t’as pas compris, E&R est composite. On n’a pas à se soumettre à ton petit profil de républicain droit-de-l’hommiste.
      - 10. Je suis royaliste et je l’ai toujours été et je suis "sympathisant" E&R, que cela te plaise ou non. Certains ne se sont pas faits avoir par le gauchisme, contrairement à d’autres.

      On n’a pas à adopter telle position ou telle autre en fonction d’une adhésion idéologique creuse ou communautaire. Ce mode de réflexion, typique des musulmans, noirs, etc. (finalement exactement la même chose que les gays et le lobby juif), est très dangereux et E&R devrait veiller à purger ses rangs de cette chienlit mentale.


    • Certaines réponses m’on beaucoup fait rire.
      Les trois quarts m’expliquent que non, Soral n’est pas pour un retour à la monarchie et n est pas royaliste.
      Puis la dernière, qui me traite de tout les noms (Ah, les délices du Logos) m’explique que tout au contraire, la monarchie n’a rien à voir avec l’oligarchie, Soral est très proche des monarchiste et il faut "purger" ER de la chienlie.
      C’est assez drole parce qu’en réalité, la vision que Soral a de la liberté d’expression est typiquement libérale et américaine. Les outils dont il se sert aussi. Comme je l’ai souvent noté, pas la peine de cherche le Soral et le Dieudonné de Poutine ou le Soral et le Dieudonné du Venezuela ou de l’Iran. Pour être ds une dissidence aussi radicale et survivre il faut vivre aux USA (ou il y a carrément des partis nazis et révisionistes qui s’assument comme tels) idem pour critiquer le pouvoir de façon aussi radicale.
      C’est assez marrant
      " Contrairement à ce que vous affirmez, Soral a clairement dit qu’il trouvait le système monarchique intéressant. Contrairement à ce que vous affirmez, il ne se contredit pas du tout. Sa pensée évolue, excusez du peu."
      Sa pensée évolue... Libéral libertaire (sa période Palace) puis Marxiste PCF, puis Républicain admirant la IIIE puis maintenant d’après vous proche des monarchistes. Il n’y a que vous pour ne pas voir que ça pose un petit problème de sophisme.
      D’ailleurs parler de purger la chienlie quand on défend la dissidence et qu’on regrette d’être muselé par les médias ça relève la aussi de l’hypocrisie ou du Sophisme.
      Maintenant soyons réaliste. Perso j’ai fais un mémoire sur Maurice Barrès et je connais très bien la pensée Maurassienne. Une pensée réaliste et pas idéaliste. Et pour ce qui est de la monarchie, ds la France actuelle et même ds la France futur, c’est un PUR délire de penser que l’idée d’un retour à la monarchie à un futur quelconque. Les seules monarchies qui tiennent encore sont des monarchies constit de pacotilles. Prétendre aussi que le sort des sujets serait supérieur à celui des citoyens par je ne sais quel tour de passe passe, c’est mal connaître l’histoire des faits économiques et sociaux. Mais sur les faits c’est très dur de discuter avec des personnes qui vous traitent de droit de l’hommiste pour défendre leur point de vue.
      Il faut juste que vous l’admettiez : La France ne re deviendra JAMAIS une monarchie. Tout simplement parce que le peuple ne le veut pas, tout simplement en raison de l’Histoire.


    • Et aussi
      "Après la victoire contre le Système on verra ensuite vers quoi se tourner... Mais ne mettons pas la charrue avant les bœufs, car en étant trop concentré sur après la victoire on s’éloigne les uns des autres et de notre combat commun."
      Je suis le seul que sa choque comme réflexion ? Il faudrait combattre le système, pour le faire tomber, sans trop savoir ce que l’on aimerai installer par la suite ? Encore une fois je vous renvoie aux Histoires des faites économiques et sociaux, à l’Histoire du XXème siècle et des révolutions. Les révolutions, comme Soral l’a souvent remarqué finissent souvent très mal. Même les bolchéviks, qui ont fait une révolution basée sur un corpus de texte très solide, avec lesquels ils partageaient tous les valeurs fondamentales. Un texte économique puissant qui définissait les grandes lignes de l’après grand soir... Et pourtant voyez le résultat... Alors oui excusez moi, mais j’aimerai savoir quel modèle de société promeut Soral. Je m’étais arrété à son époque IIIème république, c’est à dire une république laïque et puissante dirigiste, Gaulliènne. Si désormais c’est le modèle monarchique calqué sur l’ancien régime qu’il met en avant, vous avouerez que ça risque de ne pas vraiment être populaire, et perso ça me refroidit carrément. C’est très facile de critiquer un système, aussi pourri soit il... Mais d’en construire un nouveau, c’est une autre histoire


  • magnifique conférence ,un vrai régal ,les Lumières : c’est vraiment les ténèbres !!
    L’Angleterre :libéralisme et la franc -maçonnerie ; elle a fait un "bébé" :les Usa !

     

  • Toujours aussi passionnant !
    je n’ai pas pu m’empêcher de faire un lien entre ce que dit Marion Sigaut sur le prolétariat ( travail des enfants ,de la femme ,en plus de l’homme ) et le roman "Germinal "de Emile Zola datant du fin 19 ème siècle , le capitalisme charbonnier !


  • #494616

    Encore une vraie leçon d’histoire !!! Génial !!!
    Les questions du public sont pertinentes, les réponses de Marion enrichissantes..
    De savoir que nous ne sommes pas seuls à vouloir faire partager la vérité sur l’Histoire ça met le sourire ça fait du bien.
    Merci Marion Sigaut, merci ER ; longue vie à tous !!!!


  • Au sujet de la guerre, madame Sigaut nous explique dans une autre conférence que la milice tirait au sort des gens du peuple pour les emmener à la guerre. Alors est-ce qu’il n’y avait que les nobles qui partaient à la guerre ? Et qui composait les troupes ?

    Au sujet du corporatisme, il existe des théoriciens catholiques et monarchiste du XIXe et XXe siècle qui militaient pour le retour des corporations tel Albert de Mun et François René de La Tour du Pin.

     

    • Les nobles d’épée avaient obligation d’aller à la guerre, ils étaient nobles pour ça. On tirait les troupes au sort.


    • Petit rajout : les nobles n’était pas seuls à se battre, les roturiers aussi faisaient la guerre (comme mercenaires, comme soldats soldés, comme conscrits...). Les guerres se sont toujours faites avec une poignée de nobles dirigeant une masse de roturiers. Bonus en prime : les nobles étaient soumis à rançons, les roturiers étaient passés par les armes (égorgement le plus souvent), systématiquement pour les mercenaires, moins pour les conscrits.
      Par contre : les guerres en Italie étaient le métier totalement en main des mercenaires, ce qui fait que ces combats-là étaient peu meurtriers, car justement, il y avait un esprit de corporation.


  • Un régal, comme toujours :)

    Une petite pensée ironique pour ces instits et profs "de gauche" encensant les Lumières, en ne se rendant pas comptent qu’ils incarnent le libréralisme barbare.


  • Ce que je voudrais dire sur le protestantisme c’est que le protestantisme valide la réussite sociale. Il n’est pas dit que le protestant est automatiquement un élu, mais que celui qui réussi le mérite. En gros dans le protestantisme si on est riche ça veut dire que Dieu est de notre côté, dans le catholicisme c’est l’inverse, Dieu est de notre côté lorsqu’on est pauvre. Dans l’absolu je pense que les deux positions sont fausses, mais la différence se joue à ce niveau.

     

    • Honnêtement je ne m’y connais pas trop mais vous parler là de critères extérieures d’abondance matérielle or la grâce n’est ni matérielle ni matérialisable et dans la suite logique de vos considérations, en les amenant à leurs termes, me semble-t-il, il y à une contradiction irréconciliable qui acte ce chiisme. Le salut ne peut pas être individuel et une "réussite" matérielle ne me semble pas révéler une attention divine bienveillante particulière.

      La satisfaction des besoins que nous définissons pour nos corps et leurs sécurités sont de toutes évidences à notre portée à tous et n’appelle pas en nous une consécration totale à leurs fins, bien au contraire leurs satisfactions permet une émancipation des besoins "inférieurs" et une attention devient disponible au sens de tout cela. Une fois atteint quels peuvent être le but de la préservation et l’accumulation de richesse ? soi d’aider les autres à rejoindre cet état de préoccupations "supérieurs" ou au contraire, se préserver d’eux et de leur logique "survivaliste", ce qui revient à claquer la porte de l’enfer derrière nous en abandonnant nos frères nécessiteux, ce qui permet de dire qu’il y ’à des élus et des damnés. Ce critère extérieur d’inégalité ne saurait aider à un quelconque discernement salutaire, il contredit la parfaite égalité INTERIEURE des hommes devant Dieu, soit son essence intemporelle et pire interdit l’unité, seule réalité et condition de l’abondance bien au delà du concept de "besoin". Bien loin d’éloigner le conflit, cette vision des choses me semble l’entretenir, puisqu’elle admet les prémisses indépassables de cela même qui devait être dépassé. Je voulais juste faire cette remarque même si ce n’est pas le sujet et à ce propos vous donner la vision de l’Islam sur cet aspect à travers une parole de son prophète (paix sur lui) qui demandait à Dieu de le préserver de la double tentation de la richesse ET de la pauvreté..


  • Les conférences de Marion Sigaut sont particulièrement appréciable, avec un travail d’une précision vraiment remarquables. C’est une grande historienne que cette dame et une grande dame que cette historienne.

    De plus, elle a une vraie tendance à suscité l’affection, je trouve ; ce qui dans bien des situations est détestable mais qui dans le cas présent la rend très agréable.

    Merci à elle pour son énorme travail et sa personnalité !


  • à 24:50 ; « j’ai lu que le roi... » (non sourcé), puis « à 20 ans, le roi n’était pas préparé à régner ». Étonnant.

     

  • Bonjour , merci pour cette conférence ! Marion , vous faites un travail très utile !
    Nous devrions supprimer la publicité. Ce serait un progrès. La publicité est un élément fondamental de la propagande.


  • pour Mme Sigaut, petite rectification sur Rousseau :

    Effectivement Rousseau imagine un homme "sauvage" (ou "seul"), mais cette condition n’est pas a prendre au sens anthropologique : il ne s’agit que d’une réduction méthodologique et métaphysique (cf. l’introduction de son "discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les Hommes"), non pas idéologique : ce n’est qu’un moyen de poser les bases de son raisonnement.

    Examinant le fonctionnement de cette condition fictive de solitude totale, il en tire que les notions de "bien" et de "mal" ne peuvent s’y appliquer : l’homme "sauvage" ne peut être ni bon ni mauvais puisque n’impliquant personne d’autre que lui même...

    Au contraire du libertaro-liberalisme, même si l’on prend la réflexion de Rousseau dans l’autre direction (social->solitaire), alors la désocialisation signifie la négation de l’autre...
    Ce qui n’est pas dit par les "LiLi", est donc que la maximisation des choix individuels veut dire non seulement instrumentalisation "Bergèrienne" (la femme est un ventre pour l’homo), mais se traduit aussi par un "cannibalisme social" (voir une légitimation du "soleil vert" ?) tel un J. Attali émettant sa réflexion "éminemment humaniste" sur l’apologie de l’euthanasie des plus de 65 ans... Il ne faut alors pas s’attendre de gens de cette mentalité qu’ils s’émeuvent le moins du monde des grecs qui se suicident de désespoir...

    Rousseau explique aussi ainsi de quelle façon la société se construit nécessairement par certains abandons de libertés (ce qui semble évident lorsqu’on parle de répartition du travail, à moins d’une société d’hécatonchires stakanovistes et surdoués...). Là peut résider le "mal", notamment dans certaines formes d’aliénations plus ou moins "librement" consenties...

    Cf. "Discours sur l’origine de l’inégalité parmis les Hommes" : http://classiques.uqac.ca/classiques/Rousseau_jj/discours_origine_inegalite /discours_inegalite.pdf

    et si vous êtes abonnée une émission très intéressante sur Rousseau (enfin je l’ai trouvée intéressante) : http://www.arretsurimages.net/emissions/2013-03-26/Rousseau-elections-piege-a-cons-d-ns-le-texte-id5712

    très amicalement ^^

     

    • enfin un propos sensé sur Rousseau. Merci


    • @oge. Je n’arrive pas à m’intéresser à ce qui n’est pour moi que charabia. Désolée.


    • Il faut dire qu’à l’époque de Rousseau, l’anthropologie n’existait tout simplement pas...

      Dans son "Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité des hommes", par un pur processus logique, il essaye de remonter le temps et de chercher la cause de cette inégalité... C’est donc effectivement une fiction, il ne dispose que de très peu de renseignements fiables pour juger.

      Rousseau s’est donc effectivement trompé en partie sur "l’état de nature" et la solitude originelle de l’homme mais la recherche anthropologique lui a ensuite donné raison dur de nombreux points ! Notamment sur le fait que l’inégalité se creuse dés le néolithique à cause du développement de l’agriculture, de la propriété etc.

      Globalement et rétrospectivement, ce discours était un sacré tour de force !!!


    • @Marion Sigaut :

      il faut bien reconnaitre que la pensée de Rousseau c’est pas de la tarte... malheureusement le milieu intellectuel est par essence tourné vers ses propres réflexions, devenant ainsi de plus en plus opaque...

      les gens comme vous sont indispensables pour servir de pont entre les mondes ^^

      Et pour apporter mon petit caillou a l’édifice, petite explication sur ce qu’on appelle "réductionnisme" :

      Le réductionnisme consiste à circonscrire, "réduire", le sujet d’une d’étude (en l’occurence l’Homme) aux caractéristiques qui permettent de répondre à une question précise. Tout en n’oubliant pas, une fois que l’on y a répondu, que l’on a volontairement (ou non) écarté tout ce qui ne permettait pas d’y répondre immédiatement.
      Or, une question peut se formuler au moins de 2 façons :

      * ex 1 : pour un biologiste, est ce que l’homme :
      - est un amas de cellules ?
      - N’est QU’un amas de cellules ?

      * ex 2 : de même pour un historien, l’histoire
      - est une suite d’évènements dans le temps ?
      - N’est QU’une suite d’évènements dans le temps ?

      La 2eme formulation implique que pour l’observateur, aucun lien n’est sensé être fait entre les évènements historiques, tout comme les comportements de l’amas de cellule seraient tout entiers compris dans les gènes de chaque cellule individuellement.
      Dans le cas de l’organisme humain, chercher à décrire les comportements sociaux par la cellule sans prendre en compte des choses comme les simples interactions entre elles (émergence : le tout est supérieur a la somme des parties), rapports de forces, influences psychologiques, impact de l’environnement, etc etc, conduit vite a des impasses.
      En sciences de la vie, on parles alors d’un réductionnisme métaphysique (en histoire on pourrait plutôt parler de réductionnisme "politique", j’imagine).

      Tandis que la 1ere autorise d’examiner tout autre chose que la "pure" constitution physique de la cellule (a priori plusieurs cellules sont nécessaire pour faire émerger une pensée...), de Damien (qui peut alors être autre chose "QU’un fou", et faire partie d’un contexte social etc), d’une loi, etc... pour l’inscrire dans le contexte d’où il a été tiré.
      On parles alors de réductionnisme méthodologique.

      La façon de poser la question est donc au moins aussi importante que la question elle-même. Si la question est mal posée d’emblée, alors on s’expose a un biais reposant sur un réductionnisme métaphysique "caché"...

      En gros voilou, en espérant avoir été utile ^^


    • J’allais le dire, mon sentiment est que le discours de Rousseau a été détourné par la révolution, son idée de justice sociale passait justement par la distinction entre la volonté générale et la volonté de tous qui est source principale d’ inégalité, pour plus de détail je vous renvois à l’excellente vidéo d’Henri Guillemin traitant justement du sujet :
      http://www.youtube.com/watch?v=xYh5YvpKMbU


  • Achetez les livres de Marion Sigaut !!!

    Elle a besoin de tirer le benefice de son travail pour continuer a faire ses recherches et a nous fournir toutes ces informations cachees et ses analyses qui prennent en compte l’aspect humain des evenements (comme Henri Guillemin) au lieu de voir l’histoire comme un objet mort qu’on analyse au microscope...

    nous sommes l’histoire des francais a venir


  • Merci pour cette conférence.Voilà les cours que j’aurais aimé avoir. Relié au concret.Avec beaucoup de mises au point éclairantes ...
    Si on veut lutter aussi contre l’obsolescence programmée inhérente au libéralisme, il faudrait bien qu’on invente un bidule qui ressemble au corporations d’antan.
    Oh la la, les corporations étaient antisémites !


  • Excellente conférence, comme toujours avec Madame Sigaut. Je n’ai regardé que la première partie mais je ne manquerais pas de regarder aussi la seconde.

    Quelle déception que Rousseau aie déconné sur ce coup là ! Il faudra que je me penche sur ses écrits. Il n’a pas dû écrire ça au hasard, peut-être y avait-il une augmentation des abus, car il me semble que déjà Louis XIV et Louis XV n’étaient plus assez chrétiens.

    Je note qu’il y a une concordance entre la montée de l’invidualisme et le romantisme (qui avait pour caractéristique, outre la révérence envers la nature, l’exotisme spatial et temporel, aussi le moi, la focalisation sur les sentiments individuels, etc.). Rousseau était un précurseur du romantisme (je crois que c’est lui qui a inventé le mot "romanesque"), avant Chateaubriand, puis vient le courant romantique avec Lamartine, Musset et compagnie. Si je me souviens bien de mes cours, sans doute frelatés.
    C’est fou comme cette idée politico-sociétale fondamentale a contaminé les arts.

    En tout cas, on dirait bien que les gros bourges libéraux tapaient sur les petits patrons, et le discours n’a pas changé, hein arlette ?

    Il faudrait voir si dallardes, turgaud, etc faisaient partie d’une secte. De toute façon, si les "philosophes" étaient appelés "secte" par le tiers état, ce n’est pas un hasard.

    Le despotisme pour la liberté (de turgaud, je crois) ça fait penser au mal pour le bien du frankisme, du moins tel que décrit par LLP.

    En tout cas, je pense que cette période est cruciale à étudier puisque nous sommes encore dans cette séquence.

    J’avais essayé de m’intéresser à l’Ancien Régime, car je sentais que le Moyen-Âge avait plutôt l’air d’une période lumineuse (avec la tradition chevaleresque, le fin’amor, etc. pour lesquels j’ai toujours eu un attrait). Je ne me suis finalement intéressé qu’à l’héraldique car j’avais fait table rase du reste par crainte d’apprendre faux (pour moi, il vaut mieux ne pas savoir que mal savoir).

    Cela me fait une raison de plus de remercier Madame Sigaut pour ses recherches très instructives et sans doute véraces.


  • Pour la Dame qui posait une question sur "la city" et compléter les propos de Marion Sigaut. Alors, Oui Madame, la fondation et la création de la city c’est totalement dans cette période et dans cette atmosphère à Londres. Bien sûr, à ce moment elle n’est pas ce qu’elle est aujourd’hui mais c’est bien une entreprise de prédation libérale dès le départ à partir du moment où la monarchie est devenue parlementaire en Angleterre. En fait un ensemble de marchands à succès favorisés par le tournant libéral en question décide de former un groupe très fermé de gestionnaire/observateur des marchés des produits de subsistances dans le but d’optimiser les bénéfices engendrés par tous les commerces intérieurs et extérieurs. Ces premiers "courtiers" prospèrent toujours plus et de plus en plus vite jusqu’à ce qu’ils se payent carrément la couronne d’Angleterre. Voilà, pour faire simple ^^


  • Quand on voit que des femmes pouvaient diriger des pme, on comprend que les féministes sont une grossière imposture, même si ça part de bonnes intentions. Enfin, l’enfer en étant pavé, il est évident qu’il ne faut pas se fier à ça.

    Les ouvriers de l’époque - je suppose qu’on les appelle artisans aujourd’hui - étaient vulnérables dès lors que leur roi n’était pas assez vigilant. C’est ainsi que j’interprète : le roi arrive au pouvoir jeune, peut-être en n’étant pas assez formé, et il ne voit pas venir une grosse arnaque.
    Quand je vois à quel point les ouvriers étaient stupides, je me dis que même s’il y avait parfois quelques abus de la part des corporations, c’est un léger tribut en échange d’une protection.

    Le thème des "allaiteuses" est très intéressant et ça rejoint strictement les "mères porteuses" d’aujourd’hui au niveau mystique. Le seul garde-fou était le "manque" de technologie, sinon ces psychopathes de l’élite l’auraient déjà fait il y a longtemps.
    Encore qu’aujourd’hui, la tonalité est différente car il ne s’agit plus simplement d’un service utilitariste mais d’une volonté de bafouer en plus d’un déni de réalité capricieux. C’est du moins mon interprétation.

    Je suis surpris que des gens du publique ne sachent pas que la vraie noblesse (pas la noblesse de robe, cette fausse noblesse de bourges, à ne pas confondre) faisait la guerre ! Le maniement des armes faisait partie de la formation des chevaliers. C’est incroyable de ne pas savoir ça. Evidemment qu’ils le payaient leur tribut. Finalement, il me semble que c’était une société très équilibrée. D’ailleurs, si ça a duré si longtemps, ce n’est tout de même pas un hasard.
    La noblesse, c’est-à-dire les militaires ; le clergé, ou l’éducation et l’aide sociale ; le tiers état, autrement dit l’agriculture dans les communautés villageoises et la production de biens par les différentes corporations.
    Moi, on m’a toujours présenté les choses comme tiers état = paysanerie et je me suis toujours demandé où étaient les autres métiers.

    C’est intéressant de voir que ce système était très différent du nôtre. Le nôtre est beaucoup plus étatiste et le pouvoir est celui de l’argent et non celui de la force militaire.

    Si j’ai bien compris, les corporations étaient des sortes d’institutions assurant la formation des artisans en devenir et l’autre partie de leur formation, peut-être plus lettrée, était assurée par le clergé.
    Y avait-il des guildes sous l’AR ? ça correspondrait aux coopératives d’aujourd’hui.

     

  • Concernant Rousseau : les francs-macs peuvent se l’approprier, car quand on le lit superficiellement, effectivement, il semble de leur côté.
    MAIS : selon Rousseau "le" contrat social, c’est le fait de se regrouper et ses modalités. Il n’y en a pas qu’un dans une société, chaque regroupement social est placé sous un contrat social, plus ou moins établi légalement (il existe des modèles coutumiers ou oraux). Le contrat social rousseauiste c’est le processus d’institutionnalisation des groupes sociaux.
    Qu’en sort-il ? Que les corporations sont des groupes dans le groupe, ou des états dans l’Etat, avec la différence fondamentale que les corporations ne possèdent pas les pouvoirs régaliens car là n’est pas leur fonction/destin/raison d’être. L’Etat est un corps de métier dévoué au bon fonctionnement général (en théorie, en pratique souvent il y a eu des princes et des présidents pourris).
    Le problème avec Rousseau, c’est que son système d’explication de la création des sociétés est amoral : il a écrit dans une période de désenchantement du monde (cf. Evérgète pour la période antique). Sans placement par verticalité sous le divin, les athées militants peuvent revendiquer n’importe quelle théorie, et la détourner.
    Le contrat social ne se fait pas comme ça, mais pour établir un équilibre (protection interne et externe des participants du corps), selon Rousseau, tant qu’il n’y a pas dérangement, il n’y a pas lieu de changer ce qui marche et protège la société.


  • Comprendre les Lumières...

    Jean-Christian Petitfils écrit dans sa biographie consacrée à Louis XVI : "Les Lumières opéraient une révolution copernicienne dans une société où jusque-là ce qui était ancien était vénéré du seul fait de son origine immémoriale. Œuvre collective gigantesque destinée à faire le point des connaissances humaines, tant scientifiques et techniques que culturelles et philosophiques, L’ Encyclopédie publiée par Diderot et d’Alembert de 1751 à 1766, était imprégnée de cet état d’esprit. Y collaborèrent, entre autres, Voltaire, Buffon, Condillac, Rousseau... Malgré des points de convergence, les convictions de ces auteurs étaient fort dissemblables. Certains étaient déistes, d’autres athées ou matérialistes, certains empiristes, d’autres sensualistes, certains croyaient en l’égalité naturelle des hommes entre eux, d’autres la niaient. Directeur de la Librairie, Malesherbes avait protégé et guidé discrètement l’entreprise. Mme de Pompadour, proche des philosophes, eût aimé convertir le roi. Mais Louis XV était trop imprégné des vérités de la religion [...]. L’Église qui dénonçait la "foule des mauvais livres" et des "écrivains impies", réagit de son côté par une apologétique nouvelle.

    Cette bataille des idées, qui se déroulait au pied du trône, ne remettait pas en cause-au moins en principe-l’ordre ou les institutions monarchiques. Les historiens contemporains sont revenus des postulats de Daniel Mornet faisant de la pensée éclairée la matrice nécessaire de l’événement révolutionnaire. En dehors du domaine religieux, les philosophes n’étaient guère des esprits subversifs. Beaucoup d’entre eux trouvaient des appuis auprès des puissants "patrons", grands seigneurs ou ministres. Quesnay fut médecin du roi, Voltaire exerça la charge officielle d’historiographe. Diderot bénéficia de hautes protections de l’abbé Bernis, ministre des Affaires étrangères [...]. Élu secrétaire perpétuel de l’Académie française en 1772, d’Alembert transforma l’institution en un fief philosophique. [...]

    En affirmant [...] que ce sont les Lumières qui ont produit la Révolution, l’interprétation classique n’inverse-t-elle pas l’ordre des raisons et ne faudrait-il pas considérer que c’est la Révolution qui a inventé les Lumières en voulant enraciner sa légitimité dans un corpus de textes et d’auteurs fondateurs, réconciliés par-delà leurs différences vives, unis dans la préparation de la rupture d’avec l’ancien monde ?"


  • Dans la deuxième vidéo, à 19mn40s, Marion Sigaut nous dit :



    Au début du règne de Louis XV, il n’y a plus de dettes.



    Cependant, dans la vidéo suivante, à 2mn43s http://www.egaliteetreconciliation.... Pierre Jovanovic nous affirme que Louis XV a hérité de Louis XIV d’une dette importante qu’il ne put régler et qu’il transmettra a Louis XVI.

    Qu’en est-il ?

    Merci d’avance à ceux qui voudront bien m’éclairer.

     

    • @ Frédérick
      Le régent Philippe d’Orléans trouva lors de son arrivée aux affaires en 1715, des caisses vides : la dette publique s’élevait alors à 2,47 milliards. En 1722, la dette publique n’était plus que de 1,5 milliard. Entre-temps, pour réduire cette dette faramineuse héritée du règne précédent, Philippe d’Orléans avait eu recours en désespoir de cause aux services de John Law, économiste écossais qualifié à la fois d’esprit chimérique et d’escroc... Le système de Law paradoxalement améliora les finances de l’État mais tout ceci au détriment des possédants et spéculateurs qui se laissèrent illusionner par le fameux "système"... Le Régent meurt malheureusement trop tôt, foudroyé par une attaque cérébrale à l’âge de 49 ans, en 1723. (Sources : "Le Régent" de Jean-Christian Petitfils. Fayard)


    • Merci Erik pour la précision.

      Donc selon ta source, la régence laisse quand même une dette à Louis XV. Ce dernier a-t-il su la résorber avant d’en créer une nouvelle ? Selon ce que je comprends de ce qu’avance Marion, c’est bien le cas.


    • Pour autant que je me souvienne, sans avoir revu mes notes, la politique très sage du cardinal de Fleury a rétabli les comptes de la Nation. Le trou se recreuse ensuite.


    • @ Marion Sigaut,

      Merci d’éclairer ma lanterne.
      Endetter une personne ou une organisation restera toujours une manière très efficace pour les contrôler.


  • Bonjour ,
    Dans la société libérale dans laquelle nous vivons , le marché et la concurrence sont sensés tout réguler de façon naturelle .
    Or , tant que faire se peut la concurrence est bafouée : pour preuve ces qqs exemples :

    Les artisans électriciens de ma région déclarent ne pas prendre des chantiers sur le "territoire" respectif de leurs collègues . Ainsi , pas de problème . Et de toutes façons lorsqu’un électricien établit un devis ce devis se retrouve aussitôt sur le bureau des collègues . N’est ce pas un retour des corporations ?
    Autre exemple :
    Sur la région de Montpellier il est moins cher de faire venir le béton de Millau (100 km) que de le prendre sur place ou les 2 ou 3 producteurs s’entendent sur les prix et les "territoires" et se goinfrent en ces temps de constructions à tout va .
    Les exemples de ce type peuvent se multiplier à foison , tel encore le commerce du vin concentré en 3 ou 4 mains qui dictent leur prix aux producteurs et aux consommateurs , conduisant à la ruine et à l’arrachage de 100 000 hectares supplémentaires en Languedoc avec tous les emplois induits que cela représente .
    Les français savent-ils seulement d’où vient la "crise viticole" ?
    Ces hectares étant allés se complanter en Espagne grace aux primes de l’U E .(provoquant à terme de nouveaux arrachages )
    Quelquefois il serait bon aussi d’évoquer la réalité du terrain .
    Alors ? Corporatisme , Ou pas ?


  • Il est normal qu’un compagnon qui se voit transmis un savoir-faire par un maître soit fidèle et au service de ce dernier pendant quelques années. Un métier c’est précieux ! En cette époque décadente où la majorité d’entre nous sommes des bons à rien incapables d’utiliser notre cerveau et nos mains afin de créer quelque chose d’à la fois beau et fonctionnel on tend à oublier à quel point la maîtrise d’un métier authentique est une chose inestimable. Ceci étant dit cela ne doit pas cacher que les corporations à l’image de toute association d’hommes devaient commettre des abus.
    A titre personnel je suis d’accord avec l’argument libéral selon lequel tout individu devrait être laissé libre à exercer toute activité économique de son choix tant que la santé et la sécurité d’autrui n’est pas en jeu. Je ne vois pas quel argument légitime peut justifier qu’une corporation interdise à un type d’exercer un métier sans faire parti d’une corporation. Si le type en question est un génie autodidacte ayant appris un savoir-faire sans passer par un maître il n’a de compte à rendre à personne ! De plus ce genre de personnage fonctionnant hors cadre "légal" ne peuvent guère représenter un problème de concurrence déloyale dans la mesure que l’écrasante majorité des gens ne pourront jamais apprendre seul un métier ! Même si on le souhaite on ne s’improvise pas forgeron, charpentier, boulanger... ! Logiquement un type s’improvisant artisan devrait être identifié comme un mauvais ouvrier et son activité professionnelle ne devrait pas être très florissante, et s’il devait bien se débrouiller grâce à un talent inné particulier il n’a de compte à rendre à personne. La corporation ne devrait demander des comptes qu’envers les individus ayant bénéficié d’une transmission de savoir faire auprès d’un maître affilié...ainsi interdire à un compagnon de quitter son maître avant la fin de son apprentissage...quant aux autres ils n’ont aucune responsabilité morale envers les corporations. De toute manière on peut sérieusement douter que les corporations empêchaient les gens de bosser, le problème ne devait même pas exister dans la mesure que l’écrasante majorité des gens devaient spontanément choisir de passer par le cadre certes contraignant mais en dernière instance protecteur des corporations.


  • Bravo, Marion pour cette conférence. On en apprends beaucoup et votre franc parler apporte quelques chose de très frais.
    En revanche je vous en supplie ne reprenez pas le parti prit de Monsieur Guillemin (historien par ailleurs excellent) sur Napoléon.
    Si c’est vrai qu’il a joué un rôle important le jour de l’insurrection du 13 Vendémiaire de l’an 4 en faisant tirer sur la foule des manifestants royalistes,ce n’est pas ce fait d’arme qu’il l’a amener au pouvoir,il l’a fait connaitre.
    Il ne prendra le pouvoir que quatre ans plus tard après une extraordinaire campagne d’Italie et la fascinante campagne d’Égypte,excusé du peu.
    Ce qui pourrait aisément remplir la vie d’un homme ne sera que le hors d’œuvre de son destin.
    L’épopée de Bonaparte puis de Napoléon est tout simplement incroyable et si certains disent qu’il a sauvé la révolution,il a surtout panser les plaies d’une France déchirée par des années de violence.
    Par sa clémence envers les Royalistes notamment les expatriés (dont certains avaient pris les armes contre les armées Française) qui ont pu rentrer au pays en toute sécurité et garder leurs titres de noblesse, puis par le Concordat qui scellait la fin de la guerre entre Catholiques et les révolutionnaires bouffeurs de curés,il a fait ainsi un incroyable travail de réconciliation nationale !

    Si les années de son règne ont été aussi des années de batailles et de guerre,ce n’était pas de son fait mais bien ,comme l’explique très bien Bainville dans son Napoléon qu’il faut absolument lire,du fait de l’héritage de la Révolution que celui était obligé bon gré mal gré de protéger.
    Quand on voit l’empreinte indélébile qu’il a laissé sur notre pays on peut se demander que n’aurait il pas accomplit si les Anglais avaient laissé la France en paix ?

    Il a fait deux erreurs majeures que lui et la France ont payé très chers:la guerre d’Espagne et la campagne de Russie mais sous la pression financière de la perfide Albion qui y gagnera d’ailleurs ce sobriquet.

    Le peuple de France malgré les revers subit l’acclamera à son retour de l’ile d’Elbe (quelle page fantastique de l’histoire de France) puis à son départ définitif après l’étonnante défaite de Waterloo, qui fera d’ailleurs la fortune des Rothschild.

    Bref il y aurait tellement à dire sur ce personnage,il est trop grand pour rentrer dans aucunes des cases dans lequel on aimerait le cantonner,que je ne peux que vous conseillez de vous intéressé à cette période si vous en avez le temps et l’envie.

     

    • Bon, je vous promets de remettre mes pendules à l’heure concernant Napoléon (quoi que je doute très fort que cela remette vraiment en cause ce que j’en pense), mais j’essayerai, promis-juré, QUAND J’AURAI LE TEMPS. Pas en ce moment, c’est sûr.
      En tout cas merci de vos renseignements, je vous souhaite une bonne journée.


  • Mme Sigaut,

    Je suis étudiant et je m’adresse à vous via les commentaires pour vous dire que ces séries de conférences m’ont énormément surpris. En effet, je ne suis ABSOLUMENT PAS partisan des idées d’E&R, notamment des analyses d’Alain Soral (quoique je puisse approuver, tout de même, une partie des actions de ce groupe), et c’est donc tout-à-fait fortuitement que je suis tombé sur vos conférences.

    Et je ne saurais exprimer à quel point les bras m’en sont tombés ! Les mêmes réflexions que je m’étais faites il y a quelques mois sur les Lumières, la Morale et le Libéralisme, je les voyais revenir dans une grande conférence avec écrits philosophiques et faits historiques à l’appui.

    Toutefois, ces réflexions ne me sont pas venues en lisant Voltaire ou un livre d’économie. En fait, je n’étudie même pas l’Histoire, quoique je puisse m’y intéresser en amateur. Non, celles-ci me sont venues en tentant de comprendre la statistique. Je crois que quelques explications s’imposent : étudiant à la faculté de médecine, j’ai rapidement compris que nous devions absolument assimiler les notions utilisées en statistique (pour l’épidémiologie, les essais cliniques, etc...). Je me suis donc décidé à acheter :

    "La Politique des Grands nombres" de Alain Desrosières,

    afin de mieux comprendre comment étaient apparues les normes arbitraires, et souvent relatives, utilisées dans ce langage semi-mathématique. Et Dieu sait que ce fut terriblement intéressant d’un point de vue critique, car l’évolution des méthodes d’administration, et surtout de leur "morale" transparaît plus clairement lorsqu’on se penche sur le sujet.

    Ma question est donc la suivante : vous êtes-vous intéressée, Mme Sigaut, à l’Histoire de la Statistique ?

    Si tel n’a pas été le cas, je vous recommande vivement de vous y intéresser, car je crois qu’il y a beaucoup à apprendre en fouillant un peu dans les débats et lettres de ceux qui ont conçu ce langage : des probabilités pascaliennes, aux statistiques "biologiques" de Fisher (servant EN PRIORITE à appuyer ses idées eugénistes, très courantes dans les milieux scientifiques de l’époque) , en passant par notre cher Quesnay.

    (Il faut s’accrocher pour comprendre ces obscures conventions issues de longs et anciens débats, ainsi que toutes ces formules qu’économistes et biologistes apprennent bien souvent par cœur sans savoir d’où elles proviennent, mais ça vaut le coup. )

     

    • #496786

      Quittez vite votre faculté de médecine, vous êtes déjà allé trop loin sur le chemin de la conscience, ce serait dommage de perdre un talent en devenir qui ne manquera pas d’adhérer bientôt à la pensée de celui que vous ne comprenez pas encore !
      La statistique vous dites, penchez-vous sur l’étude démographique d’une certaine communauté depuis 1945, vos modèles risquent de présenter un vrai problème ! Dérivées et intégrales, de la vérité en barres ! Et cela marche aussi bien pour les immeubles qui s’effonfrent que pour les chapeaux de gendarme !


    • Merci de votre réponse.

      Je ne quitterai pas cette faculté, étant intéressé par les sciences comportementales (je n’ai pas envie de partir pour tomber dans la psychanalyse !)

      Quant aux statistiques d’une "certaine communauté", je me fie plutôt aux témoignages directs de personnes ayant connu la guerre... en Alsace-Lorraine, c’est-à-dire dans le Grand Reich, entre 40 et 45. D’ailleurs, je vais les décrire ici, afin que ces témoignages ne disparaissent pas :

      - Ma propre grand-mère (pourtant assez pro-allemande), aurait vu de ses propres yeux, avec sa soeur, des wagons à bestiaux remplis de personnes décharnées, alors qu’elles habitaient non loin d’un chemin de fer alsacien.
      - Ma grande-grande-cousine (?), adolescente à l’époque et peu intéressée par ces questions, avait un père (très pro-français) qui ne comprenait pas pourquoi tous les Juifs de son administration étaient encore là après la guerre "alors qu’il croyait que les Allemands les avaient tous tués" ( il n’était pas antisémite, et encore moins raciste puisqu’il accueillit un tirailleur africain toute la guerre, avec ses dix enfants à charge !)
      - Enfin, j’ai des amis Juifs dont les grands-oncles sont morts en camps (mais ils n’en parlent jamais, et cela ne leur servirait guère, puisqu’en Alsace-Moselle, presque tout le monde a perdu quelqu’un à cette époque (chez les Nazis, il semble bien que les "nobles peuples germaniques" ne devaient pas plus être protégés des balles russes, que les "races inférieures" de celles des Einsatzgruppen).

      Bref, je ne suis pas fixé sur cette question, et quoi qu’il en soit, ce n’est pas sur ce point en particulier que je m’éloigne des idées de M. Soral (dont je suis, tout de même, les vidéos et conférences)


    • *Ah, mon dernier message ne s’adressait pas à Mme Sigaut mais à Heureux qui comme Ulysse, bien entendu.


    • Merci de cette référence que je vais garder dans un coin de mémoire, car je ne vous cache pas que j’ai un million de livres à lire avant d’arriver à celui-là. De ce point de vue, les choses ne s’arrangent pas pour moi : j’en arrive à dresser la liste des livres que je n’aurai pas le temps de lire. Les temps sont durs ! ;-)


    • #497675

      @ Marion Sigaut

      Attention tout de même, pour une historienne, un million c’est déjà du négationnisme !


    • Piste intéressante effectivement, pouvez-vous nous en dire plus pour mettre la puce a l’oreille ?


  • [Suite]

    Et merci à vous, Mme Sigaut, pour ces conférences toujours instructives, très sourcées et agréables à écouter !


  • Très bonne conférence, comme toujours de Marion Sigaut, qui recoupe une des parties du livre de Werner Sombart ( notamment sur les pratiques commerciales...) . Livre à lire pour compléter le sujet.


  • Petain à été aimé car lors de la première guerre mondiale, il à été le premier général a economiser la vie des soldat. Tout simplement.
    Merci pour la conférence.


  • Excellente conférence.

    C’est drôle au Québec c’est très utilisé le terme "patente" on dit patente plutot que machin ou que quelque chose est "patenté" quand c’est bricollé comme vous dites.

    Ça fait toujours plaisirs d’apprendre l’origine de notre charabia local.

     

    • En gros, si "l’ami du peuple" et l"’ami du roi" c’était mis d’accord contre le libéralisme, nous aurions eu la droite des valeurs, et la gauche du travail, depuis 220 ans !!!

      Il a toujours existé un royalisme populaire loin de l’aristocratie.
      Les canuts lyonnais avaient le portrait du comte de Chambord dans leur atelier.
      Ce que je reproche à l’éducation nationale actuelle, en histoire c’est qu’on ne parle jamais des causes et des conséquences. On me parlait de la loi Le Chapelier sans parler des conséquences économiques et sociales, puis politique ! Cela change la vision de la révolution !

      Enfin, selon moi l’échec de la Réstauration est du au libéralisme et non à la réaction.


    • Oui mais tu sais les gens sont compartementalisés et les "complots" ou "plans" à long terme difficiles à entrevoir pour les simples pions que nous sommes. Aujourd’hui on a droit à la totale et la plupart des gens refusent de voir et traitent les gens de débiles, de paranos etc. Alors imagine au 18ème siècle...

      Et puis le systeme d’éducation c’est de l’élevage de mouton, ça ne doit te rendre qu’assez intelligent pour servire, ou pour savoir operer ta machine comme disait l’humoriste George Carlin.

      En tout cas ce n’est pas d’hier tout ça. Déjà au 16ème siècle Étienne de La Boétie avec son discours de la servitude volontaire demandait ;

      « Comment se fait-il que les hommes combattent pour leur servitude comme si il s’agissait de leur salut ? »


    • @Olivier
      Bingo !


  • Merci Marion, je trouve vos conférences fabuleuses et j’envoie toujours le lien aux gens autour de moi.

    Je n’ai pas du tout votre culture, et j’espère ne pas vous blesser, mais je voudrais faire une petite remarque : il me semble vous avoir entendu plusieurs fois citer l’expression "à tous crans", mais il s’agit en fait de "à tous crins" : fr.wiktionary.org/wiki/%C3%A0_tous_crins

    J’attends impatiemment vos prochaines conférences.

     

  • bonjour,

    je me suis documenté récemment sur Philippe Pétain et je ne suis pas d’accord avec l’analyse de Marion lors de la séance de questions/réponses vers la 23ieme minutes.

    J’ai lu les 2 Tomes (1100 pages) "Philippe Pétain" de son avocat Jacques Isorni. Le premier porte sur son enfance, ses amours, l’armée et Verdun. Le second sur Vichy, le procès et son incarcération.

    Ces 2 Tomes mettent en avant les biens faits de l’Armistice pour la France, le financement de la résistance et son soutient, la reconstruction de l’armée en douce pour reprendre la lutte, la "collaboration" plus exactement ’Zusammenarbeit’ qui veut dire ’travail en commun’ concernant uniquement l’économie et la défense de l’empire Africain, la protection des juifs de France, le sabotage de la flotte pour empêcher les Allemands de s’en emparer...

    "La faiblesse du Maréchal, son chemin de croix, tenait à l’impossibilité où il se trouvait d’expliquer et de s’expliquer, à l’obligation de ne montrer qu’une face des choses, d’entrer résolument dans l’équivoque pour assurer et assumer l’intérêt national."

    "Lorsque le condamnant dans l’obsession de son indiscipline, il (Charles de Gaulle) avouera à Pierre Bourdan : « le maréchal ne pouvait rien faire d’autre, mais il ne faut pas le dire », il signifiera par là que la dissimulation de ce qui fut la réalité importe d’abord à sa justification."

    "En face d’Hitler, et afin de repousser ses propositions de collaboration militaire, Pétain put faire valoir qu’il s’en était tenu à la convention d’armistice."

    "Quand à Pétain, il s’était interdit tout moyen de pouvoir se défendre plus tard contre ses accusateurs. Il fera disparaitre les documents authentiques émanant du gouvernement et du roi d’Angleterre remis à Jacques Chevalier […] Il était persuadé que si les Allemands en avaient connaissance, ils dénonceraient l’armistice et qu’ils déclencheraient les pires représailles et, pour garder le secret, il n’avait confiance qu’en lui-même."

    Les extraits sont disponibles ici dans la partie ’commentaire client’

    http://www.amazon.fr/Philippe-P%C3%...

     

    • je lis en ce moment "Pétain a sauvé la France" de Jacques Isorni.
      Je cite le paragraphe suivant concernant l’accusation :
      "A la suite des ordonnances prises à Alger et en métropole le 18 Novembre 1944 par le général de Gaulle, la France était devenue, à la libération, le pays de la répression politique. Plus de 130000 informations judiciaires furent ouvertes sans compter l’épuration administrative, artistique, syndicale, sans compter les procédures et les exécutions sommaires (100000 vraisemblablement). La plus importante de ces informations était dirigé contre le Maréchal Pétain, chef de l’Etat, de 1940 à 1944. Il avait été le chef et elle prenait le caractère d’un symbole.

      Le principe essentiel et non avoué de cette poursuite était la légitimation du général de Gaulle par la condamnation du Maréchal Pétain. Le général de Gaulle avait été lui-même condamné le 2 Aout 1940, en application des art. 75, 79, 83, 87 du code Pénal et 92, 192, 195, 198 du Code de Justice militaire de la 13ieme Région. Il est significatif de rappeler que ce tribunal était présidé par le général Frère, un des chefs de la Résistance qui, déporté à ce titre, est mort en déportation. Pour que le général de Gaulle ne fût pas coupable, il fallait que le pouvoir qui avait fait prononcer sa condamnation fût, en la personne de son chef, marqué de trahison et par conséquence d’illégitimité, ainsi que tous les actes accomplis par lui. Si Philippe Pétain était un traitre, Charles de Gaulle n’était plus officier rebelle."


  • Super une nouvelle conférence ! Je vais l’écouter en finissant de mettre ma bibliothèque en cartons....Et ce faisant je feuillette et lis quelques passages dont celui-ci trouvé dans le "Nouveau Manuel de LANGUE FRANÇAISE 2EME PARTIE " Cours supérieur edité par la librairie catholique VITTE 1925 : voltaire 1694-1778
    Je vous passe les paragraphe sur la bibliographie et les oeuvres et vais directement à Conclusions : 1) Comme écrivain Voltaire mérite d’être loué et étudié, 2)comme penseur son oeuvre est fausse, impie, superficielle 3) comme homme il est méprisable par son orgueil démesuré, sa basse servilité, son besoin inné du mensonge. S’il a eu quelques plaintes éloquentes sur le sort de l’humanité malheureuse, il a eu aussi des cris de haine contre tout ce que l’humanité a de plus respectable. Son grand crime est d’avoir maudit la foi et l’espérance Chrétienne. (Brunetière, Etudes critique et Petit de Julleville, Histoire de la littérature)


  • Madame Sigaut, est-ce encore temps pour vous poser une question ? je n’ai entendu la conférence que hier soir.
    Vous avez parlé des corporations, mais qu’en est-il des ordres, comme l’ordre des médecins, des avocats, des notaires, etc.... ? Existaient-ils déjà sous l’ancien régime ou se sont-ils constitués après la Révolution ? Ont-ils un lien avec les corporations ou sont-ils une descendance de celles-ci ? Je vous pose cette question, parce qu’il me semble que ces ordres s’accaparent de pas mal de privilèges et de pouvoir.

    Merci pour vos livres et toutes vos conférences qui nous aident à y voir plus clair sur notre passé, et par ricochet sur notre présent.

     

  • Je voudrais revenir sur un argument :
    "Seule une logique individualiste peut une société authentiquement altruiste".

    Ce à quoi Madame Sigaut répond en raillant :
    "En faisant chacun pour soi, c’est là que tout le monde va être généreux".

    Je pense plutôt que l’esprit développé dans la première phrase est que d’être ou ne pas être (tel est la question) altruiste doit être laisser au choix de l’individu. Si la volonté de partager émane uniquement de l’individu et non de la société dans laquelle il travaille, alors cette personne est réellement (authentiquement) altruiste.

    Forcer une personne à être altruiste par le biais de la corporation permet de douter de l’authenticité de son altruisme. La logique sous-jacente est, je pense, que la société doit évoluer par elle-même, tout en laissant le choix à chacun des individus, vers un altruisme émanant de chaque personne.

    Après, je ne dis pas que ce n’est pas un petit peu naïf (voir idiot) comme conception de la réalité mais idéologiquement ça se défend.


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