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Conseil de sécurité : comment les Russes ont « rééquilibré » la déclaration sur la Syrie

Il nous faut revenir sur le texte – une simple déclaration et non une résolution contraignante – votée hier à l’unanimité du Conseil de sécurité : contrairement à ce que laissait suggérer les grands titres de notre « grande presse » elle ne met pas la seule Syrie en accusation, puisque le représentant du Guatemala à l’ONU, président du Conseil de sécurité pour le mois d’octobre, a précisé que l’ « appel à la retenue » contenu dans la déclaration était « adressé aux deux pays » impliqués. sans doute une exigence de la Russie qu avait retardé la publication d’une première mouture trop exclusivement anti-syrienne du texte.

Et de fait, des diplomates occidentaux ont confié à l’AFP que, toute la journée de jeudi, la Russie s’est appliquée à « édulcorer » le texte en question, en réclamant cet appel (général) à la retenue.

De plus, Moscou a obtenu de ses partenaires occidentaux du Conseil de sécurité qu’ils votent, ce vendredi matin, une autre déclaration condamnant le triple attentat d’Alep de mercredi, visant des militaires et revendiqués par les groupes d’opposition. C’est la promesse des Occidentaux de voter cette condamnation de violences indiscutablement d’origine insurgée, sans doute la première aussi nette de leur part, qui aurait permis de débloquer la situation sur la déclaration de jeudi.

Bref, pour ceux qui en doutaient, la Russie fait « toujours la loi », ou la pluie et le beau temps syriens, au Conseil de sécurité de l’ONU.

Le Premier ministre irakien contre les Etats arabes pyromanes

Quittons l’ONU mais restons dans le registre diplomatique. Dans un entretien accordé au site d’information russe anglophone Russia Today, le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki (photo ci-dessus) pousse un coup de colère contre les Etats qui envoient des armes à l’insurrection syrienne et les avertit qu’ils jouent contre leurs propres intérêts, la violence sectaire religieuse ayant vocation à s’étendre dans tous les pays de la région : « Celui qui démarre un incendie sera à la fin dévoré par cet incendie » dit, en une métaphore bien dans le goût oriental, Nouri al-Maliqi.

Dans cet entretien, le chef du gouvernement irakien proclame son identité de vue avec la Russie sur le dossier syrien, notamment sur le fait que la solution ne peut être que politique et négociée, une conclusion à laquelle seraient aussi arrivés, selon lui, les Etats (non nommés, mais…) qui envoie des armes à la rébellion.

Sur le fond politique de l’affaire, Nouri al-Maliki se prononce sans trop de surprise pour l’établissement d’une démocratie complète en Syrie, et il sous entend que sa porte est ouverte à toutes les parties qui voudraient se rendre à Bagdad pour discuter.

Mais l’essentiel du message d’al-Maliki concerne de près les monarchies du Golfe. A une question sur les demandes d’intervention militaire, otanesque ou strictement arabe, formulées il y a peu encore par le Qatar et l’Arabie séoudite, le Premier ministre irakien répond que non seulement ces Etats contribueront à « détruire le peuple syrien », mais finiront par importer la destruction chez eux. Et si vraiment ces gouvernements recherchent la paix et la stabilité pour la région, ils feraient bien mieux d’ « arrêter de semer les graines de la discorde » en envoyant des armes aux insurgés.

Al-Maliki indique qu’il a déjà reçu à Bagdad plusieurs représentants de l’opposition, et qu’il a senti chez eux la prise de conscience de la menace que représentaient de ces « forces arabes » qui leur fournissent des armes. Et al-Maliki de dire que la « nation syrienne », toutes tendances confondues, est contre cette politique d’ingérence de ces pays arabes.

Le Premier ministre termine par une mise en garde aux dits Etats arabes sur les forces mauvaises qu’ils ont alimentées, au risque d’être à leur tour dévorées par elle. Puis il évoque les problèmes purement irakiens. Parmi ceux-ci le terrorisme, toujours aussi meurtrier, dix ans après la chute de Saddam Hussein, des groupes sunnites radicaux plus ou moins d’obédience al-Qaïda, terrorisme dont la communauté chiite, les chrétiens résiduels et toute l’administration du pays sont les cibles.

Nouri al-Maliki sait bien de quoi il parle, quand il dénonce, de manière aussi transparente, les pompiers pyromanes du Golfe.

 



Article ancien.
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2 Commentaires

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  • Les irakiens ne changent pas. Durant la guerre de 73, l’armée irakienne, voyant l’armée syrienne en difficulté, est entrée spontanément en guerre aux côtés des syriens et a défendu Damas, alors que l’Irak n’était pas directement concerné par cette guerre. La Syrie à titre de remerciement a envoyé son armée se battre contre l’Irak durant la guerre du golf aux côtés de la coalition (américano-sioniste). En 2003, la Syrie a voté pour la guerre en Irak, et l’Irak, fidèle à lui-même essaie en 2012 de sauver la Syrie. Gloire à ce peuple martyre que les américains ont essayé de détruire par tous les moyens.


  • Ils n’ont pas rééquilibré grand chose.

    Ils auraient pu s’opposer fermement.

    C’est une grande désillusion pour ceux qui croyaient que les Russes étaient réellement revenus !