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Dupond-Moretti chez Ruquier : "Thierry Lévy, immense avocat", et Antonin Lévy (BHL) "excellent"

Éric Dupond-Moretti était l’invité de Laurent Ruquier samedi 4 février 2017 dans ONPC. L’avocat, surnommé « l’Ogre du Nord », aime à se prendre pour la star du barreau et des plateaux. Il a récemment donné des gages de soumission à l’ordre dominant en s’en prenant à Soral et Dieudonné. Une sacrée preuve de courage et d’indépendance, lui qui admirait comme Philippe Bilger Maître Thierry Lévy.
Voici en vrac – parce que l’interview manquait de corps – ce qu’il y avait à retenir des 30 minutes de la plaidoirie télévisuelle de Dupond-Moretti.

« Advocatus ça veut dire celui qui prête sa voix à celui qui n’en a pas »

 

De nombreux people redoutent le tribunal du juge Ruquier et des ses deux assesseurs, Yann Moix et la ravissante Vanessa Burgraff. Heureusement, Dupond-Moretti n’a rien à craindre du plateau de ce samedi : Ruquier, gauchiste devenu multimillionaire par la grâce de jeux de mots indigestes, Moix, qui travaille désormais de concert avec l’UEJF, et Burgraff, qui joue les guêpes de service. Quand elle lui demande de justifier ses attaques contre le site Mediapart, Moretti répond :

« Ah la la, les lanceurs d’alerte, ça c’est le nouveau nom qu’on donne aux balances ! »

Et il enchaîne (à 21’34) :

« Heureusement qu’il y a eu des donneurs d’alerte, de tous temps... »

Et hop, un signal discret mais fort envoyé à la LICRA. Et un demi-point Godwin. Y a-t-il une émission de Ruquier sans rappel des heures sombres ?

Si Moretti n’a rien à craindre du tribunal, il n’a rien à craindre non plus du côté des témoins, c’est-à-dire les invités du soir, le très socialiste Pierre Arditi, qui a fait la campagne pour l’élection de François Hollande en 2011-2012 dans le show-biz, et le couple formé par l’actrice Émilie Dequenne et le réalisateur Lucas Belvaux, venus défendre le film anti-FN grossier Chez Nous, bref, un bon gros plateau de gauche culturelle bien dans la ligne dominante.

 

 

L’avocat « poids lourd » joue les intellectuels (il vient d’écrire un livre), mais pour qui a connu Jacques vergès, Moretti est encore loin du compte. 30 minutes lui sont consacrées sur une chaîne publique dans une émission de grande écoute et à l’arrivée, on apprend que « il vaut mieux avoir un bon avocat qu’un mauvais avocat ». Ah. Et que le fils BHL, Antonin Lévy, est un « excellent » avocat (on sent une hésitation ou une crainte, chez Moretti à ce moment-là, à 12’24), celui de François Fillon, en l’occurrence. Encore une grosse prise de risque de la part de la star du barreau.

Moretti « n’aime pas ce sentiment d’halali ». Une tournure syntaxique maladroite appliquée à Jérôme Cahuzac, l’escroc du PS qui a été condamné à de la prison ferme et qui fait appel de la décision. Surnommé « Acquittator » dans le milieu, Moretti se spécialise dans le client à grosse surface financière. On est pénaliste ou on ne l’est pas.

À propos du cas Lévy – Thierry et pas Antonin – soyons justes, Moretti n’est pas le seul à vanter les mérites de feu Thierry Lévy, l’homme qui défendait tranquillement la pédophilie sur le plateau de Taddéï. Posture d’un maître du droit ou conviction intime ? Voici l’épitaphe de Philippe Bilger :

Il était mon meilleur ami. De nombreux hommages lui sont rendus depuis hier, sa philosophie des droits de l’homme ou son rôle à l’Observatoire international des prisons ne nous réunissaient certes pas, mais il avait un infini respect pour la pensée de l’autre et un respect pour l’indépendance d’autrui. Autant qu’il était indépendant lui-même. [...]

On ne fait pas le tour de son immense personnalité en la réduisant à sa part judiciaire et à ses combats contre la prison et, plus généralement, à sa détestation de tout ce qui de près ou de loin apparaissait comme une répression.

Pendant qu’on est dans le sexuel, une petite intervention de Yann. « Mais si le crime est sexuel, la question de la morale se pose de facto », lance Moix. Tiens, a-t-il oublié sa défense de l’accusé (de viol) Roman Polanski, une défense tout en nuances ?

Heureusement, tout finira bien, en chansons et en images, avec « le prochain Lelouch », dans lequel Moretti tient un gros rôle, aux côtés de Gérard Darmon.

 

 

Pour répondre à Éric Dupond-Moretti,
voir chez Kontre Kulture :

 

Dupond-Moretti et Thierry Lévy, sur E&R :

 



Article ancien.
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