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En pleine bourrasque politico-sociale : La France largue les Wade

L’avocat français, Robert Bourgi, a administré, hier, un camouflet à Karim Wade et au porte-parole de son père à propos de l’information livrée par nos confrères français de L’Express.

M. Bourgi a effectivement confirmé que Wade fils l’a joint par téléphone, le 23 juin dernier, pour lui demander de plaider auprès de l’Elysée pour une intervention de l’Armée française, sur le sol sénégalais.

Le régime de Me Wade essuie encore un revers. Et cette fois-ci, c’est le célèbre avocat français et non moins « confident » de la famille du chef de l’Etat sénégalais, qui vient torpiller tout un plan de communication entretenu depuis le Palais. Lequel plan tentait tant bien que mal, de démentir nos confrères français du journal L’Express, relativement à l’information sur la demande adressée à Robert Bourgi par Karim Wade, de faire intervenir l’Armée française lors des émeutes du 23 juin dernier.

Alors que le porte-parole du chef de l’Etat montait, à son tour, sur ses grands chevaux hier, pour démentir cette affirmation du journal français, après les services de Karim Wade, M. Bourgi a tout bonnement mis fin à la farce. Sur les ondes de la Rfm, l’avocat au Barreau de Paris indique que le fils du chef de l’Etat l’a bien joint par téléphone ce jour-là et à 2 heures 40 mn - heure française -, pour lui demander de l’aide, mais qu’il a refusé.

Et l’argument qu’il dit avoir opposé à Karim Wade, c’est que ces émeutes sont une affaire interne du Sénégal et qu’il n’est pas question pour lui, de favoriser une quelconque intervention des militaires français sur le sol sénégalais. Des propos qui jurent d’avec ceux de Serigne Mbacké Ndiaye qui, jusqu’à hier matin, au palais de la République, continuait à démentir l’information, apparemment tirée de bonnes sources.

« Jamais, Karim Wade n’a fait appel à l’Armée française, je crois que cela est même une insulte pour notre Armée. Nous avons suffisamment de gendarmes, de militaires et de policiers, pour ne pas demander de l’aide à qui que ce soit », insiste le porte-parole de la Présidence devant la presse nationale et internationale.

Serigne Mbacké Ndiaye rectifiait bruyamment le journal français, tout en répétant pourtant, ne pas être le porte-parole de Wade-fils. Ce coup asséné à Karim Wade et au porte-parole de son père est assez illustratif de la paranoïa collective qui a fini d’envahir le Palais et l’immeuble Tamaro, qui abrite les ministères de Karim Wade.

Depuis la « situation quasi insurrectionnelle » qu’a connue le pays, le 23 juin dernier, pour reprendre les termes employés par Karim Wade s’adressant à son « tonton » Bourgi, ce sont des camouflets à tout rompre que subissent la famille Wade et ses paravents.

Il faut remarquer que les relations de proximité entre les Wade d’une part et Robert Bourgi et Claude Guéant se sont détériorées, après que le Président et son fils ont jeté leur dévolu sur Bernard-Henri Lévy qui s’est d’ailleurs signalé beaucoup plus dans le dossier libyen, pour avoir conduit la délégation du Conseil national de transition à Dakar et qui a été du voyage à Benghazi. Ce dernier devait être pour les Wade la porte d’entrée à l’Elysée.