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Fabien Clain, le formateur de djihadistes français, aurait été liquidé par un drone

« Non loin de Toulouse, ils constituent un noyau dur d’apprentis djihadistes à Artigat. Dans son livre écrit avec Pierre Puchot, Romain Caillet estime que les nouveaux convertis sont “attirés par le bagout” de Fabien Clain, même si, précise-t-il, il ne s’agit pas tout à fait d’un “théologien confirmé”. Un djihadiste qui l’a fréquenté le décrit ainsi dans l’ouvrage : “Omar [fabien Clain], tout le monde le présente comme un idéologue, mais en vérité, c’était juste un frère comme les autres, un peu plus éloquent que la moyenne.” Un autre le décrit comme “attachant”, il est même qualifié de “gentil, marrant, [...] un gros nounours”.

Le réseau d’Artigat, devenu le premier réseau à envoyer des djihadistes français en Irak en 2007, est démantelé par les autorités. Au moment du coup de filet, les frères Clain se trouvent cependant en Égypte et ils échappent donc aux autorités. Lorsqu’ils reviennent en France, un an plus tard, ils ont préparé leur défense et se sont rendus de leur propre chef à la sous-direction antiterroriste (SDAT). Fabien Clain assure qu’il suit les préceptes d’un prêcheur opposé aux idées meurtrières d’Al-Qaïda. Il s’en sort ainsi pendant un certain temps et conserve sa liberté malgré sa mise en examen, mais un juge d’instruction opiniâtre le fait incarcérer... avant que son avocat n’obtienne sa libération.

En 2009, il se présente libre au tribunal qui le condamne à cinq ans de prison. Il en ressort en janvier 2015 alors que les attentats de Paris font rage à Charlie Hebdo, Montrouge et à l’Hyper Casher. En mars de la même année, Fabien Clain part avec sa famille pour la Syrie pour rejoindre l’État islamique où il retrouvera ses compagnons de route toulousains. En novembre, il devient la voix française de Daech en revendiquant les attentats de Paris et Saint-Denis. La suite de l’histoire est pour l’instant inconnue, jusqu’aux plus récents développements. » (Source : RT)

Mort d’un recruteur-formateur d’État (islamique)

Que dire de ces djihadistes français, logés depuis belle-lurette par le renseignement intérieur, contactés par l’antiterrorisme, surveillés en permanence, écoutés, filmés, condamnés, emprisonnés, libérés, qui réussissent à quitter le pays, passer entre les mailles du filet, organiser (théoriquement) des attentats de Syrie ou d’Irak contre la France, et qui meurent un jour sous les bombes des drones...

 

Le schéma s’est répété souvent, les filières entières ont été utilisées puis démontées, dans une logique de nettoyage du terrain qui rappelle les opérations de terrorisme contrôlé. Le pack exécutants-commanditaires est éliminé, et la vérité avec. Les organisations terroristes disparaissent dans le désert, aucune structure politique ne les soutient, ne les renouvelle.

Les familles des victimes des attentats de France devront se contenter de ces explications, de ces coïncidences et de ces schémas reproductifs. Ceux qui voudront aller plus loin, réclamer vérité ou justice, se feront logiquement traiter de complotistes.

« Selon les explications de l’avocat de l’association française des victimes du terrorisme, Antoine Casubolo-Ferro, les frères Clain, et surtout Fabien, ont été les mentors de toute une génération de djihadistes :
“Fabien et Jean-Michel se retrouvent pratiquement dans tous les dossiers à semer la terreur, à inspirer. Fabien Clain a levé un bataillon entier de djihadistes, il a convaincu des gens de partir, c’est une force incroyable. C’était une armée à lui tout seul. Donc qu’il ait cessé de nuire est une bonne chose. Tous les gens qui sont partis, tous les gens qui ont nui, tous les gens qui ont tué sont des gens avec lesquels il a été en contact. C’est certainement le mentor des frères Kouachi, le mentor de Mohamed Merah... tous ces gens qui ont fait un mal terrible aux gens, à la France, à nos victimes. À la souche, à l’origine, il y a Fabien Clain.” » (RT)

Depuis 15 ans, tous les attentats sur le sol national ont été commis par des hybrides, mi-islamistes mi-délinquants. Formés en taule par des terroristes connus des services de renseignement, ils sortent, exécutent leur crime et sont liquidés. C’est ensuite au tour des formateurs d’être liquidés. Et tout ça sous les yeux de la justice, de la police et du renseignement français. Comme si tout allait de soi.

Naturellement, de la même façon que l’accusation d’antisémitisme a perdu toute valeur à force d’être utilisée à tort et à travers, le schéma du terroriste surgi de nulle part qui meurt sur le lieu de son crime et dont le commanditaire meurt quelque temps plus tard sous un tir de drone, loin de nos yeux, est de plus en plus difficile à avaler.

« Fabien Clain était connu de longue date des services français, mais il avait surtout accédé à la notoriété après avoir prêté sa voix pour la revendication de Daech après les attentats de Paris et Saint-Denis qui ont ensanglanté la France le 13 novembre 2015.
Magnanville, Villejuif, Toulouse, Bataclan, Hyper Casher... Le nom de Fabien Clain semble revenir dans de nombreuses affaires liées au terrorisme islamiste, un milieu dans lequel il était connu comme recruteur. Converti à l’islam en 2000, celui qui se faisait appeler « frère Omar » est une célèbre figure de la cellule d’Artigat, près de Toulouse, où le salafiste Olivier Corel était devenu le mentor de ce dernier ainsi que d’un autre djihadiste tristement célèbre : Mohamed Merah, responsable de la tuerie de Toulouse en 2012. »

Il n’y a pas un terroriste qui n’ait pas été en contact un jour ou l’autre avec un service de renseignement, soit par surveillance, soit par utilisation, soit par manipulation. C’est après leur crime qu’on apprend toujours qu’ils sont « connus » des services. Et dans ce cas, l’explication c’est « on ne peut pas surveiller tout le monde », ou « il ne montrait pas de signe de dangerosité immédiate ». C’est pour cette raison qu’on rapatrie 130 djihadistes – c’est la « préférence » de Belloubet, ministre de la justice – et qu’on libère 450 détenus radicalisés cette année.

Comprenne qui pourra.

 

« Selon une information de France info toujours en attente de confirmation de la part des autorités françaises, le terroriste islamiste Fabien Clain aurait été touché par une frappe aérienne en compagnie de son frère Jean-Michel le 20 février près de Baghouz en Syrie. Si Jean-Michel Clain est gravement blessé selon France info, son aîné âgé de 41 ans serait pour sa part décédé dans cette attaque réalisée par un drone de l’armée américaine après quatre jours de reconnaissance. Si l’information est confirmée par le ministère français des Armées, qui attend une confirmation par analyse d’ADN, il s’agirait de la fin d’une longue traque. »

 

Et le livre se referme, avec tous ses secrets. En septembre 2016, on savait déjà tout sur ce Toulousain qui passe les frontières tranquillement. Voici ce que nous écrivions le 16 septembre 2016 :

Fabien Clain, le chaînon manquant… entre renseignement et djihadistes ?

Il faudra expliquer aux 250 familles des victimes des attentats qui ont ensanglanté la France depuis la matinée du 7 janvier 2015, – « fusillade à Charlie hebdo, 12 morts » avait annoncé en premier Le Parisien dans un flash sur Internet – date d’un basculement national qui n’en finit pas, comment le recruteur Fabien Clain, dont l’adresse du « centre de radicalisation » (l’expression est de nous), en banlieue de Toulouse, était connue de tous les services de renseignement possibles, a-t-il pu travailler l’esprit de tant d’apprentis djihadistes, pour préparer leur voyage en Syrie ou en Irak, et lui-même disparaître, pour réapparaître sur Internet lors de la revendication des attentats susnommés.

Il faudra des arguments en acier trempé pour évacuer le doute, la gêne, et parfois la colère que suscite cet état de faits. Gilles Kepel a donné dans son livre Terreur dans l’Hexagone (2015) plusieurs informations sur les frères Clain, dont l’aîné a tenté de « prendre le contrôle de la mosquée de Bellefontaine, à Toulouse, principal lieu de culte fréquenté par les jeunes du Mirail » (la cité chaude de Toulouse). Fabien Clain qui sera soupçonné, donc, d’avoir lu le message audio du communiqué de Daech revendiquant les massacres de Paris et Saint-Denis.

On retrouve Fabien Clain au début des années 2000 avec son frère, ainsi qu’une cascade de radicalisés à l’Artigat, la ferme d’Olivier Corel, surnommé le cheikh blanc ou l’émir blanc. Certain parmi eux tomberont pour « association de malfaiteurs en vue d’une entreprise terroriste » sous Sarkozy (2007-2012), feront un peu de prison, et ressortiront… poursuivre leur djihad en Syrie. La filière d’Artigat alimentera les théâtres des guerres irakienne et syrienne, puis les tentatives terroristes sur le sol français. On apprend en passant que le « cheikh blanc », qui gère cet espace salafiste, où Fabien Clain est passé, est arrêté une première fois début 2007, mais que « rien de concret » n’est retenu contre lui… et il retourne se consacrer paisiblement à sa « ferme ». C’est en 2009 que des rumeurs d’attentat contre le Bataclan viendront des services égyptiens, à l’occasion d’un attentat contre des lycéens français en vacances au Caire (un mort et 24 blessés en février 2009), le nom de Clain y étant déjà associé. Il sera entendu comme témoin, mais, faute de preuves, l’information judiciaire à son encontre se terminera par un non-lieu. C’est pour l’acheminement vers l’Irak de plusieurs jeunes que Clain prendra 5 ans de prison, en juillet 2009. Malgré un dossier chargé, il sera libéré en août 2012. En 2014, selon Le Monde, il disparaît en Syrie, où il résiderait encore.

Nos lecteurs sont priés de croire l’histoire de ce recruteur-influenceur, dont le seul discours transforme un jeune des quartiers en tueur djihadiste. C’est la thèse du Monde et de Gilles Kepel, qui a lui aussi disparu des radars.

 

Un reportage de Complément d’enquête sur le formateur niçois au djihad Omar Diaby qui avait lui aussi – oups – échappé à la vigilance des services de renseignement. Mais ça ne fait pas douter l’animateur :

 

Clain, Kepel et les légendes du renseignement, sur E&R :

 



Article ancien.
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