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Fiches S, mandats d’arrêt : ces individus déjà repérés qui sont passés à l’acte

À quoi sert le renseignement ?

 

 

« Quelque chose est pourri dans mon royaume de France », chantait Jean Ferrat. C’est encore plus valable aujourd’hui avec la litanie de ces fichés S, suivis par le renseignement, qui ont tous manifesté l’envie de passer à l’acte, qui ont fait des « stages » sur les terrains de guerre, et qui sont revenus tranquillement pour tuer en France.

 

Devant une telle liste, on se frotte les yeux : à quoi sert le renseignement, s’il a toujours un train de retard ? C’est ce fatalisme qui nous vient d’en haut – « ben ouais quoi, on peut pas tous les arrêter, va falloir vous y faire et crever un par un » – qui sent l’ingénierie à plein nez.

Lâcher la surveillance des frères Kouachi alors qu’ils ont coché toutes les cases des mecs qui vont passer à l’acte, sous prétexte que rien ne montre qu’ils vont passer à l’acte, alors que justement quand tu vas passer à l’acte tu calmes le jeu, tu te planques, tu passes sous les radars, le calme avant la tempête quoi, c’est quasiment la moitié d’un crime.

« Les capacités de projection depuis le théâtre des opérations irako-syrien sont bien entendu entamées mais nous faisons structurellement face à une menace endogène. Cette dernière mettra très longtemps à disparaître car l’idéologie de Daech est bien ancrée. » (Jean-Charles Brisard dans La Croix)

Les familles et les proches de toutes les victimes des attentats depuis 2015 (et aussi 2011 avec l’agent manipulé Merah) doivent regarder cette liste avec des montées de colère. Il est inimaginable que nos services de « sécurité » aient laissé la bride à ces tueurs en puissance, probablement manipulés par des agents « antiterroristes », que ce soit par des services étrangers ou au cœur même de nos services.

« Il n’y a jamais de revendications opportunistes de la part de Daech. Les très rares erreurs ont été corrigées par l’organisation. C’est une question de crédibilité pour elle. Qu’elle revendique cette opération en parlant de “soldat de l’État islamique” signifie que ceux qui s’occupent de son agence de presse ont certainement eu connaissance d’une allégeance, d’un contact privilégié avec son auteur ou d’un signe adressé par celui-ci à l’organisation. Même si on n’en aura pas forcément de preuve écrite ou filmée. » (Brisard)

La même chose se répète, avec les mêmes acteurs : un fiché S qui ne semble pas dangereux alors qu’il a toutes les raisons objectives de passer à l’acte, avec des traces énormes de mammouth qui mènent au drame, un François Molins à qui personne ne ferait spontanément confiance qui vient nous sortir son discours automatique lénifiant, une revendication qui vient de « l’agence de presse » d’une entité soi-disant terroriste extrêmement nébuleuse mais toujours liée aux mêmes intérêts, il suffit de regarder à qui profite le crime, des « responsables » politiques qui nous disent plus jamais ça mais qui ne changent rien à ce schéma plus que douteux, voilà bien la France sous influence.

 

 

Influence de qui, de quoi, eh bien des ingénieurs d’une terreur diffuse qui calme le troupeau. Qui soumet le troupeau à une peur diffuse, celle de l’égorgement, où une bête est prélevée au hasard, de temps à autre, pour tenir les autres en respect, le troupeau ayant tendance à renâcler pour des raisons de laine volée, d’amaigrissement forcé...

Quand les bergers commencent à frapper leurs bêtes, c’est qu’ils sont devenus des loups. Alors où sont les vrais bergers ? Ce sont peut-être ceux que l’on désigne comme les loups...

« Le pire est devant nous. Les premiers combattants à l’étranger et condamnés en France en 2013 et 2014 commencent aujourd’hui à sortir de prison. En 2020, on estime que 64 % d’entre eux auront quitté l’univers carcéral, soit plusieurs centaines de personnes. Or une immense majorité d’entre eux reste déterminée à combattre notre pays. Leur profil est inquiétant car il s’agit de personnes aguerries au combat. S’ajoutent à cela, des milliers de djihadistes francophones qui n’ont été ni arrêtés ni tués en Irak ou en Syrie. Certains d’entre eux cherchent à porter le combat en France. Expérimentés, ils sont en mesure de coordonner des attaques d’envergure en France. » (Interview dans Le Figaro de Thibault de Montbrial, avocat au barreau de Paris et président du Centre de réflexion sur la sécurité intérieure)

 

 

- La Rédaction d’E&R -

 


 

Ils étaient connus de la justice, faisaient l’objet d’une fiche S ou d’un mandat d’arrêt international. Le Figaro fait le point sur ces individus qui étaient connus des services antiterroristes mais qui sont parvenus à déjouer leur vigilance.

 

Les mois passent et la liste des individus déjà repérés mais qui ont réussi à déjouer la vigilance des services antiterroristes s’allonge. Samedi 12 mai, un homme de nationalité française, né en Tchétchénie, fiché S, a agressé au couteau cinq passants peu avant 21 heures, dans le quartier parisien Opéra-Quatre Septembre. L’une des victimes, un passant de 29 ans, est décédé des suites de ses blessures. Le groupe État islamique, qui a frappé plusieurs fois la France depuis 2015, a rapidement revendiqué l’attaque dans la soirée.

Avant l’auteur de cet attentat, d’autres individus ayant commis des attentats ou projeté de le faire étaient aussi dans le collimateur des services de renseignements.

 

Mohamed Merah, l’assassin de Toulouse et Montauban

L’auteur des tueries de mars 2012 à Toulouse et Montauban était connu des services de police. Dès octobre 2006, ce petit délinquant faisait l’objet d’une fiche de « mise en attention » des ex-renseignements généraux. Ce qui ne l’a pas empêché de se rendre au Moyen-Orient et en Afghanistan à plusieurs reprises. Notamment en 2011, où il a passé deux semaines au Pakistan. Le 11 mars 2012, le jeune homme de 23 ans, qui s’était autoradicalisé selon le procureur de la République François Molins, tue un premier militaire puis deux autres le 15. Son équipée sanglante se termine le 19 mars dans une école juive toulousaine. Il y assassine un adulte et trois enfants.

 

Mehdi Nemmouche, le tueur présumé de Bruxelles

Soupçonné d’être l’auteur de l’attentat du Musée juif de Bruxelles, qui a fait quatre morts le 24 mai 2014, Mehdi Nemmouche avait été fiché par la direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI) à son retour en Europe en mars 2014. Avant cela, ce délinquant multirécidiviste – condamné à sept reprises entre 2004 et 2009 – avait séjourné un an en Syrie, où il aurait rejoint les rangs d’organisations terroristes djihadistes.

 

Les frères Kouachi

Magistrats, policiers, spécialistes du terrorisme... Ils étaient nombreux à connaître Chérif et Saïd Kouachi avant le massacre de Charlie Hebdo. Surtout, ces derniers étaient depuis longtemps dans les radars des services de renseignements. Dès 2005, Chérif Kouachi avait été arrêté alors qu’il s’apprêtait à rejoindre la Syrie via une filière de djihadistes. Il sera d’ailleurs condamné à trois ans de prison dont 18 mois avec sursis. Entre 2010 et 2013, ce qu’on appelait encore la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) avait aussi collecté de nombreuses données sur les deux terroristes en puissance. Les autorités américaines avaient d’ailleurs alerté la France sur la présence de l’aîné, Saïd, dans un camp d’entraînement d’al-Qaida au Yémen en 2011. Comme le relate Le Monde, des écoutes téléphoniques et une surveillance physique avaient été mises en place. Mais en 2014, le suivi des deux hommes s’était arrêté au motif qu’il n’avait pas permis de « détecter d’éléments relatifs à la préparation d’une action violente » ni « de matérialiser des éléments permettant l’ouverture d’une enquête judiciaire ». Le dossier avait alors été transmis à un échelon inférieur...

[...]

Karim Cheurfi, tueur de policier

Le 20 avril 2017, un homme abat un policier sur les Champs-Élysées à Paris. Karim Cheurfi, 39 ans, était visé depuis mars 2017 par une enquête antiterroriste, sans être fiché S, pour avoir manifesté son intention de tuer des policiers. Dans le cadre de cette enquête, il avait été arrêté le 23 février, avant d’être remis en liberté par la justice faute de preuves suffisantes. Il avait été condamné en 2005 à quinze ans de réclusion pour tentatives d’homicide volontaire sur un policier, un élève gardien de la paix, et sur le frère de celui-ci, dans la région parisienne.

 

Adam D., le deuxième assaillant des Champs-Élysées

L’homme qui a foncé en juin 2017 sur un fourgon de la gendarmerie près des Champs-Élysées était, était lui aussi connu des services de renseignements. Né en France, Adam D., 31 ans, était fiché S depuis septembre 2015, en raison de son appartenance à la « mouvance islamiste radicale ». Plus surprenant, l’assaillant qui transportait un important arsenal de guerre lors de son attaque bénéficiait d’un permis de détention d’armes et en avait plusieurs, dont trois carabines et deux fusils de chasse. Il était assigné à résidence dans le cadre de l’état d’urgence et s’était déjà rendu en Turquie à trois reprises entre mars et août 2016. Sa famille est connue pour faire partie de la mouvance « salafiste ».

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