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GLNF, les Maçons se mettent le compas dans l’oeil

La deuxième plus importante obédience de la franc-maçonnerie française est en crise. Même la tenue d’une simple assemblée générale a été sanctionnée par le tribunal. Respect…

Ce qui est bien, avec la Grande loge nationale française (GLNF), c’est qu’il s’y passe toujours quelque chose.

La deuxième plus importante obédience de la franc-maçonnerie française est en crise, depuis que d’irrévérents « frères » - comme s’appellent entre eux ses adhérents - ont publiquement reproché à son patron – le « Grand Maître » François Stifani – de la « diriger sans trop » respecter ses « règles », poussant même l’effronterie jusqu’à lui faire part de leur intention de « mettre un bémol, et si possible un terme » à ce qu’ils appellent ses « dérives » (voir Bakchich Hebdo n°34, 24 juillet 2010.)

À l’assemblée générale (AG) annuelle de la GLNF, le 25 mars dernier, ces impudents mutins ont même mis le grand maître en minorité : les comptes de l’année 2009 n’ont pas été approuvés, le budget n’a pas été voté.

Qu’à cela ne tienne : Stifani a aussitôt programmé pour le 16 octobre une nouvelle AG, « plurilocalisée » celle-là – comprendre qu’elle s’est tenue en plusieurs endroits différents-, où les votants lui ont, cette fois-ci, donné pleine satisfaction, approuvant sa gestion.

Problème : les frères dissidents, estimant que l’organisation de cette nouvelle assemblée contrevenait aux statuts de l’obédience (qui prévoient qu’une telle réunion doit se tenir en un lieu unique, à Paris), avaient, entretemps, saisi la justice profane – pour lui demander, notamment, de « prononcer la nullité de la convocation à l’assemblée générale ordinaire du 16 octobre 2010 ».

Et de fait : la semaine dernière - le 7 décembre -, le tribunal de grande instance (TGI) de Paris a jugé cette AG « doublement illicite », puisqu’elle s’est tenue « en plusieurs endroits différents, et en d’autres départements que celui du siège social de la GLNF ».

Dès le 8 décembre, François Stifani a adressé « à tous les Frères » de son obédience un mail où il écrivait notamment : « Dans le cadre du caractère exécutoire du jugement je proposerai le 10 décembre au Conseil d’administration, dans le strict respect de notre fonctionnement et des règles de la légalité, de m’autoriser à convoquer une Assemblée Générale en un lieu unique ».

Et de conclure : « Je vous engage dans cette période d’agitation à laisser les passions et les comportements profanes à la porte de notre Temple et à nous témoigner mutuellement écoute, respect et fraternité ».

Le grand maître, bon perdant, faisait donc officiellement preuve de bonne volonté, et d’un estimable souci d’apaisement.

Mais deux jours plus tard, le ton changeait : le 10 décembre, le Conseil d’administration de la GLNF, rectifiant le tir, a décidé, plutôt que de fixer une date pour une AG, d’« interjeter appel » du jugement du TGI de Paris, et de « solliciter la suspension de » son « exécution provisoire ».

Le « respect », d’accord : mais à condition de ne pas en abuser.