Egalité et Réconciliation
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Hallaj

par Louis Massignon

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59 Commentaires

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  • #164159
    Le 6 juin 2012 à 14:46 par Heb
    Hallaj

    Merci ER ! La suite svp !

     

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  • #164177
    Le 6 juin 2012 à 15:14 par petitjean
    Hallaj

    Je suis d’accord avec le message de hadji (6 juin à 12h23). On parle beaucoup chez E&R de
    réconciliation en mettant en avant les "valeurs" de nos religions respectives, mais ce qui doit nous raprocher avant tout c’est la spiritualité, la mystique de chacune de nos religions(je suis catholique).

    Nous ne devont pas seulement nous rassembler contre un ennemi(l’empire) mais d’abord pour une vision du monde. Notre point commun ne doit pas être en premier lieu la haine du sionisme et de l’empire, mais une vision du monde traditionnelle au sens de guénon qui nous fait donc rejeter le sionisme et l’empire.

    Donc comme dit hadji redécouvront nos penseurs/mystiques et vivont d’une véritable spiritualité dans chacune de nos religions en ne s’arrétant pas qu’aux "valeurs" de ces dernières, aussi bonnes soient-elles(les valeurs).

     

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    • #164341
      Le Juin 2012 à 19:43 par hadji
      Hallaj

      @Janus

      Bonjour,j’ai précisé que l’ouvrage ’le regard mutilé’ paru en 1989 constitue un apport fondamental à la problematique générée par la confrontation entre tradition et modernité,problematique qui constitue l’articulation fondamentale de notre époque troublée.Une des theses de cet ouvrage etant que l’islamisme contemporain ne doit pas se limiter à se definir comme symptome d’un repli sur le passé (les salafs ou glorieux ancètres) comme le voudraient les instances qui instrumentalisent les pseudo-djihads qui servent de cheval de troie aux bouleversements geopolitiques contemporains mais doit plutot se poser comme une contre-modernité qui se pose en modele alternatif à celui du capitalisme intégré.

      En ce qui concerne ses ouvrages récents j’ai en effet pu constater en parcourant son ouvrage d’entretien ’sous les ciels du monde’ le fait que meme si ses analyses sur la mystique islamo-persanne restent toujours aussi brillante (et importante car il ne faut pas oublier qu’il est l’eleve de Corbin et qu’il est exceptionnel pour nous Français que ce soit un de nos compatriotes qui ait pu exhumer pour en faire un objet universel les tresors de la poesie mystique et de la religion islamo-persanne,a ce sujet je conseille vivement l’ouvrage de Shayegan consacré a Corbin et sorti chez Albin Michel en 2011 qui constitue un opus magnum sur l’islam spirituel iranien) je ne peux que constater que sa pensée politique s’englue dans un conformisme tiède.Mais cela étant ses fulgurances sur la symbolique,la mystique et la philosophie des maitres iraniens en font un auteur incontournable.

      @petitjean

      Cette opposition entre essences et valeurs des religions révélés est tres explicite dans l’opposition entre batin et zayir de la mystique Perse.
      Le batin est l’envellope qui pour des raisons conjoncturelles,structurelles ou coutumières constitue l’ecorce necessaire qui protege le zayir,l’essence de la révélation qui commande le retour (la klesis chretienne,vocatus en latin qui est l’appel,la vocation) et qui est universelle.Et c’est cette essence universelle propre aux religions révélées (le Nom,l’Esprit,le Je Suis mosaique qui fait dire au Christ "Avant qu’Abraham fut Je suis" et qui a fait dire a Mansour Hallaj "ana el hak" je suis la vérité.

       
  • #164248
    Le 6 juin 2012 à 17:13 par Azzedine
    Hallaj

    J’ai écouté le dialogue de Jean Amrouche et Louis Massignon et j’ai été littéralement bercé par la fluidité de leurs paroles exprimées comme un duo chantant entre une langue Française parfaite...limpide et cristalline et des textes en langue Arabe de la mystique soufie d’une poésie divine...un parfait moment de bonheur et d’allégresse et puis...lorsque la vidéo s’arrête un sentiment pesant et morne s’impose à nous pour nous rappeler tous ce que nous avons perdu...avec comme lot de consolation un "vulgaire gadget" représenté par la triste réalité de notre époque d’un éclat terne et d’une médiocrité cinglante. En tout cas merci à E&R de nous rappeler l’importance et le degré de la pente à remonter, un défit à tous les Français de toutes confessions.

     

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  • #164329
    Le 6 juin 2012 à 19:27 par gamouss
    Hallaj

    Massignon a la même voix et la même façon de parler que Faurisson :)

     

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  • #164438
    Le 6 juin 2012 à 22:38 par Passager
    Hallaj

    Vous êtes dans la droite lignée des orientalistes qui adoptent et diffusent systématiquement les croyances hétérodoxe, notamment les sectes (au sens étymologique du terme) qui se réclament du tassawouf.
    Je vous demande, au nom de l’honnêteté qui vous conduit à ne pas accepter les mensonges de notre monde occidental moderne, de ne pas prendre ce qu’il vous plaît parmi tout ce qui porte le nom d’Islam, à tort ou à raison, mais de comprendre et accepter, si vous avez cette démarche de compréhension de l’Islam, les règles et lois qui régissent cette religion.
    Merci pour le reste,
    Amicalement.

     

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    • #164500
      Le Juin 2012 à 00:45 par glorflindel
      Hallaj

      C’est bien parce que vous n’avez rien compris à l’islam et aux religions en général que vous pouvez vous permettre d’écrire de telles inepties ...
      De plus c’est au sein de l’Islam que s’est développé avec le plus de brio la diffusion de la métaphysique (par rapport aux autres monothéismes abrahamiques)...En tant que musulmans vous devriez en être fiers et c’est un catho qui vous le dit.
      Hallaj est mort car il avait prononçè la phrase : "Je suis La Vérité" ce qui l’assimilait à Dieu en quelque sorte.
      Et effectivement, dans sa réalité intérieure, il avait réalisé l’union avec Dieu ...
      Un certain juif de Nazareth est mort des circonstances un peu semblables si je ne m’abuse et il est à noter que le "problème" de l’incarnation trouve une partie de sa solution dans l’étude du cas Hallaj et en général dans celui de la "réalisation métaphysique" bien que Jésus et Hallaj ne peuvent être comparés car la fonction de râsul du premier le place au dessus de Hallaj dans la hiérarchie "initiatique".

      Tout ceci doit être étudié avec sérieux et il faut en passer par une oeuvre indispensable, celle de René Guénon.

      D’ailleurs l’Emir Abd El-Kader avait un "avis" très subtil sur le cas Hallaj. Je vous le laisse découvrir dans "Le livre des Haltes" traduit par Penot.

      Bonne soirée à tous.

       
    • #164547
      Le Juin 2012 à 03:25 par Brz
      Hallaj

      @Passager

      Mais la ligne des anciens orientalistes est exactement la voie a suivre pour un français conscient de son identité (ce qu’il possède "en propre" en tant que français, en tant que chrétien, en tant qu’européen,...) et respectueux de celle des autres.
      Les anciens orientalistes étaient conscients que les passerelles entre les cultures sont des petits ponts fragiles, qu’il faut soi-même construire et qui sont toujours sur le point de s’écrouler.
      Les anciens orientalistes savaient qu’il ne serait jamais possible de bâtir un pont entre Rome et la Mecque parce qu’on ne peut pas être musulman orthodoxe et accepter l’idée que Jésus se soit sacrifié pour laver les péchés des autres, parce qu’on ne peut pas être catholique et pleinement comprendre la centralité de l’obéissance et de la désobéissance dans la foi musulmane orthodoxe.

      Il n’y a que les mystiques à la marge (comme Al-Hallaj, Al-Ma’arri,...) où l’on peut trouver du commun, de quoi se comprendre un peu.
      Louis Massignon est retourné à la foi chrétienne en lisant Al-Hallaj, Al-Hallaj n’était pas pour autant un chrétien déguisé, Louis Massignon a passé le reste de sa vie à interroger la distance entre chrétiens et musulmans à partir de ce point ambigu de jonction.
      Les orientalistes ont volontairement ignoré bien des auteurs majeurs musulmans pour leur préférer des marginaux comme Avicienne, Ibn Khaldoun et les autres parce que c’est ceux dont on pouvait s’enrichir, ceux dont on pouvait prendre quelque chose pour enrichir notre culture.

      On aura fait un sacré bond en avant lorsqu’on aura compris que nous, européens, n’avons rien à dire à des musulmans pour qui le Tawassouf est une hérésie, parce qu’ils sont des étrangers avec qui aucun dialogue n’est possible, des gens dont on ne peut que respecter la différence, de loin, on devrait accepter qu’il existe une barrière infranchissable entre nous et ces gens-là et que la seule inter-compréhension possible ne peut se faire qu’entre les minoritaires de chaque côtés qui sont capables de s’émouvoir devant le sacrifice d’Al-Hallaj, pour des raisons différents, certes, mais qui quelque part, se frôlent.

       
    • #164611
      Le Juin 2012 à 11:28 par Passager
      Hallaj

      Si vous avez compris ce qu’est l ’Islam, pourquoi êtes vous "catho" ?
      L’Islam ne s’apprend pas de l’extérieur, la transmission des lois de jurisprudence, du hadith, des règles de la langue arabe, du tajwid et tout les autres domaines ne se fait que par transmission orale avec une chaîne de transmission ininterrompue jusqu’aux compagnons, qui ont appris auprès du dernier et meilleur des Prophètes. Et la voie du tassawwouf n’est pas accessible en dehors de cela, en dehors de l’Islam. C’est la différence entre l’érudition et la véritable connaissance (cf. René Guénon).
      Comparer le Prophète ’Issa et Mansour al-Hallaj et en effet plus qu’abusif (et Il n’était pas juif, le juif est celui qui prétend suivre la Thora révèlée)

      D’ailleur, à propos de René Guénon, je ne sais pas qu’elle était la réalité de sa connaissance, mais ce qui est sur est qu’elle ne se transmet pas en dehors d’une transmission orale, encore une fois.

      " Celui qui n’a pas de Cheikh,le Shaytan est son Cheikh ! "

       
    • #165116
      Le Juin 2012 à 04:58 par MV
      Hallaj

      Celui qui n’a pas de maïtre, satan est son maître !

       
  • #164492
    Le 7 juin 2012 à 00:32 par platone
    Hallaj

    Qui aujourd’hui , parmi les "plumes de France" peut écrire comme Massignon parle.

     

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    • #164793
      Le Juin 2012 à 17:11 par hadji
      Hallaj

      @Passager

      " Celui qui n’a pas de Cheikh,le Shaytan est son Cheikh ! "

      Je voudrais préciser qu’il s’agit d’une vérité partielle ou plutot qui necessite un eclaircissement.

      Cette assertion souvent usité dans le tassawuf (soufisme) est parfois attribué a Ibn Arabi (impossible à vérifier tant son oeuvre est volumineuse).

      Cependant Ibn Arabi lui mème était un disciple de Khezr (khadir,le verdoyant (Massignon),le toujours-Vert,le vert étant la couleur liturgique en Islam).

      Khezr est le Sheikh de tous les sans-Sheikh parcequ’il montre à tous ceux dont il est le Maitre (archetypal) comment etre ce qu’il est lui-meme.Il n’est pas un maitre de chair mais ce que les modernes appellent un archetype,Aristote l’intelligence agente,les initiés l’Aimée et certains croyants l’Ange (Archange Djibril ou Gabriel)

      Dans la sourate XVIII (v59-81) il apparait comme le guide de Moise,il symbolise la science infuse supérieure à la Loi.Il est celui qui lui révèle la vérité intérieure (Haqiqa) de la Loi.Et le Ana Al Aq d’Allaj trouve un nouvel éclairage.
      En définitive le cas d’Ibn Arabi comme disciple de Khezr fait donc de lui un Owaysis.

      Ce terme d’Owaysis dérivent probablement du nom d’un ascète Yemenite,Oways Al Qarani qu’il connut sans l’avoir rencontré en chair et en os.Le prophète de son coté le connaissait aussi sans l’avoir jamais croisé.

      C’est à lui qu’il aurait fait allusion dans ce hadith :
      "Je sens le souffle du Miséricordieux venant de la direction du Yemen"

      Ainsi tous les soufis qui n’ont pas de Morshid (guide) en chair et en os revendiquent le nom d’Owaysis.

      @glorflindel

      De rien c’est un plaisir

       
    • #165009
      Le Juin 2012 à 22:41 par Demian
      Hallaj

      @Hadji

      Merci, merci infiniment, vos paroles sont incroyablement vivifiantes.

      @Passager
      Tâchez de percer l’écorce, l’amande n’en sera que plus savoureuse. Il demeurera toujours impossible de décrire le goût du miel à celui qui ne l’a jamais goûté.

       
  • #164522
    Le 7 juin 2012 à 01:47 par hmadoun
    Hallaj

    Il y a là une grave erreur de la part de Massignon lorsqu’il parle de mysticisme à propos de l’islam. Je citerai en guise de réponse René Guénon :
    « ...nous devons faire remarquer que, contrairement à une opinion trop répandue actuellement parmi les Occidentaux, l’ésotérisme islamique n’a rien de commun avec le « mysticisme » ; les raisons en sont faciles à comprendre par tout ce que nous avons exposé jusqu’ici. D’abord, le mysticisme semble bien être en réalité quelque chose de tout à fait spécial au Christianisme, et ce n’est que par des assimilations erronées qu’on peut prétendre en trouver ailleurs des équivalents plus ou moins exacts ; quelques ressemblances extérieures, dans l’emploi de certaines expressions, sont sans doute à l’origine de cette méprise, mais elles ne sauraient aucunement la justifier en présence de différences qui portent sur tout l’essentiel. Le mysticisme appartient tout entier, par définition même, au domaine religieux, donc relève purement et simplement de l’exotérisme ; et, en outre, le but vers lequel il tend est assurément loin d’être de l’ordre de la connaissance pure. »

     

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    • #164664
      Le Juin 2012 à 13:24 par Azzedine
      Hallaj

      Salam Hmadoun,
      Tu t’es donné beaucoup de mal à écrire tout ça, aussi, j’aimerai te répondre et te dire simplement que l’ésotérisme musulman, qui est l’étude très approfondit des textes du coran aux seuls initiés et que le mysticisme musulman qui est une foi absolue à travers la contemplation extatique de la « face » de Dieu, telle que le pratique la « Voie Soufie » n’est évidemment pas une voie exotérique mais bien une doctrine ésotérique, mystique et ascétique de l’Islam lorsque l’initié atteint un stade de réalisation suffisamment élevé, il accède a un savoir « Non Livresque » qui est de l’ordre de la connaissance pure pour aboutir à un état de « perplexité » incitant au dépassant du mental et de la raison permettant d’atteindre le « détachement ». Suite…

       
  • #164526
    Le 7 juin 2012 à 01:54 par hmadoun
    Hallaj

    Suite...
    « D’autre part, le mystique, ayant une attitude « passive » et se bornant par conséquent à recevoir ce qui vient à lui en quelque sorte spontanément et sans aucune initiative de sa part, ne saurait avoir de méthode ; il ne peut donc pas y avoir de tarîqah mystique, et une telle chose est même inconcevable, car elle est contradictoire au fond. De plus, le mystique, étant toujours un isolé, et cela par le fait même du caractère « passif » de sa « réalisation », n’a ni sheikh ou « maître spirituel » (ce qui, bien entendu, n’a absolument rien de commun avec un « directeur de conscience » au sens religieux), ni silsilah ou « chaîne » par laquelle lui serait transmise une « influence spirituelle » (nous employons cette expression pour rendre aussi exactement que possible la signification du mot arabe barakah), la seconde de ces deux choses étant d’ailleurs une conséquence immédiate de la première. »

     

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    • #164665
      Le Juin 2012 à 13:28 par Azzedine
      Hallaj

      Par ailleurs lorsqu’il est dit :

      « le mystique, ayant une attitude « passive » et se bornant par conséquent à recevoir ce qui vient à lui en quelque sorte spontanément et sans aucune initiative de sa part, ne saurait avoir de méthode ; il ne peut donc pas y avoir de tarîqah mystique, et une telle chose est même inconcevable, car elle est contradictoire au fond. De plus, le mystique, étant toujours un isolé, et cela par le fait même du caractère « passif » de sa « réalisation », n’a ni sheikh ou « maître spirituel »

      Je crois que René Guénon décrit un « Majdhûb » qui est un extatique que l’on ne considère pas comme un Maître car un Majdhûb est entièrement ravi à lui-même, car en effet un maître spirituel doit être ivre intérieurement, mais doit rester sobre extérieurement afin de pouvoir guider autrui. Suite

       
  • #164533
    Le 7 juin 2012 à 01:58 par hmadoun
    Hallaj

    Suite...
    « ...La transmission régulière de l’ « influence spirituelle » est ce qui caractérise essentiellement l’ « initiation », et même ce qui la constitue proprement, et c’est pourquoi nous avons employé ce mot plus haut pour traduire taçawwuf  ; l’ésotérisme islamique, comme du reste tout véritable ésotérisme, est « initiatique » et ne peut être autre chose ; et, sans même entrer dans la question de la différence des buts, différence qui résulte d’ailleurs de celle même des deux domaines auxquels ils se réfèrent, nous pouvons dire que la « voie mystique » et la « voie initiatique » sont radicalement incompatibles en raison de leurs caractères respectifs. Faut-il ajouter encore qu’il n’y a en arabe aucun mot par lequel on puisse traduire même approximativement celui de « mysticisme », tellement l’idée que celui-ci exprime représente quelque chose de complètement étranger à la tradition islamique ? »

     

    Répondre à ce message

    • #164579
      Le Juin 2012 à 09:29 par hadji
      Hallaj

      Juste une petite correction lorsque vous affirmez (avec Guenon car cela constitue un de ses chevaux de bataille dogmatique) qu’il n’existe aucun mot arabe pour traduire meme approximativement le terme ’mystique’,il suffit de se tourner vers l’Iran islamique,par exemple interroger l’oeuvre du Shaykh al-Ishraq (maitre en theosophie orientale) Shihaboddin Yahya Sohrawardi qui écrit dans le prologue de son Hikmat al-Ishraq en décrivant les degrés de la sagesse :

      "Il y a le theosophe (hakim ilahi) qui a pénétré trés avant dans l’experience mystique (ta’alloh),mais qui est dépourvu de connaissance philosophique (bath).

      Il y a le philosophe (hakim) parfaitement maitre de la speculation philosophique,mais dépouvu d’experience mystique.

      S’il se rencontre à une epoque donné un sage qui est à la fois profondemment pénétré en l’experience mystique (ta’alloh) et en la connaissance philosophique,c’est à lui que revient l’autorité terrestre (al-ri’asat),et c’est lui le khalife de Dieu"

       
    • #164588
      Le Juin 2012 à 09:58 par glorflindel
      Hallaj

      Salut,
      Tu remarqueras que mon post ne comporte pas le mot "mysticisme".
      Il est très important de faire la différence entre une réalisation métaphysique comme celle de Hallaj ou de Ramana Maharshi et des états mystiques à la Saint François d’Assise par exemple.
      Si puissant que l’amour de Dieu puisse être chez les "mystiques", cela n’a rien à voir avec "l’extinction de l’extinction" du Tasawwuf.

      A noter que pour les chrétiens, il faut aller chercher du côté des "Pères du Désert" et de l’Hésychasme pour voir apparaître clairement le concept de "réalisation".

       
    • #164602
      Le Juin 2012 à 11:05 par petitjean
      Hallaj

      @ glorflindel

      Vous pouvez trouver aussi dans le catholicisme ce qu’on entend par réalisation chez certains et certaines qui ne sont ni pères du désert, ni hésychaste (orthodoxe) et ce à différentes époques.
      Contrairement à ce que dit guénon que j’aime bien par ailleurs, il n’y a pas que du "mystique" (au sens de visions et stigmates) dans le catholicisme. Lisez par exemple le livre de jean borella : "ésotérisme guénonien et mystère chrétien" pour avoir une idée plus précise.

      Et pour citer un exemple qui me tiens à coeur où l’on retrouve la totale, c’est à dire non seulement des visions dés le plus jeune age mais aussi une authentique réalisation : la béguine hadewijch d’anvers.

       
    • #164607
      Le Juin 2012 à 11:12 par hadji
      Hallaj

      Etant moi meme de tradition chretienne orthodoxe, je peux confirmer l’attitude d’ouverture des hésychastes (une des conséquences de ce que vous nommez réalisation et qui resonne avec le dikhr musulman) notamment au 14e siècle lorsque la conquète ottomane amena les moines orthodoxes a frequenter les soufis musulmans.Ainsi Gregoire Palamas que l’on nommait "l’homme de tous les contacts" (voir Michel Balivet,"romanie byzantine et pays de rum turc,histoire d’un espace d’imbrication greco-turque).

       
    • #164667
      Le Juin 2012 à 13:32 par Azzedine
      Hallaj

      Je continue avec une anecdote concernant la rencontre du grand penseur mystique Muyyidin Ibn Arabi qui alors enfant fut envoyé vers le non moins grand Ibn Rushd (Averroès) le commentateur d’Aristote, car le père de Muyyindin ami de ce dernier lui avais demandé de tester son fils quand à l’origine de son savoir déjà brillant, sa culture lui venait elle de ses livres ? Ou bien s’agit-il d’une autre réalité ?

      Lorsque le vieux philosophe lui ouvrit la porte il le regarda et répondit simplement : Non

      Ibn Arabi Répondit Non ? Puis réalisa se qu’il voulait lui dire, le regarda et dit : Oui !
      Emu le philosophe lui demanda ce qu’il avait bien pu trouver par d’autres moyens que la recherche rationnel ?
      Et Ibn Arabi eut cette réponse : « La vérité se trouve entre le Non et le Oui et c’est entre le Non et le Oui que les têtes se détachent de leur corps, que les esprits s’échappent de la matière »
      Ibn Arabi voulait dire que cette connaissance intérieure existe, mais qu’elle ne peut être exprimée dans un langage ordinaire sans encourir un grand risque, celui d’être menacé par les foudres de l’inquisition.

      Je finis en disant que c’est précisément ce qui est arrivé à « Hallaj » ce qui lui était reproché ce n’est pas tant d’avoir dit « Ana al Haq » (je suis la vérité) mais condamner par ses Pairs précisément parce qu’il à divulgué des secrets non accessible à tous, réservé aux seuls initiés.
      Maâ Salama.

       
    • #164689
      Le Juin 2012 à 14:30 par glorflindel
      Hallaj

      @Hadj
      Merci pour cette précision historique qui m’était inconnue.

       
    • #164888
      Le Juin 2012 à 19:21 par hadji
      Hallaj

      @glorfindel

      Une petite précision car vous m’avez nommé Hadj alors que mon pseudonyme (et mon nom) est Hadji.
      Non pas que je désire pinailler mais le Hadj musulman est fondamentalement différent du Hadji grec (χατζή).
      Il s’agit en fait d’un titre ancestral rajouté au nom de famille des grecs d’asie-mineure (et de tous les chretiens orthodoxes) qui ont réalisé le baptème du pèlerin dans le jourdain.

       
    • #164954
      Le Juin 2012 à 21:22 par Ali de Montmartre
      Hallaj

      Le soufisme n’est en rien une mystique. Le mystique, voie passive, attends la grâce. Les rares mystiques chrétiens (Eckhart , Hidegarde, St jean de la Croix, ...) témoignent de leurs singularités même par l’absence de rattachement à une voie de réalisation régulière. Avant, disons la Renaissance ou la chute de Temple, il a existé une voie ésotérique chrétienne et qui a perduré secrètement. Cette voie de réalisation est équivalente au soufisme, voire au hassidisme des premiers temps. L’hésychasme est en effet très proche du soufisme par la prière du coeur et par la répétition. voir également le japa ou les mantras. Pour résumer, la voie vivante permet l’ouverture (réalisation/éveil) aux disciples qui la suivent. Voie destinée à une élite, même quand cette élite est un très grand nombre. Le mystique est dans une démarche solitaire d’attente. On se basera sur René Guénon, en occident, pour confirmer tout cela.
      Massignon a bien compris tout cela, et à défaut des autres orientalistes, n’est pas tombé dans l’erreur de la théorie des emprunts/influences pour enfin reconnaitre au soufisme une source exclusivement islamique.
      Il est vrai que les traductions et les interprétations sont fonctions de l’horizon mental ou de l’ouverture du coeur de celui qui traduit. Les erreurs sont nombreuses, sauf pour les pratiquants de ces domaines.
      Par ailleurs, nous avons souvent observer des personnes "vaguement" croyantes et non pratiquantes, qui, au voisinage de textes sacrés d’une autre tradition, sont retournées à leurs traditions de naissance avec plus de sincérité, de zèle, et de compréhension sur l’unicité principielle de toutes les croyances orthodoxes. Bien à vous.

       
    • #165014
      Le Juin 2012 à 22:45 par petitjean
      Hallaj

      Bonsoir Ali de montmartre, puis-je vous suggérez de lire l’ouvrage de jean borella : ésotérisme guénonien et mystère chrétien.
      Vous y verrez que le christianisme, (quand cette voie parle d’elle même, sans le prisme de guénon) n’a rien à voir avec ce que vous dîtes, et que les "mystiques" chrétiens(catholiques) ne sont pas si rare que ça et que ce n’est pas seulement de la passivité. Mais il est vrai que le terme "mystique" porte à confusion.

      Dans ce livre de borella vous y lirez aussi ce que dit le christianisme de lui-même par les textes en ce qui conçerne la voie chrétienne, alors certes ça ébranle la statue guénon sur ce qu’il a pu prétendre en ce qui concerne cette voie, mais nous sommes tous d’accord que l’honnêteté veut que l’on se renseigne correctement sur une voie qui n’est pas la sienne avant de porter un jugement même si c’est par le prisme de guénon, qui pour le coup s’est planté.

      bien à vous.

       
    • #165033
      Le Juin 2012 à 23:07 par glorflindel
      Hallaj

      @Azzedine
      Il me semble que vous vous trompez sur l’interprétation de la dernière réponse d’Ibn’Arabi à Averroes.
      Ibn’Arabi invite le philosophe à "sortir" son esprit de la dualité symbolisée ici par le Oui et le Non afin de réaliser l’Unité dont les 2 termes opposés ne sont que des manifestations illusoires.
      Je précise que j’emploie le mot Unité dans le sens de Non-Dualité de la tradition hindoue.

       
    • #165244
      Le Juin 2012 à 13:57 par Azzedine
      Hallaj

      @ Glorflindel
      Salut, lorsque je disais "Ibn Arabi voulait dire que cette connaissance intérieure existe, mais qu’elle ne peut être exprimée dans un langage ordinaire sans encourir un grand risque, celui d’être menacé par les foudres de l’inquisition."
      Il ne s’agit pas d’une erreur d’interprétation mais d’une absence de développement car j’étais déjà trop long, néanmoins ce que tu dis est parfaitement exacte, aller au delà du Oui et du Non c’est aller au-delà de la simple dualité. Autrement dit : cette connaissance existe mais, que sa réalité ne se trouve pas plus dans l’affirmation de la raison que dans une opposition à elle, la vérité se trouve entre le Oui et le Non c’est à dire dans le dépassement de la raison et dépasser cette dualité conduit l’esprit hors des limitations de la matière ce qui conduit à un voyage intérieur au-delà des limites de la conscience, hors les perceptions et les réalités de cette expérience ne peuvent être exprimées dans un langage ordinaire sous peine de se voir traité d’hérétique.

       
    • #165411
      Le Juin 2012 à 21:36 par Ali de Montmartre
      Hallaj

      @ petitjean
      Merci pour vos conseils de lecture même si j’ai qques réserves sur vos propos. Je lirai et on échangera.
      Permettez moi à mon tour de vous conseiller "l’Islam et le Graal", où il est question, plutôt réponse, des sujets que vous évoquez, et de votre pseudo également.
      Bien à vous

       
  • #165255
    Le 8 juin 2012 à 14:20 par OAL
    Hallaj

    Les dithyrambes à sens unique sur ce site, en fonction des videos, commencent sérieusement à être ennuyeuses. J’espère au moins qu’elles sont sincères.

    En ce qui me concerne juste 3 mots pour résumer ce que je viens d’entendre : prétention, préciosité et hermétisme. Et quant à considérer que la meilleure manière de servir Dieu est de se faire torturer à mort...

     

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