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Jacques Sapir – Gilets jaunes : les causes sont toujours présentes

Les Gilets jaunes fêteront leur premier anniversaire le dimanche 17 novembre 2019. Un an plus tard, les causes économiques et sociales du mouvement sont toujours présentes.

 

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16 Commentaires

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  • L’€-Mark pénalise tout ce qui n’est pas sur le modèle économique Allemand.
    La City l’avait bien compris en profitant du marché Européen, mais sans jamais sacrifier à sa souveraineté monétaire.
    La question est donc de comprendre pourquoi les élites Françaises ont accepté de se faire Hara-Kiri, puisque comme le rappelle Sapir, l’Allemagne est notre premier partenaire économique.

    La doxa médiatico-politique nous raconte que le couple Franco-Allemand, prélude à la double structure politico-bancaire et supranationale Bruxelles/BCE, c’était pour pérenniser la paix.
    Or si on analyse attentivement l’hégémonie Allemande via l’€-Mark, cela ressemble furieusement à l’hégémonie US sur le monde marchand via le $-roi.
    En somme, le tandem Bruxelles/BCE représente le tandem Washington/Fed de l’Europe occidentale et les état-nations ne sont que des Landers à administrer afin de faire fonctionner l’€-Mark.

    En d’autres termes, le territoire géographique Allemand est donc le premier Lander économique de la zone Euro, le leader et donc le modèle à suivre, comme l’est un peu l’état de Californie aux States.
    Par conséquent, il est donc aisé de comprendre et en réalité pour qui travaille Merkel.
    Il est également aisé de comprendre pourquoi elle ne veut pas quitter l’OTAN, ni n’a jamais imaginé jouer un rôle géostratégique sur un plan militaire.
    De même, il est aisé de comprendre qu’elle ne veuille pas d’une armée Européenne.
    Merkel, tout simplement, bosse pour les intérêts Atlanto-sionistes en Europe et son inside job est de faire prospérer l’Allemagne aux dépends de ses partenaires, de manière à ce que jamais l’Europe ne puisse supplanter l’impérialisme marchand.

    Les classes moyennes et populaires doivent se battre pour conserver leurs deux voitures par foyer salarié, car repoussées sur le péri urbain voire dans le rural pour cause de logements inatteignables financièrement en métropoles.

    D’autre part, il se peut que la densification de population soit dans les cartons et afin de tuer dans l’oeuf la contestation jaune initiale, celle de la taxe carbone.
    En gros, exproprier ceux qui sont trop éloignés des services publics ruraux et des pôles d’activité et les reloger à moins de 5 km des villages.
    Ainsi, le besoin de deux voitures sera neutralisé par la possibilité de prendre le car ou le train, une logique de décroissance qui est synonyme de renforcement de la vassalisation Européenne par les US.

     

    • @Sophie, en théorie, oui.
      Malheureusement, depuis la chute du mur, nous vivons l’illusion de la fin de la lutte des classes.
      La critique sociétale a remplacé la critique sociale, tout simplement parce que la société du spectacle a imposé une (nouvelle) dialectique aliénante taillée pour habiller le productivisme exponentiel responsable du néo-esclavagisme qu’est la mondialisation salariale.

      Pour faire (très) vite, le Marxisme, au départ garde fou du capitalisme, en définitive, était devenu l’opposition contrôlée du néo-libéralisme, d’ailleurs ce dernier a gagné.

      Le paradigme a changé, la lutte sociétale sert à remplir le vide augmenté du sujet marchand apparu avec le Capitalisme.

      La critique des déterminants de division du progressisme sociétal (Antisémitisme, Islamisme, LGBTisme, Human rights, RCA etc...), c’est l’opposition contrôlée post Marxisme du néo-libéralisme.

      Nous sommes dans un renversement complet de la réalité, le Marxisme, dans sa critique honnête du Capitalisme, a laissé sa place à la critique du progressisme sociétal sponsorisé par les mondialistes.

      Ce tour de prestidigitation a pour but de donner l’illusion qu’Il n’existe plus de conscience de classe.


    • Message 1/3

      Pourquoi le gouvernement n’a pas apporté une réponse globale au mouvement des Gilets Jaunes ? se demande J. Sapir... "Et bien, la réponse est assez simple, formule l’enchanteur, c’est la compétitivité !". On voit bien dans quels carcans intellectuels M. Sapir se débat. Son analyse est bien légère, voire même contre productive.

      Le diagramme présentant la répartition (de qui ? des GJ ?) des habitants pauvres exclus des métropoles se retrouvent à 30% dans des communes rurales, 30% dans des communes urbaines moyennes (sic !)... Là, c’est vraiment du foutage de gueule. Sapir ferait mieux de se taire au lieu de raconter n’importe quoi.

      La méthodologie employée par les chercheurs en sciences sociales et par l’INSEE pour étudier les populations communales est fondée sur les statistiques de recensement de l’INSEE. Dans ces données de recensement, figurent entre autres les adresses de domicile et du lieu de travail de chaque membre du ménage. Selon les années de recensement, il y a aussi des données sur le taux de motorisation des ménages. Ces données donnent une représentation bien plus vraisemblable de la population des Gilets Jaunes. Des ménages périurbains, néo-urbains, souvent jeunes en primo installation, avec des enfants en bas âge. Il y a à peu près toutes les classes sociales, et ne parlons pas des sensibilités politiques. C’est pour cela qu’aucune récupération n’a encore été possible. Les Gilets Jaunes doivent savoir qu’ils sont bien la sentinelle du peuple de France.
      Le concept de France périphérique de Guili, repris par Sapir et Todd, comme tout le PAF est une escroquerie intellectuelle qui fait beaucoup de mal au mouvement social. J’invite d’ailleurs Alain Soral à ne pas tomber dans ce piège.
      Vu par l’angle des mobilités quotidiennes, la crise des GJ prend tout son sens et donne aux municipales de 2020 une importance inédite. Petit rappel pour ceux qui l’ignorent… En 1982, la Loi d’Orientation pour le Transport Intérieur (LOTI) est une loi majeure de la décentralisation voulue par Mitterrand. La Loti définit le concept du droit au transport pour chaque citoyen et donc les contours d’une politique publique de transport. Les Autorités Organisatrices de Transport (AOT) : Etat, région, département, métropole et Communauté d’Agglomération (CDA> 60 000habts) sont en charge de sa mise en œuvre sur tout le territoire national.


    • Message 2/3

      Cette loi concoure à l’aménagement du territoire par l’investissement dans les grandes infrastructures de transport et par la répartition et l’administration de nouvelles compétences attribuées aux collectivités territoriales. "Il faut adapter la ville à l’automobile", disait Pompidou… Certes, on a vu les grandes métropoles et des CDA se lancer dans de vastes projets d’urbanisme et d’offres de transport : des bus vides, des vélib, des trottinettes électriques, uber … L’offre publique de transport, qui procède généralement par délégation de services publics, est surtout dense dans la ville centre et dans sa première couronne périphérique, mais elle décline plus on s’enfonce loin dans le périurbain. La logique de profit prime toujours.
      La CDA offre donc des services de transports sur l’ensemble des communes de son territoire. Les ménages périurbains des communes situées en dehors du périmètre de transport de la CDA doivent se débrouiller pour assurer leurs besoins de transport. 91% des ménages périurbains ont au moins un véhicule et 98% de ces ménages motorisés ont au minimum deux véhicules (données INSEE 2008). On comprend mieux pourquoi la taxe carbone a été la petite goutte qui a fait exploser la France périurbaine. Depuis 1982, l’Etat a laissé ces territoires périurbains à l’abandon et n’a rien fait pour rééquilibrer l’injustice sociale en matière de droit au transport, comme la LOTI l’obligeait normalement…
      On parle d’aire urbaine pour définir le rayonnement d’un pôle urbain en termes d’attractivité de travailleurs pendulaires et elle représente l’ensemble des communes dont au moins 40% de la population active travaillent dans le pôle urbain de référence. Ces données permettent de dresser des cartes qui expliquent correctement d’où vient le mouvement des Gilets Jaunes. Il y a quantité d’ouvrages scientifiques sur les mobilités urbaines, mais aussi sur l’enjeu des territoires périurbains. La situation explosive générée par le mitage et l’éclatement des territoires (ville centre, Zones commerciales, artisanale, lotissements, pôle administratifs, universitaires, etc.) est surveillée depuis longtemps. Qui dans les agences d’urbanisme des grandes métropoles ou des CDA pourra dire qu’il n’a pas vu venir les GJ ? Personne.


    • Message 3/3

      Les aménagements sur voieries déjà réalisés tels les parkings relais aux abords des PU, les aires de covoiturage signalent la préoccupation croissante des gestionnaires locaux à l’égard des flux pendulaires qui sillonnent quotidiennement leur agglomération… La vulnérabilité économique des ménages périurbains ainsi que leur haut degré de dépendance à l’automobile laissaient présager depuis longtemps la crise des GJ. Dire que l’exécutif a sciemment provoqué l’effondrement économique de ces ménages avec la taxe carbone, il n’y a qu’un pas à franchir.
      L’enjeu des municipales est fondamental. Dans les prochaines années, nous assisterons au déclin du rôle de l’Etat au profit de l’UE et le renforcement des compétences des régions, des métropoles et des CDA. Depuis la réforme des territoires initiée par hollande, chaque commune française est désormais rattachée à une CDA ou une communauté de communes. Avec la Loi d’Orientation des Mobilités qui est encore discutée quasi secrètement dans les chambres parlementaires, un nouveau paysage institutionnel émerge. Avec la LOM nous entrons dans l’ère de la Smarth-city et de la voiture autonome, la mise au pas et l’uniformisation des territoires par la mobilité. Cette LOM est une transcription de la directive européenne pour les transports. Elle donne toute liberté à la CDA de définir et de mettre en œuvre la politique de transport, notamment vers les communes périurbaines. Ce n’est donc pas tant les municipales qui comptent, mais bien l’élection de la présidence de ces CDA. Remarquez que nous allons voter pour un maire, mais pas pour le président de la CDA, ni pour sa politique de « mobilité ». C’est pourtant ce dernier qui prendra des décisions qui s’imposeront à l’ensemble des habitants des communes de la CDA… Et on parle encore de démocratie ! Il y a beaucoup, beaucoup à dire sur ce sujet. Nous devons être vigilant, car la mobilité et les transports sont le cheval de Troie du capitalisme.
      Vu par l’angle des mobilités quotidiennes, la crise des GJ était prévisible car les ressorts de ces mobilités sont étudiés sous toutes les coutures depuis des décennies. Macron a feint de découvrir la réalité de sa « France périphérique » lors de son grand débat, mais croyez-vous que cette imposture est moralement tenable ? Informez-vous sur les assises nationales de la mobilité qui se sont déroulées à l’automne 2017...


    • @Rogiero_In, Guilluy est géographe et non pas sociologue, tout comme Todd est plutôt un démographe et un historien.

      Guilluy décrit l’exode forcé des souchiens de la classe moyenne vers le rural, le périurbain hors banlieues subventionnées et bien sûr des métropoles, pour des cause multifactorielles (dont l’insoumission au crédit obligatoire à l’acquisition d’une résidence principale au prix croissant et indexé par l’investissement spéculatif).
      Cet exode entraine le phénomène de gentrification des hyper centres (Riches allogènes francisés, bobos, élites), ceux qui ont voté Macron, à contrario de cette France périphérique qui a fait scission avec la centralisation décisionnaire des métropoles.

      Je pense, à contrario de vous, que c’est une photo assez juste de ce qui est en train de se passer et Todd la complète de manière remarquable par la fracture existant entre les gagnants de la mondialisation et les perdants de l’universalisme post national, ce dernier serait en quelque sorte un fascisme 2.0 qui ne dit pas son nom.

      Donc scission territoriale, politique voire même culturelle, un triptyque potentiellement capable de générer des contre-sociétés quasi autarciques, la hantise du pouvoir jacobin, ces populations ne votant pas ou plus et quand elles votent, c’est blanc ou populiste.
      La réponse à cette problématique, que le pouvoir ne peut plus ignorer, est donc la densification urbaine dite de populations, déjà en place aux pays-bas par exemple, qui est également un exode forcé, mais dans le mouvement pendulaire inverse, puisque l’objectif est de diminuer le cout du maintien des services publics ruraux et donc de concentrer les populations au plus près des métropoles, avec des conséquences que l’on devine aisément.

      L’INSEE ? Pour 48% de la population, ce sont les impôts (Bercy) qui permettent à l’Etat de faire le lien entre capacité d’endettement - caractéristique de classe- et lieu de résidence, le reste leur échappe et ce n’est pas l’INSEE qui peut y remédier, avez-vous déjà été sondé par ce dernier ?
      Beaucoup ne le sont pas de toute leur vie.

      Pour le reste, je suis d’accord avec vous et notamment sur le CDA en tant qu’horizon indépassable des mobilités quotidiennes, tout ce qui en est à l’extérieur, a un besoin fort de motorisation et ce n’est pas le covoiturage qui va y remédier totalement.
      Au fait, ce n’est pas l’INSEE qui permet de connaitre le taux de motorisation par ménage, ce sont les cartes grises (préfectures).


    • @Goyband - Message 1/4
      (désolé c’est un peu long)

      « ces populations ne votant pas ou plus et quand elles votent, c’est blanc ou populiste. »
      C’est précisément sur cette conclusion que je m’oppose farouchement à Guili. Concernant le diagnostique social et territorial de la France, il y a un large consensus et je souscris à un certain nombre d’observations de Guili. Le prix du foncier relativement aux revenus des ménages explique pour beaucoup le clivage entre les habitants des centres urbains et « la périphérie ».

      Comment analyser cette périphérie ? Il n’est pas raisonnable de soutenir que celle-ci forme un tout homogène qui « vote populiste ». Selon la méthodologie que je vous ai brièvement décrite, nous pouvons observer que la population française se répartie sur le territoire autour des pôles urbains selon une succession de couronnes périphériques plus ou moins homogènes socialement et qui traduisent chronologiquement les effets de la périurbanisation. Ces ménages périurbains « éloignés » sont des néo-urbains, actifs pendulaires, modestes, avec enfants, se déplaçant quasi exclusivement en voiture. Ils forment à mon sens l’essentiel des GJ.
      Les communes rurales se situent hors des zones d’attraction ou d’influence des pôles urbains. Elles n’ont que peu d’actifs sur leur territoire communal, lesquels généralement ne parcourent pas de longs trajets pour se rendre quotidiennement sur leur lieu de travail. C’est à partir de ces données que nous pouvons commencer à raisonner.
      La France périphérique de Guili regroupe tous les territoires situés à l’extérieur des métropoles et des grands pôles urbains. Les GJ qui ont occupé les ronds-points ont très vite été assimilés aux populistes de la France périphérique, alors qu’aucune donnée sérieuse ne permet d’arriver à ces conclusions. Prétendre que la France des GJ est la France périphérique qui vote aux extrêmes est une escroquerie intellectuelle. Je dis NON. L’analyse de cette « France périphérique » est bien plus complexe que les schémas de Guili.

      Prenez une commune de 2 000 habitants comprise dans une aire urbaine et située à moins de 10 km du pôle urbain. Au moins 40% des actifs travaillent au PU et on y retrouve à peu près toutes les CSP (cadres, employés – ouvriers, patrons). Qui parmi les actifs de cette commune sont selon vous des GJ ? Et parmi ces GJ, combien votent populiste ? Reprenez votre raisonnement en faisant l’hypothèse que cette commune est située à plus de 25 km du PU…


    • Message 2/4

      On trouvera certainement plus de GJ dans le 2ème cas, mais y-a-t-il pour autant un lien évident entre domicile et orientation politique des actifs ?

      Prenez une commune rurale de 100 habitants. Admettons qu’un seul de ses habitants travaille à l’extérieur du territoire communal, à 50km ou plus de son domicile et admettons qu’il soit GJ. Il est cependant impossible de savoir quel est le vote de ce GJ aux dernières élections, peut-être est-il le seul GJ de son village. Mais puisqu’il habite dans une commune rurale qui a voté aux extrêmes, le journaliste inférera la couleur politique de ce GJ à partir des concepts de la France périphérique.

      C’est cette manipulation de l’opinion qui est scandaleuse et que je combats. Elle ouvre la voie à toute sorte de manipulation et de récupération politique. C’est pour cette raison que Guili a occupé tous les plateaux TV et radios dans les premiers temps de la crise. Il fallait inoculer le poison du vote populiste, faire des GJ le repoussoir de la bien-pensance du PAF. Cette manipulation a très habilement détourné la colère sociale vers de fausses revendications comme le RIC, et retardé d’un an le temps d’une nécessaire réflexion collective.

      Vous dites que la réponse logique du système est la densification, comme en Hollande. Sachez tout d’abord que cette densification a déjà commencé, il y a plus de 10 ans en France. Vous trouverez dans les Schémas de Cohérence Territoriale (SCOT) et autres Plan Locaux d’Urbanisme Intercommunaux (PLUI) l’engagement des politiques locaux en faveur de la densification urbaine écrit noir sur blanc. Ces documents de planification urbaine et de concertation publique sont normalement accessibles dans les services urbanismes de votre métropole ou de votre CDA.
      La réponse à cette problématique sera de toute façon formulée à l’échelle locale des CDA et métropoles, sous le patronage des régions. Macron, cet exécuteur testamentaire de l’Etat providence est installé là pour faire de la France une start-up nation vassale de l’UE. Il en posera les fondations avec la Loi d’Orientation des Mobilités (LOM).

      En conjecturant sur les élections municipales, les principaux partis investiront discrètement mais surement le champ des préoccupations sociales portées par les GJ. La gauche, fidèle à ses principes égalitaristes prônera pour les plus progressistes (merluch) le transport public gratuit en ville et surtout dans les cités, sinon la réouverture des gares périurbaines...


    • Message 2/4

      On trouvera certainement plus de GJ dans le 2ème cas, mais y-a-t-il pour autant un lien évident entre domicile et orientation politique des actifs ?

      Prenez une commune rurale de 100 habitants. Admettons qu’un seul de ses habitants travaille à l’extérieur du territoire communal, à 50km ou plus de son domicile et admettons qu’il soit GJ. Il est cependant impossible de savoir quel est le vote de ce GJ aux dernières élections, peut-être est-il le seul GJ de son village. Mais puisqu’il habite dans une commune rurale qui a voté aux extrêmes, le journaliste inférera la couleur politique de ce GJ à partir des concepts de la France périphérique.
      C’est cette manipulation de l’opinion qui est scandaleuse et que je combats. Elle ouvre la voie à toute sorte de manipulation et de récupération politique. C’est pour cette raison que Guili a occupé tous les plateaux TV et radios dans les premiers temps de la crise. Il fallait inoculer le poison du populisme, faire des GJ le repoussoir de la bien-pensance du PAF. Cette manipulation a très habilement détourné la colère sociale vers de fausses revendications comme le RIC, et retardé d’un an le temps d’une nécessaire réflexion collective.

      Vous dites que la réponse logique du système est la densification, comme en Hollande. Sachez tout d’abord que cette densification a déjà commencé, il y a plus de 10 ans en France. Vous trouverez dans les Schémas de Cohérence Territoriale (SCOT) et autres Plan Locaux d’Urbanisme Intercommunaux (PLUI) l’engagement des politiques locaux en faveur de la densification urbaine écrit noir sur blanc. Ces documents de planification urbaine et de concertation publique sont normalement accessibles dans les services urbanismes de votre métropole ou de votre CDA.
      La réponse sera de toute façon formulée à l’échelle locale des CDA et métropoles, sous le patronage des régions. Macron, cet exécuteur testamentaire de l’Etat providence est installé là pour faire de la France une start-up nation vassale de l’UE. Il en posera les fondations avec la Loi d’Orientation des Mobilités (LOM).

      En conjecturant sur ce qui se passera aux élections municipales, vous aurez les principaux partis qui investiront discrètement le champ des préoccupations sociales portées par les GJ. La gauche, fidèle à ses principes égalitaristes prônera pour les plus progressistes (merluch) le transport public gratuit en ville et surtout dans les cités, sinon la réouverture des gares périurbaines...


    • Message 3/4

      En fait, ça fait dix ans que les régions avancent les travaux d’aménagement de gares TER, avec ces « dessertes cadencées ». Les verts plaideront en faveur des modes doux, la France en vélib et la voiture électrique (sic !). La droite relancera des projets urbains pharaoniques, pour densifier, comme à Marseille avec la tour Jean Nouvel. Pour la macronie, ce sera la smarth city et la « mobility 2.0 », l’information voyageur, l’interopérabilité, la billettique, les flottes de Véhicules en Libre Service (électrique, au biogaz, à air comprimé, à l’hydrogène, etc.), les navettages avec des véhicules « intelligents » et une foule d’expériences de startupers des mobilités hyper technologiques. En fait, une foire au business.

      Au final, sur la question essentielle des mobilités quotidiennes et de l’aménagement du territoire, les partis politiques vont se répartir le boulot et les grands axes de développement de la mobilité de demain. En revanche, ce dont on ne parlera peut-être pas, c’est qu’avec cette LOM les édiles vont être encouragés à privatiser intégralement nos mobilités quotidiennes. Big Brother...
      L’objectif des mondialistes n’est pas seulement de densifier l’urbain déjà existent, l’objectif principal est de déposséder le consommateur de ses moyens particuliers de transport. De telle sorte que nous ne puissions nous déplacer QUE si nous avons une carte bancaire. L’enjeu est la mise sous contrôle total de l’espace physique par la mobilité, elle-même déterminée par un rapport marchand exclusif (voir la vidéo, notamment à partir de 1:30).

      Demain, nos enfants des périphéries loueront un « smart car » pour satisfaire leur besoin de déplacement jusqu’au pole multimodal de la gare du gros bourg et continueront en TER, puis en trottinettes jusqu’au travail à la métropole. Au besoin ils devront se coordonner avec d’autres passagers pour partager le véhicule, i.e. faire du covoiturage. Des services de navettage assureront la connexion des micros localités et rabattront les flux pendulaires vers la ligne TER qui sera conçue comme une offre de transport structurant le territoire.

      Voilà où nous en sommes et là où ils veulent nous conduire. Macron n’a pas été « élu » pour autre chose que ce prooojeeet ! Mais… Si nous nous y mettons tous, son projet finira aux oubliettes de l’Histoire de notre beau pays, la France.


    • Message 4/4

      Quelques précisions sur vos dernières remarques :
      L’INSEE n’a pas vocation à participer à la redistribution des revenus, mais à éclairer les choix des décideurs. L’INSEE collecte des données statistiques, issues d’enquêtes et d’études spécifiques (comme les études déplacement), ainsi que des recensements de population. Le libre accès à ces données pose réellement question. Je vous invite d’ailleurs, ainsi que les lecteurs de ce commentaire, à contacter les services transport de votre CDA/métropole et de leur demander l’accès aux études déplacement que l’INSEE a pu mettre en œuvre sur votre territoire.

      Le taux de motorisation des ménages déduit des registres d’immatriculation en préfecture est un indicateur trop général, à la différence des données de recensement de l’INSEE qui permettent (selon les années de recensement) d’identifier le nombre de véhicule pour chaque ménage, en plus des informations sur la composition des ménages, la CSP, tranche de revenu, etc. Ce sont ces données qui seront privilégiés par les chercheurs en sciences sociales.

      Voilà. J’espère que mon propos ne vous aura pas ennuyé. Mais concernant Guili, je ne manquerai pas de revenir à la charge s’il le faut.


    • @Rogiero_In, à la lecture de votre long développement, je m’aperçois que nous disons peu ou prou la même chose, au global, sous divergeons sur du superfétatoire.

      Vous développez plus en détails et vous avancez que la densification de territoire a déjà commencé, soit, mais ce qui attend les ruraux, c’est l’expropriation et non pas une simple incitation à se déplacer via des dispositifs étatiques vers les services publics urbains et leur travail.
      En d’autres termes, c’est la désertification planifiée du rural dans laquelle on peut imaginer que la mort programmée du pastoralisme est un prérequis, sans même évoquer la précarité de certains éleveurs/agriculteurs.

      La taxe carbone, c’est la contrainte Etatique qui évite, pour le moment, à l’exode forcé, mais si elle échoue, alors la contrainte sera plus contraignante, un euphémisme.
      Je note que vous ne revenez pas sur la scission territoriale, politique voire même culturelle, pouvant déboucher sur des contre-sociétés quasi autarciques.

      C’est pourtant déjà une réalité.
      La densification territoriale est donc une contre mesure à l’amplification de cette réalité.

      Quant au vote, il faut raisonner grand ensemble, le vote Macron fut métropolitain par l’union de la bourgeoisie de droite et de gauche, la France périphérique, celui du "tout sauf Macron" à l’exception du vote FI lors du second tour et ceci est difficilement contestable.
      Les jaunes, dans leur primo-actes, étaient majoritairement péri urbains voire ruraux (artisans, petits chefs d’entreprise, salariés etc…), c’est le pouvoir qui a décidé d’en faire des factieux, avant de corriger le tir et donc de stratégie, en les infiltrant par les blacks blocs pour casser le mouvement.

      Bien sûr, il y aura toujours des exceptions, mais globalement, le quadra cadre/cadre sup voire fonctionnaire, s’endette et réside en centre ville et vote Macron.
      Ceux qui sont mécaniquement repoussés au-delà des banlieues sont tous les autres et ca fait du monde.
      L’Etat n’a donc pas besoin de l’INSEE pour savoir opérer un découpage territorial consubstantiel à un découpage politique dans lequel il cherche à garder la main, c’est ce que Guilluy a aussi démontré dans sa France périphérique et que Todd a validé dans l’opposition mondialisation heureuse/malheureuse.

      NB : Je maintiens, des stats issues de sondages, sont moins fiables que des datas en préfectures ou de Bercy.


    • @Goyband, « nous disons peu ou prou la même chose, au global… » Je partage.

      Je ne nie pas l’antagonisme entre l’élite métropolitaine et la périphérie exsangue. La liberté d’installation individuelle et communautaire devrait être possible et même encouragée. Reformer des circuits économiques de proximité, développer le travail manuel et les échanges. Que ces communautés soient autarcique, pourquoi pas… Mais n’oublions pas que toute société organise ses déplacements et ses moyens de transport pour se perpétuer dans le temps, pour explorer son environnement et échanger avec le monde. C’est bien beau de vivre en autarcie, mais ça ne fait pas société longtemps. La LOM nous oblige à repenser nos mobilités quotidiennes et notre manière de vivre. En s’immisçant dans ce couple domicile/lieu de travail, la loi s’attaque justement à l’endroit qui a provoqué la crise des Gilets Jaunes !

      Là où un vrai besoin social s’exprime, l’intelligence collective doit se mobiliser pour instituer une solution durable. Nous devrions être aussi “pragmatiques” que ceux qui tiennent les rênes du pouvoir.
      « La taxe carbone, c’est la contrainte Etatique ». La taxe carbone pourrait être notre lune. La taxe carbone est un concept de juriste et de fiscaliste et son rendement se compte en milliards d’euros. Je pense que l’appropriation de ce concept par les GJ ouvrirait de belles perspectives de négociation quant au partage de ce magot, à l’approche des municipales. A cet effet, il serait opportun de promouvoir l’organisation d’un service public des mobilités quotidiennes, en collectivisant nos bagnoles. Oui, c’est pas gagné ! Une organisation indépendante de l’Etat, décentralisée et administrée directement par les usagers sociétaires. Un système plutôt analogique, pas de numérique ni d’IA. Le retour aux platines, quoi ! Les administrateurs, en partie tirés au sort, fixeraient les règles de répartition de la manne financière prélevée indûment à la pompe… Cette organisation rémunérerait les efforts (covoiturage, autopartage) consentis par ses membres pour se coordonner afin de réduire leur « empreinte carbone ». Cette banque d’un autre type créditerait donc le compte de l’usager d’un titre de créance lui donnant droit par exemple à un panier de légumes bio par semaine, à l’amap de son quartier. Une manière d’encourager le maraîchage et le commerce de proximité. Au peuple d’affirmer ses valeurs, il créera sa monnaie et la juste administration de ses biens et services


    • @Rogiero_In, Ce consensus sur cet antagonisme, ne doit pas faire oublier qu’il a été mécaniquement encouragé par le pouvoir.
      Il a donc utilisé les territoires et a faussé la liberté d’installation individuelle.

      Dans cette dialectique, on ne doit pas oublier le rôle de la spéculation encouragée dans les grandes métropoles, au point même de participer à une forme de standardisation du paysage marchand, en provoquant l’expropriation de petits commerces indépendants,
      Pire, il a dessiné des circuits économiques et de services publics à sa carte et a donc créé, ex nihilo, une problématique quant à la liberté de déplacements d’une partie du peuple.
      Cette dernière s’est donc organisée et la voiture y est un outil indispensable afin, je vous cite, de se perpétuer dans le temps, explorer son environnement et échanger.

      C’est donc et avant tout un problème de liberté individuelle par incitation quant à sa manière de vivre.
      On parle ici de contrainte et la taxe carbone a révélé brutalement ce que Guilluy avait étudié puis théorisé : La crise des gilets jaunes.

      On pourrait considérer que pour des raisons de profit, cette loi fut une gigantesque erreur, mais ce serait se montrer très naïf.
      La vérité et c’est là ou nous divergeons, c’est que le pouvoir savait qu’il allait provoquer cette crise, il avait tous les outils à sa disposition pour l’anticiper et ce, pour deux raisons :

      - La scission avait atteint une taille critique avec risque de muter en contre-sociétés, sectaires ou pas, quasi autarciques, donc il fallait provoquer un chaos pour en garder le contrôle.
      - Le désengagement des énergies fossiles, afin de gagner de l’indépendance vis à vis d’une logique mortifère imposée par l’OTAN, impose une révolution économique, sociale et fiscale, la fameuse transition énergétique dont le mythe du RCA sert de roman national pour en faire accepter la contrainte auprès des opinions publiques.

      Les gilets jaunes sont le sacrifice sur l’autel de cette logique, des dommages collatéraux assumés et remboursés par ses sponsors internationaux.
      La taxe carbone est donc adossée à une dialectique marchande pour laquelle les autres problématiques sont secondaires.

      Si vous voulez une organisation indépendante de l’Etat, décentralisée et administrée directement par les usagers sociétaires, dont votre concept de banque qui battrait monnaie-échange, je vous renvoie à la notion de contre-société dont les meilleurs théoriciens sont les situationnistes.


    • @Goyband

      « La vérité et c’est là ou nous divergeons, c’est que le pouvoir savait qu’il allait provoquer cette crise »

      Je ne sais pas sur quoi vous fondez cet avis sur mes opinions... C’est à se demander si vous prenez le temps lire et de réfléchir. Avez-vous pris connaissance des informations que je vous ai mises en lien concernant les assises nationales de la mobilité, organisée par Nicolas Hulot, la super star des écolos et Elisabeth Borne, à l’automne 2017 ?


  • Tout ceci s’appelle la crise du Capital et cela conduit au surgissement révolutionnaire du prolétariat contre toutes les droites et toutes les gauches de la marchandise.