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L’Egypte : l’aggravation de l’opposition entre les militaires et les islamistes

« Les frères-musulmans » ont déclaré la victoire du candidat Mohammed Morsi dans le deuxième tour des élections présidentielles en Egypte. L’état-major de son concurrent, le candidat indépendant et ex-Premier ministre Ahmed Chafik, ne reconnaît pas sa défaite.

En cas de la victoire, Mohammed Morsi deviendra le premier président de l’Egypte représentant le mouvement islamiste. Dans ce cas, le pays aura, pour la première fois dans l’histoire contemporaine, un président sans passé militaire. Cependant, les militaires ont fait, déjà au cours du vote, une démarche très forte, ayant fait comprendre qu’ils ne céderaient pas aussi simplement le pouvoir dans le pays.

Samedi soir, le président du Conseil Suprême des forces armées Hussein Tantawi a annoncé la dissolution du parlement. Lundi, quand « les Frères-musulmans » ont commencé à fêter leur victoire, le Conseil Suprême s’est chargé des fonctions du parlement. Cela est inscrit dans les amendements à la constitution temporaire de l’Egypte publiés le 18 juin. Dans ce document il est dit aussi que, puisque le pouvoir législatif se trouve entre les mains des militaires, ils assument la responsabilité de la formation de la commission sur la préparation de la nouvelle constitution. De plus, les nouvelles élections législatives en Egypte se passeront seulement après l’adoption de la constitution. Dans le meilleur cas – seulement dans six mois.

La concentration du pouvoir législatif et exécutif supérieur entre les mains des islamistes menaçait de se transformer en un vrai cauchemar pour le corps des officiers généraux, considère l’analyste du Centre des études arabes de l’Institut de l’orientalisme de l’Académie des Sciences de Russie Alexeï Podtserob :

« La dissolution du parlement, effectuée par le Conseil Suprême des forces armées en Egypte, probablement, signifie que le conflit entre les militaires et les « Frères-musulmans » est passé au stade ouvert. Éventuellement, les militaires comptent qu’au cours des nouvelles élections législatives, les « Frères-musulmans » essuient une défaite. Alors, la victoire des partis laïques sera assurée. Certes, beaucoup de choses dépendront des résultats des présidentielles. L’Egypte est une république présidentielle. Et le président possède, au moins pour le moment, de très grandes responsabilités ».

Sur cette toile de fond, la reconnaissance par la Commission Electorale Centrale de la victoire d’Ahmed Chafik, vu comme un compagnon d’armes de Hosni Moubarak, peut amener à une nouvelle escalade de confrontation entre les autorités militaires et les islamistes.