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L’article d’Ariane Chemin du Monde sur Mélenchon déclenche la fureur de la France insoumise

Ariane Chemin, grand reporter au Monde, celle qui privilégie l’humain sur le politique dans ses portraits d’hommes politiques, a été mise à l’honneur dans la Revue de presse de France Inter vendredi 26 mai 2017. Nous écrivions tout récemment que le Système commençait à tirer à boulets rouges sur Mélenchon et son parti, après l’avoir favorisé pendant la campagne de 1er tour des présidentielles. On ne croyait pas si bien dire...

 

À cela une simple raison : Mélenchon était utile contre Marine Le Pen, il devient dangereux pour les législatives. Car les présidentielles ne rapportent rien à un parti, sinon des dettes. Il faut être vainqueur ou rien. En revanche, les législatives, c’est le trésor de guerre : salaires de députés, budgets y afférents, implantation locale, embauche de militants... C’est pourquoi on dit que les législatives sont plus importantes que les présidentielles. Et la France insoumise compte bien faire fructifier ses 19% au niveau local, surtout dans les grandes villes qui ont placé le candidat dans de bonnes dispositions pour une triangulaire ou une quadrangulaire : Marseille, Lille, Toulouse (où il passe devant le PS qui perd 24 points), Montpellier, dans laquelle il a fait 31,46%.

L’enquête d’Ariane Chemin est là pour dévaloriser et Mélenchon et son mouvement. On a eu un aperçu de cette campagne anti-FI avec le retournement de l’humoriste Guillaume Meurice, qui a ridiculisé les militants FI d’un meeting d’Alexis Corbière. C’était le 23 mai à Montreuil dans le 93. un revirement étonnant de la part d’un gauchiste ouvertement mélenchonniste... avant les législatives. Un extrait bien choisi de l’article de Chemin a donc été lu à l’antenne, la partie perfide sur l’enterrement de Delapierre, l’ex-alter ego de Mélenchon décédé en 2015. Sa famille a vivement réagi ce samedi matin sur Twitter, en se découvrant « sectaire » :

 

 

L’article d’Ariane Chemin, actuellement en procès avec le Pr Faurisson pour diffamation, regorge d’accusations et de perfidies. Toutes les informations convergent vers un point, une idée : Mélenchon est un allumé et son mouvement forme en réalité une secte. Les amalgames y vont aussi bon train :

Partage des richesses, planification écologique, sortie des traités européens, renforcement de l’ONU, sortie de l’OTAN, entrée dans la fameuse Alliance bolivarienne, taxes solidaires et protectionnisme, fin du nucléaire… L’utopie était en marche. Ils y croyaient tant qu’une « chaîne du président », interactive, était à l’étude. Le nouveau chef de l’État, Jean-Luc Mélenchon, 65 ans, s’y serait exprimé une fois par semaine, comme le président du Venezuela, Hugo Chavez, le dimanche à 11 heures dans « Aló Présidente », mais aussi Evo Morales en Bolivie ou Rafael Correa en Équateur.

Parlant, quand on sait que Le Monde s’est aligné sur la position américaine en ce qui concerne la révolution bolivarienne qui a eu lieu au Venezuela... Mais c’est bien au lendemain du 23 avril que se concentrent les critiques du média numéro un du Système : le reproche fait à Mélenchon de ne pas avoir appelé à voter contre Marine Le Pen, et donc pour Emmanuel Macron, ce que le quatrième du 1er tour s’est interdit de faire. Pour Chemin, ce n’est ni plus ni moins qu’un « Ponce Pilate », criminel qui se lave les mains du crime...

Alors que, pour la première fois dans l’histoire de la Ve République, le Front national constitue un danger réel dans les urnes, le chef ergote, tournicote, se débine. Puis se met aux abonnés absents.
On guette ses mots comme autant de consignes et d’oracles. Il ne réapparaît que cinq jours plus tard sur sa chaîne YouTube. Pas de « ni-ni », non, mais pas non plus d’appel à voter Emmanuel Macron. Un long tuto à la Ponce Pilate, pour ne pas se trouver noyé dans le magma d’un front républicain et pour s’autoproclamer seul opposant à Macron. Sur son blog, des mots et des mots racontent une « farce » électorale écrite « de longue main » et un président « désigné par les 9 milliardaires qui contrôlent 90 % des médias ». Mélenchon compte et recompte les « 600 000 voix » (variante : « sept par bureau de vote ») qui lui manquent pour accéder au second tour.

Un journal qui donne ses consignes de vote et de désistement à un candidat, on aura tout vu ! Mais non, le pire arrive. Ariane Chemin profite du moment de grande détresse de Mélenchon et de la famille du défunt (Delapierre est mort à 44 ans) pour tailler le portrait du mouvement. Un grand moment de journalisme « humain ». Adieu journalisme de caniveau à la Voici ou Closer, et bonjour le journalisme de caveau. L’homélie de Mélenchon est retransmise sur un écran géant, les proches sont dans le crématorium. Suivons la plume d’Ariane Chemin :

Julien Dray, Robert Zarader (qui roule aujourd’hui avec Macron), la ministre Laurence Rossignol, le président du conseil régional Jean-Paul Huchon, les députés Benoît Hamon et Pouria Amirshahi suivent les discours dehors, sur l’écran géant. Lorsque Mélenchon nomme le « cadavre » sur lequel est resté « figé le sourire narquois », certains regards se croisent furtivement, étonnés. Ils n’ont encore rien vu.

« Camarade François Delapierre ? », lance une voix. « Présent, pour toujours et à jamais », répond le premier carré militant, comme les révolutionnaires chiliens quand ils rendent hommage à leurs morts. Alexis Corbière, Éric Coquerel, Raquel Garrido, Gabriel Amard, une file se met en place autour du cercueil, foulard rouge autour du cou, fleur assortie à la boutonnière, main droite sur l’épaule droite de celui qui le précède, entonnant Grândola Vila Morena, le chant portugais de la « révolution des œillets ».

Le rituel a été calé à l’hôpital par Jean-Luc Mélenchon et le défunt. Cette marche en rang est riche de sens : transmission, solidarité. Pour certains dans la foule, elle signe aussi au grand jour un « groupe sectaire » – « tous les codes pour maintenir un clan homogène et très radicalisé », suggère un membre de l’assistance d’alors, aujourd’hui encore un peu glacé.

Le Monde nous ayant intérdit expressément de reprendre ses articles, nous avons dû, pour les besoins de l’information, et comprendre la fureur qui s’ensuit, publier ces trois paragraphes déclencheurs. Car on peut véritablement parler de fureur sur les réseaux sociaux.

 

 

Les dernières illusions sur les médias dominants des partisans de la France insoumise sont tombées ce matin. La colère des militants est proportionnelle à leur prise de conscience qu’ils sont désormais des parias, à l’instar des militants du Front national. Une solidarité de fait, quoi qu’on en dise, s’exerce ou s’exercera entre ces réprouvés.

Le discours de Jean-Luc Mélenchon en hommage à François Delapierre (25 juin 2015) :

 

 

Le portrait d’Ariane Chemin dans Le Monde Magazine est repris par Hélène Jouan dans sa Revue de presse du vendredi 26 mai 2017 (à partir de 4’38).

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lire sur Kontre Kulture

 

Y a-t-il un ancien et un nouveau Mélenchon ? Voir sur E&R :

 






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