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L’optimisme, en partie justifié, de Bachar

Recevant mercredi 28 septembre l’ex-Premier ministre libanais Selim Hoss, Bachar al-Assad s’est montré optimiste quant à l’évolution de la crise syrienne : « Grâce à Dieu, les événements douloureux ont pris fin » a -t-il déclaré selon un communiqué publié en suite par Selim Hoss.

« Il y a un retour à la stabilité dans les villes syriennes qui ont été le théâtre de ces événements » a encore assuré le président syrien à son invité libanais.

L’optimisme du n°1 syrien est-il, au bout de six mois de tensions intérieures et internationales, justifié ? En partie. C’est vrai que la contestation politique intérieure marque le pas, et s’est déconsidérée auprès de la « majorité silencieuse » syrienne par ses compromissions, plus ou moins volontaires, avec les radicaux islamistes, et, plus récemment, par les appels de certains à une intervention de l’OTAN comme en Libye.

Il est vrai aussi qu’une partie de cette opposition a accepté de jouer le jeu de la réforme, notamment via la création de nouveaux partis. Dans le même ordre d’idée, la mise en place de ce « dialogue national » moqué par tout l’Occident a quand même permis de faire « remonter » vers le pouvoir un certain nombre de revendication et griefs, trop longtemps ignorés.

Comme il est vrai que Bachar a limogé des responsables coupables de corruption ou d’abus de pouvoir. Par ailleurs, le président syrien vient de promulguer le décret relatif à la constitution du « comité supérieur des élections« , lesquelles devraient, pour la première fois, se dérouler sous le signe d’un pluralisme effectif…

Des manifs à la guérilla urbaine

Mais pour autant il est excessif et prématuré d’annoncer la « fin des événements douloureux » : car il y a une recrudescence des activités des groupes armés, recrudescence qui n’est même plus niée – et qui est même justifiée – par ceux qui, il y a peu, contestaient cette réalité, pourtant déjà ancienne, d’al-Jazeera à L’Express.

Tous les jours des soldats et des policiers sont tués ou blessés, ainsi que des civils, opposants ou partisans du régime. Et les récents assasssinats en série de Homs, ciblant des notables membres de minorités religieuses, constituent, eux, une nouveauté inquiétante.

Une guérilla est sans doute pour le régime un ennemi préférable à un mouvement populaire. Mais si cette guérilla bénéficie de soutiens financiers et logistiques, qu’ils émanent de Beyrouth, d’Ankara, de Ryad ou de Washington ou même de Tel Aviv, elle peut attiser les vieilles haines ou jalousies religieuses, et faire glisser la Syrie dans un cauchemar de type irakien.

En résumé, Bachar a sans doute gagné sur le plan politique intérieur, et même sur le terrain diplomatique. Mais il doit désormais faire face à un défi ouvertement « militaire » ou franchement terroriste.