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La lente mise à mort de la liberté d’expression

Jamais un gouvernement n’aura fait autant reculer les libertés publiques que celui de Manuel Valls. À croire que le champ d’action du ministre de l’Intérieur se réduit à sanctionner l’expression d’opinions dissidentes.

Chaque affaire médiatique est l’occasion de nouveaux reculs : affaire Merah, affaire Clément Méric, affaire Dieudonné, fusillade de Bruxelles, attentat de Charlie Hebdo… autant de fenêtres d’opportunité pour gagner le soutien de l’opinion et faire passer des lois liberticides. Chaque situation de crise provoque un sentiment d’anxiété sociale appelant une reprise en main par l’État : le gouvernement et les médias dominants sont passés maîtres dans l’art de manier à dessein ce mouvement d’insécurisation/sécurisation par lequel ils soumettent l’opinion. On assiste ainsi à une véritable mutation du contrôle social : hier l’instrument du combat contre la délinquance classique, il est aujourd’hui le moyen de défendre un ordre qui se veut moral et républicain mais qui est surtout identitaire et discriminatoire. Façonner les consciences et sanctionner les récalcitrants, voilà pour l’essentiel à quoi se réduit la politique autoritaire du gouvernement socialiste. Elle est le point d’achèvement d’un processus qui débute au milieu des années 1980 et dont nous voudrions rappeler ici les grandes lignes.

 

À l’origine de la politique actuelle, le tournant de la rigueur

On n’a sans doute jamais mesuré totalement les conséquences du changement de cap décidé par le gouvernement Mauroy en mars 1983. Confronté à une fuite de capitaux, à un creusement du déficit budgétaire et à une série d’attaques contre le franc, François Mitterrand abandonne la politique de relance par la consommation qu’il avait suivie jusque-là. Son souhait de maintenir la France dans le Système monétaire européen a eu raison de ses ambitions réformatrices inspirées du Programme commun d’union de la gauche. Suivra alors une politique sociale-libérale qui montera en puissance avec la nomination de Laurent Fabius à Matignon – privatisations, blocage des salaires, déréglementation des marchés financiers, orthodoxie budgétaire et promotion du modèle entrepreneurial – totalement à rebours des promesses de campagne du candidat Mitterrand. Dans leur conversion à l’économie de marché, les socialistes ont fait preuve d’un zèle remarquable : une note de l’Insee de 1990 donne même à la France la palme européenne du monétarisme et de la rigueur budgétaire, devant la Grande-Bretagne de Margaret Thatcher et l’Allemagne d’Helmut Kohl. Et deux ans plus tard, le Parti socialiste fera logiquement le choix d’adopter le très libéral traité de Maastricht.

 

Hollande dans les pas de Mitterrand

Entre la justice sociale et l’intégration européenne, le gouvernement socialiste de Pierre Mauroy a choisi et n’est jamais revenu sur cet engagement lourd de conséquences.

Trois décennies plus tard, l’histoire se répète. Le cocktail est identique : intégration européenne à marche forcée, libéralisme économique et austérité budgétaire. L’équation aussi : de quelle légitimité le Parti socialiste et ses alliés peuvent-ils se prévaloir pour mettre en œuvre une politique qui trahit leurs engagements de campagne et ne répond en rien aux attentes des classes populaires ? La réponse est à l’avenant : éluder la question sociale en faisant diversion sur les questions de société. La recette avait bien fonctionné dans les années 1980 : lutte contre le racisme et l’antisémitisme, avec l’appui logistique de SOS Racisme lancé en 1984, en lieu et place de la défense du travail contre le capital. Le combat électoral contre le Front national devient rapidement le seul marqueur de gauche d’une politique totalement acquise aux intérêts du capital, et d’autant plus aisément que la démission économique des socialistes favorise la montée en force du vote protestataire d’extrême-droite.

 

Choc des civilisations contre lutte des classes

Mais pour la période actuelle, le tableau est légèrement modifié par une touche supplémentaire : le gouvernement socialiste a fait sienne la rhétorique de la « guerre contre le terrorisme », héritage des années Bush. L’alignement complet de la diplomatie française actuelle sur les intérêts du bloc américano-sioniste influence aussi sa politique intérieure.

Lire la suite de l’article sur bourgoinblog.wordpress.com

Voir aussi, sur E&R :

Du même auteur, chez Kontre Kulture :

 
 



Article ancien.
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10 Commentaires

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  • Nouvel article limpide et magistral de Nicolas Bourgoin !


  • Merci ; l’article résume l’essentiel ; à savoir que le système économique libéral est par essence totalement anti-démocratique et inégalitaire.
    Donc, conséquence logique, plus on dérégule, plus l’état se rigidifie et devient restrictif.
    Résultat : loi Macron, précarité généralisée, (parfois il faut 3 boulots pour joindre les 2 bouts !) ; Mais par contre, sociétalement, tout va bien ! ; marc-olivier Fogiel peut se pavaner dans les médias sur sa paternité heureuse, ayant arraché 2 filles à leur mère américaine par la pratique avilissante et brutale de la mère "porteuse"....

     

    • #1121105

      Le système marxiste privilégiant la lutte des classes est-il démocratique ?
      Il est par contre tellement égalitaire qu’il nie l’existence des races, des sexes et des religions comme pouvant différencier les êtres humains.
      L’auteur, marxiste visiblement, oppose deux concepts (Choc des civilisations contre lutte des classes) qui sont les deux utilisés par l’oligarchie pour diviser le peuple, le premier par le communautarisme religieux et le second entre travailleurs sachant créer de la richesse et travailleurs pauvres + assistés, ainsi qu’entre croyants pratiquants et tous les autres.
      N’avez-vous pas remarqué que le Gouvernement importe de plus en plus de musulmans et laisse se développer l’islamisme le plus criminel alors qu’en même temps il promeut le mariage gay ?
      Ni que les médias promeuvent sans cesse ceux qui ont financièrement réussi tout en se proclamant marxistes ?
      Diviser pour mieux régner est une bien vielle tactique dans laquelle il est bien trop fatal de sombrer.


  • #1118720

    Valls c’est un rien du tout, c’est un petit clebs qui garde la Synagogue et qui aboie au passage d’un "antisémite" . Sorti de ce rôle canin il est foutu .


  • #1118896

    Brillant article de Nicolas Bourgoin. Personnellement, je suis ultra-choqué que l’on essaye de faire taîre Alain Soral, en le poursuivant en Justîce, pour le ruîner et le bâillonner. C’est le scandale des scandales au prétendu "pays de la Liberté".


  • #1118915

    Un modèle de lucidité et d’analyse judicieuse qui hélas lui donne raison ;en ayant abandonné notre souveraineté au profit des marchés financiers,le pays s’est soumis...pour tout !!Et évidemment,comme ceci a été fait pour l’intérêt d’un groupe de personnes mondialement influentes et adeptes du nouvel ordre mondial,toutes dissidences est mal venues...alors oui la liberté d’expression ne sera plus et fera place a la pensée unique !!! D’Où le formatage dès le plus jeune age("chartes d’assos" enseignés en école élémentaire...) dans les écoles de la ripoublique !!


  • #1119121

    Tout commence bien dans cet article, constat juste sur l’effondrement des libertés publiques, singulièrement sous le règne de Valls et Hollande. Et puis rapidement :

    "Choc des civilisations contre lutte des classes"

    Retour au mensonge marxiste au nom duquel, précisément, les libertés publiques sont détruites. C’est justement pour combattre ceux qui ont identifié le paradigme civilisationnel, racial, religieux et identitaire que le pouvoir républicain et ses factions détruit ces libertés.

    Une nouvelle fois, l’inconscient collectif communiste qui taraude la France revient à la charge face à sa déconfiture.

     

    • #1119320

      Les concepts sont innocents et leurs interprétations sont de la responsabilité uniquement de ceux qui les interprètent. Le marxisme n’est pas un mensonge sinon tout est mensonge, jusqu’à notre existence même. Le marxisme se veut une lecture d’une réalité socio-économique d’un système encore en genèse à l’époque de Marx à savoir le système capitaliste émergeant avec une force inouïe par la consécration de la machine mère du développement industriel et de la structuration des sociétés à ses besoins. D’ailleurs le marxisme a plus servi les capitalistes qui ont su tirer le meilleur pour eux-mêmes que les travailleurs qu’il pensait libérer en leur faisant prendre conscience de leur rôle levier des sociétés industrialisés. Quand on évoque la liberté, c’est jamais pour la consacrer mais pour la nier, et le maître d’esclaves est souvent plus esclave que ses esclaves, à la différence que ses esclaves le savent et lui ne le sait pas. Je connais deux hommes qui étaient des marxistes à leur façon et avant Marx (ceci n’est qu’une façon de dire les choses, et la comparaison vise à faire valoir une vérité constante précise). L’un c’est Jésus christ qui s’est attaqué aux marchands du temple pour dénoncer principalement la fétichisation de l’effort humain qui passe d’abord par la fétichisation de ce qu’il produit et dans lequel il se cristallise. L’autre, c’est le prophète Mohamed qui a détruit les dieux de la discorde non pas pour eux même, mais pour ce qu’ils représentent et à quoi ils renvoient, et ainsi dire aux êtres humains que vous êtes tous égaux et seuls vos actes vous différencient. Par la suite, comme toujours leurs messages ont été détournés et la vie a continué son cours. L e détournement ne s’est pas fait d’une manière intentionnelle, mais seulement parce que la bête en l’être humain est quasiment indomptable. Nicolas Bourgoin a entièrement raison de dire ce qu’il a dit et que c’est un vrai penseur pour la simple raison qu’il fait peu cas des partis-pris et fait l’effort de bien cerner les problématiques qu’il aborde avec tact et discernement, pour ne pas dire avec pudeur. Pour le reste, tout est sujet à débat.


  • liberté d’expression oui peut etre pour des moutons sans dents ! dure la vie pour ces derniers ! ! mais pour nous anti sioniste (a croire que de tel individu indigné contre ce systeme inhumain n’existe pas ),on a pas le droit d’expresion sans etre aussitot qualifié d’anti sémite !pour lutter contre ce fléaut va falloir un jour que ca péte , j’attend la prochaine republique avec impatience "viva la revolutionne"


  • #1119709
    le 15/02/2015 par Soldat du Christ...
    La lente mise à mort de la liberté d’expression

    Nous avons perdu tout sens des valeurs, du sacré, des principes et des traditions, du divin !!
    Dieu, la famille et la Patrie...ou son nos repères ?



    https://www.youtube.com/watch?v=XSu...




    Les loges, nous ont pervertie et ont mis l’homme au-dessus de tout....
    En détruisant l’Église, en détruisant la famille, en salissant la patrie et le patriotisme, en déconsidérant le travail ....le bien-commun, celui de la nation, de l’Église et de Dieu...
    Ils ont fait de nos priorités l’argent, la réussite personnelle, l’ego (individualisme), le sexe & le divertissement ...
    Revenons à des choses simple et recentrons nous autour du Christ ,le Christ-Roi...



    L’amour du Christ, de la nation, de la patrie, de la famille & du travail, pour notre bien, celui des nôtres, de nos enfants,le bien commun et de notre pays, la France fille aînée de l’Église catholique...