Egalité et Réconciliation
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Les Lumières dans les ouvrages destinés à la jeunesse

Par Marion Sigaut

L’analyse de Marion Sigaut sur les Lumières, telles qu’elles sont présentées dans un certain nombre d’ouvrages destinés à la jeunesse, réunis par E&R Bourgogne :

 

Partie 1 :

 

Partie 2 :

 

Partie 3 :

 

Sur les programmes de l’Éducation nationale, chez Kontre Kulture :

 

Retrouvez Marion Sigaut chez Kontre Kulture :

 
 



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65 Commentaires

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  • peut etre qu’ils entendent (les lumières) par enseignement, la mise en application de leurs fameuse idée du dialogue et alphabet secret pour nous instruire nous les peuples or de porter de la lumière sans meme que l’on ne se rende compte de quoi que se soit je dis bien peut etre en tous cas merci pour se travail d’éclairement


  • il faut absolument créer un livre ou une bande dessinée ou une vidéo reprenant toutes ces informations sous un format facile : L’ histoire revue et corrigée

     

  • Je m’inquiétais de votre disparition. Content de vous revoir !


  • Merci infiniement Marion Sigaut, vos travaux à visionner sont de véritables délectations.


  • Pour l’histoire des 28 ans, c’est l’espérance de vie. Comme dit auparavant, beaucoup des bébés, enfants et jeunes adultes mouraient à cause des maladies. Donc si on fait la moyenne, on arrive à un "âge" très faible, mais ce n’est qu’une espérance de vie.
    Ceux qui survivent vivent par contre jusqu’à un âge normal.

     

    • Bonne remarque ! Les gens ont en général énormément de mal à comprendre la notion d’espérance de vie ! Ainsi s’étonne-t-ils de voir des petits vieux de partout quand ils voyagent dans des pays pauvres où l’espérance de vie est de 30 ou 40 ans par exemple. On parle d’espérance de vie à la naissance, ce qui la fait chuter c’est effectivement la mortalité infantile, mais une fois le cap de la petite enfance passé les gens vivent tout aussi vieux et bien souvent en meilleure santé que nos contemporains ! D’ailleurs des civilisations grandioses comme la Chine antique, l’empire romain...n’auraient jamais pu exister si tout le monde crevait avant 20 ans !
      Je suspecte également que les chiffres sont manipulés en ce qui concerne l’espérance de vie dans les pays dits développés. Intuitivement cette espérance de vie me semble exagérément haute dans un objectif de démontrer la supériorité des sociétés industrialisées où l’obsession majeure est la longévité...sur ce derniers points je n’affirme rien, juste une intuition.


    • Une espérance de vie à 28 ans, excusez-moi mais c’est d’une débilité profonde. Surtout en la calculant comme une moyenne. Ca n’a aucun sens.
      Cette donnée correspond à l’âge MAXIMUM (et non moyen) qu’on peut espérer atteindre si on ne meurt pas en bas âge, auquel cas, forcément, on aura plus de mal à atteindre les 100 ans...


    • Je ne crois pas non plus en l’espérance de vie de 28 ans, même si beaucoup de gens mourraient parfois de choses simples comme une infection.

      Il y a eu de grandes épidémies portés par les puces du rat, notamment, mais dans les cas du choléra et de la peste, les survivants étaient ceux qui avaient une résistance naturelle.

      L’isolement des campagnes en général limitait les maladies, seules les villes avec leurs conditions de vie insalubres et l’emploi industriel (notamment les constructions d’édifice, ou on se remettait rarement d’une fracture grave) avaient une espérance de vie faible.

      Pas ou peu de cancers, vie saine, alimentation saine, respect du jeune, peu de contacts avec l’extérieur : dans les campagnes, on mourrait souvent vieux et entouré de sa famille (pas dans un hospice).

      Cette histoire d’Esperance de vie de 28 ans, c’est-à-dire l’âge moyen de mort après l’âge de un an, je n’y crois pas vraiment.

      J’aimerais voir la source de cette étude. Il y a des lieux ou les vieilles archives ont été conservées mais j’ai l’impression que ça concerne plus les villes que les bourgs.


  • Merci infiniment Mme Sigaut, je vous suis depuis longtemps avec toujours autant de plaisir et d’intérêt. Ma fille a 10 ans et suit les cours du CM2. Je ne savais pas trop comment aborder ce sujet avec elle. Je vais m’appuyer sur votre savoir et procéder de la même façon que vous pour (essayer de) lui dresser un tableau (plus) authentique de ce qu’a réellement été la révolution et dénouer les mensonges les plus grossiers sur l’Ancien Régime. Au passage, j’en toucherai peut-être deux mots à son instituteur (aussi directeur de l’école). Juste par curiosité, pour voir quelle est sa réaction...
    Encore merci pour votre travail, votre énergie, votre enthousiasme et votre générosité !

     

  • S’instruire vraiment, même sur des petites choses,et très agréablement puisqu’on apprend deux choses à la fois, l’Histoire et son roman écrit par le vainqueur.
    Je suis un peu dur d’oreille et je rate des trucs, même en revenant en arrière.Mais j’en ai deux à regarder encore. Merci


  • "le ministre pourtant ami des réformes et du peuple", parce que l’auteur s’imagine que les réformes c’est toujours en faveur du peuple ?! il n’y a pas de raison. ça dépend des forces en jeu.
    Il fut une époque en effet où toutes les réformes qu’on faisait étaient pour améliorer quelque chose dans la vie du peuple, et lui accorder des droits supplémentaires, mais cette époque n’a pas duré tout le temps, et elle est achevée maintenant depuis longtemps, le dernier à agir comme ça (ou au moins faire semblant !!) ce fut Giscard, qui avait tellement peur de perde les 0,5 % de voix qui restait avant la victoire de ce qu’on croyait que ça allait être la gauche, qu’il rivalisait de "réformes" (donc, oui, en faveur du peuple, ou qui essayent de le faire croire au moins) pour se préserver de la perspective d’une victoire des "socialo-communistes".
    Mais maintenant de puis plusieurs décennies, quand les politiques - ou les journalistes !! - nous parles de "réformes" c’est toujours, toujours !!! des réformes scélérates et anti-populaires !


  • Juste une précision intéressante. Troisième vidéo à 13mn50.
    « Tu as acheté des lopins de terre qui appartenaient au clergé. »

    Les terres confisqué au clergé ont été vendu par lots suffisamment grands pour ne pas être à la porté justement du simple citoyen. Ainsi non seulement les bourgeois ont payé en monnaie de singe mais en plus ils étaient les seuls à pouvoir prétendre les acheter.


  • MDR la partie 3 !
    les couples devaient faire 4 enfants entre 28 et 30 ans. Soit, avec 1/2 enfants survivants : 8 enfants en moyenne. Donc 8*9 = 72 mois, soit 6 ans de grossesse continue (faut avoir la santé !). Mais il faut arriver à booker tout ça en 2 ans (en moyenne, imaginez le haut de la fourchette...) au lieu des 6 théoriques.
    Solution : les femmes accouchaient par portées moyennes de 3 ! après tout, à écouter certains "historiens", elles auraient été considérées un peu comme des bêtes a l’époque ... mimétisme sans doute...

    Sinon pour rappels :
    - Damien est décédé en pleine santé, à 42 ans, après avoir enduré plus de 2h de torture (costaud le vieillard !).
    - Montesquieu est mort a l’age de 66 ans,
    - Voltaire : 83 ans (bel age pour un perpétuel mourant... cette vieille carne s’est vraiment accroché pour faire chier le monde le plus longtemps possible...),
    - Rousseau : 66 ans,
    - Diderot : 70 ans,
    - et Molière ? 51 ans (s’est trop imprégné de son rôle, accident de travail...)
    - Racine ? 51 ans avant de bouffer les pissenlits par... oui bon ok...
    - Corneille ? 78 ans avant son dernier bâillement
    - et allez encore avant, au hasard : Gassendi : 63 ans
    - Galilée : 77 révolutions du soleil autour de la terre (enfin officiellement, je ne voudrais pas passer pour un révisionniste...)
    - Copernic : 70 ans
    - Charlemagne : 72 ans (au fait, il me semblait que c’était lui qui avait créé l’école gratuite, laique et obligatoire, tiens...)
    - Ptolémée : 78 ans (et 78 ans dans un épicycle je vous raconte pas la gerbe...)
    et on remonte encore :
    - tiens, une femme, Aurélia Cotta (femme de J. César) : 65 ans
    - Vercingétorix : exécuté a 36 ans
    - Pythagore : 85 ans
    - Hippocrate : environs 90 ans (comme quoi la médecine devait pas être si dégueulasses que ça, même vers -400 av. J.C...)
    - Aristote : 62 ans
    - Platon : environs 75 ans
    etc...

     

    • Il semblerait qu’après 20 ans, en France, une génération perde 20% de ses membres tous les dix ans. Ca a été vrai du Moyen Age au 19 eme et ce toutes classes confondues. Par contre avec une variation par rapport au sexe. La mortalité des femmes était supérieure à celle des hommes de 20 à 30 et de 30 à 40 ans pour baisser ensuite.

      Je n’ai plus les sources par contre...


    • Que l’espérance de vie des femmes ait été plus faible et la mortalité nourisson plus élevée à un moment n’est pas très étonnant, si l’on tient compte de l’historique des fièvres puerpérales :

      Jusqu’à une certaine date (XVIIème ? il me semble...) les femmes accouchaient de façon traditionnelle, à domicile, assistées de sage-femmes. Or l’expertise séculaire transmise entre les femmes//sage-femmes rendait les infections lors des accouchements (causant ce que T. Willis appela "fièvres puerpérales") très rares.

      Par contre, après cette date, il me semble que les femmes des villes ont commencé à accoucher dans les premières cliniques sous la supervision des médecins. Or les médecins, à cette époque, étaient :

      1/ directement au contact de plusieurs autres malades, donc devenaient vecteurs de maladies,
      2/ en contact avec des cadavres (pour apprendre/perfectionner l’anat’, etc...), donc transportaient aussi des bactéries participant notamment à la putréfaction des chaires,
      3/ Or, la contagion microbienne n’était pas encore connue. Seules avaient été trouvés jusque là des moyens empiriques de les éviter (dans l’ancien contexte, donc)... mais en dehors de choses comme ces grandes structures médicales urbaines. L’hygiène étant a l’époque assez relative (importance du lavage des mains etc : peu/pas connu)...

      Une fois ces structures construites et utilisées (un nouveau paramètre), une nouvelle problématique, fut posé : la mortalité des femmes lors des accouchements causé par les fièvres puerpérales. Ce type de mortalité, jusque là relativement rare, a alors explosé ... il faudra attendre la toute fin du XVIIIème/milieu du XIXème (avec Semmelweiss surtout, qui avait étudié la peste de Londres, ça aide...) pour que les choses commencent à rentrer dans l’ordre.

      D’aucun ayant mauvais esprit pourrait dire que ici aussi on voit que la modernité a aussi apporté les problèmes qu’elle s’est ensuite glorifiée d’avoir résolu... comme quoi y’a pas que les Socialo et autres Antifa qui ont utilisé ce principe ...

      pour plus d’information : http://fr.wikipedia.org/wiki/Fi%C3%...


    • j’ai écrit une bêtise :
      - C’était John Snow (pas celui de la série "trone de fer" hein, homonymie...) qui a analysé méthodiquement l’épidémie de choléra (et pas de peste) de Londres,
      - Mais au même moment, Semmelweiss observait le phénomène des fièvres puerpérales en Autriche (et pas à Londres, donc)...

      petite confusion dans mes souvenirs, mea culpa :x
      Cela dit, les 2 sont considérés comme pères de l’épidémiologie et ont travaillé globalement dans les mêmes années...

      (Et c’est moi qui ait compilé ces info sur les ages, Mr du commentaire en dessous ! nanméo ! ;) )


  • Marion est pleine d’entrain comme d’habitude mais comme d’habitude elle se plante complètement sur les questions économiques.
    1. La grande période de réunion des terres aux mains des bourgeois et de certains seigneurs date de bien avant les réformes libérales (1500-1650). Le mouvement continue ensuite, mais si il y a un ennemi du petit propriétaire c’est François Ier, pas Turgot. Enfin, quand on est enthousiaste, on est pas à trois siècles près.
    2. A la fin du XVIIIe la France n’a pas d’industrie drapière capable de rivaliser avec l’Angleterre. Elle n’en aura jamais, sans charbon, sans canaux, elle ne peut pas offrir une compétition viable aux usines de Manchester. Les industries françaises sont des industries de luxe, les cotonnades de Nîmes, les soieries de Lyon. Donc tarif ou pas il n’y a pas de différence à long terme.
    3. Si il y a eu des disettes, la France du siècle des Lumières ne connait pas de famines. La population augmente de 30% entre 1715 et 1789, la consommation de viande augmente aussi, la production de blé aussi. D’aucun s’étonne de constater que les forts des Halles à Paris s’offrent une pause café au lait comme les dames de la haute, pour toute leurs horreurs le capitalisme et le libéralisme des Lumières ne causent pas de catastrophes humanitaires.
    4. Il faut arrêter de traiter la taxation du pain comme la panacée universelle. Elle ne fait qu’une chose s’est de calmer la spéculation en empêchant les prix de dépasser un certain point. Mais si il n’y a pas de blé, il n’y a pas de blé, taxation ou pas. Est-on bien sûr d’ailleurs qu’elle soit efficace contre les spéculateurs ? En théorie, oui, mais en pratique, je ne connais pas de preuve.
    5. Le problème avec les taxes royales n’était pas leur niveau en tant que tel. Même si elles étaient souvent élevées, elles étaient souvent plus basses qu’en Angleterre ou en Hollande. Le gros problème était leur injustice, comme l’état noble permettait d’éviter l’impôt dès qu’un bourgeois achetait ne seigneurie, il se substituait à la taille laissant les moins fortunés se démener avec le reste de la côte part du village.

    Finalement, on peut avoir une espérance de vie de 12 ans et un âge moyen au mariage de 35 ans si la mortalité infantile est assez élevée. Le calcul est facile.

     

    • #536103

      1. Je n’ai jamais dit que l’époque avait inventé l’embourgeoisement de la propriété foncière. Nier qu’il y ait eu, sous Louis XV, une vogue de la bourgeoisie en direction de l’agriculture c’est vraiment n’avoir rien compris à l’engouement physiocratique et encyclopédique pour l’achat de terres.
      2. Il faut vraiment ne pas connaître le siècle pour nier l’horreur que fut, pour la France, le traité de libre-échange de 1786 avec l’Angleterre. Traité qui fut voulu et concocté par les physiocrates, en l’occurrence Dupont de Nemours.
      http://www.jstor.org/discover/10.23...
      3. Il n’y a pas eu de famines pendant le siècle. Bien. Il y a eu des disettes effroyables dont le peuple assurait qu’elles n’étaient pas dues à la pénurie de denrées, mais à la spéculation. Si on lit les théories des encyclopédistes, la liberté du commerce devait faire monter le niveau de vie de toute le monde, les émeutiers assureront jusqu’au bout le contraire.
      4. Je n’ai dit nulle part que la taxation était la panacée universelle. Je me contente de dire que le peuple la voulait, la réclamait, l’exigeait et l’appliquait, et que les hommes des Lumières l’ont combattue et ont réussi à la faire abolir.
      5. OK.
      Enfin il faut arrêter de prendre les gens pour des imbéciles et faire mine de croire qu’espérance de vie c’est pareil que moyenne d’âge. La moyenne d’âge, c’est l’âge de tout le monde divisé par le nombre d’habitants : la mortalité infantile à l’époque donne un chiffre bas. L’espérance de vie d’un adulte au 18e siècle est, je crois d’une cinquantaine d’années. La confusion entre les deux termes induit dans l’esprit des jeunes lecteurs que nos aïeux étaient vieux à 30, ce qui est grotesque.


    • La classe @maharbbal , Marion vous a répondu petit veinard.... :-)


    • Non c’est Marion qui a la classe à Dallas. Répondre à ses lecteurs c’est une marque d’honnêteté et d’engagement qu’elle ne partage pas avec grand’ monde en France.

      A mon avis, l’engouement des physiocrates marche dans le sens inverse. Ce sont des proprétaires et des fermiers qui se piquent de politique plutôt que des politiciens qui se passionnent pour l’agriculture. Mais c’est un détail, j’essayait de dire que d’accuser les physiocrates d’avoir causé le mouvement rassembleur c’est leur faire trop d’honneur. Les causes sont plus anciennes et plus vastes qu’eux, je pense avant tout aux économies d’échelles réalisables en plaine grâce aux nouvelles techniques.

      En les lisant on se fait une idée fausse de ce qu’était la France du XVIIIe. Les réformes en bien ou en mal ne pouvaient pas changer grand-chose. Je ne peux pas lire l’article en lien tout de suite, mais je sais déjà ce qu’il peut lui être répondu : la législation n’affecte presque pas les cycles économiques, la crise des années 1780 est assez générale en Europe, ce qui explique les mouvements de colère qui balayent le continent durant cette décennie, dès avant 1789 (ex : les patriotes hollandais). Quand bien même les physiocrates auraient eut raison sur toute la ligne, auraient-ils transformés la France en profondeur ? Auraient-ils transformé le bocage en riche terre à blé et fait pousser des oliviers à Metz ?

      On pense ce que l’on veut des réformes libérales. Le fait demeure que le peuple a accès pour la première fois à certains luxes (rubans, soie) et que l’accès à d’autres luxes s’étend (froment, vin, éducation), qu’il y a une poussée démographique et une amélioration générale des conditions de vie. Ça ne veut pas dire que ce soit rose pour tout le monde, ni que les physiocrates soient à l’origine de ce mieux être. Cependant ça met aussi en question leurs critiques les plus vigoureuses.

      Quant à la taxation, si la question est peut-on gouverner malgré le peuple, là joker c’est pas mon rayon. Mais si on se demande si la taxation était une bonne chose, là il est aisé de répondre que non puisque c’est une façon de résorber un syndrome et pas de s’attaquer aux causes (mauvais rendements et piètre commerce).

      Pour ce qui est de l’espérance de vie à la naissance c’est effectivement une mesure idiote, soit on parle de la mortalité infantile, soit on par de l’espérance de vie à quinze ans, mais la mesure brute est trop biaisée pour être intéressante.

      Cordialement


    • #537425

      Merci du respect que vous me témoignez, et que je vais m’efforcer de ne pas décevoir.
      Dire ce qu’ont dit les physiocrates et ce que fut leur influence dans l’entourage du roi ne fait pas d’eux les inventeurs de quoi que ce soit. Ils ont été les théoriciens d’un changement dans la doxa économique (pardon pour l’anachronisme du mot, inventé par eux justement), et n’ont certainement pas poussé qui que ce soit à investir dans la terre : le mouvement les a bien évidemment précédés mais il fallait, pour le mettre au pouvoir, venir à bout de vieux dogmes pour eux obsolètes. L’Encyclopédie leur servira à ça, Voltaire sera leur champion et Diderot sera, probablement d’ailleurs à son corps défendant (il hurlera quand il verra les résultats de la libre circulation des subsistances qu’il avait tant promue), le grand propagateur de ce nouveau dogme. C’est ça les Lumières : la guerre, victorieuse au bout du compte, des faiseurs d’argent contre les partisans du bien commun. Ni plus, ni moins. Et le montrer ne consiste pas à dire que ces causeurs méprisants ont rien inventé.
      Le peuple se foutait du tiers comme du quart d’avoir accès à un luxe qu’on leur agitait en lieu et place de l’essentiel. Le peuple français vivait, et plutôt bien, majoritairement à la campagne où il produisait en abondance ce qui le faisait vivre. Les réformes libérales ont fait de cette abondance l’objet de spéculations destinées à enrichir des paraistes au détriment des producteurs.
      Pour ce qui regarde la taxation, elle n’a jamais été la réponse à la pénurie, mais à la spéculation. Elle n’a jamais consisté à faire venir du blé, mais à empêcher des rapaces de l’accaparer pour en faire monter le prix. Uniquement. Ne cherchez pas d’autre but à la taxation : elle est le cri du peuple qui interdit que des sangsues viennent s’enrichir de sa sueur. Elle fut la réponse non pas à la disette de pénurie, mais à la fausse disette de hausse indue des prix. Toutes les colères populaires du siècle (mise à part la révolte des parents lors de la Marche rouge), n’est que le cri des braves gens contre l’inhumanité d’un système qui prétend qu’en laissant faire la rapacité de chacun, on produira le bien-être de tous.
      Toutes les Lumières sont là. C’est le système dans lequel nous vivons depuis.


    • Ah ah ! Nous y voilà ! "la fausse disette". Y a-t-il spéculation délétère sous l’Ancien Régime ? On le dit, mais il n’y a pas de preuves tangibles d’accaparement des grains :

      1. Il y a un côté positif à la spéculation, il faut bien faire des stocks, même en cas de mauvaise récolte, on ne sait jamais l’année suivante sera peut-être encore pire. Mais comment différencier entre le stockage et l’accaparement ? Ils se ressemblent et ont les mêmes effets. donc on prend aisément l’un pour l’autre.

      2. Le mouvement des prix du grain sous l’Ancien Régime est extrêmement complexe. L’équation beau temps = bonne récolte n’est pas entièrement vraie. Par exemple, quelques années d’abondance avec des prix bas créent une situation de surproduction, la faillite de certaines exploitations et en retour une chute de la production et une hausse des prix (cf Marx). Tout ça pour dire que c’est un mécanisme si compliqué en soi qu’il est presque impossible de discerner si quelqu’un bidouille les prix ou pas.

      3. Le marché des grains en France vers 1750 c’est plus de 100 millions de livres tournois. Enorme. Il n’est pas impossible qu’ici et là on parviennent à manipuler les prix mais dans les grandes villes, les sommes sont trop gigantesques pour être aisément manipulées. Si quelqu’un essayait de spéculer à outrance sur les prix il devrait emprunter beaucoup, le marché du numéraire serait affecté jusqu’à Amsterdam, mais je ne connais aucune référence à ce type d’emprunt.

      4. Les grands marchés français sont connectés à l’étranger, mal, mais ils le sont. Si d’aventure quelqu’un bidouillait les prix à Paris ou Rouen, il y aurait toujours des Hollandais ou des Anglais pour faire l’arbitrage, ramasser une fortune et mettre le gros malin en faillite. (A ce titre, il est intéressant de noter que le ministère Turgot prend place au beau milieu d’une crise bancaire très importante qui aide peut-être à expliquer certains problème sur le marché céréalier français)

      Quatre raisons pour lesquelles (selon moi) les crises du type Guerre des Farines de l’Ancien Régime sont des symptômes de bien des choses, mais pas d’un complot de famine. Il y a bien des conflits qui couvent entre une partie de la population et les marchands de grains (changement des règles de commercialisation, réunion des terres, changements culturaux et techniques), les accuser d’être des affameurs, c’est de bonne guerre, en quelque sorte, mais ce n’est pas strictement exact.


    • #540361

      « On le dit, mais il n’y a pas de preuves tangibles d’accaparement des grains »
      Vous semblez bien mal renseigné, il faudrait que vous étudiiez un tout petit peu l’Histoire du 18e siècle avant d’énoncer de pareilles énormités. Votre discours tient du dogme libéral et ne relève en rien de l’étude des faits.
      Quelles sont vos sources ? D’où tirez-vous qu’on a besoin de spéculateurs pour faire des stocks ? Vous ne savez vraiment pas faire la différence entre accaparer du blé en attendant qu’il monte et constituer des greniers publics pour faire face à une pénurie ?
      Un conseil amical, lisez donc :
      Le Pain, le peuple et le roi, La bataille du libéralisme sous Louis XV de Steven L. Kaplan. Librairie académique Perrin.
      Si ça ne vous suffit pas, essayez Hardy, Prosper-Siméon, Mes Loisirs ou journal d’événements tels qu’ils parviennent à ma connaissance, 1753-1789  ; PUL Canada 2008.
      Ou encore Ljublinski Vladimir Sergueevitch, La Guerre des farines, Contribution à l’histoire de la lutte des classes en France, à la veille de la Révolution, Traduit du russe par François Adiba et Jacques Radiguet, Presses universitaires de Grenoble, 1979.
      Ou bien : La Guerre du blé au XVIIIe siècle, par E.P. Thomson, V. Bertrand, C.A. Bouton, F. Gauthier, D. Hunt, G.R. Ikni, Les éditions de la Passion, 1988.

      Si vous y trouvez des anomalies et des contrevérités, croyez que j’en ferai mon miel et n’hésiterai pas à réviser mon jugement.
      D’ici là, par pitié, soyez gentil de ne pas répondre à côté de ce que je dis : je n’ai pas évoqué de pacte de famine ni assuré que le beau temps signifiait belle récolte.


    • Je me suis mal exprimé. Ce que je voulais dire c’est qu’il n’y a pas de manipulation des cours du blé au niveau national.

      Le rôle des marchands dans la constitution de stocks pour des villes en pleine croissance ainsi que pour des campagnes de plus en plus spécialisées dans leurs productions et donc de moins en moins à même de se nourrir elles-mêmes, me semble couler de source. Puisque que le transport est aux mains des marchands privés, le stockage et la distribution le sont aussi. L’alternative n’existe que dans les campagnes des provinces produisant beaucoup de blé, où certains villages sont à même de ne reposer que sur la production locale pour leur consommation annuelle. Je ne vois pas réellement d’alternatives aux stockage privé, les essais de stockages gouvernementaux s’étant souvent révélés plus ou moins catastrophiques.

      Je ne connais pas l’ouvrage de l’historien soviétique, mais je peux pointer un problème essentiel avec les ouvrages de Kaplan et Thompson : bien qu’ils parlent de marchés il n’y a pas la moindre courbe de prix dans leur recherches. C’est dommage surtout considérant le travail immense qui a été fait de ce côté.

      Je vous conseille le site gcpdb.info et de regarder les courbes de prix pour toutes les villes françaises, on observe une diminution de la volatilité des prix, ce qui est plutôt révélateur d’un système de distribution qui fonctionne de mieux en mieux.


    • #544627

      @maharbbal
      Désolée une fois encore de vous contredire, mais je n’ai jamais dit qu’il y avait manipulation des cours du blé à quelque niveau que ce soit. Simplement une brusque flambée des prix sur les marchés où les gens viennent se fournir.
      Le rôle des marchands a toujours été de fournir le blé de l’endroit où il est en abondance à l’endroit où il en manque, en se payant au passage pour le dérangement. Point. Le stockage et la distribution n’ont JAMAIS été, jusqu’aux lumineuses Lumières, aux mains des marchands mais entre celles de la police des grains, qui veillait au grain.
      Ce qui vous semble couler de source me semble à moi une vue de l’esprit et n’avoir aucun rapport avec la réalité.
      L’histoire, c’est ce qui s’est passé. Ce que fait Steven Kaplan, c’est de l’Histoire. Il rapporte les faits à partir de l’écrit. Et il le fait remarquablement, même sans faire de courbe de prix que les économistes feront très bien sans lui. Chacun son job.
      Pour qu’un système de distribution du pain fonctionne de mieux en mieux, il faut que la population qui vient en acheter en trouve en suffisance et au prix qu’elle peut payer. Je ne connais pas vos courbes, mais les épais dossiers contenant les dépositions des émeutiers arrêtés pour avoir manifesté contre le système me disent, à moi, qu’il fonctionnait bien pour les uns à proportion de ce qu’il fonctionnait mal pour les autres.
      Ca s’appelle le libéralisme, et ça nous opprime depuis plus de deux siècles.
      Libre à vous de trouver ça génial.


    • Je suis sûr que Fernand Braudel sera ravi d’apprendre qu’il n’est pas un historien car il s’est trop occupé des courbes et des chiffres. Les chiffres et les lettres se complètent. Les archives qualitatives témoignent du déroulé d’une action, et les archives quantitatives permettent de jauger son importance. L’un ne va pas sans l’autre ou alors on s’expose à l’émergence de mythes comme la fameuse crise des tulipes en Hollande qui en fait ne fût qu’un micro micro évènement monté en épingle par des écrivains du temps.
      Ce dont Steven Kaplan parle ce sont les règles du marché. Chaque marché en a, elles affectent son fonctionnement et influencent ses performances. Mais pour jauger l’un et l’autre, rien ne vaut des éléments statistiques. C’est un peu comme si vous espériez comprendre le fonctionnement de la banque centrale européenne en vous appuyant sur ce que disent les gens dans la rue... Vous apprendrez beaucoup de choses sur eux, mais peu sur le système financier.
      Quant à la police prenant en charge la distribution des grains, je crois que vous vous méprenez. Elle édictait des règles que les distributeurs devaient suivre et essayait de les faire respecter, mais, sauf cas très rares, l’administration centrale ne fut jamais en charge de la distribution des grains en France (contrairement à l’Angleterre ou la Suède). Il suffit de relire l’ami Edgar Faure pour voir que les récriminations contre les accapareurs remontent avant même la naissance de Montesquieu. Géographiquement et chronologiquement, elles n’ont rien à voir avec les Lumières en particulier, le parti-pris historiographique de Kaplan et quelques autres donnent une image déformée (puisqu’ils étudient le XVIIIe, il semble que le problème émerge à cette époque, alors qu’eux ne prennent cette date initiale que parce qu’il y a trop de masses d’archives pour remonter plus avant).
      Quant à votre croisade contre Turgot, je veux bien qu’il ait été aux mains d’un parti (comment aurait-il put en être autrement), mais son combat contre la corvée royale et pour l’égalité fiscale me le rendent néanmoins pas totalement antipathique.

      Faudra qu’on se prennent un canon pour parler de ça, les commentaires c’est trop lent. Je pense qu’ER peut vous passer mon email.


    • @ maharball
      Pour apporter un peu d’eau à votre moulin, l’édit royal du 19 avril 1723 faisait déjà "défense à toute personne de faire aucun amas de grains", ordonnant de les porter "chaque semaine aux plus prochains marchés", interdisant aux marchands de "les amasser et de les garder au-delà de ce qui leur est nécessaire pour leur subsistance". Ces tentatives de spéculation étaient donc monnaie courante (bien avant l’émergence des Lumières), même lorsque les récoltes se révélaient satisfaisantes.


  • sur le désir d’égalité et de liberté il faudrait peut-être jeter un coup d’œil aux cahiers de doléances de 1789. Il semblerait bien qu’il s’y exprime un vrai ras-le-bol des privilèges et de toutes les taxes et corvées dont le peuple devait s’acquitter et un désir de voir les charges fiscales réparties plus équitablement au sein de la société. S’ y exprime aussi un désir d’ouverture pour tous aux hautes charges ( devenir officier, intégrer le haut clergé, etc.) entre autres choses.
    http://pedagogie.ac-toulouse.fr/lyc...
    http://www.cosmovisions.com/ChronoR...

     

    • Ce raisonnement qui consiste à réclamer de pouvoir accéder à de hautes fonctions "parce que je le vaux bien" tient justement sa source de l’essor du libéralisme et de l’individualisme. Egalité en droits... Le résultat en 2013 ? Devinez...
      Par ailleurs, les inégalités ont toujours existé. Le fait d’accroître un peu la pression dans un Siècle où le développement économique et culturel est majeur n’aurait pas dû poser autant de problèmes. L’exploration du monde, le commerce international, l’ouverture des pays les uns envers les autres (ça ne vous rappelle pas un certain mondialisme ?) aurait dû logiquement satisfaire -par effet de retombées, argument fétiche des libéraux, quel hasard- le Tiers-Etat.
      L’arrivée d’une "Révolution" apparaît d’autant plus saugrenue, car, qu’on m’arrête si je me trompe, personne ne la vu venir. Et pour cause, le monde était en pleine expansion (mais pour seulement quelques privilégiés, tiens, tiens...). Vous avez dit bizarre ?


  • hum hum hum, voici l’évolution de l’espérance de vie en France depuis 1750.
    Elle était bien de 28 ans au milieu du XVIII ème siècle. ( Ce qui ne signifie pas pour autant que les gens mourraient tout à 28 ans !)
    http://www.ined.fr/fr/tout_savoir_p...

     

    • #536865

      INED : "L’espérance de vie calculée pour une année représente la durée de vie moyenne d’un groupe de personnes qui seraient soumises, âge après âge, aux conditions de mortalité de l’année."
      Est ce une définition pertinente ?

      La mortalité infantile ?

      Les avortements ?

      Quelles sont les sources de l’INED, qui finance l’INED ?

      Peux-tu m’expliquer ce qui t’interdit de douter d’eux ?


  • Bravo à E&R Bourgogne pour le générique !


  • #536082
    le 24/09/2013 par Catholique & Français
    Les Lumières dans les ouvrages destinés à la jeunesse

    En fait, le flicage "rationnel" des enfants a été vraiment expérimenté et mis en route en 1793 (ou 1794 ?) par le "Camp des Sablons" (près de l’actuelle Porte Maillot à Paris) ; ce Camp est une effrayante préfiguration de la formation des "Hitler Jugend" et typique de l’esprit rationnel et rationnaliste des révolutionnaires fanatiques. J’ai découvert l’existence de ce camp dans un article effarant de Gosselin Lenôtre.

     

    • #536401

      Il me FAUT votre source !
      Merci d’avance...
      Marion


    • #536584
      le 24/09/2013 par Catholique & Français
      Les Lumières dans les ouvrages destinés à la jeunesse

      Je viens de fouiller ma bibliothèque : G. Lenotre. La Petite Histoire. Titre : "Sous le bonnet rouge". Les Cahiers Rouges. Bernard Grasset. Janvier 1989. Il s’agit d’un gros "livre de poche" et l’article qui vous intéresse (une dizaine de pages) et que je n’ai jamais oublié, tant il m’a scandalisé, s’appelle "L’Ecole de Mars" (ISBN 2-246-13812-4). Cette ahurissante histoire de camp de 3400 enfants, situé sur la commune du Neuilly du 18°s est très mal connue et moi-même qui suis pourtant un grand amateur de l’histoire de la révolution, je ne la connaissais que par cette source (sérieuse et assez détaillée). Je profite de ce mot pour vous dire toute mon admiration pour le courageux et si efficace travail que vous faites, même si je ne suis pas d’accord sur tout ce que vous dites. Que le Bon Dieu vous bénisse, vous et votre combat !


    • #536677
      le 24/09/2013 par Catholique & Français
      Les Lumières dans les ouvrages destinés à la jeunesse

      En vrac dans l’article de Lenotre : construction du camp fin juin 94, caché aux habitants par une longue et haute palissade peinte en tricolore ; situé depuis la Porte Maillot jusqu’à l’actuelle Place du Marché ; enclos gênant la circulation car il englobait une partie de la grande route qui prolongeait les Champs Elysées ; à l’intérieur : baraques de planches, hangars et tentes ; enfants pauvres de 16 à 17,5 ans venant à pied de toute la France, chaque département en ayant "fourni" un certain nombre ; 3400 enfants défilent le 8 juillet au son d’une musique guerrière ; ensuite tonte de toutes les recrues ; le peintre David crée l’"uniforme", "mi-romain, mi-écossais" (sic !) avec "tunique polonaise", épaulettes en "nid d’hirondelle", shako avec panache, gibecière corse, ceinture en fausse peau de tigre et glaive à l’antique ; recrues divisées à la romaine en "milleries", "centuries", "déçuries" commandées par des "millerions" etc... ; coucher à la dure sur la paille ; éveil à 5h par un coup de canon suivi d’un hymne à l’Etre Suprême exécuté par la fanfare militaire du camp ; rien à manger avant la "soupe" de midi ; viande 2 fois/décade ; exercices militaires et cours de propagande révolutionnaire tous les jours ; très vite : "mauvais esprit" et indiscipline chez les embrigadés puis trop prévisible épidémie de "dysenterie" : 26 élèves renvoyés car trop malades, 500 portés à l’hôpital, 12 morts immédiatement ; nombreuses désertions. En octobre : fin de l’"expérience" et l’"école" est évacuée en 5 jours.


    • #536955

      Merci. J’ignorais tout de ce camp apparu après la Terreur à ce que je comprends. Je fais lire ça. Mille mercis.


  • bonjour madame Sigaut, je vous ai découvert il y a 6 mois maintenant, et je dois dire que j’apprécie votre travail , j’ai déjà acheter et lu vos quatre livres, et grâce à vous je peux dire que je suis moins bête aujourd’hui que je ne l’étais à l’époque ( même si il me reste encore beaucoup de travail). un grand merci à vous et continuez à nous instruire comme vous le faites.
    cordialement
    Yann


  • #536203
    le 24/09/2013 par Catholique & Français
    Les Lumières dans les ouvrages destinés à la jeunesse

    Pour ceux qui s’intéressent à la révolution française, je conseille la lecture des "Origines de la France contemporaine" d’Hippolyte Taine. Il faut s’armer de beaucoup patience car c’est un ouvrage colossal et très long à lire. L’auteur n’était absolument pas royaliste mais libéral (et protestant ?) et il est impossible de refermer son livre sans être dégouté à tout jamais de toutes les fadaises que l’on nous sert depuis 2 siècles sur cet évènement majeur de l’histoire du monde. Pour moi, "Les Origines de la France Contemporaine" sont à notre société issue de la révolution ce que "L’Archipel du Goulag" est à la société soviétique. Un bouquin majeur !

     

    • #536392

      En effet j’ai lu ce pavé en son temps. Mais attention, Taine était un libéral, et pour autant que je me souvienne, il avait fort peu de commisération pour le malheureux peuple français si rétif aux joies du libéralisme. Mais ma lecture remonte à dix ans au moins... De toute façon il faut le lire.


  • Bonjour Madame Sigaut.

    Avez-vous déja recontré dans vos documents le terme de “Quart-État” employé notamment par A-A Upinsky dans son livre “La Tête Coupée” ? D’après lui le tiers de “Tiers-État” ne désignait à l’époque essentiellement que les “gens de robe” (environ 2% de la population), et pas l’immense majorité des agriculteurs du “Quart-État”. L’abolition des privilèges a concerné surtout le clergé et les nobles, pas les magistrats du “Tiers-État”. Il est remarquable d’ailleurs qu’au milieu de tous les bouleversements sociaux cataclysmiques de la Révolution, la langue juridique est demeurée immuable.

     

    • #536417

      Bonjour,
      Non je ne connais pas ce terme, mais il est inexact en toute hypothèse. Les Etats d’Ancien régime étaient les assemblées provinciales dans lesquelles siégeaient les représentants des trois ordres qui répartissaient les impôts. Il n’y avait pas quatre mais seulement trois ordres, donc trois états. Ce qu’on appelle communément les gens de robe sont tous les professionnels de la justice, dont les plus importants étaient les juges qui, eux, siégeaient avec la noblesse.
      Pourtant il y eut beaucoup de juristes dans le Tiers, si c’est ce que vous voulez dire. Je n’y ai pas regardé de très près, mais je crois que c’est vrai. Les "représentants" du peuple sont surtout représenté une infime partie de la population, la plus grande ayant été soit ignorée, soit carrément combattue quand ce n’est pas exterminée (Vendée...)
      Vous avez raison, les profession judiciaires ont très peu changé avec la Révolution. Tout le décorum judiciaire (toges, perruques, hermines, rabats et langage) semble avoir perduré imperturbablement Votre remarque est intéressante. Merci.


  • Bonsoir Madame Sigaut. Merci infiniment pour votre formidable travail.
    Concernant le camp des Sablons, allez sur Gallica : Joseph Souberbielle, Observations sur l’épidémie dyssentérique qui a régné à l’école de Mars, au camps des Sablons en 1793.
    http://gallica.bnf.fr/ark :/12148/bp...


  • On a dit et on dit encore hélas beaucoup de bêtises sur le 18e et surtout sur la Révolution ! On pourrait en faire un inventaire à la Prévert !

    Un détail "amusant" dans la 3e video (vers 8’) : les nobles ont investit dans des entreprises de draperies, alors que les bourgeois ont choisi la pierre et la terre. Or on nous a toujours laissé entendre que les nobles étaient des "frileux" investissant sans risque dans la pierre, et que les bourgeois tentaient l’"aventure"....

    Un grand merci à Marion Sigaut pour son travail de réinformation !


  • L’espérance de vie est une notion mal comprise, et utilisée de façon approximative (pour rester correct). Il est exact qu’elle est de l’ordre de 28 ans vers la fin du 18e siècle (on parle de moyenne ; il faudrait voir en détail pour chaque province), mais on "oublie" de préciser qu’on la détermine à la naissance... Or une fois passé la première année (et c’est toujours le cas aujourd’hui) cette espérance augmente considérablement. Il est donc évident qu’il est malhonnête de laisser sous-entendre que les gens mourraient à 30 ans. Certains oui, mais on pouvaient aussi mourir de vieillesse à 60, 70 voire 80 ans au 18e

    Je n’ai pas lu le Louis XVI de JC Petitfils, par contre je recommande particulièrement son Louis XIII. C’est remarquable aussi bien sur le fond que la forme.

     

    • Selon l’INED, ce chiffre est exact :

      http://www.ined.fr/fr/tout_savoir_p...

      La methode de calcul n’est pas précisée mais selon mon souvenir d’école elle est la moyenne des ages de déces apres l’age de 1 an (mortalité infantile).

      En général on précise si l’on tient compte de la mortalité infantile ou non. Par prendre compte je pense qu’on oublie les déces survenus avant le premier anniversaires.

      C’est une escarmouche d’arriere garde mais tout de meme intéressante.


    • #541522
      le 29/09/2013 par homothymaddon-universitas
      Les Lumières dans les ouvrages destinés à la jeunesse

      Merci Marion pour votre oeuvre de réhabilitation de nos aïeux.
      J’avais toujours vu un paradoxe entre le fait que notre pays ait un magnifique patrimoine, et les affirmations comme quoi nos aïeux auraient été complètement débiles.

      Pour ce qui est des chiffres de l’INED, il est bien précisé qu’il s’agit de l’espérance de vie à la naissance, donc la baisse de la mortalité infantile induit nécessairement un biais dans les comparaisons. Pour y exclure la mortalité infantile, il faudrait prendre l’espérance de vie à 2 ans.

      D’autre part, une bonne partie des archives ayant été perdues, je ne m’étonnerais pas qu’une bonne partie de la statistique soit fondée sur des estimations, dont il faudrait connaître le détail et le traitement statistique. En particulier, je crois savoir que sous l’ancien régime on comptait "par feu" (foyer).

      Il faut toujours se méfier avec les traitements statistiques, en particulier lorsque les données sont reconstruites à postériori car alors l’idéologie préconçue s’en mêle. On en a une bonne illustration actuellement avec la reconstruction des températures anciennes dans l’affaire du réchauffement climatique.

      Par exemple, je m’étonne que, pendant la dernière décennie du 18e siècle, le graphique montre une espérance de vie qui augmente constamment, d’environ 30 à 35 ans, bien qu’il y ait la période de terreur, les guerres de Vendée, la guerre civile, des émeutes un peu partout en France et la guerre aux frontières du pays (avec la conscription)...

      Donc je ne crois pas qu’il faille prendre ce graphique de l’INSEE pour parole d’évangile.
      De fait, les acteurs que nous montrent l’histoire ont généralement vécu bien au-delà de 28 ans... sauf pendant la révolution où nombreux furent les Danton et Robespierre mort pendant la trentaine.

      Recevez mes salutations distinguées.



    • J’avais toujours vu un paradoxe entre le fait que notre pays ait un magnifique patrimoine, et les affirmations comme quoi nos aïeux auraient été complètement débiles.



      dit autrement dans la 4ème de couverture de l’histoire de France de Jacques Bainville :
      "En tout cas, un âge vient, et très vite, où l’on a besoin d’un fil conducteur, où l’on soupçonne que les hommes d’autrefois ressemblaient à ceux d’aujourd’hui et que leurs actions avaient des motifs pareils aux nôtres."

      J’ai trouvé la formule percutante.

      Par rapport à la mortalité et autres chiffres : la formule reste la même, sauf qu’elle ne s’applique plus aux gens du peuple mais aux gens de pouvoir.

      Pour "le combat d’arrière garde" : pas d’accord. On ne peut pas nous vanter les mérites du modernisme en comparant les époques et, l’instant suivant, blâmer le "c’était mieux avant" de Francis Cabrel. La recherche d’équilibre entre les valeurs traditionnelles et l’adaptation aux situations actuelles est permanente en chacun de nous : que garder de nos parents ? Que transmettre à nos enfants ? quand et à quelle dose apporter notre rime ?
      "je suis un mélange d’anarchiste et de conservateur, dans des proportions qu’il reste à définir". Jean Gabin dans le président d’Henri Verneuil.


  • A propos de la révision des Lumières, Marion aurait trouvé dans les écrits de Boisguibert, un des premiers économistes français libéraux (et janséniste) du XVIIème siècle, de quoi nourrir sa réflexion sur les raisons qui ont poussées les intellectuels de l’époque à remettre en question le système économique et social de la France de Louis XIV. Dans le texte "Détail de la France" (1695) :

    Pourquoi les choses vont-elles si mal “depuis 1660 environ”, c’est-à-dire depuis
    l’administration de Colbert, demande Boisguilbert ? Parce que le secteur
    fondamental de l’économie française, l’agriculture, de qui part la plupart des revenus
    qui irrigent les autres professions et les finances de l’État, est véritablement un
    secteur sinistré. Et pour quelle raison en est-il ainsi ? Parce que la demande pour les
    produits agricoles, qu’ils soient issus des champs ou des vignes, a fortement chuté.
    Quelle est, enfin, la cause ultime de cette “destruction” et de cette “impossibilité” de
    la “consommation” de la part “des peuples” ? Ce ne sont certainement pas, affirme
    l’auteur, les raisons qui sont habituellement avancées, c’est-à-dire un prétendu défaut
    de quantité de monnaie, ou un montant excessif d’imposition de la part du Roi ; les
    causes principales, telles qu’elles sont explicitement dénoncées dans le Détail, sont la
    manière dont les impôts sont établis et celle par laquelle ils sont collectés. L’État,
    pour alimenter ses finances, n’a pas respecté la logique de la vie économique ; il a
    considérablement modifié le système d’imposition, rendant ainsi les “tailles”, les
    “aides” et autres “douanes” (intérieures comme extérieures) responsables de l’état de
    langueur dans lequel l’économie se trouve plongée en 1695.

    http://ggjjff.free.fr/textes/Lire_B...


  • #538216

    Merci de nous "apprendre" a nouveau l’histoire, je sors de l’école il y a une dizaine d’années c’est appréciable d’entendre un autre son de cloche


  • Mme Sigaut comment analysez vous la transition démographique qui s’est opérée au cours du XVIIème siècle ?
    Bien à vous.

     

  • #538389

    Bombe atomique mentale, cet entretien.

    Pour ceux qui n’ont jamais suivi Madame Sigaut, il y a tout : la longévité normale , le travail des femmes, l’école - la vraie - pour tous, l’imposture des "lumières" (jusqu’à leur nom), le quotidien des enfants, etc. sous l’ancien régime. Et bien-sûr : l’imposture des lumières (jusqu’à leur nom). ça ressemble à un coup d’état qui ne dit pas son nom. Il faudrait enquêter sur chacun des membres de la clique de minables voyous de l’encyclopédie.

    Concernant la longévité, de toute façon il suffit, comme je l’ai fait dans un commentaire précédent, de compiler les longévités de tous les personnages historiques célèbres dont on a la trace. La majorité des philosophes antiques grecques ont vécu longtemps. Dès lors, un mot s’impose : rideau.

    Toutes ces conneries ne servent qu’à légitimer le mythe du "progrès", concept que j’ai toujours trouvé impressionnant par son insondable vacuité.
    Il suffit de voir ce qu’était la médecine avant Semmelweiss, maître spirituel de Céline, pour voir qu’il s’agit d’une substitution parmi bien d’autres. Une substitution et non une innovation.

    Comme je le soupçonnais, les filles étaient nubiles plus tardivement. C’est en corrélation avec l’obsession pour le cul dans notre société. J’avance l’hypothèse que c’est la sexualisation de la société, par l’image et les pressions sociales, qui accélère le développement sexuel. Comme l’a relevé Félix pour les garçons, il n’est pas non plus exclu que des déréglements hormonaux profonds, tels qu’ils peuvent influencer le phénotype des filles, soient provoqués par des "disrupteurs" endocrinaux (en bon franglais).

    Sur le travail des femmes, c’était évident. Seules les bourges bobos s’imaginent qu’on travaille pour prouver qu’on peut faire aussi bien que les hommes. On travaille par nécessité, c’est tout. Ce qui n’exclu pas d’aimer obligatoirement d’aimer ce que l’on fait et d’en être fier.

    Sur l’école : je le sais depuis toujours par l’expérience, mais je crois qu’à présent il est clair pour tout le monde que le rôle objectif et fonctionnel de l’école est un rôle de propagande et de dressage.

    Merci Madame Sigaut. Vous me donnez envie d’étudier l’Histoire, discipline que je n’ai commencé à apprécier qu’à l’âge de 19 ans.


  • Bonjour Marion,
    Je voulais juste vous signifier, mais vous le savez déjà surement, que Louis XVI a été privé des derniers sacrements, on lui a même refusé de voir un prêtre. Tout comme Jeanne d’Arc, elle les a demandés, et on les lui a refusé, alors qu’elle était en cellule, en attente de son châtiment.
    Comme dirait, Alain, "c’est signé !" non ?
    Merci en tous les cas, pour toutes vos conférences, vous m’avez l’air fort sympathique !
    Nina


  • #541078

    Bravo à E&R Bourgogne pour le magnifique générique.


  • Madame Sigaut,

    je voulais aussi vous dire que vous aidez le peuple français à se réconcilier avec sa police(la vraie, pas les fausses filles de la dcri employés de IsraHell qui ont formé Mohamed Merah ou de la dgse qui aident à entraîner et armer les rebelles en Syrie).

    C’est assez étonnant de voir leur rôle fondamental pour éviter que la caste organisée puisse manipuler les prix du pain à sa guise.

    Ce serait intéressant si vous pouviez faire le parallèle entre les services secrets français aujourd’hui et avant , puis juste après la révolution.

    Pourriez-vous en dire plus, d’ailleurs, au sujet de cette dernière question ? Quel était l’équivalent il y a 3 siècles de la dcri ?

    Avait-elle le rôle aussi néfaste de provocation qu’elle peut avoir aujourd’hui ?

    Et notamment ces nombreux scandales avérés, comme leur influence direct dans des histoires d’économie, que E&R avait relayés il y a quelques temps.

    Quel était leur pouvoir de nuisance ? leur mode d’intervention ? et en comparaison avec aujourd’hui ?

    Merci et continuez ainsi

     

    • #542251

      Désolée Goy, je ne me suis jamais penchée sur le sujet. J’y garderai un œil et une oreille attentive. De votre côté, si vous trouvez des renseignements, faites-le moi savoir.
      Je sais que Louis XV avait une diplomatie parallèle qu’on nommait "le secret du roi" mais il s’en servait pour les intérêts supérieurs du royaume, et rien d’autre. Et il s’agissait de diplomatie.
      Pour ce qui regarde la police, j’imagine mal un roi utilisant ses services spéciaux pour pousser ses sujets à la faute, ça me semble incompatible avec la royauté
      En tout cas, pour ce que j’en sais, je vois de façon très claire que la police était avec le peuple contre les abus pendant tout l’Ancien régime. Quand les autorités ont voulu lui faire faire un sale boulot, les enlèvements d’enfants par exemple, ils ont dû faire des recrutements spéciaux et discrets, jamais la police ordinaire n’aurait accepté. Voyez "La Marche rouge".
      Je vous souhaite une bonne journée.


    • Chère madame Sigaut, d’abord merci d’avoir répondu à mon premier message. Quelle marque de respect ! merci

      Comme on avait pu le voir du temps de Sarkozy, et dès que cela touche à l’occulte, il ne faut pas s’étonner de voir le satanisme à proximité (cf. LLP)

      Ce type de service travaille dans l’occulte, et assez étonnamment, on avait vu du temps de Sarkozy , des hauts responsables de la dcri se vanter d’avoir des accointances avec la franc-maçonnerie, que personnellement, je ne connaîs que pour le chao qu’elle crée de nos jours.(en parenthèses, j’aimerais bien pouvoir croire qu’à un moment de l’humanité, ça n’aurait pas été le cas, mais est-ce vrai

      Pour ce qui est de notre époque, on voit assez rarement ce genre d’infos, qui pourtant , selon moi, doit être monnaie courante :

      http://www.la-croix.com/Actualite/F...

      Il y a aussi de l’intox. : on a entendu parler récemment, de la soi-disant note écrite par l’équivalent hors sol( dgse), qui selon Jean-Michel Vernochet sur Radio Courtoisie, dans l’audio récent relayé par E&R, s’est avéré être un vulgaire document qui n’a rien de secret, à tel point qu’en cliquant sur enregistrer-sous, il était possible de savoir qui l’a écrit.

      Mais je me demande quel pouvait être l’équivalent des agents de ce type 2 siècles en arrière.

      Aujourd’hui, on peut dire qu’ils sont la source du maintien du pouvoir en France. C’est eux qui ont refusé d’identifier les agresseurs de M. Soral. (Pour ne pas être partial, c’est aussi eux qui sont intervenus pour dire que Mr Boulefkhad n’était pas hors la loi, tiens pour une fois, ils ont servi à quelque chose), mais malheureusement, c’est aussi l’équivalent extérieur, qui arme les rebelles syriens et avait tissé des liens avec mohamed Merah, d’où ses nombreux voyages en Afghanistan, Pakistan ... et Valls n’est pas au courant...)

      Ils utilisent déjà des drones de surveillance du peuple français, comme ils le font aux Etats-Unis, où désormais, ils ont même prêt à tirer sur le peuple(cf notamment la dernière vidéo de Peter Dale Scott pour Thinkerview

      J’espère qu’un jour, certains d’entre eux , prendront conscience du sal bouleau qu’ils font contre la France et rejoindront E&R comme de nombreux gendarmes et militaires qui ont rejoint la quenelle


  • Merci Marion.
    hors sujet : Pour la marche des femmes sur Versailles, j’ai entendu dire (source indéfinie) qu’il y avait des hommes déguisés en femme. Pourriez vous confirmer ou infirmer ou dire la version la plus proche de la vérité, s’il te-vous plait ?

    travail énorme et pointilleux avec plein de citations, mots clés ou preuves à l’appui qu’EetR Bourgogne a fait. Pourriez vous-tu indiquer les références des textes d’époques validant le rôle moteur (voire exclusif ?) des femmes dans les revendications et manifestations ?

    Sur le "féminisme à la con" : pourriez vous-tu faire une vidéo sur les femmes valeureuses à travers l’histoire à donner en exemple aux petites et aux petits (et même aux grands en espérant que cela ne soit pas trop tard) ? Quelque soit la trame ou support (un truc uniquement sur les femmes, c’est déjà bizarre "comme si elles venaient d’ailleurs, de la planète tendresse" dixit Dieudo dans Le divorce de Patrick), pourriez vous-tu raconter ce que vous auriez aimé que l’on vous raconte pour être une femme valeureuse ? Vous êtes une femme valeureuse mais j’aimerais que celles que j’aime évitent toutes les embuches artificielles et non nécessaires à leur épanouissement (les embuches naturelles ou non instiguées à dessein étant déjà assez nombreuses).

    Je vous-tu demande ces choses. Je fais de mon coté : c’est de la souffrance. Comment faites vous ?

    Merci 1000 fois.

    ps : l’âge des règles des jeunes filles devenant femmes au XVIII, c’est la vraie histoire des hommes. Bravo.
    2e ps : hors sujet : vous-tu parlez de la solidarité au XVIII. Je pense au loto d’aujourd’hui ou comment un état institutionnalise l’arnaque de son peuple. (Le Loto n’étant pas la tombola de la fête du village).

     

    • #542652
      le 30/09/2013 par Catholique & Français
      Les Lumières dans les ouvrages destinés à la jeunesse

      Bonjour et pardon Mouloud de me mêler de votre conversation mais je suis un amateur de l’histoire de la révolution française et je vous confirme absolument que beaucoup d’hommes déguisés en femmes étaient certainement mêlés à la marche d’octobre 1789 : ce fait est attesté par quasiment tous les témoins de ces journées, dans quasiment tous les récits, pourtant fort variés et il est difficile d’imaginer qu’ils se trompent ou mentent tous ; de plus de l’argent avait été largement versé dans les poches des manifestants (pratique très courante au début de la révolution) ; le Duc d’Orléans fut évidemment fortement soupçonné... Cette marche s’est d’ailleurs terminée dans une grande violence et il n’a tenu qu’au sang froid des gardes qu’il n’y ait pas eu plus de morts. Je suis désolé de ne pas pouvoir vous donner instantanément les références exactes que je n’ai pas en tête en tapant ce texte mais, si Marion Sigaud ou une autre personne instruite ne peut vous répondre, je vous conseille de mener vos propres recherches, sûr que vous serez finalement aussi convaincu que moi de ce fait admis par la quasi-totalité des historiens. Bien amicalement à vous.


    • #544451

      Ouf ! ca en fait des réponses à donner ! Je vais grouper.

      Concernant la marche des femmes et les hommes déguisés :
      -  Ce n’est pas parce que plusieurs historiens le disent que c’est vrai. Il arrive qu’ils copient tous les uns sur les autres et colportent ainsi des contre-vérités (voir l’Histoire de l’Inquisition par exemple).
      -  Il est possible que ce soit vrai. Je ne me suis pas encore penchée sur le problème, mais c’est au programme, dès que j’aurai terminé ce que je suis en train ‘écrire. Il faudra patienter quelques mois.
      -  Le rôle du duc d’Orléans dans tous les mauvais coups de la Révolution me semble incontestable.

      Pour ce qui concerne le rôle moteur des femmes, il vous faudra aussi attendre que je publie ce que je prépare sur les révoltes frumentaires. Vous y trouverez le nom d’illustres inconnues, ménagères parisiennes ou de villages, qui mènent leur barque contre un système odieux. Vous ne retrouverez pas ces noms dans les livres d’Histoire, elles n’ont pas été retenues. Elles n’en étaient pas moins là.

      Une vidéo sur les femmes : j’ai en projet, pour les mois (ou semaines) qui viennent, une interview sur ce que je pense du rôle des femmes, sur les problèmes féminins, le féminisme etc. Ce ne sera pas forcément historique, on me demande de remettre les pendules à l’heure et je vais me faire un plaisir (contraception, avortement y compris…)

      La souffrance : on souffre tous, à un moment ou à un autre. C’est la triste réalité humaine. On peut faire de sa souffrance un outil pour progresser, se tirer vers le haut, l’occasion de comprendre comment on aurait pu mieux faire. Mais la souffrance n’est que l’obstacle à surmonter, inévitable, elle peut être un but ni pour soi ni pour les autres. Le but, c’est d’être heureux.
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      La loterie est devenue à la mode… au siècle des Lumières. Elle existait avant, elle a servi à combler les déficits sous Louis XV. Voltaire a commencé sa fortune en trichant à une loterie…
      Merci pour vos commentaires et vos signes de reconnaissance. Merci mille fois.


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