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Les accrochages entre rebelles touaregs et soldats maliens se multiplient

Après plusieurs semaines de tergiversations, sans doute à cause de pressions exercées par Iyad ag Ghali, le chef du groupe jihadiste Ansar Dine, la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), qui fédére des groupes indépendantistes touaregs, avait annoncé, le 26 avril, qu’elle parapherait finalement les accords conclus à Alger avec Bamako au sujet du statut du Nord-Mali.

Seulement, le lendemain, le Groupe autodéfense touareg Imghad et alliés (Gatia) et ses alliés d’une branche dissidente du Mouvement arabe de l’Azawad (MAA), tous proches de Bamako, chassa les rebelles touareg du MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad, membre du CMA) des positions qu’ils occupaient alors à Menaka, une ville proche de la frontière avec le Niger.

Secrétaire général adjoint du Gatia, Haballa Ag Amzatal expliqua que ses troupes avaient été « provoquées » par les rebelles du MNLA « à 40 km au sud-ouest de Ménaka, dans la localité d’Inazolt ». Et d’ajouter :

« Nous les avons repoussés et poursuivis jusqu’à Ménaka où nous occupons actuellement toutes leurs positions, notamment la mairie de la ville ».

Quoi qu’il en soit, le CMA considéra que ce coup de force à Menaka était une rupture du cessez-le-feu conclu entre les rebelles touaregs et Bamako, avant de prévenir qu’il ferait usage de son « droit à la légitime défense ». Et depuis ce 27 avril, les accrochages avec les forces armées maliennes (FAMa) se multiplient.

Ainsi, le 29 avril, deux soldats et un enfant ont été tués lors de l’attaque d’un camp de la Garde nationale malienne (une composante des FAMa) au nord-est de Goundam, localité située à 80 km de Tombouctou.

Un peu plus tard, à Léré, d’intenses combats ont opposé des rebelles à des méharistes de la Garde nationale, lesquels ont pu repousser l’assaut après avoir reçu des renforts. Ces affrontements ont fait 19 tués, dont 9 soldats maliens, ainsi qu’une vingtaine de blessés.

Le 1er mai, 6 personnes ont été enlevées et une autre tuée lors d’une attaque attribuée à la rébellion touareg à Bintagoungou, une localité située à 90 km à l’ouest de Tombouctou. « Tout le monde se connaît ici. Ils (les assaillants) avaient le drapeau de la CMA », a affirmé le maire, selon l’AFP.

Quatre jours plus tard, et alors que la Mission de l’ONU au Mali (Minusma) venait une nouvelle fois d’exhorter les deux parties à cesser les hostilités, de nouveaux combats meutriers ont éclaté à Ténenkou, dans la région de Mopti. Bilan : 1 soldat malien tué, de même que 6 rebelles.

Et, à 4 jours de la date de la signature des accords d’Alger (15 mai), 9 soldats maliens ont été tués lors d’une embuscade tendue par les rebelles touaregs, près de la localité de Tin Telout. Parti de Goundam, le détachement des FAMa assurait alors une mission de ravitaillement.

Selon une source militaire au sein de la Minusma, dont les propos ont été rapportés par l’AFP, les assaillants ont attendu le convoi militaire malien à bord de 4 véhicules. Il s’est agi d’une « embuscade minutieusement préparée ».

Cela étant, il semble que les autorités maliennes et les rebelles touaregs n’ont pas vraiment l’intention d’appliquer les accords d’Alger, et cela, même si « c’est un monument de verbiage institutionnel, mélange de loi de décentralisation à la française, de financements hypothétiques censés provenir de la générosité de la communauté internationale, mais qui évitent soigneusement la question de l’autonomie des provinces du Nord », comme l’a récemment affirmé, au sujet de l’accord d’Alger, le député Pierre Lellouche, lors d’un compte-rendu d’un déplacement au Sahel fait devant la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.

Et d’ajouter :

« Au demeurant, il est d’ores et déjà dénoncé par les députés du sud que nous avons rencontrés, comme étant beaucoup trop généreux en faveur du Nord. Et pourtant, il n’est question ici que de montages institutionnels ! (…) Les négociateurs ont joué aux Lego, mais ce sont des boîtes vides : le texte ne prévoit ni fédéralisme, ni autonomie, simplement une libre-administration ».

En outre, la situation actuelle dans le nord du Mali profite aux terroristes, trafiquants et autres groupes rebelles (qui sont parfois les mêmes). D’où leur intérêt évident de la voir se prolonger.

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