Egalité et Réconciliation
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Les français ont été victimes d’une escroquerie

La souveraineté est pour la France une notion ancienne. La France est sans doute avec l’Angleterre le pays qui a le premier appréhendé la notion de souveraineté. En effet, la France dès la fin du Xe siècle – c’est-à-dire avec l’avènement de la dynastie capétienne – s’est con struite autour de la notion de souveraineté. Cette volonté de souveraineté s’est affirmée aussi bien :

• vis-à-vis de l’empereur germanique, auquel le roi de France a toujours refusé de rendre hommage,

• que vis-à-vis du Saint Siège. On se souvient que le roi de France, Phi­lippe IV le Bel a obligé le pape à quitter Rome, pour s’installer sur le bord du Rhône, à Avignon.

C’était aussi l’époque où les légistes du roi de France n’hésitaient pas à affirmer que le « roi de France est empereur de son royaume ».

• La Révolution française a repris à l’égard de la souveraineté les conceptions qui étaient celles de la monarchie. Plus près de nous, le Général de Gaulle, fondateur de la Ve République a également restauré la notion de souveraineté, en l’appuyant sur un certain nombre de principes forts :

• Un pays souverain est un pays qui reste libre de ses choix ; il ne peut en aucun cas être assujetti à une autre puissance, qu’il s’agisse d’un autre Etat ou d’une organisation internationale.

• Un pays souverain peut parfaitement participer à des actions de coopération avec d’autres pays ou des instances internationales, mais il doit rester maître de ses décisions finales.

Ces deux principes avaient conduit le Général de Gaulle à exiger de ses partenaires l’introduction de deux dispositions fondamen tales, l’une dans le Traité de Rome, l’autre dans l’Alliance atlantique.

En ce qui concerne le Traité de Rome, le Général de Gaulle avait fait introduire, en 1967, ce que l’on appelle le Compromis de Luxembourg. Au terme de cette disposition, un Etat qui n’acceptait pas une disposition de la Communauté européenne pouvait faire valoir son droit à la différence, en refusant d’appliquer cette disposition.

En ce qui concerne l’Alliance atlantique, le Général de Gaulle est toujours resté fidèle à ce traité. Mais les troupes françaises ont été retirées du commandement intégré pour ne pas être sous commandement américain.

Avec Valéry Giscard d’Estaing, François Mitterrand, Jacques Chirac, les prin cipes du Général de Gaulle ont été mis à mal et la France s’est intégrée toujours plus dans l’organisation européenne. Mais les Français sont restés nostalgiques de la grande péri ode gaulliste.

Ce fut l’habileté de Nicolas Sarkozy au cours de sa dernière campagne électorale de tenir un discours centré sur la souveraineté nationale. Il vanta une politique d’indépendance, il critiqua l’euro, il reprit les symboles de la souveraineté nationale, il fit à de nombreuses reprises référence à la grande figure du Général de Gaulle.

Les Français ont été séduits. Ils constatent aujourd’hui qu’ils ont été victimes d’une escroquerie. La France n’a plus de politique économique, elle est conduite par l’Europe. La France n’a plus de politique étrangère, elle est conduite par les Etats-Unis. Aujourd’hui nous sommes sur une double rupture, aussi bien au niveau européen qu’au niveau français.

Au niveau européen, on peut constater que le système mis en place par la bureaucratie de Bruxelles n’est pas pertinent pour ré pondre aux problèmes de l’Europe. Le bel édifice de l’Union européenne s’effrite avant de s’effondrer.

L’économie européenne est à la traîne, le chômage augmente partout, la pauvreté progresse dans tous les Etats. L’Europe est malade de l’euro. La situation de la Grèce est préoccupante, car sans aide extérieure ce pays est en situation de cessation de paiement. Mais la Grèce n’est pas seule ; après elle, il y a l’Espagne, le Portugal et l’Italie et peut-être la France, et peut-être aussi bien d’autres. Bref, tout le monde un jour ou l’autre sera touché ! Cela n’a rien d’étonnant. Ce qui était stupide, c’était de vouloir mettre en œuvre les mêmes poli tiques économiques, la même monnaie, dans des pays aussi différents que l’Alle magne et la Grèce.

En ce qui concerne la France, ce que j’ai à dire est simple : les Français sont fatigués de M. Sarkozy, ils n’ont plus confiance en lui. Ils ne veulent plus de lui. Le Président vient de subir deux échecs très importants :

• le premier, l’an dernier, à l’occasion des élections européennes,

• le second, cette année, à l’occasion des élections régionales.

Dans ces deux scrutins, le parti du Président, l’UMP, a été écrasé. Mais le désaveu a surtout été infligé au Président qui est contesté aussi bien pour son style que pour ses méthodes et ses objectifs.

Nous sommes sans doute dans une période de rupture. Le monde ne peut plus continuer tel qu’il est, l’Union europé enne ne peut plus continuer sous sa forme actuelle. Les peuples d’Eu rope ne peuvent plus continuer à être asservis aux Etats-Unis d’Amérique et aux bureau crates de Bruxelles.

Il faut en finir, les peuples d’Europe ont soif de liberté, de justice, de fraternité. Nous disons NON à l’asservissement de l’Europe par une bureaucratie irresponsable, nous disons NON à la disparition des nations dans une mondialisation sans âme. En revanche, nous disons OUI à la libre coopération des nations, nous disons OUI à l’amitié des peuples.

Je souhaite que la France forte de sa longue tradition de souveraineté nationale puisse apporter sa contribution pour faire souffler un vent de liberté sur l’Europe asservie.

Liberté, justice, fraternité et aussi l’amour du prochain, tels devraient être demain les idéaux qui nous uniraient tous.