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Les pogroms en Russie au XIXe siècle

Traduction E&R - Partie 2

Deuxième partie : l’invention d’atrocités

Maintenant que nous avons établi les fondements de la question juive en Russie, il est temps à présent de diriger notre attention vers les émeutes antijuives de 1880. Cet essai fournira en premier lieu au lecteur les récits habituels de ces événements avancés par des juifs contemporains et la majorité des historiens juifs – récits qui ont majoritairement prévalu dans la conscience publique. La deuxième partie de cet essai sera consacrée à la dissection d’un aspect du récit juif et à l’explication de la manière dont les évènements ont réellement transpiré. D’autres aspects du récit juif seront examinés dans des articles suivants dans cette série.

Alors qu’un travail comme celui-ci peut se retrouver confronté à une lourde critique venant d’une certaine partie de la population, qui peut le dénoncer comme « révisionniste », je pourrais seulement répondre que le « révisionnisme » devrait se trouver au cœur de tout travail historique. Si nous acceptons aveuglement les histoires qui nous sont relayées, nous sommes susceptibles de devenir les victimes de ce qui n’est rien d’autre qu’un vulgaire « téléphone arabe ». Et si nous bannissons le droit de l’historien a réinterpréter l’histoire a la lumière de nouvelles recherches et découvertes, alors nous nous éloignons de ce qui ressemble à un véritable savoir.

Le récit juif

En 1881 le « Comité judéo-russe » (RJC) une branche de l’élite juive britannique, produisit en masse un pamphlet intitulé La Persécution des juifs en Russie et commença à le disséminer dans la presse, les églises, et de nombreux autres canaux.

En 1899, il était déjà enjolivé et publié en tant que petit livre et aujourd’hui des copies numériques sont disponibles gratuitement en ligne [1]. Au début du XXe siècle, le pamphlet avait même engendré un journal de quatre pages intitulé Sombre Russie. Un rapport hebdomadaire sur la lutte pour la Liberté, assurant que le citoyen britannique moyen ne restait pas longtemps sans qu’on lui rappelle « les horreurs » endurées par les juifs russes [2].

Le fait que ces publications soient produites en masse devrait nous fournir une indication sur leur raison d’être : Il est clair que ces publications représentent une des plus ambitieuses campagnes de propagande de l’histoire juive et que combinées avec des efforts similaires aux États-Unis elles étaient destinées à obtenir l’attention, à « éduquer » les nations occidentales et assurer la suprématie de la « version juive de l’Histoire ».

Implicitement cela n’était pas seulement un désir de provoquer des attitudes antirusses mais également beaucoup de sympathie pour les juifs martyrs. Sympathie d’autant plus nécessaire qu’elle assurait que les chaines de migration de juifs en masse vers l’ouest se passeraient sans trouble et ne seraient pas contestées par les natifs. Après tout, le natif étroit d’esprit n’était-il pas qu’à un pas de du cosaque déchaîné ?

Le premier élément du récit avancé par le RJC est essentiellement une manipulation de l’histoire des relations judéo-russes. Il soutient que les juifs d’Europe de l’est ont été opprimés durant des siècles, leurs vies entières « entravées depuis le berceau jusqu’à la tombe, par des lois restrictives [3] » . Il était proclamé que les russes avaient une loi tacite : « qu’aucun juif russe ne devait gagner sa vie [4] ». Les juifs russes, d’après le Comité judéo-russe, n’avaient jamais rien voulu d’autre que de participer à la société russe, mais ils avaient été constamment repoussés encore et toujours en tant qu’« hérétiques et étrangers ».

Le Pale est une impénétrable forteresse ou chaque juif « doit vivre et mourir ». Dans cette interprétation des relations de l’histoire juive russe la croyance que la source que tous les maux qui ont frappé les juifs n’a rien à voir avec les juifs eux-mêmes, mais a tout à voir avec l’Église, l’État, et le Pale est implicite. En essence la situation des juifs ne serait le résultat de rien d’autre que d’une haine irrationnelle. Dans ce récit les juifs adoptent un rôle docile et passif, n’ayant commis d’autre crime que d’être juifs. Ils sont également présentés comme les seules victimes de la violence russe. Il n’y a aucune reconnaissance de l’échec des efforts russes vers une destruction du mur de l’exclusivité et de la revendication de la fraternité avec les juifs. En fait il n’y a aucune référence du tout aux murs de l’exclusivité. Les pogroms eux-mêmes, d’après les dires du récit juif, éclatèrent après l’assassinat d’Alexandre II, lorsque l’état de choc, la colère et un désir de vengeance firent remonter à la surface cette haine irrationnelle et sans fondement.

Le deuxième élément du récit juif est que le gouvernement et la bureaucratie mesquine eurent un rôle à jouer dans l’organisation et la direction des pogroms. Un profond mépris est exprimé sur le gouvernement et la petite bureaucratie qui sont présentés comme ayant eu « une chronique vision antisémite ». Il est relaté que lorsque les émeutes éclatèrent le gouvernement « n’était pas plus que cela désolé d’observer son peuple se déchaîner sur les juifs [5] ».

Par référence aux Lois de mai restrictives, les auteurs durent concéder qu’elles n’avaient jamais réellement été appliquées, mais maintinrent que « modérément ou rigoureusement appliquées, les Lois de Mai restèrent dans le Livre du Statut Russe [6] ».

Le troisième élément du récit juif est que les pogroms étaient de nature génocidaire, et qu’ils avaient été organisés et perpétrés par des groupes cherchant l’extermination des juifs. L’édition de 1899 du La Persécution des juifs de Russie incluait la copie d’une longue lettre adressée au London Times par Joseph Nathan, secrétaire du RJC, datée du 5 novembre 1890. Dans cette lettre Joseph clamait que dans les circonstances présentes « des centaines de milliers pourraient être exterminés [7] » et que la législation russe envers les juifs représentait « un instrument de torture et de persécution ». En somme il était dit que les juifs de Russie étaient sous « une sentence de mort » et il était déclaré plus avant « que les exécutions sont en train d’être perpétrées ». La lettre fini par un appel à « l’Europe civilisée » pour intervenir et châtier la Russie et aider les juifs opprimés [8].

Le quatrième élément du récit juif est que les pogroms étaient extrêmement violents par nature. Les comptes rendus des médias contemporains en particulier étaient sources d’histoires d’atrocités glanées auprès de réfugiés nouvellement arrivés, qui donnaient leurs récits au Comité judéo-russe à propos des pogroms qu’ils avaient fuis. Dans ces rapports qui étaient régulièrement retransmis à la fois par le New York Times et le London Times, les russes étaient accusés d’avoir commis les plus monstrueuses atrocités de la plus grande échelle. Chaque juif dans l’empire russe était sous menace de mort. Les hommes avaient été brutalement tués, les tendres enfants avaient été écrasés à coup de pierres ou bien rôtis vivants dans leurs propres maisons.

Durant une consultation parlementaire britannique sur les pogroms en 1905, un rabbin, Michelson, revendiqua que « les atrocités avaient été tellement monstrueuses qu’aucun parallèle ne pouvait être trouvé même dans les annales des peuples les plus barbares [9] ». Le New York Times rapporte que durant 1903 dans le pogrom de Kishinev « les bébés étaient coupés en morceaux par la foule frénétique assoiffée de sang [10] ».

Un thème commun dans la plupart des histoires d’atrocités étaient les viols sauvages des femmes juives, mentionnant que les seins de la plupart de ces femmes étaient sectionnés. Il se trouve littéralement des milliers de copies carbones des rapports stipulant que les mères étaient violées avec leurs filles. Il n’y a tout simplement pas assez d’espace pour citer de façon exhaustive tous ces articles, mais leur nombre se compte par milliers et ils sont consultables par tous ceux qui ont accès aux archives numériques des principaux journaux, ou des bibliothèques.

En addition ces articles prétendent que des rues entières habitées par des juifs avaient été rasées et que les quartiers juifs avaient été brûlés systématiquement. L’aspect « atrocité » du récit a continué à être avancé par les historiens juifs. Par exemple Anita Shapira, dans son livre publié par Stanford, La Terre et le pouvoir : le recours sioniste à la force, 1981-1948, revendique que « chaque série de nouvelles émeutes était pire que les précédentes, comme si chaque bain de sang offrait une permission pour un massacre suivant encore pire » [11].

Shapira, plus tard, sous-entend que les meurtres de bébés juifs étaient communs durant les pogroms, relatant qu’une inquiétude commune aux juifs russes était : « Vont-ils avoir pitié des petits bébés qui ne savent même pas encore qu’ils sont juifs [12] ? » Dans une section particulière sur la violence dans les pogroms, elle conclut en affirmant, sans se référer à aucune preuve, qu’il y avait de « nombreux viols », et que beaucoup furent massacrés – hommes, femmes, enfants. « La cruauté qui marquait ces meurtres ajoutait une dimension spéciale au sentiment de terreur et de choc qui se répandait dans leur sillage [13] ».

Joseph Brandes, dans son livre Immigrants vers la Liberté, paru en 2009, prétend sans citer la moindre preuve que les foules « jetaient les femmes et les enfants par les fenêtres » de leurs maisons, et « leurs tètes étaient frappées à coup de marteau, que des clous étaient enfoncés dans leurs corps et leur yeux étaient arraches de leur orbite… que de l’essence était versée sur les malades qui se cachaient dans les caves et qu’ils étaient brûlés vifs [14] ».

Un autre élément crucial du récit juif est que le russe est ignorant, barbare et non-civilisé comparé aux citoyens juifs du pays. La Russie est accusée de traîner « dans l’état de développement médiéval » [15] et en comparaison a la « paysannerie ignorante et superstitieuse [16] », les juifs de Russie sont présentés comme l’avant-poste de la civilisation occidentale – ils sont citadins et « intellectuels ». La publication du RJC opposa que le quota imposé par les universités n’autorisant que 5 % de juifs dans le corps d’étudiants était insuffisant pour une race d’« intellectuels ». De façon relativement stupéfiante, il est protesté que « la racine de tout ceci vient d’une arrogance raciale [17] » et que cette arrogance devait bien sûr être imputée aux russes.

Le RJC accusa le gouvernement de sympathie criminelle, les autorités locales généralement d’inactivité criminelle, et certaines des troupes de participation active. La situation, argumentèrent-ils, était simplement si désespérée et la possibilité d’extermination tellement grave, que la seule voie de sortie résidait dans les nations civilisées à l’Ouest, qui devaient ouvrir grand leur portes à ces pauvres « hébreux ». Et dans une grande mesure c’est exactement ce sur quoi les Églises, les politiciens, et les médias se mirent d’accord. Cette capitulation par une conscience manipulée conduit à la plus grande migration de l’histoire juive, suivie de profondes conséquences pour nous tous. Mais il y avait toutefois un léger problème : la vaste majorité du récit était une imposture calculée, délibérée et savamment encouragée, favorisée par la participation volontaire des juifs russes émigrants, qui désiraient faciliter leur accès vers l’ouest et obtenir « de l’argent de secours de l’Ouest et de l’Amérique [18] ».

Les « atrocités »

Tournons d’abord notre attention vers les histoires d’atrocités. Avant chaque rapport majeur de violence, le public britannique était déjà éduqué à haïr le gouvernement russe et à accepter le récit juif. John Doyle Klier souligne qu’en ce temps-là, le Daily Telegraph appartenait à des juifs et était particulièrement « sévère » dans ses comptes rendus sur le traitement des juifs par les russes avant 1881 [19]. Dans les pages de cette publication, il était écrit que « ces atrocités russes n’étaient que le commencement… Les officiels russes eux-mêmes encourageaient ces barbaries [20] ». À cette même période dans l’Europe continentale, le rabbin prussien Yizhak Rulf s’établit lui-même en tant qu’« intermédiaire » entre la masse juive et l’Ouest et selon Klier, une de ses spécialités était la propagation de « récits sensationnels de viols de masses » [21].

D’autres sources majeures d’histoires d’atrocités dans les pogroms étaient le New York Times, le London Times et Le Monde juif. Ce fut Le Monde juif qui fournit la majorité des fables, ayant envoyé un reporter « pour visiter les zones qui avaient souffert des pogroms [22] ». La plupart des autres journaux se contentaient d’imprimer ce que le reporter du Monde juif leur avait envoyé. Les histoires d’atrocités entreprises par ces journaux provoquèrent une indignation mondiale. Il y eu des protestations à grande échelle contre la Russie, à Paris, Bruxelles, Londres, Vienne, et même à Melbourne en Australie. Cependant « c’est aux États-Unis que l’indignation publique atteint son sommet ».

L’historien Edward Judge rapporte que le public américain était éperonné par des témoignages « de passages à tabac brutaux, de multiples viols, de corps démembrés, de massacres insensés, souffrance atroce et insupportables chagrins [23] ». Cependant, comme John Klier le dit, les comptes-rendus du « correspondant spécial » du Monde juif soulèvent des problèmes curieux pour l’historien [24]. Alors que son itinéraire de voyage est jugé comme plausible, la plupart de ses récits sont complètement contredits par les archives [25]. Sa déclaration selon laquelle vingt émeutiers avaient été tués durant les pogroms a Kichinev 1881 s’est révélée être une fabrication grâce aux archives locales, qui révèlent que dans cette ville et à ce moment-là, « il n’y avait pas de pogroms ni de morts [26] ». Dans d’autres déclarations, il dit avoir été témoin de fusillades envers les paysans lors de son voyage ; ces déclarations ont été complètement discréditées par la multitude d’inexactitudes mineures dans ses propos.

De plus, Klier nous dit que ces histoires d’atrocités compilées par Le Monde juif et qui ont servi à manipuler les perceptions du monde occidental sur ces évènements doivent être traitées avec la plus « grande prudence [27] ». Le reporter « dépeint les pogroms de façon dramatique, aussi importants dans leur échelle que dans leur brutalité inhumaine. Il rapporte des exemples nombreux ou des juifs étaient brûlés vivants dans leur demeure sous les yeux des autorités [28]. » Il y a des centaines d’exemples où il renvoie à des meurtres d’enfants, des mutilations de femmes et des doigts mordus et arrachés.

Klier nous dit que les récits les plus influents de « cet auteur, vu leur effet sur l’opinion mondiale, étaient ceux relatant le viol et la torture de fillettes de 10 à 12 ans [29] ». En 1881, il recense vingt-cinq viols à Kiev, dont cinq résultèrent en décès ; à Odessa il en recense onze et à Ielizavetgrad trente [30]. Le viol ressort de ses rapports de façon proéminente, non pas parce qu’ils étaient communs mais parce que plus que les meurtres ou les pillages, le viol était la chose qui « déclenchait le plus d’outrage » dans l’opinion publique. Klier établit que « les intermédiaires juifs qui canalisaient les rapports sur les pogroms à l’étranger étaient très conscients de l’impact des déclarations de viol, et c’est le sujet proéminent de ces récits [31] ». Les deux récits les plus horribles et dramatiques provenaient de Berëzovka et de Boris Pol. En fait, alors qu’approchait la fin de l’année, les récits devinrent de plus en plus horribles et brutaux dans leur détail. Il y a bien sûr une raison pour cela. Comme le public non-juif commençait à se fatiguer de ces récits et à détourner son attention vers les festivités de Noël, Klier affirme que le RJC prit une décision délibérée et calculée de « garder les juifs russes devant les yeux du public [32] ».

Une composante majeure de cette stratégie était de récupérer les reportages de ce correspondant spécial et de les faire circuler dans un journal plus respecté. Ils se décidèrent pour le London Times, qui était déjà prédisposé à publier un « éditorial critique envers le gouvernement russe ». Klier établit de plus que ces évidents faux rapports « embellis par le prestige du Times et exempt de toute attribution, publiés de surcroit en pamphlet séparés et traduits dans une variété de langages européens… devinrent la version définitive du public occidental des pogroms [33] ». Des contes de plus en plus abominables capturèrent de nouveau l’attention du public et le gouvernement britannique se retrouva forcé d’intervenir. Cependant, il adopta une approche plus prudente et décida d’entreprendre ses propres investigations dans les événements de l’Empire russe.

Ces constatations, publiées en tant que Livre bleu, « révélèrent une situation bien différente de celle offerte par le Times [34] ». L’aspect le plus remarquable de cette enquête indépendante est une négation catégorique du viol de masse. En janvier 1882, le consul général Stanley contesta tous les détails contenus dans les rapports publiés par le Times, mentionnant en particulier le non-fondement des « récits sur le viol des femmes [35] ». De plus il note que ses propres investigations révèlent qu’il n’y pas eu de viols durant les pogroms de Berëzovka, que la violence y avait été rare et que la plupart des dommages avaient été uniquement matériels, Stanley les estimant a environ 20 000 roubles, et rejetait complètement la revendication juive estimant les pertes à 1 million de roubles.

Le vice-consul de la Loi, un autre enquêteur indépendant, rapporta qu’il avait visité Kiev et Odessa et ne pouvait que se déclarer « enclin à croire qu’aucune femme n’a été outragée dans ces villes [36] ». Un autre investigateur, le colonel Francis Maud, visita Varsovie et dit qu’il ne pouvait « attacher aucune importance » aux rapports d’atrocités émanant de cette ville [37]. À Ielizavetgrad, a la place de rues entières rasées, il fut découvert seulement qu’une petite hutte avait perdu son toit. Il fut de plus découvert que peu voire aucun juif n’avait été tué, quoique certains moururent du résultat de leurs blessures reçues pendant les émeutes. Celles-ci étaient en fait le résultat de conflits entre des groupes de juifs qui défendaient leurs tavernes et d’émeutiers à la recherche d’alcool. Le petit nombre de juifs tués pendant ces émeutes était dû à quelques individus instables ivres de l’alcool vendu par les juifs. Les accusations d’intention de donner la mort en masse étaient tout simplement infondées et non soutenues par de quelconques preuves.

Lorsque ces rapports furent rendus publiques, nous dit Klier, ils représentèrent un « sérieux risque de retard dans les activités du RJC [38] ». Le Times fut forcé de faire machine arrière, mais curieusement répondit avec mépris en statuant que l’indignation du pays était justifiée, même si les atrocités n’étaient que les « créations imaginaires populaires [39] » (une réminiscence de la réponse du JewishGen aux découvertes ukrainiennes mentionnées dans la première partie de cette série ?).

Ces révélations arrivèrent a un mauvais moment pour le RJC, qui tentait de pousser le gouvernement britannique à « agir en quelque sorte au nom de la juiverie russe persécutée [40] ». Il eut recours à la republication (dans le Times) du pamphlet sur la persécution russe deux fois ce mois-là, imaginant probablement qu’une répétition brutale suffirait à dépasser les preuves tangibles. Klier nous dit que ces écrits étaient des exemples de propagande magistrale, puisqu’ils tentaient de diminuer la crédibilité des consuls du gouvernement, alors qu’ils cherchaient traîtreusement l’approbation du « peuple sage et noble d’Angleterre, qui saura quelle importance donner à de telles réfutations [41] ».

Le RJC offrit ses propres preuves corroboratives de la plus incontestable des manières. Sauf que, bien sûr, la source exacte de cette preuve ne fut jamais citée au-delà de personnes occupant un haut rang dans les positions officielles dans la communauté juive et des réfugiés juifs. En essence, les peuples des nations occidentales étaient appelés à croire des rabbins anonymes de l’autre côté du monde plutôt que des représentants identifiables de leur propres gouvernements. Ces écrits, relate Klier, peignaient une image familière de meurtres et de viols. Et malgré le compte-rendu décrédibilisant des consuls, les récits relatant « un nombre de viols de mères/filles qui avait déjà tellement outragé l’opinion publique britannique, furent encore répétés [42] ».

Bien que la mobilisation du gouvernement britannique échouât, le RJC gagna la bataille dans l’opinion publique et le Times et le RJC demeurèrent un couple parfait. Les consuls furent outrés. Stanley réitéra le fait que ses investigations intensives, pour lesquelles il avait payé un coût personnel élevé suivi d’une sérieuse blessure à la jambe, illustraient que « les récits du Times de ce qui s’était passé dans ces villes contenaient les plus grandes exagérations et que le récit de ces évènements était complétement mensonger [43] ». Il relate qu’un rabbin à Odessa n’avait pas entendu parler de quelconques outrages sur des femmes là-bas et que chaque pogrom qu’il avait étudié se révélait être de simples « pillages [44] ».

Enragé par les mensonges qui circulaient en Angleterre et en Amérique, Stanley alla au sommet de la hiérarchie, interviewant des rabbins d’État et leur demandant de lui donner des preuves et de visiter les lieux où les pogroms s’étaient déroulés. À Odessa, où les récits d’atrocités avaient démarré, il fut capable de confirmer une mort, mais aucun pillage des synagogues ni de victimes brûlées vivantes. Il n’y avait aucune preuve qu’un seul viol ait eu lieu. Un rabbin d’État admit qu’il n’avait jamais entendu parler d’un seul outrage sur une femme à Berëzovka et de plus assura a Stanley « qu’il pourrait avec une pure conscience affirmer qu’aucune mort ou violation n’était survenue durant des émeutes l’année dernière [45] ». De nouveau Stanley envoya un rapport à son supérieur à Londres avec une note disant : « Ceci est en accord avec toutes les informations que j’avais reçues et vous avais transmises et que je pense plus crédible qu’une lettre anonyme dans le Times [46]. »

Malgré les efforts de Stanley, le récit juif avancé par le RJC, imprégné d’histoires atroces, resta attaché à la perception occidentale inaltérable des pogroms. Le Livre bleu fut étouffé par le plus visible et souvent répété compte-rendu du RJC et d’organisations similaires partout dans le monde. C’est seulement après une recherche longue de dix ans que Klier a pu apporter quelques révisions sur ce récit en s’appuyant sur la connaissance et les preuves découvertes dans les archives locales. À la lumière de ces preuves, on ne peut que conclure que les histoires de viols, meurtres, et mutilations étaient « plus légendaires que factuelles [47] ». Cependant la tache consistant à démonter et analyser d’autres aspects du récit juif et à chercher les véritables motifs derrière sa création reste entière.

Andrew Joyce

[Fin de la seconde partie]

Approfondir le sujet avec Kontre Kulture :

Notes

[1]

[2] Max Beloff, The Intellectual in Politics and other essays, (London : Taylor and Francis, 1970) p.135

[3] The Persecution of the Jews in Russia, (London : Russo-Jewish Committee, 1899), p.3.

[4] Ibid, p.4

[5] Ibid, p.5

[6] Ibid, p.8

[7] Ibid, p. 36

[8] Ibid, p. 38

[9] Anthony Heywood, The Russian Revolution of 1905 : Centenary Perspectives (New York : Routledge, 2005) p.266.

[10] Jewish Massacre Denounced, New York Times, April 28, 1903, p.6

[11] Anita Shapira, Land and Power : The Zionist Resort to Force, 1881-1948 (Stanford : Stanford University Press, 1999), p.35

[12] Ibid, p. 34.

[13] Ibid.

[14] Joseph Brandes, Immigrants to Freedom, (New York : Xlibris, 2009) p.171

[15] The Persecution of the Jews in Russia, (London : Russo-Jewish Committee, 1899), p.4

[16] Ibid, p 30.

[17] Ibid.

[18] Albert Lindemann, Esau’s Tears : Modern Anti-Semitism and the Rise of the Jews (Cambridge : Cambridge University Press, 1997) p.291.

[19] John Doyle Klier, Russians, Jews and the Pogroms of 1881-1882, p.399

[20] Ibid.

[21] Ibid.

[22] Ibid, p 400.

[23] Edward Judge, Easter in Kishinev : Anatomy of a Pogrom (New Yor k : New York University Press, 1993) p.89.

[24] John Doyle Klier, Russians, Jews and the Pogroms of 1881-1882, p.400

[25] Ibid, p.401

[26] Ibid

[27] Ibid

[28] Ibid

[29] Ibid

[30] Ibid

[31] Ibid, p 12.

[32] Ibid, p 404.

[33] Ibid

[34] Ibid, p.405. (Correspondence Respecting the Treatment of Jews in Russia, Nos. 1 and 2, 1882, 1883)

[35] John Doyle Klier, Russians, Jews and the Pogroms of 1881-1882, p 405

[36] Ibid.

[37] Ibid.

[38] Ibid, p.405.

[39] Ibid.

[40] Ibid.

[41] Ibid, p.406.

[42] Ibid.

[43] John Doyle Klier, Russians, Jews and the Pogroms of 1881-1882, p.407.

[44] Ibid, p 408.

[45] Ibid.

[46] Ibid.

[47] Ibid, p.13.

 



Article ancien.
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7 Commentaires

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  • #493310

    C’est de la maladie mentale, les mensonges pour faire peur, l’élite du mensonge, ça me rappelle quelqu’un.


  • #493377
    le 15/08/2013 par anonyme
    Les pogroms en Russie au XIXe siècle

    devise du mossad : בתחבולות תעשה לך מלחמה
    Au moyen de la tromperie, tu feras la guerre.
    Tout est dit...La ruse et la tromperie ne sont-elles pas les armes de satan ?...

     

  • #493521
    le 15/08/2013 par seber
    Les pogroms en Russie au XIXe siècle

    Dans la longue série "déboulonnons les mythes".
    Nous apprenons donc que la plupart des descendants de la Shoa se sont donc fait génocider plusieurs fois dans le Siècle précédent. Hommes, femmes, enfants.
    Comme les bébés naissent dans les choux et les roses, cela explique tout.
    Néanmoins, comme l’antisémitisme ne s’explique pas, il me paraît impossible de combattre un tel phénomène.
    Or, si on commence à chercher un début d’explication et de rationalisation (vous savez, la raison, Descartes, les Lumières et mon cul sur Voltaire), ça sent le roussi.
    Donc, pour combattre efficacement ce qui ne s’explique et ne se conçoit pas, il faut impérativement exterminer toute la vermine antisémite, parce que c’est comme çà.


  • #493965
    le 15/08/2013 par francaisgaulliste
    Les pogroms en Russie au XIXe siècle

    Quand je vois la qualité de la propagande des talmudistes il y’a 2 siècles (bien avant tout le monde), je me pose des questions sur la chouina (à l’ère moderne, les moyens sont largement plus evidents).
    Cette propagande devrait être enseignée dans les écoles militaire, sciences po...


  • #496433
    le 19/08/2013 par Eachother
    Les pogroms en Russie au XIXe siècle

    Que signifie Ibid dans les sources s’il vous plait ?

     

    • #497046
      le 19/08/2013 par Cassandre
      Les pogroms en Russie au XIXe siècle

      Ibid signifie que la référence se rapporte au même livre, article, journal, etc.., cité en dernier dans les notes, mais à une page différente, indiquée par son numéro.