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Mali : une guerre peut en cacher une autre

Par Thierry Meyssan

Préparée de longue date et annoncée par François Hollande six mois à l’avance, l’intervention française au Mali a été présentée comme une décision prise en urgence en réponse à des développements dramatiques. Cette mise en scène ne vise pas seulement à s’emparer de l’or et de l’uranium maliens, elle ouvre surtout la voie à une déstabilisation de l’Algérie.

 

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Depuis Nicolas Sarkozy avec Laurent Gbagbo, Mouammar el-Kadhafi et Bachar el-Assad, la diplomatie française pratique le baiser de Judas. Ici le président François Hollande venu à Alger embrasser son homologue Abdelaziz Bouteflika, le 19 décembre 2012. Trois semaines plus tard, il allumera la guerre au Mali pour enflammer l’Algérie.

 

« L’appétit vient en mangeant », dit le proverbe. Après avoir recolonisé la Côte d’Ivoire et la Libye, puis tenté de s’emparer de la Syrie, la France lorgne à nouveau sur le Mali pour prendre l’Algérie à revers.

Durant l’attaque de la Libye, les Français et les Britanniques ont fait un large usage des islamistes pour combattre le pouvoir de Tripoli, les séparatistes de Cyrénaïque n’étant pas intéressés à renverser Mouammar el-Kadhafi une fois Benghazi indépendante. À la chute de la Jamahiriya, j’ai personnellement été témoin de la réception des dirigeants d’AQMI par des membres du Conseil national de transition à l’hôtel Corinthia, qui venait d’être sécurisé par un groupe britannique spécialisé venu exprès d’Irak. Il était évident que la prochaine cible du colonialisme occidental serait l’Algérie et qu’AQMI y jouerait un rôle, mais je ne voyais pas quel conflit pourrait être utilisé pour justifier une ingérence internationale.

Paris a imaginé un scénario dans lequel la guerre pénètre en Algérie par le Mali.

Peu avant la prise de Tripoli par l’OTAN, les Français parvinrent à soudoyer et à retourner des groupes Touaregs. Ils eurent le temps de les financer abondamment et de les armer, mais il était déjà bien tard pour qu’ils jouent un rôle sur le terrain. Une fois la guerre finie, ils retournèrent dans leur désert.

Les Touaregs sont un peuple nomade vivant au Sahara central et sur les bordures du Sahel, soit un vaste espace partagé entre la Libye et l’Algérie, le Mali et le Niger. S’ils ont obtenu la protection des deux premiers Etats, ils ont au contraire été délaissés par les deux derniers. Par conséquent, depuis les années 60, ils n’ont cessé de remettre en question la souveraineté du Mali et du Niger sur leurs terres. Bien logiquement, les groupes armés par la France décidèrent d’utiliser leurs armes pour faire aboutir leurs revendications au Mali. Le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) prend le pouvoir dans presque tout le Nord-Mali où il habite. Cependant, un groupuscule d’islamistes touaregs, Ansar Dine, rattaché à AQMI, en profite pour imposer la charia dans quelques localités.

Le 21 mars 2012, un étrange coup d’État est perpétré au Mali. Un mystérieux « Comité pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’État » (CNRDRE) renverse le président Amadou Toumani Touré et déclare vouloir restaurer l’autorité malienne au Nord du pays. Il en résulte une grande confusion, les putschistes étant incapables d’expliquer en quoi leur acte améliorera la situation. Le renversement du président est d’autant plus bizarre qu’une élection présidentielle était prévue cinq semaines plus tard et que le président sortant ne se représentait pas. Le CNRDRE est composé par des officiers formés aux États-Unis. Il empêche la tenue de l’élection et transmet le pouvoir à un des candidats, en l’occurrence le francophile Dioncounda Traore. Ce tour de passe-passe est légalisé par la CEDEAO, dont le président n’est autre qu’Alassane Ouattara, mis au pouvoir un an plus tôt par l’armée française en Côte d’Ivoire.

Le coup d’État accentue la division ethnique du pays. Les unités d’élite de l’armée malienne (formées aux USA) ayant un commandement touareg rejoignent la rébellion avec armes et bagages.

Le 10 janvier, Ansar Dine — appuyé par d’autres groupes islamistes — attaque la ville de Konna. Il quitte donc le territoire touareg pour étendre la loi islamique au Sud du Mali. Le président de transition Dioncounda Traore décrète l’état d’urgence et appelle la France au secours. Paris intervient dans les heures qui suivent pour empêcher la prise de la capitale, Bamako. Prévoyant, l’Élysée avait pré-positionné au Mali des hommes du 1er Régiment parachutiste d’infanterie de marine (« la coloniale ») et du 13e Régiment de dragons parachutistes, des hélicoptères du COS, trois Mirage 2000D, deux Mirage F-1, trois C135, un C130 Hercule et un C160 Transall.

En réalité, il est fort peu probable qu’Ansar Dine ait représenté une menace réelle, car la vraie force combattante, ce ne sont pas les islamistes, mais les nationalistes touaregs, lesquels n’ont aucune ambition au Sud du Mali.

Pour conduire son intervention militaire, la France demande l’aide de nombreux États, dont l’Algérie. Alger est piégé : accepter de collaborer avec l’ancienne puissance coloniale ou prendre le risque d’un reflux des islamistes sur son sol. Après hésitation, il accepte d’ouvrir son espace aérien au transit français. Mais en définitive, un groupe islamiste non-identifié attaque un site gazier de British Petroleum au Sud de l’Algérie en accusant Alger de complicité avec Paris dans l’affaire malienne. Une centaine de personnes sont prises en otages, mais pas seulement des Algériens et des Français. Le but est manifestement d’internationaliser le conflit en le transportant en Algérie.

La technique d’ingérence française est une reprise de celle de l’administration Bush : utiliser des groupes islamistes pour créer des conflits, puis intervenir et s’installer sur place sous prétexte de résoudre les conflits. C’est pourquoi la rhétorique de François Hollande reprend celle de « la guerre au terrorisme », pourtant abandonnée à Washington. On retrouve dans ce jeu les protagonistes habituels : le Qatar a pris des parts dans de grandes sociétés françaises installées au Mali, et l’émir d’Ansar Dine est proche de l’Arabie Saoudite.

Le pyromane-pompier est aussi un apprenti sorcier. La France a décidé de renforcer son dispositif antiterroriste, le plan Vigipirate. Paris ne craint pas une action des islamistes maliens sur le sol français, mais le reflux des jihadistes de Syrie. En effet, durant deux ans, la DCRI a favorisé le recrutement de jeunes musulmans français pour se battre avec l’ASL contre l’État syrien. Du fait de la débandade de l’ASL, ces jihadistes reviennent actuellement au pays natal où ils pourraient être tentés, par solidarité avec Ansar Dine, d’utiliser les techniques terroristes qu’on leur a appris en Syrie.

Thierry Meyssan

Prolonger l’analyse avec Kontre Kulture :

 
 






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23 Commentaires

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  • #309959
    Le 22 janvier 2013 à 20:38 par françaisconverti
    Mali : une guerre peut en cacher une autre

    Quid de l’opposition à la Chine, ce qui est la thèse de Laurent Louis. Elle donne tout son sens pour moi étant donné que cela rejoint les explications du sheik Imran Hossein sur la confrontation entre Gog et Magog.

    J’aimerais bien entendre Thierry Meyssan à ce sujet, n’est ce pas effectivement une sorte de guerre froide pour les ressources stratégiques de la planète entre l’empire USA-UE-Israël et Chine-Russie-Iran avant la grande bataille ?

     

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  • #309979
    Le 22 janvier 2013 à 21:06 par Thémistoclès
    Mali : une guerre peut en cacher une autre

    A propos des "terroristes" du Mali, Hollande a dit : Il faut les DETRUIRE !
    Sur Public Sénat, à la question de Fabius : Que veulent ces terroristes ?
    Elkabach a répondu : Prendre le Pouvoir !
    Mais Fabius a renchéri : D E T R U I R E !!!

    A méditer

     

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  • #309990
    Le 22 janvier 2013 à 21:20 par Yanis
    Mali : une guerre peut en cacher une autre

    Il faut aussi se méfier des services algériens, en ne sait rien de cette affaire. Peut-être que cette installation était devenue un nid d’espions occidentaux et que l’Algérie a volontairement réduit la défense en organisant des fuites chez les groupes du sahara plus ou moins manipulés, pour favoriser une attaque et donner une leçon à l’occident.

    Tout les otages sont originaires pays vassaux des E-U, il n’y a aucun russe, aucun chinois, alors qu’ils sont présent notamment à la Sonatrach et que tout les algériens on été épargnés.

    En tout cas on peut-être sur que ça pue !

     

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  • #310069
    Le 22 janvier 2013 à 22:32 par TataRachel
    Mali : une guerre peut en cacher une autre

    Comme Thierry Meyssan vit à Damas sous protection syrienne - (Pauvre France ! Tout intellectuel dissident doit se terrer pour survivre) - il est forcément en contact avec les services secrets de ce pays.

    Il est en train en gros de reproduire leur analyse dans cet article, à mon avis. Il est trop loin du terrain et pas libre de ses mouvements pour pouvoir se faire une idée par lui-même.

    Je suis de ceux qui pensent que la capacité du Machiavel diabolique qu’est le DRS (Sécurité Militaire algérienne) n’est pas du tout à négliger. Il s’agit en fait, à mon sens, d’une opération false flag pour sauver la peau du régime délinquant algérien.

    Le pouvoir maffieux des généraux fait énormément de concessions à l’empire américano-sioniste.

    1. Réserve de change émise en dollar (monnaie de singe). Il y en a quand même pour 250 Milliards et qui ne sont pas déposés, à ma connaissance, dans les banques algériennes, mais plus probablement chez les Banksters, avec retrait ou conversion impossibles.

    2. Autorisation de survol de l’espace aérien de l’Algérie pour les avions de l’empire sous false flag français.

    3. Aucune solidarité politique vis-à-vis du dépeçage de la Libye et du lynchage de Khadafi, sinon "humanitaire" en recueillant la famille du l’ex-leader libyen. Avec reconnaissance du régime des "Guignols" du CNT à la clé.

    4. Aucune solidarité avec l’agression éhontée de la Syrie. C’est assez hallucinant de lire la presse francophone algérienne qui reprend exactement la même terminologie orwellienne des merdias de l’empire !

    5. Le seul otage français tué à In Aménas est en fait un "ancien" de la DGSE (forcément en service commandé !). Y a-t-il un message codé ? Est-ce une "signature par le sang" du DRS ?

    Officiellement, la France des "droits de l’homme" va dégommer les affreux djihadistes au Mali. Tout aussi officiellement, l’Algérie des "devoirs de l’homme" (LOL) fait de même. Nous sommes du même bord. CQFD.

    La guerre de propagande (essentielle pour justifier une attaque à la libyenne) est maintenant impossible. Comment l’empire va justifier son attaque en utilisant des islamo-djihadistes ? C’est mort.

    Le monde entier a vu que le régime maffieux d’Alger est implacablement anti-djihadiste. D’où la nécessité d’avoir des otages étrangers à In Aménas ! CQFD (Re)

    D’autant plus qu’en Algérie il n’y a pas de dictateur à la Ben Ali, Khadafi ou Moubarak mais un Etat profond qu’est le DRS.

    A mon avis, le DRS essaie d’obtenir une soumission gentille, à la marocaine.

     

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    • #310249
      Le Janvier 2013 à 04:05 par Houari-Hugo
      Mali : une guerre peut en cacher une autre

      Je me permets de réfuter quelques aspects :

      1. Je vois pas dans quelle monnaie ils peuvent bien garantir à ce jour leur réserve de change !? Si demain le Rouble apporte quelques garantis, les généraux algériens choisiront la monnaie russe.

      2. L’autorisation de survol est un sujet de débat à l’heure actuelle en Algérie, il semblerait que cela soit Boutef’ et quelques uns de ses alliés qui aient acceptés. Le DRS s’y opposait et le reproche vigoureusement depuis au Président algérien.

      3. L’Algérie a soutenu Khadafi par le biais de déclarations de sa diplomatie, vous vouliez quand même pas qu’ils tentent une action armée face à la coalition européenne !!?? Cela aurait été signer son arrêt de mort !

      4. Faudrait arrêter de lire la presse algérienne du web francophone, mon cher ! Elle n’est pas du tout positionnée sur le même axe que l’armée algérienne...L’Algérie est le seul pays de la Ligue Arabe (22 membres !) à avoir refusé l’expulsion temporaire de la Syrie et la nomination de Brahimi à la place de Annan à la tête de la mission de médiation en Syrie a été saluée par le régime baasiste (Algérie et Syrie sont des pays amis depuis longtemps et la communauté algérienne y est importante de par l’Histoire ; voir Emir Abdelkader).

      5. Le DRS est réputé, à juste titre, pour ses manipulations ! Mais je ne vois pas du tout le gain algérien dans cette opé !!?? C’est de toute évidence très regrettable pour le régime algérien cette prise d’otages, ce n’était donc surement pas eux les instigateurs !

      L’Algérie n’est pas entré en guerre au Mali, le jour où l’on enverra des troupes pour cela ou même le jour où l’on combattra le MNLA n’est pas encore arrivé !! Le jour où cela se produira, vous pourrez dire qu’on est du même bord...et je passe sur le fait qu’en Algérie, il n’est pas prêt d’y avoir une ambassade israélienne contrairement à Paris.

      CQFD.

       
    • #310737
      Le Janvier 2013 à 18:35 par TataRachel
      Mali : une guerre peut en cacher une autre

      Tout à fait d’abord pour instaurer le débat.

      1. Il y a l’embarras du choix en ce qui concerne les devises : Euro, Franc suisse, Couronne danoise (Norvège, Suède), dollar australien.... etc. Mais c’est impossible et le DRS le sait. Saddam Hussein a été, entre autres raisons, liquidé parce qu’il voulait vendre son pétrole en Euro. Idem pour Khadafi qui voulait créer un Dinar-Or africain. Le système maffieux du dollar-papier est intrinsèquement lié au fait que la vente de pétrole se fait EXCLUSIVEMENT en dollars. Y compris pour les pays de la zone euro. Et c’est comme dans la maffia. Qui y déroge, est liquidé. Donc l’argent du pétrole algérien sera A TOUT JAMAIS libellé en dollar-papier US.

      2. Pour le survol de l’espace aérien de votre pays, vous dites "il semblerait que c’est Bouteflika qui l’aurait autorisé". Bouteflika est une marionnette aux mains du DRS. Il fait là où on lui dit faire. D’ailleurs qui l’a mis au pouvoir ? Le chef du DRS, non ? Et Bouteflika sait parfaitement que s’il n’obéit pas, on lui fera subir le même sort que Boudiaf. CQFD.

      3. Le DRS a fait le minimum syndical vis-à-vis de Khadafi et de la Syrie. Le seul souci du régime militaro-maffieux algérien est de ne pas être emporté par la vague "révolution arabe". Si vraiment l’Algérie voulait défier l’empire, elle devrait jouer la carte russe, comme la Syrie avec la base militaire de Tartous. C’est un point que j’ai du mal à comprendre d’autant plus que le chef du DRS a été formé à l’académie militaire de Moscou (Fraounzé).

      4. Il n’y a pas de presse libre en Algérie. Derrière chaque journal, il y a des agents du DRS, qui veillent sur la ligne éditoriale. Comment en serait-il autrement ? On ne saurait laisser une arme aussi puissante que le formatage de l’opinion au premier venu. La presse est un pouvoir. Et le pouvoir c’est le DRS. CQFD.

      5. Dans la perspective de couper l’herbe sous le pied à un plan type "révolution arabe", menée par des djihadistes, que l’empire serait tenté de faire subir au pouvoir maffieux algérien, l’opé. In Aménas est tout à fait logique. A travers leurs nationaux pris en otages et donc la couverture médiatique les pays de l’empire ( USA, UK, Norvège, France), ont vu que les "djihadistes" algériens sont de vulgaires terroristes qui assassinent des braves expatriés. Comment peuvent-ils demain se tranformer en leaders d’un soulèvement populaire "démocratique" pour changer de régime ? Leur image est "grillée" pour un tel job. Et c’est ce que le DRS cherchait. CQFD.

       
    • #311137
      Le Janvier 2013 à 01:32 par Houari-Hugo
      Mali : une guerre peut en cacher une autre

      Bonsoir,

      1. Toutes les monnaies que vous citez sont des sous monnaie du Dollar US, quel intérêt de faire sa réserve de change en Euro !? Vous y verriez un acte contestataire ? Pas moi, c’est un seul et même Empire...il y aurait du sens à le faire en Rouble ou en Yuan, des pays qui ne sont pas des vassaux des USA.
      Iran a ses réserves en Dollar US, est-ce que pour autant vous qualifiez l’Iran de pays faisant "énormément de concessions à l’empire américano-sioniste" ?? Un peu de sérieux dans l’analyse.

      2. Vous êtes dans la caricature, navré de vous le dire ! Même si en effet Boutef n’est qu’un pantin des généraux algériens, il en demeure pas moins qu’ils existent plusieurs courants, plusieurs clans, c’est loin d’être aussi homogène que vous le pensez, la situation est un peu plus complexe que cela.
      Le DRS, même s’il est en très grande partie sous la coupe de Mediène, a plusieurs courants en son sein.
      Boudiaf lui avait voulu combattre tous les courants de l’armée, grosse nuance avec le cas qui nous cerne ici.
      Je vous épargne le "CQFD".

      3. Le strict minimum dont vous parlez est déjà en soi un acte de contestation, vous essayez juste de le minimiser après avoir essayer de le nier dans un premier temps !
      Si demain une déstabilisation bien plus importante du régime algérien était tentée par l’Empire, vous verriez et la Russie et la Chine adopter le même comportement que pour la Syrie...ce qui remettrait à leur place vos conclusions sur ce régime ; ceci dit j’espère que cette évidence ne vous parviendra pas, cela voudrez dire qu’ils sont passés à l’Algérie et que donc la Syrie serait tombée.

      4. Un peu de sérieux !! Vous avez parlé de la presse sur le net !! Celle-ci n’est pas du tout noyautée par le DRS, au contraire elle est souvent tenu par des opposants au régime algérien...lisez la presse algérienne écrite en Algérie, après vous viendrez m’exposer vos conclusions.
      Le CQFD un peu facile, Tata Rachel...prénom de révolutionnaire au passage ?? (ironique bien sur !)

      5. Si demain un soulèvement se faisait en Algérie, les barbus pourraient aisément se présenter comme libérateur du peuple en présentant toutes les actions terroristes comme étant des false flag du DRS...un peu comme vous faites là maintenant.
      Le DRS a beau avoir fait dans le contre terrorisme, il en demeure pas moins que jamais il ne montrait une opé contre leurs intérêts économiques !!

      Enfin bref, si l’Algérie actuelle est un pays vassal de l’Empire, alors je ne donne pas cher de la résistance !!!!

       
    • #312028
      Le Janvier 2013 à 23:54 par TataRachel
      Mali : une guerre peut en cacher une autre

      Un dernier pour la route,

      1. La maffia de la Federal Reserve (qui n’est ni fédérale, ni américaine mais bien un cartel de banques privées) émet du dollar papier qui lui coûte 15 cents à fabriquer pour chaque billet de $100. Ensuite les pays de l’Opep (sur ordre de Kissinger) ne peuvent vendre leur pétrole qu’en dollars US. Et tout Etat qui y déroge est dégommé. Toute autre monnaie est interdite, parce que pas fabriquée par l’organisation maffieuse qu’est la FED. Euro, Dollar australien, Franc Suisse... peu importe ! "Lié" ou pas au dollar US. Le DRS le sait.

      2. Les seuls "courants" qui existent au sein de la Securitate/Stasi/Mossad algérien qu’est le DRS, est la partage de la rapine de la corruption. Le métro Alger a mis 20 ans à émerger parce que les maffieux en charge du dossier ne s’étaient mis d’accord sur le montant en dollar/euros corrompus qui serait reversés à tel ou tel clan. La guerre des gangs entre Dialoguistes (Betchine, Zéroual) et Eradicateurs (Mediene, Lamari (2) Nezzar) est une guerre maffieuse sur le contrôle des commissions et rétro-commissions sur les pétro-dollars de la rente des hydrocarbures. Il n’y a aucun "débat" d’idées. Le débat est le suivant : qui sera le prochain proxénète de l’Algérie ? (Vous dites Chikour pour proxénète, je crois). Actuellement, les "maîtres/poxénètes" de l’Algérie, c’est la bande à Médiène. Et dites-moi : Qui s’oppose au DRS actuellement ? PERSONNE ! L’Algérie est la propriété privée du DRS ! Il n’y a AUCUN opposant en Algérie, sinon mort.

      3. Le DRS a lâché Khadafi et Assad. Ils ne pensent qu’à sauver leur peau de criminels, tortionnaires, putschistes, corrompus et assassins contre l’humanité en essayant de sauver les apparences de "révolutionnaires" acquises de haute lutte par les vrais maquisards. Il n’y a aucun accord de défense avec les Russes ou Chinois. L’Algérie est vendue à l’empire. Bouteflika est allé dire aux States qui leur assurait l’indépendance énergétique.

      4. Je ne lis plus la presse algérienne disponible en kiosque en France depuis que j’ai découvert en autres que le quotidien "Liberté" appartient au DRS.

      5. L’opé. In Aménas, va au contraire, dans l’intérêt des maffieux du DRS. Ils n’ont pas fait exploser le gaz, source de corruption du DRS et besoin vital du néo-colonisateur français attaquant le Mali. Non. Ils ont tué de pauvres expatriés innocents. Cherchez l’erreur. Et, Al Quaïda est un label de la CIA. Comment se fait-il que le DRS peut l’utiliser (AQMI) ? Impossible sans deal !!!

       
  • #310120
    Le 22 janvier 2013 à 23:26 par Odalisque
    Mali : une guerre peut en cacher une autre

    Permettez-moi de déverser mon fiel. J’avoue, je suis un peu déroutée par rapport à toute cette histoire de guerre au Mali qui a débordé en Algérie. Je suis tout à fait d’accord avec l’analogie du baiser de Judas. De plus, la France semble être le parfait homme de main de la puissance impériale par excellence : les USA. Mon analyse est simple : cette situation peut être comparée à une vulgaire mise en abîme. Le grand tableau, connu de tous, révèle l’appétit insatiable des USA qui pour ne pas trop se faire remarquer à l’heure actuelle (après les flops afghan et irakien) tente de recadrer leur diplomatie en usant d’une vieille technique qui semble efficace. Les USA ont trouvé leur salope de passage (pardon pour la vulgarité du terme) la FRANCE. Cette douce France manipulée par des hommes et des femmes qui ne la respectent pas et qui bafouent chaque jour un peu plus sa grandeur. La mise en abîme donc : la France se trouve au second plan dans l’échiquier impérial. Elle n’est jamais au premier plan même si, en effet, elle se charge des opérations sur le terrain. Historiquement parlant, la France est choyée : ancienne puissance coloniale en Afrique donc connaissance accrue du terrain. Le parfait bras droit ! En détruisant le ’’state-building’’ que Khadafi avait entrepris, la France a non seulement déstabilisé l’équilibre que cette bonne dictature a engendré, mais elle a aussi eu les yeux plus gros que le ventre en essayant de subjuguer son ancien protectorat la Syrie. Erreur de calcul grave puisque la Syrie est un État-Nation béni des dieux sur les plans culturel (l’héritage de la grande cité de Damas), social (progressisme perceptible) et politique (résistance et pragmatisme). L’échec insoutenable de la France en Syrie a déclenché, à mon avis, un processus de repositionnement géo-stratégique. En d’autres mots, il fallait passer à la prochaine cible, l’Algérie, via une manipulation manifeste qui est cette guerre farfelue du Mali. Et oui, le fait d’attaquer BP est la preuve même de cette volonté d’internationaliser le conflit et d’exposer l’Algérie au monde entier. Les anglo-saxons qui d’habitude laissent le soin à la France, ayant une réputation d’ancienne puissance coloniale en Afrique du Nord et Subsaharienne, de s’occuper de toute affaire liée de près ou de loin à cette zone. Désormais, tout le monde sera de la partie en Algérie, mais j’aimerais connaître l’avis de Meyssan sur les motivations de l’Algérie dans cette affaire. Est-elle une collabo ?

     

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  • #310276
    Le 23 janvier 2013 à 06:31 par wolvie
    Mali : une guerre peut en cacher une autre

    Il ne faut pas oublier non plus qu’on ne se bat pas "pour la liberté" mais pour des ressources naturelles.
    Parce qui si demain,n’importe quel dirigeant vivant dans un pays en paix dit à ses concitoyens :"salut les gars,on va aller foutre sur la gueule de nos voisins car nos banquiers et multinationales ont faim et nous devons absolument maintenir notre mode de vie tel qu’il est,c’est à dire péter tranquille dans son canapé en regardant la tv et se promener dans les grandes surfaces où on vous proposera des solutions pour acheter des choses dont vous n’avez pas besoin,sur le plan purement biologique,vital s’entend" la population dira à ce dirigeant :"t’es malade,eux,ils n’ont rien fait,encore moins du mal,à nous en tout cas,dégage"
    Par contre,si on aide des excités et fanatiques à foutre le bordel au point de choquer une bonne partie du monde,notamment celle qui pète tranquille dans son canapé etc etc...alors l’indignation donnera caution à la guerre.
    Voici au grand jour donnée encore en guise de démonstration le système de création "problème réaction action" pour mener la populace droit ou "on" le souhaite.
    Y parait qu’au Mali, il y a aussi de l’uranium et que l’Afrique est le porte monnaie de l’occident.
    Ah bon ?

     

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  • #310557
    Le 23 janvier 2013 à 15:00 par Xénon
    Mali : une guerre peut en cacher une autre

    Je suis toujours attentif aux propos de mr Meyssan,et je partage en général ses points de vue ,forts interessants et instructifs ;sauf que s’agissant de l’Algérie ,son analyse me parait souvent incomplète et un peu loin des réalités ;à propos de la Syrie,il sait trés bien de quoi il parle,d’ailleurs je crois qu’il y réside,pour l’Algérie,à ma connaissance on ne l’a pas trop croisé à Alger,contrairement à Dieudonné,qui est d’ailleurs trés apprécié en Algérie. Cette article en es l’illustration,il ne nous dit pas comment flamby va dévaster l’Algérie,une chose est sure ,s’il y a bien quelqu’un qui maitrise ces groupes obscures ,ce sont bien le DRS algérien,la DCRI a tendance à se contenter des restes et des ptits franco-algeriens qui carburent au LSD et aux euros.La France ne s’aventurerait jamais à destabiliser l’Algérie,les conséquences pour elles seraient trop dangereuses,et elle en a bien conscience,surtout que ses intérets en Algérie sont énormes ;l’Algérie c’est pas la Syrie ou la Libye.Mr Soral connait mieux le sujet et ne s’aventure pas trop dans des conclusions trop hatives.

     

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  • #310608
    Le 23 janvier 2013 à 15:50 par jeannnot
    Mali : une guerre peut en cacher une autre

    Critiquer l’ingérence d’accord de la à repartir sur un nouveau colonialisme ça va un peu loin. une majotité de français n’en voudrait pas.

     

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  • #310987
    Le 23 janvier 2013 à 22:15 par massimo
    Mali : une guerre peut en cacher une autre

    J’ai vu la plupart des commentaires sur cette article, et je trouve que la complexité des commentaires reflète bien la complexité du sujet.
    Finalement, mon avis : ya du bon dans toute vos analyses, mais le problème c’est que meme quand on pense saisir les vérités à ce sujet, on est quant meme enfumé, puisque c’est un conflit d’interet.............donc, ya 3 camps : le camp sioniste pour des intérets sionistes et capitalistes et le camp des soviéto-asiatique ( qui ont une avance de part le développement de la chine dans le continent /d’ailleurs les USA essaient de rattraper le temps perdu) et le camp des juste-dissidants ( qui essaient juste de se défendre face aux attaques du camps sioniste ....comme l’algérie, syrie etc..)

    c’est bizarre....on essaie de comprendre mais, la vérité on la saura trop tard

     

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  • #313646
    Le 26 janvier 2013 à 18:38 par Nicow
    Mali : une guerre peut en cacher une autre

    "En réalité, il est fort peu probable qu’Ansar Dine ait représenté une menace réelle, car la vraie force combattante, ce ne sont pas les islamistes, mais les nationalistes touaregs"
    Je pense que c’est à cet instant précis que la démonstration de Meyssan fait fausse route. Chauprade nous dit au contraire que les touaregs sont largement dominés militairement, donc le risque pour Bamako était réel.

     

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