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Mort du grand réalisateur italien Ettore Scola

"Affreux, sales et méchants"… mais éclatants !

En 1976 sort un film bombe, d’un réalisateur italien peu connu du grand public : Ettore Scola. Qui a le culot de montrer, en plein boum économique européen et dans une société de consommation satisfaite, le quotidien misérable d’une famille des bidonvilles de Rome. La claque dans la gueule de la bonne société !

 

Une des filles fait la pute, le frère voyou essaye de l’attraper, tout le monde a une sale gueule et une mentalité vicelarde. La grand-mère est encore en vie pour une seule raison : elle touche l’aide sociale, se constitue un petit pactole, et la famille entière tente de lui faucher le magot. Tout l’appétit capitaliste et la déchéance morale ramassés en quelques mètres carrés de promiscuité. Ils sont peu à pouvoir quitter ce village moyenâgeux posé contre une des collines pourries de Rome. Les petits pioncent dans les tiroirs, le père borgne et alcoolo tombe amoureux d’une pouf obèse qu’il présente à femme… c’est la totale. Le « social » porté à son plus haut degré de brutalité. Un feu d’artifice de bordel à l’italienne. Mais c’est drôle, vivant, du Reiser dans le texte, et le dessin : Scola a commencé comme dessinateur d’humour, dessin qu’il reprendra à la fin de sa vie, écoeuré par les pratiques des producteurs et des distributeurs.

 

La bande-annonce de Brutti, sporchi e cattivi en italien, mais sous-titrée en français :

 

 

Attention, dans l’extrait qui va suivre, la vie bouillonnante des pauvres fait que certains gros mots et certaines scènes peuvent choquer les âmes sensibles. Mais Ettore n’a rien inventé. Pour ceux qui aiment le genre, en un peu moins rigolo, on conseille l’excellente série Gomorra, diffusée sur Canal+ en janvier 2015, qui raconte le quotidien de petits mafieux napolitains (de la Camorra). La veine néoréaliste serait-elle en train de ressusciter chez nos cousins transalpins ? Pour en revenir à ce film – auquel certains préfèreront Une Journée particulière ou Nous nous sommes tant aimés –, au milieu de toute cette merde, l’avenir de l’Italie est symbolisé par la pure adolescente, objet de toutes les convoitises, avec ses bottes jaune soleil. Un îlot d’innocence – elle garde jalousement son petit frère éloigné de toutes les turpitudes « humaines » – dans un monde de putes et de brutes. La louve romaine…

 

 

Plus social, tu meurs dans les toilettes d’un centre social pour migrants à Aubervilliers !

 

Gina Lollobrigida - années 60

 

Hélas, depuis, le cinéma italien, mâtiné de vérités violentes et d’humour grinçant, ce qu’on appelle communément la comédie, a quelque peu sombré. La faute à la télé, et à l’explosion des chaînes privées et locales dans les années 1980-1990, à la désaffection croissante des salles obscures, coïncidant avec la fin d’une période faste de créativité incarnée par les Rosselini, de Sica, Fellini, Comencini, Visconti, Pasolini et autres Risi (ordre non chronologique, attention).
On retrouvera ce réalisme social – passage de témoin européen ? – dans le nouveau cinéma espagnol des mêmes décennies 1980-1990. L’ensemble étant une résurgence ou les branches du cinéma russe des années 1920, qui avait mis la terre et l’homme à l’honneur, repris par le cinéma allemand pré-nazi. Les Italiens y ajouteront leur touche glamour, avec les beautés renversantes que furent les Monica Vitti, Sophia Loren, Gina Lollobrigida, Claudia Cardinale (dans Le Pigeon)… déesses plongées dans un marécage glauque habité par des hommes tordus, livrés à eux-mêmes, et magnifiquement interprétés par Vittorio Gassman, Ugo Tognazzi, Alberti Sordi, Nino Manfredi, Marcello Mastroianni… Une bande d’acteurs capables de faire rire ET pleurer, parfois en même temps.

 

Le charme naturel des actrices italiennes de la Cinecittà

 

Aujourd’hui, de l’autre côté des Alpes, il ne reste que la pleurniche (on espère que cette petite provocation conduira un lecteur italien à nous contredire et nous « vendre » la renaissance du ciné rital), avec Nanni Moretti qui n’en finit pas de pleurer sur la mort de la gauche. Scola, lui, avait préféré en rire.

 

La biographie du réalisateur par Thierry Ardisson dans Tout le monde en parle du 20 mars 2004 :

 

Le social italien, curieusement absent du cahier des charges d’Hollywood, voir sur E&R :

Voilà un film social français, chez Kontre Kulture :

La bande dessinée qui se rapproche le plus de l’esprit néoréaliste italien,
chez Kontre Kulture :

 



Article ancien.
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43 Commentaires

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  • #1376847
    le 20/01/2016 par Georges 4bitbol
    Mort du grand réalisateur italien Ettore Scola

    "Affreux, sales et méchants" le film le plus sordide et le plus drôle de l’histoire du cinéma.
    Malheureusement, dans cette période des 30 glorieuses, cette incursion dans le monde de l’extrême pauvreté m’était apparue comme une volonté crasse de ses miséreux de rester dans leur cloaque. Oublié "Germinal", ou la misère décrite par Ch Dickens.
    J’avais cru que la misère morale amenait la misère matérielle, alors que c’est l’inverse et que c’est notre avenir.

     

    • #1376946
      le 20/01/2016 par Pépé le Moko
      Mort du grand réalisateur italien Ettore Scola

      C’est pas l’inverse ...

      L’ignorance et le péché ont amené " l’humanité " au stade où nous en somme ...

      Bien que la pauvreté fusse la mère de tout les maux sociaux ...


    • #1377033
      le 20/01/2016 par Moi, Peter Sellers
      Mort du grand réalisateur italien Ettore Scola

      C’est bien la misère matérielle qui amène tout droit à la misère morale si l’homme n’a pas un sursaut..


    • #1377071

      C’est bien la misère matérielle qui amène tout droit à la misère morale si l’homme n’a pas un sursaut..




      Si c’était la misère qui créait l’immoralité, cela voudrait dire que les riches sont plus respectueux de la morale que les pauvres. C’est ce que tu penses vraiment ?


    • #1377335
      le 21/01/2016 par Moi, Peter Sellers
      Mort du grand réalisateur italien Ettore Scola

      @Titus, ton sens de la logique m’échappe....
      Je vais te dire différemment la même chose afin de facilité ta compréhension.. La misère matérielle est propice à la misère morale, si...
      J’ai du mal à comprendre comment tu fonctionnes : tu présente les choses à ta façon pour me demander si c’est ce que je pense... en oubliant en plus que j’ai émis une condition (le sursaut : la possibilité d’un dépassement) ?

      Premièrement la misère matérielle signifie qu’il y a un abandon du groupe puisque la personne vie dans une situation contraire à la dignité humaine. J’espère que tu ne m’interpelle pas sans avoir un minimum conscience des mots... Je ne parle pas de fausse misère comme celle d’être perçu à travers le regard des autres avoir des vêtements à la mode par exemple. Je parle de décence.. de besoins fondementaux, bref la misère...

      Tu me parle de riche car tu veux t’amuser sur l’idée de l’homme privée du sentiment du besoin... je te vois venir... mais pas de chance à aucun moment je n’ai parlé de riche !..

      Quand je parle manques c’est de « biens » réels, de « biens » déjà existants, des biens que tout le monde possède. Pour expliquer ça rapidement à un enfant je dirais que celui qui a faim pourait être plus faible devant l’envie de se servir dans mon assiette sans en être invité alors que celui qui à le ventre plein aura naturellement d’autres préoccupations (pas l’envie) ; j’ai recours au ventre plein du non-nécessiteux mais l’exemple se comprendrait très bien sans contre-exemple..

      Je sais que tu ne sera pas satisfait même avec un exemple simple et clair alors je vais un peu développer ça dans un second message plus long.


    • #1377343
      le 21/01/2016 par Moi, Peter Sellers
      Mort du grand réalisateur italien Ettore Scola

      La misère matérielle ne doit pas être pensée indépendamment de la vie sensible (et par sensible ça ne se limite pas qu’a l’aspect physiologique). Il n’y a pas de conscience hors du temps et c’est notre condition temporelle (matérielle..) qui nous permet d’être dans le monde. Le besoin n’est pas un trait spécifiquement humain, les animaux ont aussi des besoins mais ils n’ont pas un rapport au sensible comme l’être humain..
      Si on évoque le sensible on est déjà dans l’immatériel (sans même parler de spirituel).. mais toi tu voudrais sûrement qu’on aborde la misère matérielle strictement d’un point de vue animal qu’on reste terre à terre dans le materiel... Ce dont je ne suis pas disposé à faire en tant que musulman. À toi ta religion, à moi la mienne.

      Selon l’Islam la nature originelle de l’homme (fithra) est bonne, bien que son âme (nafs) ai des caprices ; même si nous avons tous la même âme nous avons chacun nos « caprices » a l’intérieur de cette âme (« sortes » de vices latents qui se révéleront ou pas selon les choix de vie). C’est des concepts très difficile à expliquer en traduisant TRÈS approximativement les mots arabe.
      En se soumettant à nos besoins le corps mais aussi l’âme est apaisée car elle est conforme à sa conception originelle, une composition harmonieuse du caractère humain. Manger, boire, dormir, se vêtir, avoir une compagne de vie et une vie sexuelle apaisée, la bonne hygiène font parti des besoins primaires toute atteinte à ces besoins créer une perturbation dans la capacité première de l’âme qui est pourtant de toute bonté...
      La nature profonde d’un être se révèle dans ses actes.. la fonction d’une société est de facilité les besoins primaires : manger, boire, dormir, avoir un toit sur la tête, se vêtir et pouvoir se marier... Ali le neveu du prophète a dit que lorsque un pauvre n’a pas mangé c’est qu’un riche lui a pris sa part. La richesse n’est pas du tout mal vu en islam mais elle le devient si il y a une pauvreté (réelle).
      Pour conclure la misère matérielle n’est pas propice à l’équilibre des humeurs et à une composition harmonieuse des caractères propres à l’être humain et l’utilisation de la « raison » (nature primordiale et originel, voir Fithra). Ne pas avoir à manger au milieu du désert est une chose ne pas avoir à manger en société en est une autre... Si il y a sentiment d’abandon et d’injustice ça devient un danger pour le groupe.. C’est comme laisser ses enfants sans nourriture c’est un préjudice pour l’avenir.


    • #1377454
      le 21/01/2016 par Georges 4bitbol
      Mort du grand réalisateur italien Ettore Scola

      La misère matérielle des personnages décrits dans "affreux, sales et méchants" les mènent aux vol, prostitution, inceste, violence, parricide... aucune aide ni spirituelle, ni étatique en dehors de la pension convoitée de la grand mère.
      Le petit peuple de France des années 50 que j’ai connu était pauvre, mais la foi Catholique était encore prégnante, l’entre-aide, le lien social, la famille structuraient la société. Familles qui ont commencé à éclater avec la délocalisation obligatoire dans la fonction publique qui a initié la migration interne professionnelle, ainsi que le remembrement rural qui a tué la petite paysannerie.
      Petite paysannerie qui n’a eu d’autre choix que de s’expatrier dans les grands centres urbains pour alimenter les usines du grand patronat. Et nous retombons sur les luttes de classes ancestrales issues des jacqueries paysannes transposées dans les usines et qui méneront le grand patronat à l’importation massive de prolétaires "soumis" de remplacement issus des anciennes colonies (réf Francis Cousin)


    • #1377646
      le 21/01/2016 par Pépé le Moko
      Mort du grand réalisateur italien Ettore Scola

      Il y a le fait de tomber d’un niveau spirituel ... jadis ... , et il y a les " complications of the complications " ( Brazil ... le film ... ) , c’est à dire là où , non content de commettre des péchés ,les êtres humain à tendance matérialiste et démoniaque commence à bricoler " un peu " trop avec la nature , et invente des usines à gaz infernales , ce qui s’appelle " Ugra karma " ( activités néfastes ) en Sanskrit ...


    • #1378008
      le 21/01/2016 par Georges 4bitbol
      Mort du grand réalisateur italien Ettore Scola

      @Titus
      Votre question est pertinente et j’y réponds : la grande misère matérielle amène à la misère morale (hors cadre spirituel salvateur), la grande richesse mène également à la misère morale, les meilleurs exemples : les strauss-khan/sinclair, les frasques de la famille saoud, la pédophilie dans la jet-set, l’affaire de l’héritier de la maison du caviar.. liste non-exhaustive.


    • #1378089
      le 21/01/2016 par Moi, Peter Sellers
      Mort du grand réalisateur italien Ettore Scola

      Le patronat aurait pu choisir de moderniser l’appareil de production mais il a choisi de faire venir une immigration qui n’avait certes pas une tradition de lutte sociale. J’ai l’impression que les gens oublient cependant l’essor économique. C’est comme si le complot précède le besoin...

      Si je dirigeais une riche famille industriel mon soucis aurait été de trouver de la main d’œuvre pour pouvoir doubler voir tripler les capacités de mon usine. Pourquoi l’expansion ? Parce que mon grand-père comme mon père ont bénéficié d’avancées technologiques qui leur ont permis une expansion du patrimoine familiale et de rivaliser avec la concurrence... une dynamique bien amorcée..
      Si les industriels allemands veulent une immigration qu’elle vienne de l’Europe de l’est comme ces dernières décennies ou aujourd’hui du Moyen-Orient peu leur importe tant qu’ils ont des bras frais et disponible que le pays n’a pas payé pour l’amener à l’âge de travailler, le capital humain.

      Alors oui si à l’époque ils avaient eu la possibilité d’avoir plus d’espagnols ou d’italiens (peuples européens habitués aux luttes sociales nous dit-on) ils y auraient eu recours plutot que de faire venir des africains...
      D’ailleurs si le complot précédait le besoin on n’auraient jamais eu recours aux italiens et polonais.. car la colonisation nous permettez déjà de faire venir des africains plus soumis ?...
      Surtout que le patronat depuis les années soixante s’en foutait des ouvriers.. c’était plus les grandes grèves des années 30. D’ailleurs Tatcher au milieu des années 80 n’a fait qu’une bouchée des syndicats (infiltrés de toute façon) et elle n’a pas une besoin d’immigrés pour affaiblir les luttes sociales...


    • #1378117
      le 21/01/2016 par Moi, Peter Sellers
      Mort du grand réalisateur italien Ettore Scola

      Effectivement, l’excès perturbateur va aussi à l’encontre de notre nature profonde..


    • #1378164
      le 21/01/2016 par Moi, Peter Sellers
      Mort du grand réalisateur italien Ettore Scola

      Dieu créa l’homme à son image et à sa ressemblance (Genèse 1.26-28).
      Il n’est pas question d’anthropomorphisme mais de l’âme de l’homme et des attributs de Dieu, il me semble. Si l’âme et le corps sont dans des états de dénutrition matériel ou spirituel il y a péril en la demeure.. La nature tout comme Dieu est fait d’équilibre... C’est comme ça que ça fonctionne. Donc oui le danger peux venir d’un manque ou d’un excès.


  • #1376853
    le 20/01/2016 par Simone Choule
    Mort du grand réalisateur italien Ettore Scola

    Très grand réalisateur où en effet, son film mordant "Affreux Sales et méchants" est plus socialiste que tous les films victimaires et pleurnichards style Philippe Lioret (avec son film d’horreur "Welcome" par exemple). Quelque fois il suffit de respecter un genre et de le greffer aux réalités d’aujourd’hui pour faire prendre conscience de certaines choses au public plutôt que de faire le meme énième film français dit "engagé" suintant de naturalisme dégoulinant, de bonne conscience (Affeux sales et méchants n’est pas aveugle sur la nature humaine, et qu’elle ne fait pas parti d’un camp ou d’un parti) de dialogues psychologisants ("tu veux qu’on en parle") et de regards "qui en disent long" (les fameux "silences" lourds de sens devenus clichés du cinéma français). Adieu Ettore : un des derniers dinosaures du bon cinéma italien vient de disparaitre, hélas les pires restent comme le sectaire au talent moule surgelée Nanni Moretti (heureusement il y a Paolo Sorrentino !).


  • #1376856
    le 20/01/2016 par Clara Imbert
    Mort du grand réalisateur italien Ettore Scola

    Triste nouvelle pour le monde du cinéma. Je ne connaissais pas ce grand cinéaste mais je vois qu’il a fait joué les plus grands du cinéma italien cités ci-dessus..

    J’aime aussi les films italiens d’antan, je les trouve magnifiques...

    Lorsqu’un grand disparait, je suis triste mais en même temps, je me dis qu’il laisse ses oeuvres, qui elles, ne meurent jamais !

    Paix à son âme.

    P.S : Magnifique article ! Derrière cette plume que j’ai reconnu, un fervent amateur de cinéma (cinéphile) et j’en mettrais ma main à couper, j’ai ma petite idée !


  • #1376857

    Et beh...c est une année qui commence drôlement mal...


  • #1376899

    J’ai eu la chance de voir ce film étant gosse,ado puis jeune adulte et je voyais là pas mal de scènes de la vie de tous les jours d’un ghetto très proche d’où nous vivions (chez la famille ) quand j’allais en vacances en Italie dans les 70’s.
    10 ou 15 à dormir dans une même pièce était fréquent à l’époque dans certaines famille.
    Ce film est une pure tuerie tant pour les images que pour les dialogues,je ne sais pas quelle est la meilleure scène tant elles sont nombreuses,
    peut être la ’’frangine contre le lavabo " ou bien la pompe à vélo du père mais tout est magnifique.
    A REGARDER POUR CEUSSES QUI NE CONNAISSENT PAS... !!!


  • #1376934
    le 20/01/2016 par Philippe de Macédoine
    Mort du grand réalisateur italien Ettore Scola

    Ce qui est formidable dans Affreux Sales et Méchants c’est comment après avoir produit un film drolatique, Scola a su en une image, la dernière seconde, ramener le public dans l’horreur de la réalité.

    Je me rappelle qu’en sortant du cinéma, j’ai vu vomir des gens qui, quelques minutes avant, riaient à gorge déployée.

    Ceux qui ne l’ont pas vu ont le devoir de le regarder. Ces 2 h ne servent pas à rien.


  • Autre example d’un cinema de qualité, rendu uniquement possible car libéré du joug americain.

    1937 : création de Cinecitta. Les plus grands réalisateurs en devenir s’y forment pour exploser des 1946 : Rosselini, Fellini, De Sica,...

    Pour rappel, le meilleur du cinema francais, toujours inegalé, s’est deroulé aussi lorsque la France a pu se liberer du joug americain, durant la deuxieme guerre mondiale :

    Le Quai des brumes / Hôtel du Nord / Le jour se lève / Les Visiteurs du soir / Les Enfants du paradis / Les Portes de la nuit de Marcel Carné

    L’assassin habite au 21 / Le corbeau de Henri-Georges Clouzot

    La Marseillaise / La Règle du jeu / La Bête humaine de Jean Renoir

    Le Schpountz / La Fille du puisatier / La Femme du boulanger de Marcel Pagnol

     

    • #1377166

      @JUL.........certains sont d’avant, légèrement..." Le schpountz ", " La bandera ", " Pépé..et d’autres...mais il est vrai que Cinecittà a été un outil formidable pour plusieurs genres de cinéma, de grands péplum par exemple y furent tournés dans les années 50 !


  • #1376940

    Triste, très triste. J’ai connu le cinéma italien de la grande époque grâce à mon grand-père. "Il Sorpasso" de Dino Risi reste mon film préféré. Un chef-d’œuvre absolu qui mêle mélancolie et joie de vivre sans jamais tomber dans cette niaiserie insupportable propre au cinéma contemporain. Il faut absolument voir son film intitulé "Se Permettete Parliamo di Donne" sorti en 1964. Un petit bijou d’humour et de critique sociale.

     

    • #1377028
      le 20/01/2016 par Moi, Peter Sellers
      Mort du grand réalisateur italien Ettore Scola

      C’est vrai que sur celluloïds ça a de la gueule les sous-prolétaires, malgré les critiques acerbes quand c’est raconté avec poésie...

      Le titre original « Il sorpasso » c’est le film avec Jean-Louis Trintignant beaucoup plus connus sous le titre « Le Fanfaron ».


    • #1377063
      le 20/01/2016 par toto la ciboulette
      Mort du grand réalisateur italien Ettore Scola

      Le fil m Easy rider s’ est inspiré de ce premier road movie (horrible anglicisme)


  • #1376957

    Ce n’est pas le plus marquant, ni le plus populaire, mais j’ai une tendresse particulière pour son film "La Famille", (à voir en V.O.), sans doute, justement, parce qu’il décrit si bien les liens familiaux, avec ce qu’ils peuvent avoir de plus beaux, mais aussi de plus laids. C’est un voyage à huis-clos au travers d’une famille italienne de Rome. On y reconnait forcément au moins un membre de notre propre famille… On rit, on pleure, on s’interroge…, comme dans la plupart des films d’Ettore Scola.

    Je n’oublierai pas de citer une phrase que l’on peut entendre dans son film "Nous nous sommes tant aimés" : "Nous voulions changer le monde, mais c’est le monde qui nous a changés", une manière de confesser ses échecs…


  • #1376963

    Le DeadlyBoom mes amis.. ..sans doute ce qui nous débarrassera le mieux de nos problèmes.


  • #1376964

    La vraie vie des pauvres, c’est la mélancolie des riches (Pierre Jakez-Hélias) !


  • #1376968

    La Nuit de Varennes avec Mastroianni en Casanova forcément, très bon.


  • #1376975

    Affreux, sales et méchants je l’ai vu a sa sortie, et deux fois ou trois ensuite, c’est du réalisme social montré sans pleurniches avec beaucoup d’humour, très grand film , et pour toujours un très grand réalisateur. Ciao M Scola


  • #1376999

    Clair, il ne reste plus grand chose du cinéma social italien, mort lentement avec le PCI. Terminé à grands coups de tatanes par ce beau marché global et les renoncements puis la complicité de la gauche. Toute production actuelle doit fonctionner selon des codes définis, compréhensibles partout et par tous. On est passé du néo-realisme au néo-capitalisme... Enfin il me reste toujours la collection de 33t de musiques de films italiens de mon oncle Aldo. Paix à son âme et à celle d’Ettore. Et spéciale dédicace à la scène où le vieux se réveille en sueur et haineux, accusant tout le monde d’avoir piqué son magot et retournant la baraque.


  • #1377021

    Bel hommage d’Ettore Scola à Julien Duvivier chez Ardisson avec, au passage, une petite cartouche pour la Nouvelle vague.


  • #1377080

    Le Bal scénarisé par Ettore Scola et dirigé par Dino Rizzi, si parlant et pourtant sans paroles ! Génial.


  • #1377172

    je l’ai vu sur Classic dans un très beau doc consacré à la légendaire trattoria " Chez Otello "...merci monsieur Scola, reposez en paix maestro..quel cinéma !


  • #1377251
    le 20/01/2016 par SpiritusRector
    Mort du grand réalisateur italien Ettore Scola

    Dans le même genre je conseille amicalement à tous les curieux avides de bons films pour se marrer de s’intéresser aux films de Alex de la Iglesia...

    - Action mutante

    - Perdita Durango

    - Mort de rire

    - Le jour de la bête

    Que du bon !

     

    • #1378112
      le 21/01/2016 par Moi, Peter Sellers
      Mort du grand réalisateur italien Ettore Scola

      El Dia de la Bestia...
      Un classique qui avec la tournure des événements eschatologiques se révèle encore meilleur que la forte impression qu’il avait eu sur nous à sa sortie !!!
      Pour ceux qui ne connaissent pas un prêtre de province veux hâter l’arrivé de l’antechrist en commentant le mal autant que possible dans un Madrid nouvelle Babylone.. Occultisme, Jacob Franck, Sabathai Tzevi (?) on se demande si le scénario est plutôt bien documenté pour 1995 l’année de sa sortie.. LOL..
      Ps : le film avec Mel Gibson Complots (Conspiracy Theory) sortie en 1997 (!) contient absolument toutes les théories du complots mise à part le onze septembre...


  • #1377273

    Le magnifique "va te faire foutre" lâché par Nino Manfredi au journaleux...
    RIP Ettore Scola


  • #1377286
    le 20/01/2016 par Déclassé social
    Mort du grand réalisateur italien Ettore Scola

    Pour ceux qui veulent voir d’autres super films de la grande époque du cinéma italien, je recommande vivement : "i mostri" ("les monstres", 1963) avec Vittorio Gassman et Ugo Tognazzi. Il s’agit d’un film à sketchs sur la société italienne.


  • #1377536

    Mon plus grand souvenir de cinéma Italien ! Le génie à l’état pur ! On en mesure d’autant plus le désastre survenu depuis...

     

    • #1377802
      le 21/01/2016 par Moi, Peter Sellers
      Mort du grand réalisateur italien Ettore Scola

      Moi, mon premier souvenir marquant d’un film à la télé c’est « Miracle à Milan » de Vittorio De Sica. Longtemps j’ai eu une très bonne mémoire de quelques scènes et d’images frappantes.. J’ai quasiment espèré toute mon enfance revoir à la télé un film dont je ne savais presque rien.. Le film est un peu un conte et je me demandais pourquoi les adultes ne faisaient pas des films pour enfants dans le même genre.. c’était LA référence absolue...


    • #1377935

      Miracle à Milan, oui, un merveilleux conte à voir et à revoir avec bonheur à chaque fois.


  • #1378103

    Tout est allégorie dans "affreux sales et méchants" : la cage en guise d’école, la tentative de meurtre du père, la famille sicilienne de la fin qui immigre dans les bidonvilles de Rome ...

    Un très grand film. A voir en VOST pour vraiment en profiter.


  • #1378358

    Superbe article et grandissime cinéma italien de l’époque, quand on voit leur cinéma maintenant, il n’y a plus que des comiques et qui ne font même pas rire et ils sont tous au gouvernement


  • #1378732
    le 22/01/2016 par jeplaisancorssaidaingue
    Mort du grand réalisateur italien Ettore Scola

    mémorable "nous nous sommes tant aimés" qui m’a fait réaliser à l’entrée dans l’âge adulte que ça ne serait pas une partie de plaisir. Du moins pas que.


  • #1381293
    le 25/01/2016 par fredo de lens
    Mort du grand réalisateur italien Ettore Scola

    j en parlais a un pote de ce film il y a deux semaines.......


  • #1382075

    Ce ciné italien c’était quelques choses.
    Je ne sais pas comment j’étais tombé sur ce film, mais j’ai pu le voir enfant, scotchant !

    Je crois me souvenir de questionnements sur ces rapports entre les gens, sur la condition sociale, avec une louchette chrétienne qui espérait leurs biens si possible.


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