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ONU : l’aide humanitaire abrite des pédophiles

Un rapport de Save the Children, une ONG britannique, dénonce les agissements de pédophiles au sein des organisations humanitaires. L’étude fait état de milliers d’enfants victimes d’abus sexuels de la part de soldat de l’ONU ou de membres d’ONG agissant dans le cadre de l’ONU.

Le problème est connu depuis 2002. En décembre 2006, Kofi Annam avait réuni une conférence internationale sur ce sujet dramatique. Depuis, les choses n’ont guère changé, malgré de nombreuses déclarations de principes et des décisions qui hélas sont demeurées lettre morte.

C’est la raison de la publication du rapport de Save the Children du 18 mai dernier [1]. Celui-ci, conduit de manière rigoureuse dans 38 sites, est accablant. Quoique difficile à quantifier, le phénomène est général. L’étude relève que « d’importants niveaux d’abus continuent à être perpétrés contre de petites filles et garçons dans des situations d’urgence et que, dans la plupart des cas, ils ne sont pas signalés… Au nombre des victimes, on compte des orphelins, des enfants séparés de leurs parents et de leurs familles et des enfants dont les familles dépendent de l’aide humanitaire ». Ceux-ci « se voient proposer de vendre des faveurs sexuelles contre de la nourriture, du savon ou — beaucoup plus rarement — des téléphones portables à des membres d’organisations non gouvernementales et des soldats de la paix ».

Dans de nombreux cas, « les enfants et leurs familles se taisent par crainte d’être montrés du doigt, par peur, ignorance et impuissance. De plus, il semble que sur le terrain, les agences internationales ne soient pas encore perçues comme répondant efficacement aux allégations. Par conséquent, les victimes et d’autres ne voient pas l’utilité de dénoncer les abus. Ces deux facteurs combinés représentent un obstacle majeur à l’élimination de ce problème », détaille l’enquête qui fait 40 pages.

Selon Save the Children, très peu d’organisations tiennent un registre des plaintes déposées contre un de leurs membres. Les chiffres officiels sous-estimeraient largement le phénomène. Selon Jasmine Whitbread, la directrice de l’ONG, « les auteurs d’abus sexuels sur les enfants se cachent dans tous les types d’organisations internationales, humanitaires, de sécurité et de maintien de la paix et à tous les étages de la hiérarchie, au sein des employés locaux mais aussi internationaux ».

Pour elle, il est urgent que ce problème soit traité de manière efficace. En effet, les agences qui travaillent sur le terrain auprès des enfants sont vulnérables. Pas plus que pour les prêtres, ce ne sont pas des humanitaires qui deviennent pédophiles au contact des enfants, mais des pédophiles qui choisissent l’Église ou des organisations humanitaires pour se rapprocher des enfants sous couverts de « bonnes causes ». La question se pose donc des critères de sélection à des postes humanitaires, comme il se pose pour le discernement des candidats au sacerdoce.