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Qui est Gilles-William Goldnadel ?

Pour E&R par la revue Faits & Documents

Note de la rédaction

Ce portrait issu du numéro 457 de Faits & Documents est repris en exclusivité par Égalité & Réconciliation.

Signe de l’attention portée en haut lieu à son action, Gilles-William Goldnadel est la seule personnalité de nationalité française à figurer pour la deuxième fois consécutive dans le Top 100 de ceux qui « influencent positivement la vie juive », le classement annuel de l’hebdomadaire The Algemeiner dévoilé le 13 septembre dernier à New York par l’actrice Sharon Stone et le maire de Jérusalem Nir Barkat lors du gala annuel de la Gershon Jacobson Foundation (rattachée au Habad-Loubavitch). Une marque de reconnaissance pour celui qui, depuis une quinzaine d’années, pilote en France le basculement de la « communauté organisée » de la gauche vers la droite, un renversement s’accompagnant d’une purge des éléments rétifs aux visées du Likoud. Car pour avoir voix au chapitre, les personnalités de la « droite de conviction » doivent faire leur « révolution copernicienne », voire leur « aggiornamento » sous le contrôle de celui que L’Express (23 avril 2014) officialise comme le « passeur entre droite et extrême droite ».

 

« Goldnadel se montre extrêmement aimable, disponible, caressant au sens propre puisque sa main se pose volontiers sur le bras de son interlocutrice. Au physique, Goldnadel est grand, légèrement bedonnant, cheveux frisés coiffés vers l’arrière, tout de noir vêtu sous un manteau à petits carreaux et écharpe violette assortie. "Il est sapé comme un milord", rigole le journaliste et éditeur Guy Birenbaum. "Il pourrait être sépharade. Ça me fait toujours marrer quand je croise un ashkénaze qui joue au séfarade." »

Libération, 2 mars 2010

 

« Nulle part ailleurs, l’inflexion néoconservatrice n’est aussi sensible et aussi élaborée que dans les écrits de Gilles-William Goldnadel. »

Jean-Yves Camus, « Un conflit instrumentalisé par les communautaristes », Revue internationale et stratégique no 58, février 2005

 

« Grand, volubile et charmeur, Gilles-William Goldnadel s’assume "juif de combat" qui défend "Israël de manière tribale". Mais il se définit avant tout comme "sécuritaire", "réactionnaire" et partisan de la "révolution conservatrice". »

Cécilia Gabizon, O.P.A. sur les juifs de France, Grasset, 2006

 

« Rarement militant communautaire juif a flirté si loin avec ces figures très à droite de la droite. »

L’Express, 23 avril 2014

 

« S’il donne acte à Marine Le Pen de ne pas se livrer aux mêmes provocations que son père sur le sujet de la Shoah, il juge néanmoins que le Front national compte toujours en son sein "des gens peu recommandables" et qu’un juif qui voterait Front national se fourvoierait. »

Wikipédia

 

« Il faut multiplier les Goldnadel, afin d’améliorer nos relations avec le CRIF, pour le moins embryonnaires. »

Paul-Marie Coûteaux

 

« Un proche du Likoud qui manie aussi bien la dialectique que la mauvaise foi. »

Alain Marschal

 

***

 

Gilles Gérard William Goldnadel, prénommé selon les époques William ou Gilles-William, est né le 12 janvier 1954 à Rouen (Seine-Maritime).

Il a passé son enfance à Gournay-en-Bray, où ses parents, Henri Goldnadel et Victoria Schwartz, originaires de Pologne et de Russie, tiennent un magasin de vêtements dénommé William.

Il confie à Actualité juive (22 février 2006) : « Je n’ai pas reçu d’éducation cultuelle. Religieusement, ma famille était acculturée. Mes parents étaient communistes donc peu pratiquants. Nous étions juifs, et c’est tout. » Et de préciser : « Tous mes grands-parents étaient communistes, on ne ratait pas une fête de « L’Huma ». Ils considéraient, à juste titre, que la droite était plus antisémite que la gauche qui était l’amie des juifs et des immigrés » (Le Nouvel observateur, 14 juillet 2005).

Outre son engagement à gauche, sa mère a longtemps présidé la section rouennaise de l’Appel unifié juif de France, le bras financier de la communauté juive.

Ni religieux ni croyant, il a épousé, le 6 septembre 1980, Béatrice Vonderweidt, ancien mannequin devenue peintre. Non juifs selon la Halakha (la loi juive), ses deux enfants n’en sont pas moins des Olim (immigrants), ayant pu faire leur Alyah grâce à la nationalité israélienne obtenue par leur père en 2000.

Ancien pilier des milices sionistes à Paris, cité en exemple par Élisabeth Lévy (cf. Les Rien-pensants, Cerf, 2017), son fils Benjamin Goldnadel, né le 30 décembre 1981, a effectué son service militaire dans Tsahal avant d’entrer dans la police à Tel Aviv tout en poursuivant son activisme sur Internet.

Il est méconnu que Gilles-William Goldnadel est le cousin germain de Franck Goldnadel, directeur de l’aéroport Paris-Orly (2010-2011) puis de l’aéroport Paris-Charles De Gaulle (2011-2018). Né le 14 août 1969 à La Ferté-Macé (Orne), parrainé à la Grande Loge Nationale Française par le préfet sarközyste Alain Gardère (cf. Mediapart, 5 juillet 2016), cet ancien de l’École normale israélite orientale (ENIO) vient de prendre la présidence Europe du groupe français de nettoyage Atalian (exTFN) après avoir été remplacé à la tête de l’aéroport Paris-Charles De Gaulle par Marc Houalla.

 

 

Passé par le lycée Les Bruyères à Sotteville-lès-Rouen et la faculté de droit de Paris I, titulaire d’une maîtrise de droit des affaires et du CAPA, Gilles-William Goldnadel commence sa carrière en 1979 en rejoignant, par l’entremise de son « copain » et avocat du gang des postiches Michel Konitz, le cabinet de Pierre Lemarchand, célèbre barbouze anti-OAS du général De Gaulle. En 1990, il s’installe à son compte et fonde Katz & Goldnadel dans le VIIIe arrondissement de Paris (devenu Champagner, Katz & Goldnadel), puis ouvre une antenne à Tel Aviv en s’associant avec Me Charles Meyer. L’avocat dont « la vie a basculé dans d’incessants allers-retours entre la France et Israël » (L’Express, 23 avril 2014) a récemment fait l’intermédiaire dans l’accord de collaboration que vient de passer Auguste Debouzy avec Balter Guth Aloni & Co, le plus gros cabinet d’avocats israéliens. Il a notamment défendu l’ancien « parrain du Var » Maurice Arreckx (membre de France-Israël), Yves Rocher, Samuel Flatto-Sharon dans l’affaire de la société papetière JOB ou encore son « ami » Arcadi Gaydamak.

Représentant en France de la Ligue internationale contre la désinformation et la diffamation, notamment soutenue par Bernard Volcker et Alexandre Adler (cf. La Vendetta française, Sophie Coignard, Albin Michel, 2003), qui défend les intérêts de l’espion israélien Jonathan Pollard, il est intervenu dans les gros dossiers impliquant le milieu juif, notamment dans l’affaire des escroqueries du Sentier ou plus récemment en figurant parmi la trentaine d’avocats (avec Thierry Herzog, Hervé Temime, Jean-Marc Fedida, etc.) mobilisés pour la défense de l’escroc à la taxe carbone Gérard (dit « Gad ») Chetrit.

« Cheveu sur la langue mais verbe haut » (Le Nouvel observateur, 14 juillet 2005), il s’est fait plus discret sur son rôle d’inspecteur (avec Francis Szpiner et Georges Fenech) de la « régularité » de la réélection du président de la République gabonaise Omar Bongo en décembre 1998, ou sur sa défense des nervis de la Ligue de défense juive (LDJ) comme Grégory Chelli (alias « Ulcan ») depuis son implication dans le saccage de la librairie parisienne Résistances en 2009, ou encore Anthony (dit « Tony ») Attal qui s’est vanté de l’organisation de l’attaque de la librairie Au Pays de Cocagne, toujours à Paris, en 2004 (Street Press, 12 septembre 2014).

Avocat de l’ambassade d’Israël (il a raconté au journaliste Frédéric Ploquin recevoir ses ordres directement du Premier ministre d’Israël), il s’est fait connaître, dès sa jeunesse, comme un ardent sioniste, participant, en 1976, avec les frères Henri et Serge Hajdenberg, à la fondation du Comité juif d’action, puis du Renouveau juif. Il deviendra vice-président de ce mouvement communautaire, se flattant d’avoir été à l’origine de l’échec de Valéry Giscard d’Estaing contre lequel avait été orchestrée une bruyante campagne en raison de sa politique jugée pro-arabe : « La foule nombreuse qui applaudit François Mitterrand et conspua la diplomatie française du président de la République d’alors apparut à William [Goldnadel] et à ses amis comme une confirmation de leur thèse sur le vote sanction et la possibilité de constituer un lobby juif. » (Tribune juive, 6 avril 1990)

En 1990, il devait remplacer Patrick Gaubert (futur responsable de la lutte contre l’antisémitisme au cabinet de Charles Pasqua puis président de la LICRA) à la présidence du Centre d’information et de documentation sur Israël et le Proche-Orient, une association fournissant une abondante documentation contre le mouvement de libération national palestinien. Dans la foulée, il a créé l’association Avocats sans frontières, qui semble avoir pris la suite des Juristes juifs pour les droits de l’homme.

Il plaide essentiellement dans des affaires relatives à l’antisémitisme ou à l’antisionisme avec sa consœur Aude Weill-Raynal, née le 18 juillet 1957 à Paris XVIe, petite-fille du député SFIO Étienne Weill, ancien membre du bureau du Renouveau juif et vice-présidente d’Avocats sans frontières. Qualifiés de « propagandistes de l’État-ghetto » par Luc Rosenzweig (Libération, 5 juillet 1983), ils ont attaqué, d’abord au nom de la LICRA puis au nom d’Avocats sans frontières, des personnalités ou des publications antisionistes de gauche comme de droite : le quotidien Libération des années 1980 ; le dessinateur Siné (1985) ; le philosophe et auteur des Mythes fondateurs de la politique israélienne Roger Garaudy (1998) ; le Président de Radio France Jean-Marie Cavada et le journaliste Daniel Mermet (2005) ; le directeur des éditions La Fabrique Éric Hazan pour la version française du livre de Norman G. Finkelstein, L’Industrie de l’Holocauste ; Le Monde et Edgar Morin pour la tribune « Israël-Palestine – Le Cancer » ; l’humoriste Dieudonné ; le dessinateur Zéon ; le professeur Robert Faurisson ; les essayistes Alain Soral et Hervé Ryssen ; le journaliste Jérôme Bourbon ; Henry de Lesquen, etc.

Aude Weill-Raynal n’est autre que la sœur de Clément Weill-Raynal, sans doute le plus proche ami de Gilles-William Goldnadel. Né le 24 novembre 1959 à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), ce journaliste, chargé de la rubrique judiciaire à France 3, auteur d’un « polar juif », Le Tombeau de Rachi (Cerf, 1997) a fondé, en juillet 2000, avec Michel Gurfinkiel (Valeurs actuelles) et Jeanne Assouly (France Télévisions), l’Association des journalistes juifs de la presse française, dont l’objet principal est non seulement « la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie » mais aussi « la lutte contre la désinformation et la propagation de fausses nouvelles ». Un sujet que Clément Weill-Raynal maîtrise, s’étant défavorablement fait connaître comme promoteur de la théorie du complot dans l’affaire Mohammed al-Durah en réalisant, sous le pseudonyme de Daniel Vavinski, l’interview controversée du docteur Yehouda David (Actualité juive, 4 septembre 2008) mettant en doute la réalité des blessures subies par Jamal al-Durah, le père de l’enfant de douze ans tué par balles : « Journaliste sioniste radical avançant souvent masqué, Clément s’est attiré la méfiance de ses confrères » résume M, Le magazine du Monde (8 juin 2013) dans un article consacré à sa relation houleuse avec son frère jumeau Guillaume Weill-Raynal. Figure de la gauche antisioniste, se définissant comme « alter-juif », ce dernier est l’auteur d’Une haine imaginaire : contre-enquête sur le « nouvel antisémitisme » (Armand Colin, 2005) : « Jusqu’à l’âge de 20 ans, les jumeaux avaient tout fait ensemble.Ils dormaient dans le même lit, partaient en vacances au kibboutz. Puis vint la rupture » (Idem). Par ailleurs, Clément Weill-Raynal n’est autre que le Martin Perez qui alimente Actualité juive en « indiscrétions », un pseudonyme emprunté à son épouse, Martine Perez, médecin gynécologue, journaliste au Figaro et ancienne conseillère d’arrondissement UMP dans le IVe arrondissement de Paris.

 

 

Militant avec Gilles-William Goldnadel, son « mentor », pour un virage à droite de la « communauté organisée », Clément Weill-Raynal a par exemple participé, le 5 juin 2002 (avec Shmuel Trigano, Jacques Tarnero, Pierre-André Taguieff, etc.), au Collectif contre les extrémismes (avec l’Association pour le bien-être du soldat israélien, le B’naï B’rith, l’Union des patrons et des professionnels juifs de France, etc.) pour lutter à la fois contre Jean-Marie Le Pen mais aussi contre les groupes d’extrême gauche antisionistes sur le thème : « La République menacée, l’antisémitisme en France en 2002 : pas d’alliance ni avec l’extrême droite ni avec l’extrême gauche ! »

Se revendiquant nettement à droite (« même si, en Angleterre, je serais blairiste » précise-t-il au Nouvel observateur), Me Goldnadel a défini dans plusieurs ouvrages (Le Nouveau bréviaire de la haine, Les Martyrocrates, Réflexions sur la question banche, etc.) ce qui est devenu la nouvelle ligne politique de la communauté juive, à savoir un retournement spectaculaire, puisqu’en 2002, selon une enquête du Fonds social juif unifié, seuls 14 % des juifs se définissaient comme « de droite » et 1 % d’« extrême droite ».

Pour lui, le culte de l’Holocauste serait devenu une forme subtile d’antisémitisme permettant à la gauche et à l’extrême gauche de n’apprécier que les juifs persécutés ou faibles : « à manifester une vigilance exclusive, presque rigide, à l’égard de l’extrême droite, on a autorisé l’extrême gauche à être d’une non moins insoutenable insolence antisémite, mais, elle, sous couvert bien sûr d’antisionisme. Contre cette extrême gauche, je suis d’une indéfectible intransigeance » (Proche-Orient Info, 14 novembre 2002). Libération (2 mars 2010) résume : « Pour lui, le véritable danger antisémite ne vient plus du Front national mais des jeunes musulmans de banlieues et de leurs complices, « les altermondialistes en keffieh ».

Pour comprendre le ressort profond de ce retournement entamé il y a une vingtaine d’années, il faut se reporter à l’analyse de celui à qui il a succédé en 2005 à la présidence de l’Association France-Israël Alliance général Koenig, l’ingénieur général de l’armement Michel Darmon : « Depuis dix ans, la communauté juive s’est trompée de combat, ce n’est pas Le Pen notre ennemi, c’est la politique étrangère de la France » (Témoignage chrétien, 6 juin 2002). Bref, le discours de Le Pen sans Le Pen et le RPR sans la politique étrangère gaullienne. Autant d’objectifs réalisés avec l’arrivée à l’Élysée de Nicolas Sarközy que Gilles-William Goldnadel accompagnera personnellement lors de sa visite en Israël au mois de juin 2008 : « Il a apaisé la communauté juive […] je suis très engagé judiciairement dans la lutte contre le boycott des produits israéliens […] c’est la première fois que je reçois des lettres de soutien du Président et de la Garde des Sceaux » expliquera-t-il (Le Figaro, 4 février 2010) lors de son entrée au comité directeur du CRIF. Une élection triomphale dont son « ami » Dov Zerah (ancien président de l’Association consistoriale israélite de Paris, membre de la promotion Voltaire de l’ENA, témoin de mariage d’Henri de Castries, membre du Grand Orient de France, etc.) expliquera qu’elle concrétise « une stratégie d’ensemble de la communauté » (L’Express, 23 avril 2014). Celui à qui Nicolas Sarközy a remis en main propre les insignes de chevalier de l’Ordre national du Mérite a rejoint, en 2013, la Droite forte de Geoffroy Didier et de Guillaume Peltier (via Patrick Buisson) afin de se faire élire député dans la 8e circonscription des Français établis hors de France (la « circonscription de Netanya » créée par Nicolas Sarközy en 2010) ayant eu l’assurance de Jean-François Copé (membre du comité directeur de France-Israël) d’obtenir l’investiture. La manœuvre échouera lors d’un vote à bulletin secret (fait rarissime en commission d’investiture) provoqué par une levée de boucliers des fillonistes. Relégué à un vague poste de « secrétaire national chargé du suivi des questions liées aux médias », ce bénéficiaire du Service de protection des hautes personnalités a récemment rejoint le Centre national des indépendants et paysans (CNIP) comme secrétaire national chargé de la justice. Dans ce sas de décompression entre le RN (ex-FN) et LR, il fait office de vigie pour superviser une union des droites israélo-compatibles, un projet qu’il nourrit depuis une vingtaine d’années. À l’époque, « Goldnadel parie sur Alexandre Del Valle, qui se présente comme un expert de l’islam. Les deux hommes se sont rencontrés en 1998 autour d’Alain Griotteray, ce partisan d’une politique de « main tendue » vers le Front national. Ils se côtoient à nouveau dans les dîners de la nouvelle droite pro-serbe en 2000. Puis tentent de fédérer « toute la droite dure, relativement respectable, autour de Pasqua, Villiers, Dupont-Aignan, Madelin… », raconte Del Valle. La tentative échoue. Mais Goldnadel continue à faire fonctionner ses laboratoires d’idées, destinés à ceux qui partagent ses thèses « aussi bien au sein de la communauté juive qu’en dehors », avec l’Association pour le respect de la morale et de l’objectivité dans les médias (rebaptisée plus tard Ligue internationale contre la désinformation et la diffamation) ou encore dans l’association Droit à la sécurité. » (Op. Cit)

Dans cette O.P.A. sur la droite française, il s’est lié à des personnalités de la « droite de conviction » en assurant, gratuitement parfois, leur défense. Citons Anne Kling (représentante alsacienne de Droit à la sécurité), Patrick Buisson, Robert Ménard, Florian Philippot (contre le Qatar), Laurent Obertone (contre Mediapart), le Cercle algérianiste (contre Emmanuel Macron), le maire DLF de Wissous Richard Trinquier qui avait menacé des Roms avec un sabre, etc. : « Rarement militant communautaire juif a flirté si loin avec ces figures très à droite de la droite » résume L’Express.

Il s’est également rapproché de personnalités aussi diverses que Bernard Antony, Paul-Marie Coûteaux, Reynald Secher ou encore Claude Chollet… La comparution, en décembre prochain, de Françoise Martres, la Présidente du Syndicat de la magistrature (SM) dans l’affaire dite du « mur des cons » (y figuraient Alain Minc, Brice Hortefeux, Alain Bauer, Robert Ménard, Alain Soral, Bernard-Henri Lévy, etc.) dévoilé par Clément Weill-Raynal en avril 2013, sera l’occasion pour Gilles-William Goldnadel de mener une offensive médiatique sur un sujet à la fois central et consensuel, en ce qu’il opère une jonction entre droite, extrême droite et communauté juive organisée.

Car ces dernières années, notre homme a considérablement accru sa surface médiatique : chroniqueur au Figaro, il est devenu un « pilier » des Grandes Gueules sur RMC (depuis 2010), puis éditorialiste à Valeurs actuelles (depuis 2013) avant de rejoindre, en 2017, Les Terriens du dimanche (C8), l’émission de Thierry Ardisson. C’est depuis les locaux de Magasin numérique, filiale web de Téléparis, la société contrôlée par ce dernier via son bras droit Stéphane Simon qu’émet La France Libre, la webtélé lancée en janvier dernier par Me Goldnadel en association avec l’ex-mitterrandolâtre André Bercoff recyclé dans le national-sionisme à la faveur d’un publi-reportage sur le Keren Kayemeth LeIsrael (« À la rencontre des minorités d’Israël », Valeurs actuelles, 31 décembre 2015) qui lui a valu le prix 2016 de l’Union des patrons et des professionnels juifs de France. Notons que c’est à La France Libre, média communautairement très marqué, que Marion Maréchal a accordé une de ses rares sorties médiatiques (entretien mené par Gilles-William Goldnadel et Geoffroy Lejeune de Valeurs Actuelles). François Bousquet, rédacteur en chef d’Éléments (vitrine de la Nouvelle droite), y a également été complaisamment reçu par un Gilles-William Goldnadel cette fois-ci accompagné de Naomi Halioua (cf. nos précédents numéros), deuxième personnalité française à figurer dans le Top 100 2018 de « ceux qui influencent positivement la vie juive » de The Algemeiner.

Si pour lui, « soutenir Assad est immoral » (Le Point, 7 décembre 2016), il n’hésite pas à donner le change à ses nouveaux « amis », à critiquer George Soros voire à condamner vivement le CRIF (cf. La France Libre, 2 juillet 2018) dont il se serait éloigné… Une aimable plaisanterie puisqu’il s’est simplement fait remplacer au comité directeur (où il a siégé au titre du KKL) par Me Corinne Champagner-Katz, longtemps son associée. Décrits par Marianne (6 avril) comme « les nouveaux manœuvriers du CRIF », Meyer Habib et Gilles-William Goldnadel conservent l’ascendant sur le falot Francis Kalifat, actuel président. C’est d’ailleurs Meyer Habib qui a insisté auprès de la famille de Mireille Knoll, octogénaire de confession juive assassinée au mois de mars 2018, pour qu’elle s’attache les services de Me Goldnadel, ce dernier ayant d’ailleurs été surpris tant le caractère « antisémite » de l’affaire ne lui avait pas sauté aux yeux dans un premier temps (cf. Le Point, 5 avril 2018). Lors de cette séquence, le binôme organisera en coulisse le revirement du CRIF quant à l’invitation de Jean-Luc Mélenchon à la chaotique « marche blanche » pour Mireille Knoll (cf. Le Canard enchaîné, 4 avril 2018) où la Ligue de Défense Juive (LDJ) sera dépêchée pour protéger Marine Le Pen plongée au milieu d’une foule hostile.

 

 

Marine Le Pen, Me Goldanel, l’a rencontrée au milieu des années 2000 par l’entremise d’Alain Soral, connu en 2003 sur le plateau de LCI lors d’un débat sur le communautarisme organisé par Patrick Buisson (l’exercice sera répété par Paul Wermus dans VSD) : « Elle souhaitait que le Front national entretienne de meilleures relations avec la communauté organisée, raconte Goldnadel. Je lui ai dit que le langage employé par le FN avait nui à sa respectabilité, principalement son ambivalence par rapport à la Shoah. Et que, si elle souhaitait sortir son parti de l’ornière, elle devrait faire un aggiornamento. » Marine Le Pen confirme : « Il voulait que je condamne mon père » (L’Express, 17 décembre 2010). Au début de l’année 2011, Marine Le Pen sollicite celui qui est devenu un dirigeant influent du CRIF pour lui exprimer son souhait de se rendre en Israël. Réponse de l’intéressé : « Je ne considère pas votre parti comme les autres. Vous n’avez toujours pas renoncé à l’ambivalence de votre père vis-à-vis de la Shoah. Vous devriez tuer le père. » Quelques semaines plus tard, Marine Le Pen s’exécute avec un entretien fleuve au Point (3 février 2011). « Les camps ont été le summum de la barbarie ». Un mois plus tard, son invitation sur Radio J (la radio du Renouveau Juif sur laquelle Me Goldnadel est éditorialiste) programmée pour le 13 mars 2011 est annulée à la demande du CRIF et de l’UEJF. Prenant sa défense, Gilles-William Goldnadel, « cerbère vigilant de la communauté » (L’Express) expliquera : « J’aurais justement voulu entendre Marine Le Pen dimanche au sujet des membres de son entourage, de son environnement ».

C’est sans doute pour aider « Marine » à « tuer le père », qu’il a ensuite créé de toutes pièces la pseudo-affaire de la « fournée » (dans laquelle il poursuit Jean-Marie Le Pen au nom du Congrès juif européen). Bien qu’ayant obéi à toutes les injonctions (sur ces interminables tractations, on consultera, entre autres, L’Express, 1er avril 2016 ; « French Jewish dilemma : will it be kosher to vote for Marine Le Pen ? » The Jerusalem Report, 30 avril 2016 et « Marine Le Pen et les juifs de France », L’Arche, juillet 2015), Marine Le Pen n’a jamais pleinement rejoint l’« arc républicain » (c’est-à-dire pas d’invitation au dîner du CRIF, ni en Israël). Peu avant l’élection présidentielle, dans un enregistrement publié sur Akadem, le média du Fonds social juif unifié, Gilles-William Goldnadel appellera ses coreligionnaires à ne pas voter « pour un parti qui regarde plutôt du côté du Hezbollah, du côté de la Syrie, du côté de Poutine, que d’Israël ».

 

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  • #2099502
    le 11/12/2018 par Goy
    Qui est Gilles-William Goldnadel ?

    Du lourd ! On dirait une fiche de Fouché !

     

  • #2099589
    le 11/12/2018 par ProHoleindre
    Qui est Gilles-William Goldnadel ?

    Pauvre Marine Le Pen. Mais quid d’Aliot ? Sur l’oreiller, il s’en dit des choses... Et pauvre Jean-Marie qui à son âge n’a plus que la réconciliation familiale en tête, oubliant tout de l’histoire, du Pays, du combat, pour finir en pet, euh en Paix...

     

    • #2100015
      le 12/12/2018 par Tarik
      Qui est Gilles-William Goldnadel ?

      "Pauvre" Marine le Pen ? Quand on enchaîne les courbettes et les trahisons, on obtient ce qu’on mérite : le crachat à la gueule en retour et c’est très bien ainsi. Un(e) potentiel(lle) chef d’État se doit d’avoir un minimum de conviction et de droiture, merde !


  • #2099841
    le 11/12/2018 par Drr
    Qui est Gilles-William Goldnadel ?

    Comment fait-on pour devenir boss d’aéroport international ?
    Comlent se fait-il que la direction passe d’un élu à un autre élu (de Goldnadel a Helloua) ? Les goys sont exclus ou quoi ?

     

    • #2099864
      le 12/12/2018 par Eric
      Qui est Gilles-William Goldnadel ?

      Voilà qui peut interroger sur la sécurité des aéroports. Je dis je ne dis rien.


    • #2099954
      le 12/12/2018 par anonyme
      Qui est Gilles-William Goldnadel ?

      Ils se refile tous les bon plans de métiers intéressant le reste c’est comme dans le T.... Leurs esclaves...


    • #2100003
      le 12/12/2018 par lol
      Qui est Gilles-William Goldnadel ?

      Non, ils sont juste occupés. Tout le monde était occupé. Et pendant que tout le monde était occupé ailleurs, ceux qui avait un job à faire non prévu par le Système, ont pu s’employer à le faire en toute tranquillité. Il y ont fait les ajustements qu’il fallait pour se l’approprier.


  • #2099871
    le 12/12/2018 par goy pride
    Qui est Gilles-William Goldnadel ?

    La photo de Bibi, Goldie et Habibi est tout un symbole ! Les deux Ashkénazes devant, le Sépharade Habibi en retrait derrière...la disposition des personnages sur cette photo n’est probablement pas volontaire mais elle dépeint toutefois assez bien l’ordre ethno-hiérarchique au sein de la communauté de Lumière.

     

    • #2100303
      le 12/12/2018 par Fabien
      Qui est Gilles-William Goldnadel ?

      Une photo qui n’a rien à envier à la mafia calabraise.


    • #2100736
      le 12/12/2018 par L’infante d’Espagne
      Qui est Gilles-William Goldnadel ?

      @goy pride
      "...Bibi, Goldie et Habibi...", mots qui, traduits de l’hébreu, doivent donner : Sur-nombrilisme, Sur-tribalisme, Sur-terrorisme.
      Autrement dit les 3 mamelles de leur Sur-dieu...


  • #2109434
    le 26/12/2018 par tabouret1789
    Qui est Gilles-William Goldnadel ?

    pas ma tasse de thé, de toute façon ./